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Quels moyens les auteurs du corpus utilisent-ils pour dresser le portrait de leur héroïne ?

Bonjour, je suis en première littéraire et mon professeur de Français a donné un sujet type bac à rendre dans peu de temps. En général, je n'ai jamais de problème pour la question sur le corpus, mais cette fois-ci, la simplicité de la question me bloque. La questions est "Quels moyens les auteurs de ce corpus utilisent-ils pour dresser le portrait de leur héroïne?"
Lorsque je lis "moyens" je me dis automatiquement "procédés". Seulement, à partir de là, je bloque, je me dis qu'il faut probablement relever les figures de style, le registre etc...
Pourriez-vous me dire si je pars sur une fausse piste ou si ça semble correct?

Merci d'avance. 

Samantha

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Quels moyens les auteurs du corpus utilisent-ils pour dresser le portrait de leur héroïne ?

"Moyens" dépasse les simples figures de style ; ce peut être la focalisation, un portrait statique ou en mouvement,...
Il faudrait les textes pour te répondre plus précisément.

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Quels moyens les auteurs du corpus utilisent-ils pour dresser le portrait de leur héroïne ?

Le texte A: Les Misérables, Hugo.
Le texte B: Germinal, Zola.
Texte C: Les vivants et les morts, Gerard Mordillat.
Et une annexe: Préface des Misérables.

"Tant qu'il existera, par le fait des lois et des moeurs, une damnation sociale créant artificiellement, en pleine civilisation, des enfers, et compliquant d'une fatalité humaine la destinée qui est divine ; tant que les trois problèmes du siècle, la dégradation de l'homme par le prolétariat, la déchéance de la femme par la faim, l'atrophie de l'enfant par la nuit, ne seront pas résolus ; tant que, dans de certaines régions, l'asphyxie sociale sera possible ; en d'autres termes, et à un point de vue plus étendu encore, tant qu'il y aura sur la terre ignorance et misère, des livres de la nature de celui-ci pourront ne pas être inutiles"

Voilà les textes 

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Quels moyens les auteurs du corpus utilisent-ils pour dresser le portrait de leur héroïne ?

Cela ne me donne pas les extraits.

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Quels moyens les auteurs du corpus utilisent-ils pour dresser le portrait de leur héroïne ?

Ah oui mince 
Donc texte A : https://books.google.fr/books?id=UdeoHl … mp;f=false je n'arrive pas à copier/ coller, mais l'extrait va de "Fantine jeta son miroir par la fenêtre" jusqu'à "l'infortunée se fit fille publique".
Texte B:https://books.google.fr/books?id=agmuCQ … mp;f=false ça va de "Dallas et Kevin dorment depuis longtemps" jusqu'à "Dallas n'a que le dimanche pour elle, pour eux..."
Texte C: https://books.google.fr/books?id=9ZIGAA … mp;f=false De "elle aussi venait de s'éveiller" (page 19) jusqu'à "ça ne manque de rien, ça tette et ça se plaint plus haut que les autres".

Puis l'annexe que j'ai mise plus haut.

Quels moyens les auteurs du corpus utilisent-ils pour dresser le portrait de leur héroïne ?

Texte de Hugo :

Fantine jeta son miroir par la fenêtre. Depuis longtemps elle avait quitté sa cellule du second pour une mansarde fermée d'un loquet sous le toit; un de ces galetas dont le plafond fait angle avec le plancher et vous heurte à chaque instant la tête. Le pauvre ne peut aller au fond de sa chambre comme au fond de sa destinée qu'en se courbant de plus en plus. Elle n'avait plus de lit, il lui restait une loque qu'elle appelait de sa couverture, un matelas à terre et une chaise dépaillée. Un petit rosier qu'elle avait s'était desséché dans un coin, oublié. Dans l'autre coin, il y avait un pot à beurre à mettre l'eau qui gelait l'hiver, et où les différents niveaux de l'eau restaient longtemps marqués pas des cercles de glace. Elle avait perdu la honte, elle perdit la coquetterie. Dernier signe. Elle sortait avec des bonnets sales. Soit faute de temps, soit indifférence, elle ne raccommodait plus son linge. A mesure que les talons s'usaient, elle tirait ses bas dans ses souliers. Cela se voyait à de certains plis perpendiculaires. Elle rapiéçait son corset, vieux et usé, avec des morceaux de calicot qui se déchiraient au moindre mouvement. Les gens auxquels elle devait lui faisaient "des scènes", et ne lui laissaient aucun repos, elle les trouvaient dans la rue, elle les retrouvaient dans son escalier. Elle passait des nuits à pleurer et à songer. Elle avait les yeux très brillants, et elle sentait une douleur fixe dans l'épaule vers le haut de l'omoplate gauche. Elle toussait beaucoup. Elle haïssait profondément le père Madeleine, et ne se plaignait pas. Elle cousait dix-sept heures par jour; mais un entrepreneur du travail des prisons, qui faisait travailler les prisonnières au rabais, fit tout à coup baisser les prix, ce qui réduisait la journée des ouvrières libres à neuf sous. Dix-sept heures de travail, et neuf sous par jour ! Ses créanciers étaient pus impitoyables que jamais. Le fripier, qui avait repris presque tous les meubles, lui disait sans cesse : Quand me payeras-tu coquine ? Que voulait-on d'elle, bon Dieu ! Elle se sentait traquée et il se développait en elle quelque chose de la bête farouche. Vers le même temps, le Thénarider lui écrivait que décidément il avait attendu avec beaucoup trop de bonté, et qu'il fallait cent francs, tout de suite, sinon qu'il mettrait à la porte la petite Cosette, toute convalescente de sa grande maladie, par le froid, par les chemins, et qu'elle reviendrait ce qu'elle pourrait, et qu'elle crèverait, si elle voulait.
- Cent francs, songea Fantine ! Mais où y a-t-il un état à gagner cent sous par jour ?
- Allons ! dit-elle, vendons le reste.
L'infortunée se fit fille publique.

