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Latin - Les dieux ne sont pas quand même des hommes

Soient ces vers de Tibulle:

« Bacche, ueni, dulcisque tuis e cornibus uua
       pendeat, et spicis tempora cinge, Ceres.
   Luce sacra requiescat humus, requiescat arator,
       et graue suspenso uomere cesset opus.
   Soluite uincla iugis: nunc ad praesepia debent
       plena coronato stare boues capite. […]
   Di patrii, purgamus agros, purgamus agrestes;
       uos mala de nostris pellite limitibus. […] »

NB: J'ai souligné (pas littéralement) les formes verbales qui sont au subjonctif. D'ailleurs, elles sont assez abondantes à l'instar de celles de l'impératif (soulignées littéralement). Il s'agit d'une invocation aux dieux, donc, pas d'étonnement.

Analyse linguistique:

  • Les formes soulignées désignent-elles l'ordre ou le souhait? S'agit-il du subjonctif exhortatif ou optatif, respectivement? Voilà, les dieux ne sont pas quand même des hommes... Noter qu'une telle analyse pourra servir aussi pour dégager la valeur sémantique des impératifs.

  • Remarquer le vers 8. L'impératif présent ne demandant pas de sujet, pourquoi «vos» est-il exprimé? Quelles valeurs syntaxiques/sémantiques? En outre, la voyelle de liaison de la forme verbale (question de morphologie) est-elle brève ou longue? Péllite ou pellíte? D'ordinaire, ces voyelles de lisaison sont brèves...

  • Quelle a été l'évolution morphologique de «dei» jusqu'à «di» (v. 7) - vocatif pluriel?

  • Remarquer le vers 2. Qui Cérès ornera-t-elle: elle-même ou ce «nous»?

Analyse culturelle:

  • Bacchus a-t-il des cornes? Évidemment, on veut du vin et des céréales à la fin de la récolte, mais il ne faut pas offendre les dieux respectifs  ...

  • Voulez-vous faire une approche culturelle à ces cultes publiques? Qui, comment, quand, types? La civilisation romaine, cela m'effraye  ...

  • Cependant, on se souvient bien du mythe de Proserpine, mais... quels rapports avec les perles (peut-être suis-je influencé par Perci Jackson) et les grenades?

Autre question:

  • Pourriez-vous me renseigner sur ce genre littéraire dans l'univers de la littérature latine: l'élégie? En outre, des caractéristiques, d'autres exemples...

Merci d'avance,
Marcos Helena

PS: Répondez à ce que vous voulez ( DIEU MERCI!!!). Je sais que ce «uos» là-dessus n'a rien à voir avec le datif éthique (le datif serait «uobis») et pourtant, à mon humble avis, les fonctions de «uos» ressemblent à celles de ce dernier. Voici ce que dit l'Académie française (Olivier Rousseau) à ce propos:

Le datif éthique est la traduction française de l'expression dativus ethicus de la grammaire latine.

Bien que le français ne soit pas une langue à déclinaison comme le latin, l'expression datif éthique s'utilise, dans la grammaire française, pour désigner l'emploi familier des pronoms personnels "pour exprimer l'intérêt que le locuteur prend à l'action ou pour solliciter l'interlocuteur de s'intéresser à l'action" (Grevisse).

Par exemple : "Se prendre le temps de faire quelque chose" pour "prendre le temps ...". ; "je vais me préparer une omelette" au sens de "je vais préparer une omelette pour moi" ; "Il vous lui envoya un de ces coups de poing !" = "Il lui envoya...".

Il s'agit donc d'une forme d'insistance, valorisant les personnes de l'énonciation.

Latin - Les dieux ne sont pas quand même des hommes

marcosoliveirahelena a écrit :

Soient ces vers de Tibulle:

« Bacche, ueni, dulcisque tuis e cornibus uua
       pendeat, et spicis tempora cinge, Ceres.
   Luce sacra requiescat humus, requiescat arator,
       et graue suspenso uomere cesset opus.
   Soluite uincla iugis: nunc ad praesepia debent
       plena coronato stare boues capite. […]
   Di patrii, purgamus agros, purgamus agrestes;
       uos mala de nostris pellite limitibus. […] »

NB: J'ai souligné (pas littéralement) les formes verbales qui sont au subjonctif. D'ailleurs, elles sont assez abondantes à l'instar de celles de l'impératif (soulignées littéralement). Il s'agit d'une invocation aux dieux, donc, pas d'étonnement.

