Capes de lettres modernes (session exceptionnelle 2014) - Épreuve orale sur dossier

Bonjour à tous !

Je vais passer les épreuves orales capes en juin (session exceptionnelle) et je me penche actuellement sur la question de "l'épreuve orale sur dossier".
N'étant pas inscrite en master enseignement, je dois me débrouiller de mon côté pour m'entraîner. Le problème est que je nage actuellement en plein flou artistique !
J'ai bien compris qu'il s'agissait d'un groupement de textes, d'un extrait de manuel ou d'un exemple de séquence portant sur un objet d'étude (ai-je tout bon ?) et qu'il fallait faire une sorte d'argumentation en 3 parties. Mais je ne comprends pas très bien (voire pas du tout) comment faire.
Est-ce que quelqu'un aurait une méthode ou un exemple de correction ? J'ai trouvé beaucoup de sujets à traiter, mais jamais la correction correspondante.

Si vous avez également des conseils concernant la question "agir en fonctionnaire" de l'état, ce serait parfait !

Merci beaucoup

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Capes de lettres modernes (session exceptionnelle 2014) - Épreuve orale sur dossier

Je suis également intéressée si quelqu'un peut nous renseigner..
Thankss!!!

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Capes de lettres modernes (session exceptionnelle 2014) - Épreuve orale sur dossier

Les rapports du jury vous aideront énormément. Ainsi que les annales zéro pour la session 2014, option par option :  http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pdf/An … s_2013.pdf

Je pense que y trouverez la plupart des réponses à vos questions. Quant à la partie " agir en fonctionnaire de l’État ", il faut lire des textes de lois et maitriser le fonctionnement hiérarchique des établissements. Exemple de question :

- Vous parlerez du rôle du CPE.
- Vous parlerez du conseil de classe.
- Quels sont vos droits et recours en cas d'agression physique ?
- Comment réagissez-vous en situation de ...

Pour ceux qui connaissent, cela ressemblera à la question similaire des épreuves du BAFA.

Capes de lettres modernes (session exceptionnelle 2014) - Épreuve orale sur dossier

Attention, les annales en question concernent la nouvelle maquette du CAPES. L'épreuve sur dossier est renommée "analyse d'une situation professionnelle" et est décrite comme suit :

L'épreuve consiste à élaborer, pour un niveau donné, un projet de séquence d'enseignement assorti du développement d'une séance de cours, à partir d'un dossier proposé par le jury et composé d'un ou de plusieurs textes littéraires ou de documents divers (reproductions d'œuvres d'art, travaux de mises en scène, extraits de films, documents pour la classe, articles...). Cette proposition du candidat sert de point de départ à un entretien d'analyse de situation professionnelle.

Mais je conseille aussi la lecture des RJ (le dernier, celui de 2011 voire celui de 2009). La méthode et les principales questions à se poser face au dossier sont détaillées. Des exemples de bonnes et de mauvaises prestations sont aussi donnés.
Les annales 0 sont là : http://media.education.gouv.fr/file/cap … 162646.pdf
Pour compléter, une fiche du livre de Baetens (L'épreuve orale du dossier au CAPES de lettres) sur cette épreuve traîne sur le net (attention à quelques éléments périmés en raison des nouveaux programmes), tu la trouveras facilement.
Il faut absolument connaître les programmes du collège et du lycée ainsi que les documents d'accompagnement (voir sur eduscol et sur le site du CNDP), les modalités du DBN et du bac, la terminologie grammaticale en vigueur, les grandes évolutions de la discipline (place de l'histoire des arts, cloisonnement ou décloisonnement...).