Texte de Zola :

Elle aussi venait de s’éveiller, et elle se plaignait, c’était bête de ne jamais faire sa nuit complète. Ils ne pouvaient donc partir doucement ? Enfouie dans la couverture, elle ne montrait que sa figure longue, aux grands traits, d’une beauté lourde, déjà déformée à trente-neuf ans par sa vie de misère et les sept enfants qu’elle avait eus. Les yeux au plafond, elle parla avec lenteur, pendant que son homme s’habillait. Ni l’un ni l’autre n’entendait plus la petite qui s’étranglait à crier.

— Hein ? tu sais, je suis sans le sou, et nous voici à lundi seulement : encore six jours à attendre la quinzaine… Il n’y a pas moyen que ça dure. À vous tous, vous apportez neuf francs. Comment veux-tu que j’arrive ? nous sommes dix à la maison.

— Oh ! neuf francs ! se récria Maheu. Moi et Zacharie, trois : ça fait six… Catherine et le père, deux : ça fait quatre ; quatre et six, dix… Et Jeanlin, un, ça fait onze.

— Oui, onze, mais il y a les dimanches et les jours de chômage… Jamais plus de neuf, entends-tu ?

Il ne répondit pas, occupé à chercher par terre sa ceinture de cuir. Puis, il dit en se relevant :

— Faut pas se plaindre, je suis tout de même solide. Il y en a plus d’un, à quarante-deux ans, qui passe au raccommodage.

— Possible, mon vieux, mais ça ne nous donne pas du pain… Qu’est-ce que je vais fiche, dis ? Tu n’as rien, toi ?

— J’ai deux sous.

— Garde-les pour boire une chope… Mon Dieu ! qu’est-ce que je vais fiche ? Six jours, ça n’en finit plus. Nous devons soixante francs à Maigrat, qui m’a mise à la porte avant-hier. Ça ne m’empêchera pas de retourner le voir. Mais, s’il s’entête à refuser…

Et la Maheude continua d’une voix morne, la tête immobile, fermant par instants les yeux sous la clarté triste de la chandelle. Elle disait le buffet vide, les petits demandant des tartines, le café même manquant, et l’eau qui donnait des coliques, et les longues journées passées à tromper la faim avec des feuilles de choux bouillies. Peu à peu, elle avait dû hausser le ton, car le hurlement d’Estelle couvrait ses paroles. Ces cris devenaient insoutenables. Maheu parut tout d’un coup les entendre, hors de lui, et il saisit la petite dans le berceau, il la jeta sur le lit de la mère, en balbutiant de fureur :

— Tiens ! prends-la, je l’écraserais… Nom de Dieu d’enfant ! ça ne manque de rien, ça tète, et ça se plaint plus haut que les autres !

Je n'ai pas pu copier le texte de Gérard Mordillat.

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Quels moyens les auteurs du corpus utilisent-ils pour dresser le portrait de leur héroïne ?

Quelques pistes à creuser :
Les trois textes présentent des femmes qui doivent faire face à leurs responsabilités de mère, mais qui sont écrasées par la misère.
Comment cet écrasement est-il rendu ?
Le 1er texte recourt au registre pathétique et nous relate une lente mais inexorable dégradation physique et morale. Fantine est une victime. Le bref constat final le souligne danss sa sécheresse.
Le 2nd est moins virulent. Il s'attache à quelques détails concrets mais significatifs pour nous parler de la fatigue ordinaire et de la charge mentale abrutissante pour la mère qui doit aller travailler. C'est observé depuis le regard aimant et attendri du compagnon.
Le 3e est plus sordide. La misère est d'abord une cruelle affaire de sous, de faim qui tenaille les corps, qui déforme les femmes et sournoisement divise les couples. Zola utilise la verdeur de la langue populaire.
La préface de Victor Hugo recourt à l'argumentation rationnelle.

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Quels moyens les auteurs du corpus utilisent-ils pour dresser le portrait de leur héroïne ?

Super! Merci beaucoup d'avoir pris le temps de m'aider.