Analyse linguistique:

  • Les formes soulignées désignent-elles l'ordre ou le souhait? S'agit-il du subjonctif exhortatif ou optatif, respectivement? Voilà, les dieux ne sont pas quand même des hommes... Noter qu'une telle analyse pourra servir aussi pour dégager la valeur sémantique des impératifs.

L'impératif veni exprime un ordre, les subjonctifs suivants expriment des souhaits ; linguistiquement, on ne peut exprimer un ordre à la 3ème personne.

  • Remarquer le vers 8. L'impératif présent ne demandant pas de sujet, pourquoi «vos» est-il exprimé? Quelles valeurs syntaxiques/sémantiques? En outre, la voyelle de liaison de la forme verbale (question de morphologie) est-elle brève ou longue? Péllite ou pellíte? D'ordinaire, ces voyelles de lisaison sont brèves...

Vos marque le changement de personne nous/vous.
Le i de pellite est bref, comme le prouve la scansion du pentamètre.

  • Quelle a été l'évolution morphologique de «dei» jusqu'à «di» (v. 7) - vocatif pluriel?

Il faut demander à plus qualifié que moi.

  • Remarquer le vers 2. Qui Cérès ornera-t-elle: elle-même ou ce «nous»?

Elle-même, comme le montre le parallélisme avec Bacchus.


Analyse culturelle:

  • Bacchus a-t-il des cornes? Évidemment, on veut du vin et des céréales à la fin de la récolte, mais il ne faut pas offendre les dieux respectifs  ...

  • Voulez-vous faire une approche culturelle à ces cultes publiques? Qui, comment, quand, types? La civilisation romaine, cela m'effraye  ...

  • Cependant, on se souvient bien du mythe de Proserpine, mais... quels rapports avec les perles (peut-être suis-je influencé par Perci Jackson) et les grenades?

Autre question:

  • Pourriez-vous me renseigner sur ce genre littéraire dans l'univers de la littérature latine: l'élégie? En outre, des caractéristiques, d'autres exemples...

Merci d'avance,
Marcos Helena

PS: Répondez à ce que vous voulez ( DIEU MERCI!!!). Je sais que ce «uos» là-dessus n'a rien à voir avec le datif éthique (le datif serait «uobis») et pourtant, à mon humble avis, les fonctions de «uos» ressemblent à celles de ce dernier. Voici ce que dit l'Académie française (Olivier Rousseau) à ce propos:

Le datif éthique est la traduction française de l'expression dativus ethicus de la grammaire latine.

Bien que le français ne soit pas une langue à déclinaison comme le latin, l'expression datif éthique s'utilise, dans la grammaire française, pour désigner l'emploi familier des pronoms personnels "pour exprimer l'intérêt que le locuteur prend à l'action ou pour solliciter l'interlocuteur de s'intéresser à l'action" (Grevisse).

Par exemple : "Se prendre le temps de faire quelque chose" pour "prendre le temps ...". ; "je vais me préparer une omelette" au sens de "je vais préparer une omelette pour moi" ; "Il vous lui envoya un de ces coups de poing !" = "Il lui envoya...".

Il s'agit donc d'une forme d'insistance, valorisant les personnes de l'énonciation.

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Latin - Les dieux ne sont pas quand même des hommes

Quelle a été l'évolution morphologique de «dei» jusqu'à «di» (v. 7) - vocatif pluriel?
La forme des nominatif-vocatif pluriels est normalement  "di" ("i" long);C'est la forme la plus fréquemment attestée par la scansion des comiques et des classiques.  "dei"("i" long) est récent et analogique de "deus".

Les cornes de Bacchus symbolisent la force et la fécondité.

Une des définitions de l'élégie latine est " un poème écrit en distiques élégiaques". Cornelius Gallus ( ami de Virgile) est considéré comme le " fondateur" de l'élégie latine. Tibulle, Properce, Ovide sont les trois grands élégiaques augustéens.