Jankélévitch, La Musique et l’ineffable - La musique a ceci de commun avec la poésie et l'amour...

Bonjour, je suis une élève de terminale L et j'ai une explication de texte à faire pour vendredi.

J'ai déjà fait beaucoup de dissertations mais jamais d'explication de texte alors je suis un peu perdue...

Voici le texte :

La musique a ceci de commun avec la poésie et l'amour, et même avec le devoir : elle n'est pas faite pour qu'on en parle, elle est faite pour qu'on en fasse ; elle n'est pas faite pour être dite, mais pour être « jouée »... Non, la musique n'a pas été inventée pour qu'on parle de musique ! N'est-ce pas la définition même du Bien ? Le Bien est fait pour être fait, non pas pour être dit ou connu ; et de même le mal est une manière de commettre l'acte plutôt qu'une chose sue ; bien et mal sont d'ordre sinon dramatique, du moins drastique * . Le bien est l'affaire des militants ! La poésie, en cela, n'est-elle pas une sorte de bienfaisance ? Faire comme on dit, et même faire sans dire * : telle serait sans doute la devise de celui dont toute la vocation intentionnelle est de faire, de faire transitivement * , de faire purement et simplement, et non pas de faire faire... Car qu'est-ce que la parole, sinon une action secondaire, une action avec exposant ou, mieux encore, comme dans l'art de persuader des rhéteurs, une action sur de l'action ? Le Dire est un Faire atrophié, avorté et un peu dégénéré : action en retrait ou simplement ébauchée, la parole est volontiers pharisienne * et n'agit qu'indirectement..., sauf bien entendu en poésie, où c'est le dire lui-même qui est le faire ; le poète parle, mais ce ne sont pas des paroles pour dire, comme les paroles du Code civil : ce sont des paroles pour suggérer ou captiver, des paroles de charme ; la poésie est faite, immédiatement, pour faire le poème, et la poétique, qui est un faire avec exposant, pour réfléchir sur la poésie. La même différence sépare en musique le créateur et le théoricien. On parle trop, aujourd'hui, pour avoir musicalement quelque chose à dire ! Tels les philosophes, oubliant de philosopher, parlent de la philosophie du voisin...Vladimir JANKELEVITCH, La Musique et l'Ineffable, éd. du Seuil, pp. 101-102.


Après avoir relu plusieurs fois le texte, j'ai remarqué qu'ici plusieurs sujets étaient abordés : le langage, l'art, et la morale.

J'étais partie sur cette problématique : Peut-on dire quelque chose de pertinent sur l´oeuvre d´art ?

Cependant, je ne trouve pas de plan qui tienne la route...


Merci d'avance à tous ceux qui accepteront de m'aider.

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Jankélévitch, La Musique et l’ineffable - La musique a ceci de commun avec la poésie et l'amour...

Ce texte est très dense. Il se livre à de subtiles variations autour de quelques thèmes : beau, bien, action, réflexion, théorie, immédiateté, spontanéité, intuition, partage, émotion, transmission, vie, mécanique, figement...
Il est bâti sur une antithèse et traduit une méfiance à l'égard du langage, de la rationalité qui chosifient, figent la vie, dans ce qu'elle a d'ineffable et de fragile.
Pour la problématique je tenterais bien "les difficiles rapports entre l'art et le langage".

Jankélévitch, La Musique et l’ineffable - La musique a ceci de commun avec la poésie et l'amour...

Je mettrais donc "Pourquoi les rapports entre l'art et le langage sont - ils difficiles? " en problématique ?

Et donc en plan je dois suivre le texte ?

J'ai déjà du contenu à mettre mais j'ai vraiment du mal à faire un plan clair..

Et c'est vrai que ce texte est très dense, intéressant cependant, mais pour une première je trouve cela un peu difficile