Pour se familiariser avec les notions et les textes fréquemment étudiés dans le secondaire, il faut consulter des manuels (de plusieurs types) et être sensible aux progressions, aux types de questions et d'exercices (compréhension, écriture, vocabulaire, grammaire...). Il ne faut pas forcément privilégier les manuels les plus récents car l'épreuve demande une réflexion sur des pratiques variées inscrites dans l’histoire (pourquoi ce même texte est-il abordé selon des modalités différentes ? Avec quelles finalités ? Quelles conceptions, historiquement datées, de l'analyse littéraire émergent de cette comparaison ?). Demander à consulter des chapitres (séquences) de cours à un professeur peut aussi aider à s'entraîner (comprendre ce qui a motivé le choix de tel texte plutôt que de tel autre, l'articulation entre les savoirs et les savoir-faire etc.).

Mais les questionnements et l'analyse du dossier (généralement de 3 à 5 pages) ne seront possibles qu'avec une bonne maîtrise des fondamentaux et une fréquentation régulière des grands textes de la littérature. Il faut maîtriser les savoirs dits savants pour mesurer leur transposition en savoirs enseignés.
Les rapports insistent sur quelques grandes notions et thématiques parfois confondues par les candidats (je te c/c ce que j'ai relevé) :

Tonalité vs. registre
Genre
Thème vs. motif
Ecole / courant / mouvement
Mythe / légende / conte
Mode narratif / voix narrative / perspective narrative
Discours / énonciation
Versification, figures de style
Langage théâtral / représentation théâtrale (avoir des ex. de mises en scène en tête)
Narratologie
Fantastique / merveilleux (Todorov) / science-fiction
Courtoisie et roman courtois (cf. A. Berthelot) / symbolique christique, préceptes de la religion chrétienne
Grands épisodes de la Bible / références mythologiques
Classicisme ( ! expression du XIXe siècle) # de l’idée de règles intangibles
Réalisme (erreur de faire de Flaubert un chef de file de l’école réaliste, de réduire Balzac à l’étiquette de romancier réaliste)
Les Lumières
Lyrisme et poésie lyrique (# expression autobiographique), par ex. pour s’interroger sur la pertinence des renseignements biographiques pour interpréter un poème
Drame et théâtre romantique (cf. Préface de Cromwell)
Tragi-comédie / Comédie-ballet / autres genres mixtes
Récits d’enfance et d’adolescence / autobiographie (Lejeune)
Argumentation (!! à l’inscription du texte dans son contexte historique et social) : modalités et formes argumentatives
Attention à l’abus du mot roman (# conte voltairien ou autobiographie rousseauiste ou mémoires)
Grammaire de phrase / de texte / de discours
Réflexions théoriques sur la lecture, sur « l’effet-personnage »
Analyse de l’image / histoire des arts

Tu peux te trouver face à différents types de dossiers (les textes peuvent être annotés) :
-homogènes :
•    ensemble clos (chapitre ou sous-chapitre) d'un manuel ;
•    extrait (un ou demi trimestre) d'un cahier de textes ;
•    (passage d'un ouvrage théorique (revue, brochure éditée par un C.R.D.P.) ;
•    synthèse d'expériences rédigées par un enseignant ou par une équipe ; )
•    texte accompagné d'une escorte d'exercices ou d'activités ;
•    épreuve d'examen ou de contrôle.
Si plusieurs documents du même type -> confrontation : inclure dans le problème posé les éléments de confrontation suscités par le dossier ; par exemple la perspective historique appelée par la mise en regard de deux épreuves identiques éloignées dans le temps, ou encore la confrontation de plusieurs sujets d'un même examen.
-hétérogènes (mixes) càd constitués de deux ou plusieurs documents de nature différente :
•    l'extrait d'un ouvrage théorique et les activités pratiques élaborées par un professeur
•    (cours, projet, fiches, séquence) pour sa classe à ce sujet ;
•    le sommaire ou la table des matières d'un manuel et un chapitre de ce même manuel ;
•    sur un objet déterminé, le document rédigé par le maître et l'extrait du manuel sur lequel travailleront les élèves
Dans un premier temps, le savoir scientifique est confronté au savoir transmis, puis l’on confronte les démarches pour en évaluer pertinence et efficacité. De là naissent problématique et plan.
-qui distinguent savoir et savoir-faire :
•    les uns visent des connaissances (connaître le romantisme, connaître les étapes du schéma narratif...)
•    les autres délimitent des compétences d'utilisation, de réinvestissement (reconnaître dans un texte les marques de l'écriture romantique, savoir identifier dans un texte les étapes narratives...)
•    un même dossier peut évidemment viser les deux compétences.
Pour résumer :
-    Lecture méthodique, lecture analytique, lecture cursive
-    Intérêt et limite d’une analyse de textes centrée sur une approche notionnelle particulière
-    Approche de l’oeuvre intégrale
-    Confrontation et groupement de textes
-    Groupement de textes et articulation avec l’écriture
-    Approche de l’histoire littéraire
-    Évaluation
-    Étude de la langue et étude des textes

