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Entrée à l'ENS sans passer par les classes préparatoires

Peut-on entrer à l'ENS sans passer par les classes préparatoires? Le verbe pouvoir s'entend ici dans son sens le plus large et donc appelle des questions et des réponses portant sur l'existence éventuelle de procédures spéciales d'admission, la possibilité d'entrer avec un diplôme universitaire, les chances de réussite par le biais de ces procédures alternatives...

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Entrée à l'ENS sans passer par les classes préparatoires

Oui, on peut : il y a deux voies pour entrer à l'ENS, sur concours, ou sur dossier. Pour le concours sur le papier il n'y a pas besoin d'être en classe prépa, dans les faits je ne pense pas que quelqu'un y soit parvenu sans avoir jamais fréquenté de prépas. Sur dossier par contre, même si la majorité des recrutés ont fait une prépa et ont été sous-admissibles voire admissibles, certains ont fait uniquement un parcours à la fac. Pour les chances de réussite, ça dépend de la spécialité, certaines sont plus demandées (ex: plus facile de rentrer en master d'histoire ancienne qu'en contemporaine, car beaucoup plus de demandes en contempo). Dans chaque master, il y a entre 3-4 et 10 recrutés sur dossier je dirais. Dans un master il y a donc souvent plus d'auditeurs libres (= les recrutés sur dossier) que d'élèves normaliens, étant donné le petit nombre de pris sur concours.

On entre pour faire un master, donc il faut déjà avoir une L3 validée (dans certaines spécialités on peut entrer sur dossier en L3, par ex. en lettres classiques à Lyon, bref). On postule dans un master précis, avec un projet de recherche, qui compte pour beaucoup. Est regardé également le dossier scolaire depuis le bac. Les notes à la fac ont donc intérêt d'être très bonnes, mais pas besoin d'être un génie non plus. Je pense que beaucoup d'élèves bons et sérieux ont leurs chances, mais ne pensent/veulent pas forcément la tenter.

Sur le statut d'auditeur libre; en gros c'est un normalien sans les obligations, donc aussi sans le salaire, et sans le "prestige" du concours. Mais ils assistent aux mêmes cours, ont les mêmes partiels...

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... Et la même préparation à l'agrégation, et les mêmes droits aux échanges internationaux, etc.

Par ailleurs, pour Ulm, des masters cohabilités -EHESS/ENS ; Sorbonne/ENS, etc- existent... Mais le statut est encore plus flou et, je dois le dire, moins reconnu que celui des auditeurs libres (que nous appelons étudiants à Ulm) entrés sur dossier.

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A noter, pour les sciences sociales (dont le droit) et dures, l'existence d'un second concours à l'ENS Cachan pour une entrée en M1 et en M2 avec traitement d'élève-fonctionnaire.

Pour les masters cohabilités d'Ulm, je confirme le flou artistique quant au statut. D'un côté, l'administration du master semble les considérer comme pleinement étudiants à l'école puisqu'il y a officiellement une inscription sur place. Il y a accès à toutes les ressources. Tu peux très bien suivre n'importe quel cours de l'école, voire participer activement à des ateliers d'élèves. L'administration du service des études appelle les étudiants de ces masters, dans leur jargon, "étudiant mastérien".
Mais une majorité de l'école ignore ou presque l'existence des étudiants mastériens. Il n'y a pas d'accès aux partenariats internationaux (peut-être parce-que la formation est moins marquée "ENS" avec un simple master classique et non un master avec des cours à l'ENS pour le diplôme). Les départements concernés ne s'occupent pas de ces étudiants qui ne sont jamais conviés aux activités (voyages d'études, journée d'orientation professionnelle...) et donc pas vraiment intégrés dans la vie de l'école. Enfin, ils n'ont pas le droit de vote aux conseils de l'ENS alors que la formation est gérée dans  cet établissement. Et je pense qu'ils ne sont pas beaucoup plus représentés dans les associations.
D'un côté, on comprend que les étudiants du diplôme sont recrutés pour permettre d'accroître mesurément l'école malgré l'absence de fonds pour obtenir de nouveaux traitements de normaliens. De l'autre, les étudiants mastériens semblent avoir acquis un statut complètement ambigu qui, peut-être, gêne une partie de l'école (élitisme du concours? peur d'être à l'étroit?), même si les élèves normaliens (ou étudiants diplômants), individuellement, sont toujours ouverts envers eux.

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Entrée à l'ENS sans passer par les classes préparatoires

Artz, je mettrais tout de même un bémol pour la préparation à l'agrégation; l'entrée dans cette préparation ne se fait pas de droit si l'on est admis sur dossier, on a uniquement le droit de faire un master recherche. Bien sûr, les auditeurs libres peuvent candidater pour être admis à suivre l'année de préparation. Mais, dans certaines disciplines, du moins à Lyon, cet accès est difficile, ils font une grosse sélection des auditeurs, en regardant le parcours depuis le bac, et puis c'est mieux aussi d'avoir son CAPES... Un agrégatif d'histoire m'a dit que cette année, sur 30 demandes d'auditeurs, seul 5-6 avaient été pris. Après cela dépend bien sûr des années puisque le nombre de normaliens voulant préparer l'agreg varie, et surtout des matières; en LC, où les normaliens sont très peu nombreux, les auditeurs vont tous en agreg s'ils le demandent.

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Entrée à l'ENS sans passer par les classes préparatoires

Il y a quelques jours j'ai lu dans la rubrique littéraire d'un grand journal une critique d'un roman écrit par un jeune normalien, Edouard Louis. Une biographie succinte de cet écrivain figurait également dans cette rubrique où il était mentionné qu'il était né en 1992 et admis à Normale Sup Ulm en 2011, c'est à dire à 19 ans! Je me suis demandé si ce gars était surdoué ou s'il avait pu être admis selon une procédure parallèle quelconque.
A en juger par vos réponses selon lesquelles même un auditeur admis à l'ENS possède une L3 validée, j'en déduis que ce jeune écrivain figure bien dans la catégorie des surdoués, ayant eu probablement son bac à 17 ans et un parcours sans faute par la suite; à moins que le journaliste se soit planté dans les dates, ce qui est également plausible. 

En tout cas, merci pour tous ces renseignements.

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Bac l'année de ses 17 ans, intégration à l'ENS sans khuber, donc à 19 ans, ou un an d'avance et khube. Rien d'extraordinaire !

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Entrée à l'ENS sans passer par les classes préparatoires

Disons bac avec 2 ans d'avance et khûbe (bac dans la 17ème année, c'est déjà avec un an d'avance), mais passons. Il n'est peut être pas un prodige, donc oui, rien d'extraordinaire; mais je crois qu'on peut le classer dans la catégorie des surdoués, car je ne pense pas qu'il soit commun de rentrer à l'ENS à 19 ans, même si bien entendu, des cas semblables ont toujours existé.

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Dans ma promo, la plus jeune avait 17 ans... En fait, c'est plutôt commun, meme si il est plus commun encore d'integrer a 20-21 ans...

Pour la formation a l'agregation, Sohanelle, je ne crois pas que Ulm ait la meme politique : je ne connais aucun etudiant qui ait ete refuse a la formation, meme s'ils doivent en effet faire une demande contrairement aux normaliens pour qui c'est automatique.

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L'aspect peu commun s'entend au niveau de la masse des candidats. Il n'est pas étonnant qu'à l'ENS même il y ait une forte concentration d'élèves doués et surdoués.