Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

J'ajoute :

Il s'agit ici :
- d'une circonstancielle (au sens très large de la notion de circonstance, comme écrit Riegel)
- ou d'une corrélative (comme l'écrit Grevisse avec pertinence, mais en marge de la tradition),
mais pas d'une complétive au sens traditionnel.

En effet, nous avons affaire à une corrélation, alors que la complétive au sens strict (car il y a aussi les interrogations indirectes) occupe une fonction de GN sous la dépendance d'un verbe (Je veux que...), d'un nom (Le fait que...) ou d'un adjectif (Je suis heureux que...).

Il ne me paraît pas possible non plus de voir un CC dans le "complément du comparatif". Il s'agit d'une proposition subordonnée, bien qu'elle soit elliptique et averbale.

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Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

Oui mais subordonnée, c'est une nature et cc, c'est une fonction... Puiqu'il y a des cc de conséquence, pourquoi n'y en aurait-il pas de comparaison?

Une autre question : une subordonnée ne peut être à la fois corrélative et circonstancielle? Il me semble par exemple que c'est le cas des consécutives... J'ai pour habitude de les regrouper sous l'appellation de conjonctives ; j'emploie  "complétive" lorsque la subordonnée est en effet complément de verbe, sujet, attribut, complément de détermination. Je m'aperçois que je dois dire beaucoup de bêtises à mes élèves...

Si complément de comparaison et complément du comparatif désignent la même fonction, pourquoi ne s'agirait-il pas d'un complément circonstanciel de comparaison? J'suis têtue, hein!

Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

Me voici encore, puisque nos messages se croisent.

Je ne vois pas non plus de subordonnée consécutive : pour qu'il y ait une conséquence, il faut qu'il y ait une cause.
* Il parle SI vite QUE personne ne le comprend.
Et je ne vois ni l'une ni l'autre dans notre schéma de comparaison.
* Il est PLUS grand QUE moi.

Il y a cependant une part de vérité dans votre erreur. Si vous observez bien les deux exemples précités, vous verrez qu'il y a, de part et d'autre, un adverbe d'intensité + que.
C'est la raison pour laquelle Grevisse les rangerait tous les deux dans SES propositions corrélatives, en raison de leurs caractères syntaxiques communs, quitte à faire observer que le premier exprime sémantiquement une conséquence.

Merci de vos aimables appréciations !

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Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

oui, oui, Edy, j'ai d'ailleurs modifié mon message précédent. Je ne dis pas qu'il y a ici conséquence, mais que la construction syntaxique de la comparative est proche de celle d'une consécutive, à savoir : adverbe dans la principale en corrélation avec un "que"conjonction de subordination.

Je précise que le jour de mon oral de CAPES, je n'ai pas eu cet exemple-là, c'eût été trop simple! Je ne me souviens plus de la phrase exacte, elle faisait partie d'un extrait des Lettres Persanes.

Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

* Si complément de comparaison et complément du comparatif désignent la même fonction, pourquoi ne s'agirait-il pas d'un complément circonstanciel de comparaison?

Parce que le CC est un complément sans verbe, alors que les subordonnées comparatives en comportent un ; dans les cas (fréquents) d'ellipse, le verbe peut être facilement rétabli. D'ailleurs comment introduire un CC au moyen d'une conjonction de subordination ?

Pour le reste, vous avez fort bien remarqué les similitudes syntaxiques entre la comparative et la consécutive.

Pour la bonne bouche, voici comment Grevisse justifie de faire un sort spécial aux comparatives sous le nom de corrélatives :
1 appelées par un mot corrélatif,
2 introduites uniquement par que,
3 ne dépendant pas d'un verbe,
4 essentielles (sinon elles sont au moins suggéres par le contexte),
5 pas de déplacement possible en tête de la phrase, sauf avec le mot corrélatif lui-même.
* J'aime la tranquillité plus que tout.
→ Plus que tout, j'aime la tranquillité.
Mais faites attention que Grevisse, sur ce point, n'est pas dans le sillage de la tradition. Sauf peut-être chez Riegel, celle-ci voit dans les comparatives des subordonnées circonstancielles.