Il s'agit alors de vérifier et de discuter la validité des connaissances transmises par les documents proposés et d'interroger les démarches proposées pour évaluer leur pertinence. On attend en effet des candidats qu’ils montrent comment les enjeux littéraires, culturels et esthétiques des textes, qui sont premiers, sont ou non abordés par le questionnement et les choix didactiques proposés. De même, pour les dossiers de langue, on attend qu’ils montrent comment la notion, les enjeux linguistiques, sont ou non abordés par la démarche choisie, les contenus et les exercices/activités présentés. Cela suppose des connaissances solides, mobilisées et confrontées à ce qui est avancé, affirmé, construit, par des pages de manuels ou des documents d’enseignants, permettent de faire émerger ce que l’on nomme « problématique » Les rapports du jury insistent sur la nécessité d’une lecture personnelle des textes, sur le fait de ne pas négliger la lecture littérale puis interprétative pendant le temps de préparation (3h en comptant la préparation de l'épreuve Agir, 20 min max d'exposé, 20 min d'entretien). Il s’agit donc, de manière générale, de s’interroger sur la pertinence des démarches ou des dispositifs adoptés dans le dossier, sur l’arrière-plan théorique et culturel qu’il dénote (notions et univers de référence) au regard des objectifs visés dans le cadre et le niveau impartis.

Quelques recommandations que j'ai relevées dans les rapports :
- Bien faire attention à la date des documents, à la question posée, au cadre (« dans le cadre de l’objet d’étude Poésie en classe de première ») et au(x) niveau(x)
- Mettre en relation les supports et le dispositif (questionnaires, explications, résumés, exercices, illustrations)
- Interroger les hiérarchies ou les jugements de valeur implicites, les implicites culturels, intellectuels, didactiques voire idéologiques du dossier, le découpage des extraits, les traductions choisies (lexique employé, forme (verset/prose), éditeur, date…) qui donnent une idée de l’orientation donnée à l’extrait (par ex. biblique)
- Etudier les choix et stratégies didactiques établis par les manuels (actualisation du mythe par des références journalistiques / comparaison des textes religieux / étude de représentations en histoire des arts) et mesurer leur pertinence, leurs détours voire leurs ellipses dans l’enseignement tout du moins « du fait religieux en France, en Europe et dans le monde […] dans un esprit de laïcité respectueux des consciences et des convictions». Cf. pilier 5 du socle (culture humaniste).
-Pendant la préparation, avoir déjà essayé de répondre, de manière cursive bien sûr, au questionnement de lecture, ou d’avoir rapidement vu comment il était possible de traiter les exercices…ou bien encore d’avoir testé les différentes consignes, fait des hypothèses sur les erreurs et difficultés engendrées du côté des élèves
-Nécessité de bien problématiser et de ne pas s’en tenir à une simple description du dossier -> problématique toujours singulière, adaptée à l’orientation du dossier, et qui ne saurait viser l’exhaustivité. La problématique doit associer contenu littéraire, linguistique, notionnel et réflexion didactique.
-Problématique nourrie de savoirs littéraires et linguistiques précis, mis au service d’une réflexion didactique s’efforçant de prendre en compte les contraintes de l’apprentissage, les traditions scolaires, la commande institutionnelle.
Une problématique didactique interroge les réponses fournies par les documents aux questions que les concepteurs se sont posées et aux obstacles qu'ils ont dû lever. Il faut questionner les choix opérés (par exemple, pour un dossier sur le romantisme, évaluer la manière dont il est présenté : autour de la figure du héros romantique (exalté à la Friedrich), en insistant sur son ancrage dans l'histoire du XIXe siècle...)
- Chaque dossier génère le plan qui lui convient en fonction des enjeux et de la problématique qui lui est propre. Ainsi, le plan le plus fréquent, « problématique et présentation du dossier / contenus / objectifs / démarches » est généralement peu efficace. Il a le tort de ne pas être dynamique et de dissocier ce qui doit au contraire s’articuler. Il focalise à juste titre sur les dimensions essentielles à interroger pour analyser le dossier et représente plutôt l’étape préparatoire du travail telle que doit l’effectuer le candidat. Le plan de l’exposé, quant à lui, doit lier ces aspects dans chacune des parties proposées et leur intitulé doit expliciter le contenu et l’orientation de l’ensemble en faisant saisir la progression de la démonstration. L’exposé n’a pas à être exhaustif dans son développement mais exemplaire d'une ligne argumentative clairement choisie, assumée et menée à son terme.
Pour un dossier de langue, il faut toujours d'abord faire une mise au point précise sur la notion.

