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Hugo, Demain, dès l'aube... / Le Voyageur contemplant une mer de nuages

Bonjour à tous ! Je suis en seconde et je voudrais faire des études littéraire .. J'ai un devoir à rendre  qui consiste à choisir un poeme , lui associer une peinture ( connue ) et justifier :
Mon choix : Demain des l'aube  de Victor Hugo + Un homme contemplant une mer de nuage ..
J'ai un peu du mal pour la  justification .. Les deux héros sont romantiques , solitaires .. 
  Des idées ? Merci   

Lien du tableau : http://abcvoyage.com/wp-content/uploads … _nuage.jpg

Le poeme : Victor HUGO   (1802-1885)

Demain, dès l'aube...

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Bon à savoir : Demain des l'aube a été écrit suite à la mort de Léopoldine , la fille de Victor hugo . Elle est morte Noyée

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Hugo, Demain, dès l'aube... / Le Voyageur contemplant une mer de nuages

Salut,

Je ne connais pas l'exercice que l'on te demande, mais à première vue: le rapprochement temporel et romantique est bien trouvé. Cependant, le poème d'Hugo est basé sur un mouvement, celui du poète qui traverse les éléments pour atteindre la tombe de sa fille.

Dans le tableau de Friedrich, il n'y a pas de mouvement. Le voyageur (et non l'homme) contemple la mer déchaînée, et se laisse aller à un sentiment de sublime (Kant). C'est pour cela que ton rapproche ne me parait qu'à moitier pertinent.

Je ne connais pas du tout la poésie de Hugo (poésie que je n'aime pas d'ailleurs) du coup je ne peux pas te donner de poème quyi traite de la contemplation du sublime... Mais tu dois pouvoir trouver ça dans les contemplations ou sur google.

Bon courage!

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Hugo, Demain, dès l'aube... / Le Voyageur contemplant une mer de nuages

Les poeme nous sont imposées .. Et c'est le seul qui pourrait convenir , les autres sont surréalistes ..

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Hugo, Demain, dès l'aube... / Le Voyageur contemplant une mer de nuages

Malgré ta réponse et pour faire suite à l'avis pertinent de Karlsbrau, je te propose

Des Contemplations

J'étais jadis, comme aujourd'hui,
Le passant qui regarde en bas, l'homme des songes.
Mes enfants, à travers les brumes, les mensonges,
Les lueurs des tombeaux, les spectres des chevets,
Les apparences d'ombre et de clarté, je vais
Méditant, et toujours un instinct me ramène
A connaître le fond de la souffrance humaine.
L'abîme des douleurs m'attire. D'autres sont
Les sondeurs frémissants de l'océan profond;
Ils fouillent, vent des cieux, l'onde que tu balaies;
Ils plongent dans les mers; je plonge dans les plaies.
Leur gouffre est effrayant, mais pas plus que le mien.
Je descends plus bas qu'eux, ne leur enviant rien,
Sachant qu'à tout chercheur Dieu garde une largesse,
Content s'ils ont la perle et si j'ai la sagesse.

Extrait des « Malheureux »

Paix à l'Ombre! Dormez! dormez! dormez! dormez!
Êtres, groupes confus lentement transformés!
Dormez, les champs! dormez, les fleurs! dormez les tombes!
Toits, murs, seuils des maisons, pierres des catacombes,
Feuilles au fond des bois, plumes au fond des nids,
Dormez! dormez, brins d'herbe, et dormez, infinis!
Calmez-vous, forêt, chêne, érable, frêne, yeuse!
Silence sur la grande horreur religieuse,
Sur l'Océan qui lutte et qui ronge son mors,
Et sur l'apaisement insondable des morts!
Paix à l'obscurité muette et redoutée!
Paix au doute effrayant, à l'immense ombre athée,
A toi, nature, cercle et centre, âme et milieu,
Fourmillement de tout, solitude de Dieu!
O générations aux brumeuses haleines,
Reposez-vous! pas noirs qui marchez dans les plaines!
Dormez, vous qui saignez; dormez, vous qui pleurez!
Douleurs, douleurs, douleurs, fermez vos yeux sacrés!
Tout est religion et rien n'est imposture.
Que sur toute existence et toute créature,
Vivant du souffle humain ou du souffle animal,
Debout au seuil du bien, croulante au bord du mal,
Tendre ou farouche, immonde ou splendide, humble ou grande,
La vaste paix des cieux de toutes parts descende!
Que les enfers dormants rêvent les paradis!
Assoupissez-vous, flots, mers, vents, âmes, tandis
Qu'assis sur la montagne en présence de l'Être,
Précipice où l'on voit pêle-mêle apparaître
Les créations, l'astre et l'homme, les essieux
De ces chars de soleils que nous nommons les cieux,
Les globes, fruits vermeils des divines ramées,
Les comètes d'argent dans un champ noir semées,
Larmes blanches du drap mortuaire des nuits,
Les chaos, les hivers, ces lugubres ennuis,
Pâle, ivre d'ignorance, ébloui de ténèbres,
Voyant dans l'infini s'écrire des algèbres,
Le contemplateur, triste et meurtri, mais serein,
Mesure le problème aux murailles d'airain,
Cherche à distinguer l'aube à travers les prodiges,
Se penche, frémissant, au puits des grands vestiges,
Suit de l'oeil des blancheurs qui passent, alcyons,
Et regarde, pensif, s'étoiler de rayons,
De clartés, de lueurs, vaguement enflammées,
Le gouffre monstrueux plein d'énormes fumées.

Extrait de  « A celle qui est restée en France. »