Villon, Ballade des proverbes

Bonjour tout le monde,
Je passe bientot mon oral de francais de premiere, toutes mes fiches sont redigées, apprises, sauf une seule!
En effet, la ballade des proverbes me pose beaucoup de problemes.. En cours, nous avons seulement
"traduit" chaque proverbe, sans les regrouper, sans definir de themes redondants, sans aucune piste d'analyse..
Je connais juste la signification de chaque proverbe, je sais que c'est un regroupement habile (a la Villon)
de connaissances et de valeurs de l'epoque qui se completent et se contredisent, mais je n'ai aucun plan, aucun theme precis.. Auriez vous de l'aide a me proposer? J'ai cherché dans plusieurs livres, sur le net.. Rien
C'est assez urgent, et j'aimerais bien qu'on me lance sur une piste quelconque..

Villon, Ballade des proverbes

Bonsoir.

Il aurait été bon d'afficher le texte :

Ballade des proverbes

Tant gratte chèvre que mal gît,
Tant va le pot à l'eau qu'il brise,
Tant chauffe-on le fer qu'il rougit,
Tant le maille-on qu'il se débrise,
Tant vaut l'homme comme on le prise,
Tant s'élogne-il qu'il n'en souvient,
Tant mauvais est qu'on le déprise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Tant parle-on qu'on se contredit,
Tant vaut bon bruit que grâce acquise,
Tant promet-on qu'on s'en dédit,
Tant prie-on que chose est acquise,
Tant plus est chère et plus est quise,
Tant la quiert-on qu'on y parvient,
Tant plus commune et moins requise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Tant aime-on chien qu'on le nourrit,
Tant court chanson qu'elle est apprise,
Tant garde-on fruit qu'il se pourrit,
Tant bat-on place qu'elle est prise,
Tant tarde-on que faut l'entreprise,
Tant se hâte-on que mal advient,
Tant embrasse-on que chet la prise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Tant raille-on que plus on n'en rit,
Tant dépent-on qu'on n'a chemise,
Tant est-on franc que tout y frit,
Tant vaut "Tiens !" que chose promise,
Tant aime-on Dieu qu'on fuit l'Eglise,
Tant donne-on qu'emprunter convient,
Tant tourne vent qu'il chet en bise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Prince, tant vit fol qu'il s'avise,
Tant va-il qu'après il revient,
Tant le mate-on qu'il se ravise,
Tant crie-l'on Noël qu'il vient.

Villon, Ballade des proverbes

Commenter une telle œuvre tient de la gageure... En fait, cette ballade a fait couler pas mal d'encre : d'ordinaire, on la considère comme un pur exercice de rhétorique d'autant qu'à la différence du refrain de la Ballade des menus propos, celui de notre ballade ne semble être le support d'aucun "message". Mais, d'après certains, elle aurait été écrite en vue d'une réconciliation avec Charles d'Orléans, irrité par un poème satirique adressé à un de ses protégés, et ce refrain exprimerait l'espoir de cette réconciliation. Le texte de la ballade ferait alors plus ou moins directement allusion à la brouille. Quoi qu'il en soit, il ne serait pas prudent de se livrer à des exégèses aventureuses.
En la relisant (une vingtième fois au moins car je lis souvent ce très grand poète), je remarque :
- l'anaphore, qui "saute aux yeux", 
- la polysémie de "tant", objet de l'anaphore : introducteur d'une consécutive (v.1, 2,3,4...), mais aussi adverbe d'égalité (v.5,10).
- le "mélange" apparent du domaine des proverbes : certains évoquent des animaux, d'autres des objets, ou des êtres humains, ou des abstractions ; il y a ceux qui sont "pessimistes" (v. 1,2...), ceux qui sont "optimistes" (v. 17,18, et bien sûr le refrain), ceux enfin qui sont neutres (ce sont ceux qui commencent par un "tant" marquant l'égalité).

A partir de là, il faut faire des statistiques, des regroupements, faire finalement une petite analyse structurale.
Il ne ressort pas grand chose de l'ensemble : un certain scepticisme concernant la marche de cette petite "comédie humaine" ?