Un des rapports du jury détaille le déroulement de l'exposé:

L’exposé doit être construit comme un discours argumentatif : l’introduction, après une rapide présentation du dossier, consiste pour l’essentiel en une phase de problématisation et une annonce du plan bâti pour y répondre ; le développement offre au cours de ses différentes étapes, clairement articulées par le candidat, les axes de réflexion, les démarches intellectuelles, les arguments majeurs pour répondre au questionnement qu’il a soulevé sur le dossier, ces différents  mouvements de la pensée étant systématiquement étayés par l’analyse des documents1 et la manipulation aisée des concepts disciplinaires ou didactiques, ainsi que des références institutionnelles. Prendre le temps d’expliciter un concept, d’éclaircir une métaphore, de développer une considération intertextuelle, de convoquer un éclairage historique ou artistique, de nuancer le lexique ou la terminologie, de se livrer à des microanalyses sur quelques lignes voire un vers, de faire partager une expérience de spectateur dans un dossier consacré au théâtre. L’équilibre des différentes étapes du plan est également un indice pour le jury de la clarté et de la densité de la ligne argumentative poursuivie. Une conclusion ferme et soignée entreprend une réponse claire, même si elle ne peut être définitive, à la problématisation initiale, souligne les perspectives disciplinaires et didactiques abordées, dessine les contours d’une réflexion future nouant l’attrait de la langue et de la littérature et la nécessaire mise en place des apprentissages, dans leur conjugaison permanente de l’effort et du plaisir.

Pour donner un exemple (tiré d'un rapport) :

Face à un dossier portant sur la lecture des contes et récits merveilleux en classe de sixième, un candidat a su interroger avec ingéniosité la séquence d’un professeur portant sur « Le Petit Chaperon Rouge dans tous ses états » : à partir d’une problématique singulière « Pourquoi l’image du Petit Chaperon Rouge nous hante-t-elle ? », il a su parfaitement rendre compte de la complexité générique du conte, du vaste réseau intertextuel mis en oeuvre dans la séquence, des ambitions et stratégies de celle-ci (travailler à partir des représentations des élèves, rendre les élèves eux-mêmes passeurs de l’oralité des contes, forger la notion complexe de parodie), pour montrer ensuite ses ellipses, comme la cruauté du conte délibérément écartée, ce qui l’a conduit à mener une lecture psychanalytique inspirée des travaux de Bettelheim, pour mieux conclure sur l’intérêt et la portée de telles lectures en sixième, dans l’apprentissage de la littérature et du monde, le conte avertissant de leur mutuelle complexité.