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Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

Bon, si ça intéresse encore quelqu'un, je viens de vérifier dans un manuel de grammaire. Alors :
  - il existe des cc de comparaison, fonction exercée par un GN, un pronom ou un adverbe introduit par "comme, par rapport à, en comparaison de, etc..." ; et par une proposition subordonnée conjonctive
  - ici, ils ne parlent pas de complément du comparatif, mais d'un complément de l'adjectif ("grand" dans cette occurrence), de même que "comme l'air" dans l'expression "légère comme l'air". Dans ce dernier exemple, je perçois par intuition comme une valeur d'attribut, mais existe-t-il un attribut de l'attribut ("elle est légère comme l'air")? Vite, de l'aspirine!

Quoi qu'il en soit, si je comprends bien tout :
  - soit "que moi" dans "il est plus grand que moi" est une prop. sub. conjonctive, elliptique et corrélative (nature) et complément circonstanciel de comparaison (fonction)
  - soit il s'agit d'une prop. sub. conjonctive etc... (nature) et complément de l'adjectif au degré comparatif "plus grand" (fonction)

Cela vous paraît-il cohérent? Pour quelle solution opter?

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Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

Edy, pardonnez-moi de vous contredire : les compléments circonstanciels peuvent tout à fait être des propositions subordonnées et de fait contenir un verbe! Vous employez vous-même l'expression de "subordonnées circonstancielles"...

ex : il n'est pas venu parce qu'il est malade. "Parce qu'il est malade" = prop. sub. conj. (nature), cc de cause (fonction)

Voilà bien une information grammaticale dont je suis certaine.

Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

Bonsoir, Carolec !

Il exact que, sur le plan sémantique, on peut, dans certains cas, passer du CC à la subordonnée circonstancielle, et vice versa.
* Il n'est pas venu parce qu'il est malade.
→ Il n'est pas venu à cause de sa maladie.
Là où (premier énoncé) vous parlez de CC de cause, personnellement je parle de circonstancielle de cause.
Les introducteurs sont parfois proches : avant et avant que.
Des grammaires disent d'ailleurs clairement que le CC peut être une subordonnée circonstancielle.
* Nous partirons quand vous voudrez.

Il n'en reste pas moins que, sur le plan syntaxique, ce n'est pas la même chose :
1 le CC est introduit par une préposition (généralement), alors que la subordonnée l'est au moyen d'une conjonction de subordination, le marqueur de subordination ;
2 le CC n'est pas verbal (sauf le gérondif), contrairement à la subordonnée.

Il est bon de parler des équivalences sémantiques, mais, sur le plan pédagogique, il me paraît dangereux de ne pas faire une nette distinction entre le CC et la subordonnée circonstancielle.
Ne pas le faire, ce serait aussi ouvrir la porte à certains adverbes, qui sont dans la même sphère sémantique.
* Franchement, je ne vous comprends pas.
→ En toute franchise, ...
→ Si je vous parle franchement, ...

Allez, bonne nuit !

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Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

Il est bon de parler des équivalences sémantiques, mais, sur le plan pédagogique, il me paraît dangereux de ne pas faire une nette distinction entre le CC et la subordonnée circonstancielle.
Ne pas le faire, ce serait aussi ouvrir la porte à certains adverbes, qui sont dans la même sphère sémantique.


Je pense que tout ce qu'on raconte ici peut être clarifié par l'utilisation des notions de nature et de fonction :
"proposition subordonnée conjonctive" est une nature alors que "complément circonstanciel" est une fonction ; cette fonction peut-être exercée par des groupes prépositionnels (GN, pronoms, infinitifs, gérondifs...), des adverbes et par des propositions subordonnées.

Maintenant, les grammaires les plus récentes réfutent peut-être cela, il faut que je me mette à la page...

Il n'empêche que cette notion de cc de comparaison ne me paraît pas très claire, entre autres parce que je ne parviens pas à passer de la subordonnée elliptique à un groupe prépositionnel de même fonction.

Fonction de "que moi" dans "il est plus grand que moi"

Bonjour, Carolec !

Je suis occupé à méditer ce que vous m'avez écrit avec pertinence. Il est bon parfois de remettre en question ce que l'on croit savoir.

Je vous répondrai bientôt, en toute objectivité, et ce ne sera pas forcément à mon avantage en tous points.

Dans l'intervalle, je vous propose deux transformations en CC nominal :
* Il est plus grand que moi.
→ En comparaison de / avec moi, il est plus grand.
→ Par rapport à ma taille, il est plus grand.
C'est plus lourd, mais telle n'est pas la question.