Aussi que

Bonjour,

Une phrase que je vois régulièrement sur mon lieu de travail me perturbe. N'ayant pas réellement de bonnes connaissances littéraires, j'aimerais avoir votre avis sur sa validité, et surtout si elle ne l'est pas : pourquoi ?

"Merci de laisser ce lieu aussi propre que vous auriez aimé le trouver en arrivant".

Ce qui se trouve après le "aussi que" me semble ne pas aller avec la phrase.
J'aurais plutôt formulé ça (en cherchant à garder le "aussi que" pour l'exercice) :


"Merci de laisser ce lieu aussi propre que l'état dans lequel vous auriez aimé le trouver en arrivant",

voir plus simple (mais je suis encore moins sûr du coup) :
"Merci de laisser ce lieu aussi propre que comme vous auriez aimé le trouver en arrivant".


Merci d'avance.

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Aussi que

"aussi propre que l'état dans lequel..." comme "aussi propre que comme..." ne sont pas corrects.

Les lieux sont supposés propres avant.
On les souhaite propres après.
On demande donc qu'ils soient laissés aussi propres que l'on aurait aimé les trouver en entrant. 

À la relecture, je m'aperçois que mon explication est un peu intuitive ; c'est comme ça que j'ai appris le français. 
Des interlocuteurs mieux qualifiés que moi te donneront une explication plus technique.
Cela dit la formule est bien correcte.

Aussi que

"Merci de laisser ce lieu aussi propre que l'état dans lequel vous auriez aimé le trouver en arrivant"
Un lieu propre comme un état ? Cela ne convient pas.

"Merci de laisser ce lieu aussi propre que comme vous auriez aimé le trouver en arrivant".
Je ne vois pas à quoi sert le "comme" que tu rajoutes, puisque la comparaison est déjà faite par "aussi... que" (comparatif d'égalité).

Comme dit Freddy.lombard, la formule
"Merci de laisser ce lieu aussi propre que vous auriez aimé le trouver en arrivant."
est parfaitement correcte.

Aussi que

Merci pour ces réponses.

En fait, ce qui me gène dans cette phrase, c'est que ce qui est placé avant le "aussi que" est comparé à ce qu'il y a après. Or, je trouve que l'on compare des pommes avec des patates avec cette phrase.

Je m'explique :

"Merci de laisser ce lieu aussi propre que vous auriez aimé le trouver en arrivant".
Le "laisser ce lieu aussi propre" implique l'état d'un lieu.
Alors que le "vous auriez aimé le trouver en arrivant", ne fait même plus référence un état, mais plutôt à un événement. Je trouve que cette fin de phrase sonne faux.

C'est pour cela que je m'attends plutôt à une fin de phrase de type
"Merci de le laisser aussi propre qu'il l'était à votre arrivé".
(cet exemple modifie le sens de la phrase, mais je souhaite m'attarder plus sur sa construction que sur son sens).

Le "qu'il l’était" représente ainsi clairement l'état lors de l'arrivée, et non plus juste un événement.
=> on compare alors un état avec un état.


Peut-être ai-je tords d'essayer d'isoler la fin de phrase ?

Aussi que

"Merci de le laisser aussi propre qu'il l'était à votre arrivée".
(cet exemple modifie le sens de la phrase, mais je souhaite m'attarder plus sur sa construction que sur son sens)

Mais le lieu n'était pas forcément propre à l'arrivée de la personne, justement.
C'est là toute la raison d'être de la formulation "vous auriez aimé le trouver".

"vous auriez aimé le trouver"  n'est pas un évènement constaté, mais un évènement non réalisé, puisque que le conditionnel exprime un irréel du passé  : vous auriez aimé trouver cet endroit aussi propre que vous devez le laisser. On compare la propreté que la personne aurait souhaité trouver avec la propreté  qu'elle doit laisser après son passage. Ce doit être la même propreté.

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Aussi que

En fait, tu as tort de penser qu'on ne pourrait pas comparer "un état" et "un événement" pour reprendre ta terminologie.
C'est le cas par exemple :
il est plus méchant que je ne pensais.
il est aussi beau qu'on me l'a dit
elle est moins bête qu'on pourrait le croire.

Aussi que

lamaneur a écrit :

En fait, tu as tort de penser qu'on ne pourrait pas comparer "un état" et "un événement" pour reprendre ta terminologie.
C'est le cas par exemple :
il est plus méchant que je ne pensais.
il est aussi beau qu'on me l'a dit
elle est moins bête qu'on pourrait le croire.

Effectivement. Mon erreur est là.

Merci pour vos réponses à tous

8

Aussi que

il est plus méchant que je ne pensais.
il est aussi beau qu'on me l'a dit
elle est moins bête qu'on pourrait le croire.

Toutes tes propositions sont correctes. Il s'agit seulement que soit saisie la valeur particulière des temps employés. Par exemple, Pour ton premier cas, on saurait prouver l'exactitude de l'emploi, en mettant avant la valeur hypocoristique ou mignard. Celle-ci consiste simplement à employer un fait présent à l'imparfait en sorte qu'on lui donne plus d'étendue dans le passé.
On peut aussi avancer l'idée que tout fait, présent du verbe principal, est traité de telle manière que la proposition même est indépendante de la subordonnée.
Je pense que je partirai.
tu es autrement méchant que je ne l'ai imaginé.

Aussi que

Pour ton premier cas, on saurait prouver l'exactitude de l'emploi, en mettant avant la valeur hypocoristique ou mignard

L'imparfait hypocoristique ou mignard n'est nullement en jeu ici.
L'imparfait hypocoristique ou mignard, utilisé pour un fait présent, ne s'emploie qu'à la troisième personne, et en s'adressant par exemple à un enfant ou à un animal familier :
Alors, il avait faim, mon gros bébé...

Dans "Il est plus méchant que je le pensais", c'est un emploi normal : une action passée qui se prolongeait. On pensait qu'il était méchant, et maintenant, on pense qu'il est encore plus méchant.

Mais cette remarque n'a pas vraiment de rapport direct avec le sujet de la discussion.

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Aussi que

ton interprétation semble partiale et partielle, car L'imparfait Mignard n'est pas uniquement limité à la troisième personne. Tu sauras qu'en Belgique, les enfants emploient ce type d'imparfait dans leur proposition de jeu pour indiquer que les faits futurs qu'ils ont en mémoire sont "déjà" réels.
"si on joue au docteur", j'étais malade, et tu appelais un médecin".

l'un des emplois "particuliers" de l'imparfait mignard concerne un fait qui dure aussi au moment de la parole. c'est à dire un événement qui est vrai dans tous les temps. voilà la valeur dont je parle.

"Je voyais que vous étiez malade".

un troisième emploi de l'imparfait mignard est les sous-phrases à valeur conditionnelle introduite par (n'étaient, n'était).