L'entretien vise à vérifier, confirmer et affiner l’évaluation qui a suivi l’exposé, définir telle notion (ou notions grammaticales, lexique de l'analyse des textes, genre et sujet des oeuvres, contexte littéraire et historique), répondre à telle ou telle question proposée par le manuel ou de faire tout ou partie d’un exercice de langue. Ne pas hésiter à revenir sur ce qu’on a dit, à adopter à un autre point de vue.

Enfin, quelques remarques bonnes à savoir :
-Ne pas faire d’exposé théorique sur la question au centre du dossier, même si la définition de la notion est attendue (par ex. la satire). Ne pas faire d’explications des textes littéraires mais s’appuyer ponctuellement sur eux pour argumenter
-Ne pas réduire l’analyse du dossier à une simple vérification de la conformité du dossier aux IO
-Eviter les remarques de détails (mise en page, présence ou absence de notes, utilisation des couleurs, taille des images, nombre de questions, nombre et longueur des textes…)
-Ne pas critiquer systématiquement le dossier : les documents proposés sont de qualité, ils méritent toujours un examen attentif et, le plus souvent, d’être critiqués sur tel ou tel point (qu’il s’agisse du barème de notation d’un devoir, de la date choisie pour tel exercice dans le calendrier de l’année, du choix de tel texte, etc.
-Ne pas s’attarder sur la « dimension civique de l’enseignement »
-Attention au jargon vide de sens : décloisonnement / démarche inductive ou déductive/ références intempestives au socle...

Bon, en fait, je t'ai fait la fiche de méthode à partir des différents rapports du jury et autres conseils glanés ici et là 

Pour l'épreuve Agir en fonctionnaire blabla, lire aussi le dernier rapport du jury et celui de 2011 (sitographie très complète) et un ouvrage comme celui de Jean-Louis Auduc chez Hachette (de nombreuses fiches à compléter par la lecture du site eduscol et des cas pratiques pour s'entraîner —c'est une purge mais il faut en passer par là).
10 min d'exposé, 10 min d'entretien
Quelques conseils tirés de ma fiche de méthode :
L'exposé prend appui sur un document (rarement plus d’une page) :
-document académique
-document interne aux établissements
-articles publiés dans des revues spécialisées / extraits d’ouvrage sur l’éducation
-extraits de sites dépendant de l’EN (ESEN, Eduscol, Onisep, education.gouv…) sur l’actualité de l’éducation, le fonctionnement de l’EPLE et la vie scolaire, les valeurs républicaines et civiques, les actions éducatives, le système éducatif

Questions à se poser : Le document a-t-il un contenu informatif ou réglementaire ? Quelle source ? Quel destinataire ? Cadre national (ex. circulaire de préparation de la rentrée), académique, local (ex. un compte-rendu) ? Quelles circonstances ont suscité ce document ? Orientation prise à l’échelon supérieur décliné à l’échelle locale ou fait ponctuel ? -> Nécessaire contextualisation
Bien observer tous les éléments textuels et expliciter, s’il y a eu, les symboles et images (pas besoin de dire que le petit oiseau renvoie à Twitter)
Maîtriser les acronymes (on en trouve une liste à la fin du bouquin d'Auduc)

Etudier le document autour de
-ses finalités (= objectifs qu’il cherche à atteindre ; valeurs promues à travers cette action)
-enjeux (= bénéfices que l’institution compte tirer du texte qui lui est destiné)
-sa mise en œuvre (articulation entre injonction et application, intentions et contraintes de la réalité)
Déroulement de l'exposé : présentation du document, problématique, développement organisé, conclusion
Les indications de la consigne ne fournissent en rien un plan tout fait
Attention à l’étalage de connaissances non reliées au sujet. Mettre plutôt en lumière les enjeux fondamentaux posés par le document
Toujours mettre en perspective les valeurs évoquées dans le document (même bien daté, ex. un discours de Malraux) avec les réalités du contexte (sont-elles toujours valables, pertinentes ?)

