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Quantité vocalique

Bonjour,

Je viens de traduire quelques propositions infinitives. En l'occurrence, la version n'a pas été pour moi un problème ; cependant, ce qui m'a cassé la tête a été une toute simple, une toute petite voyelle, plus précisément, sa quantité. Je parle de n'importe quelle forme de l'infinitif parfait actif (par exemple: dixisse). Où accentueriez-vous le mot: díxisse ou dixísse? Je suis plutôt incliné vers la deuxième "forme". Avez-vous des explications (de grammaire ou d'un auteur latin)? Mes bouquins n'en ont pas...

Bien cordialement,
Marcos Helena

PS: Pensez-vous que la prononciation en tenant compte des quantités est essentielle au collège / au lycée? Pour ma part, quand on ne récite pas, le plus important, c'est de bien accentuer les mots...

Quantité vocalique

Si l'avant-dernière syllabe est longue, elle est accentuée (une voyelle double — ae, au, oe — est longue, de même qu'une voyelle devant deux consonnes).

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Attention, ce n'est pas si simple ! Il faut distinguer les voyelles longues par nature et les voyelles longues par position. Le i de la finale isse est bref (élargissement is + morphème de l'infinitif -se), mais en poésie, le i est "automatiquement" allongé car il se trouve devant deux consonnes.

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Comment sait-on que le i de isse est bref ? Je partais du principe que si la grammaire Cart Grimal n'indique pas la longueur, c'est qu'elle est évidente. Ne s'intéresserait-elle qu'à la scansion ?

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Quantité vocalique

marcosoliveirahelena semble plus s'intéresser à l'accentuation qu'à la scansion, et de ce point de vue, les pénultièmes longues retiennent toujours l'accent, qu'elles le soient par nature ou par position. Je trouve son effort d'accentuation tout à fait louable, et je dirais qu'essayer d'accentuer et de distinguer les quantités oralement permet de mieux sentir la langue latine, même si l'accent qu'on ajoute est improbable. Cependant, je ne pense pas que ce genre d'efforts soient exigés au collège ou au lycée, ni qu'ils soient payants scolairement.

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Anne345 a écrit :

Comment sait-on que le i de isse est bref ? Je partais du principe que si la grammaire Cart Grimal n'indique pas la longueur, c'est qu'elle est évidente. Ne s'intéresserait-elle qu'à la scansion ?

Bien sûr ; la grammaire scolaire ne peut s'intéresser qu'à la scansion, pas à la longueur des éléments morphologique déterminée par la grammaire historique. C'est encore plus évident en grec, un épsilon ou un omicron, par exemple, brefs "par nature" peuvent se voir allongés par position.
On sait que -is- est bref par nature vu qu'il a donné -er- au PQP et FA ; le s est devenu r entre deux voyelles (rhotacisme) et le i bref s'est ouvert en è devant ce r (souvenir des cours de grammaire historique appelés "philologie" je n'ai jamais su pourquoi).

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Quantité vocalique

Jacquesvaissier, vos explications étaient très claires et, scientifiquement parlant, bien argumentées. Cependant, je dois vous demander deux éclaircissements à propos de deux aspects :
- la notion de « élargissement » : quoi ? quand ? pourquoi ? comment ?
- les temps actifs de la série de l’indicatif parfait sont-ils dérivés de l’infinitif parfait actif ?

Quantité vocalique

Il faudrait faire tout un exposé et je ne suis pas vraiment spécialiste. De plus, je n'ai plus les livres qui m'ont servi autrefois lors de mes études, notamment, les Éléments de phonétique et de morphologie historique du latin, de P. Monteil, chez Nathan (je crois).
Un élargissement est un élément qui se place entre le radical (éventuellement déjà pourvu d'un "suffixe" et le morphème désinentiel.
Les temps du perfectum actif ne dérivent pas de l'infinitif, ils se forment parallèlement à lui.

amav(radical) - w (suffixe du parfait) - ī (désinence de 1ère personne de l'indicatif)
ama - w - is (élargissement)  - se (morphème de l'infinitif)
ama - w - is - am (désinence de l'imparfait) (le tout donne amaveram phonétiquement)
ama - w - is - o (désinence du présent/futur) (donne amavero)
ama - w - is - se (morphème de l'optatif en indo-européen) - m (désinence de première personne)

Tout est de mémoire, et j'ai dû simplifier...

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Quantité vocalique

(1) PQP: amau-is-am, amau-is-as, amau-is-at, amau-is-amus, amau-is-atis, amau-is-ant > amáuĕram, amáuĕras, amáuĕrat, amauĕrámus, amauĕrátis, amáuĕrant.

(2) FA: amau-is-o, amau-is-i-s, amau-is-i-t, amau-is-i-mus, amau-is-i-tis, amau-is-i-nt > amáuĕro, amáuĕris, amáuĕrit, amauérimus, amauéritis, amáuĕrint.

  • La voyelle a (1) fait partie du morphème désinentielle (c'est pourquoi elle est longue), la voyelle i (2) est un phonème de liaison (c'est pourquoi elle est brève).

  • Ce schéma ne s'applique pas au parfait: amáu-i, amáu-is, amáu-it, amau-ímus, amau-ístis, amau-érunt (???).

Ces deux conclusions sont-elles correctes?

Quantité vocalique

Pour le a, je ne suis pas affirmatif, il s'agit peut-être d'une réfection analogique à partir de l'imparfait. Au parfait, la désinence suit directement le radical sans élargissement.
Si la question vous intéresse, procurez-vous donc le manuel dont j'ai cité les références. Je pense qu'il est toujours édité. Peut-être pouvez-vous le consulter dans une bibliothèque.