Attention aux réactions tranchées à propos des TICE : s’informer sur la stratégie « entrée de l’école dans l’ère du numérique » (décembre 2012) ; comme aux visions exagérément idéalistes ou caricaturales des élèves
Attention au dogmatisme sans nuance (prendre pour articles de foi les axes de la politique éducative, les termes du contrat républicain, l’innovation pédagogique au-delà des murs de l’établissement —sous quelle forme, avec quels partenaires extérieures, quelles limites—, le SCC —imaginer le cadre, les formes et les limites de son action) -> prendre du recul car les réalités du terrain seront tout autres. La question de la « mise en œuvre » implique aussi de ne pas être trop convenu, de prendre position : toujours réfléchir aux conditions, voire aux difficultés, que posent les réalités du terrain. On peut interroger les limites d’une disposition réglementaire.

Connaître les 10 compétences professionnelles (connaissances, capacités à les mettre en œuvre et attitudes professionnelles) parues au BO du 22 juillet 2010 : insistance sur la conduite éclairée permettant non seulement la transmission des connaissances mais aussi celle des valeurs humanistes et civiques (on est d'accord que c'est du blabla mais... c'est l'épreuve qui veut ça)

Bien connaître les missions des professeurs, quand elles ne sont pas d’ordre strictement pédagogique : suivi des élèves, prépa de leur orientation, prévention du décrochage, diagnostic des pb familiaux… Ainsi que des autres types de personnels (CPE, COP, intendant, infirmière…). Connaître ses responsabilités à l’égard des élèves et des parents, de l’institution. Dimension citoyenne et humaine, respect dû à l’autre (adulte ou élève).
Savoir définir la liberté pédagogique dans le respect des programmes et règlements nationaux

Attention à bien distinguer : éducation / instruction, égalité / équité, pédagogie / didactique, morale / éthique (principes régulateurs de l’action et de la conduite morale, ex. repères éthiques communs, affirmation de valeurs, d’interdits et d’exigences en commun ; cohérence de tous les adultes d’un établissement autour d’un même projet, des mêmes valeurs, des mêmes seuils de tolérance)

A propos de la laïcité, bien distinguer le domaine des croyances et des opinions, relevant de la liberté de chacun du domaine des connaissances rationnellement fondées, qui s’imposent à tous. Fait partie des valeurs de la République (liberté, égalité, fraternité ; refus de toutes les discriminations ; mixité ; égalité entre hommes et femmes).

Avoir un aperçu global de l’institution et pouvoir, en tant que futur professionnel, s’y situer. Connaître les instances des établissements scolaires (différents conseils), leur composition et leurs rôles respectifs, grandes évolutions du système éducatif, les dispositifs récents, les problématiques actuelles.
Savoir se projeter dans son travail avec les élèves, les autorités de l’EPLE, les différents membres de la communauté éducative.
Connaître l’actualité de l’EN (réformes, lois d’orientations, évaluations nationales ou internationales, rythmes scolaires, refonte du lycée, individualisation des parcours, égalité des chances, remise en question des internats d’excellence, approche par compétences)
Sur l’ère du numérique : utilisation de FB en classe, blog, usage pédagogique de Twitter, développement des usages du numérique dans l’enseignement et dans la vie de l’établissement, que signifier maîtriser les TICE ?
Connaître les droits et obligations des fonctionnaires, la notion de service public, de neutralité, les actions de partenariat, l’obligation de surveillance et de signalement, le devoir d’assiduité des élèves, le collège unique, l’autonomie des établissements scolaires, la convention internationale des droits de l’enfant, la politique d’éducation prioritaire, le rôle des parents dans l’école, le droit à l’image, l’enseignement de l’HDA au collège, l’interdisciplinarité, le travail en équipe (sans être excessivement enthousiaste), la relation avec les parents, le conseil pédagogique, le projet d’établissement, les dispositifs d’aide et de soutien aux élèves ; ne pas confondre IA-IPR (pas supérieur hiérarchique) et IEN

Au sujet du handicap : la loi de Refondation de l’école insiste sur sa dimension inclusive (accueillir tous les publics). Cf. mise en place de parcours individualisés, concertation avec les personnels concernés (AVS, enseignants référents, infirmière…) pour l’accessibilité et la compensation (afin de rétablir l’égalité des chances -> loi du 11 février 2005)


Voilà pour les grandes lignes... si tu n'es pas encore mort(e) d'ennui

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Capes de lettres modernes (session exceptionnelle 2014) - Épreuve orale sur dossier

...rien que ça? si jamais j'ai l'écrit je ne suis pas sûre de vouloir aller à l'oral
il y a ce genre de préparation à l'agrégation ou c'est réservé au capes?

Capes de lettres modernes (session exceptionnelle 2014) - Épreuve orale sur dossier

Il n'y a pas d'épreuve sur dossier aux oraux de l'agrégation. Et l'épreuve Agir, si elle subsiste, est plus intéressante à traiter qu'au capes. Par exemple, pour l'agreg de lettres, elle s'intègre à l'épreuve d'explication de texte hors programme et se définit ainsi :

Dans la perspective d’une étude dans une classe du second degré, vous justifierez le choix possible de ce texte, en évaluant sa place dans un parcours d’enseignement, les liens éventuels à établir avec d’autres textes, d’autres arts, d’autres disciplines.

Elle rappelle donc plutôt la réflexion didactique que la mise en situation dans un établissement du second degré.

A noter qu'à partir de la session 2014 normale, l'épreuve Agir ne figure plus parmi les épreuves orales d'admission au capes. L'explication de texte assortie d'une question de grammaire demeure mais l'épreuve sur dossier est remplacée, comme je le disais, par la construction d'une séquence d'enseignement (un chapitre de cours, quoi) :

L'épreuve consiste à élaborer, pour un niveau donné, un projet de séquence d'enseignement assorti du développement d'une séance de cours, à partir d'un dossier proposé par le jury et composé d'un ou de plusieurs textes littéraires ou de documents divers (reproductions d'œuvres d'art, travaux de mises en scène, extraits de films, documents pour la classe, articles...). Cette proposition du candidat sert de point de départ à un entretien d'analyse de situation professionnelle.

Mon précédent message était un peu long mais pour résumer (session exceptionnelle) :
* pour l'épreuve sur dossier : bien connaître les instructions officielles, feuilleter des manuels, des supports de cours, connaître, lire et relire ses classiques, faire le point sur les notions littéraires, les mouvements esthétiques et culturels, revoir quelques points d'histoire et d'histoire des arts... S'entraîner sur quelques sujets pour s'efforcer de trouver la logique d'un dossier, ses lignes de force, ses parti-pris et ses manques (manques que l'on ne repère que si on a de solides connaissances par ailleurs) et bâtir à partir de là une problématique et un plan qui embrassent et questionnent la singularité du dossier (les titres des parties doivent être plus littéraires que clairement didactiques). Le développement sera nourri de connaissances extérieures.
* pour l'épreuve Agir, lire le bouquin d'Auduc et prendre le temps de farfouiller dans eduscol et ses sites associés, de faire le point sur les débats actuels. Je suggère aussi de s'abonner aux newsletters du ministère et de quelques sites pédagogiques (Le Café pédagogique par exemple), même si c'est un peu tard maintenant.