Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

bonjour à tous

j'ai une dissertation dont le sujet est : pensez vous comme Paul Eluard que "les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre"?"

j'ai un peut de mal à cerner le sujet; pensez vous qu'il faut comprendre que "tout le monde peut être poète"?

si c'est le cas, je pensait faire le plan suivant
I) tout le monde peut faire de la poésie
- écriture automatique des surréalistes
- la poésie et son caractère autobiographique et thérapeutique
II) seule une élite peut faire de la poésie
- il faut savoir faire un travail sur la sonorité et le rythme
- tout le monde ne peut pas nécessairement sublimer sa peine

je vous remercie d'avance

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

Bonjour,

ce qui est intéressant dans cette citation c'est "les véritables poètes": alors il y aurait des poètes véritables et des faux poètes, des poètes qui en fait mériteraient moins leur nom de poètes? Eluard fait donc une distinction dans le groupe des poètes qui montre qu'il voit d'un côté les grands poètes, ceux qui produisent des chef-d'oeuvres, et de l'autre plutôt des amateurs, qui écrivent de la poésie mais de moins bonne qualité.

Je pense que tu as raison, si Eluard fait une différence entre les véritables poètes et les autres poètes, c'est qu'il implique que malgré tout les autres sont des poètes aussi, mais il ne faut pas oublier qu'il les place à un niveau différent. Ton plan est pas mal, il faut que tu montres bien comment on peut reconnaître un grand poète.

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

Pas d'accord, Éluard n'a jamais considéré que la "véritable" poésie est une affaire d'élite
Réfléchissez bien au sujet ! vous partez sur une fausse piste !

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

Il ferait donc la différence entre les poètes, ceux qui ne considèrent pas que la poésie leur appartient en propre et les autres, ceux qui monopolisent la poésie, qui la destinent à une élite, mais qui au fond ne seraient pas de véritables poètes?

Désolée pour le contresens.

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

Bonjour,

Voici la citation dans une partie de son contexte (je n'ai pas trouvé mieux que cet extrait) :

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre. Sur les lèvres des hommes, la parole n'a jamais tari ; les mots, les chants, les cris se succèdent sans fin, se croisent, se heurtent, se confondent. (...) Les mots disent le monde et les mots disent l'homme, ce que l'homme voit et ressent, ce qui existe, ce qui a existé, ce qui existera, l'antiquité du temps, le passé, le futur de l'âge et du moment, la volonté, l'involontaire, la crainte et le désir de ce qui n'existe pas, de ce qui va exister. Les mots détruisent, les mots prédisent ; enchaînés ou sans suite, rien ne sert de les nier. Ils participent tous à l'élaboration de la Vérité.
(...)
Le poète, à l'affût des obscures nouvelles du monde, nous rendra les délices du langage le plus pur, celui de l'homme de la rue et du sage, de la femme, de l'enfant et du fou. Si l'on voulait, il n'y aurait que des merveilles. Ecoutons-les sans réfléchir et répondons, nous serons entendus. Sinon, nous ne sommes que des miroirs brisés et, désireux de rectifier les apparences, nous poétisons, nous nous retirons la vue première, élémentaire, des choses, dans cet espace et ce temps qui sont nôtres.
Si nous voulions, rien ne nous serait impossible. Le plus dénué d'entre nous a le pouvoir, tout comme le plus riche, de nous remettre, de ses mains appliquées et de ses yeux confiants, un trésor inestimable, ses rêves et sa réalité que raison, bon sens, méchanceté ne parviennent pas à détruire. La poésie involontaire, si banale, si imparfaite, si grossière soit-elle, est faite des rapports entre la vie et le monde, entre le rêve et l'amour, entre l'amour et la nécessité. Elle engendre notre émotion, elle rend à notre sang la légèreté du feu. Tout homme est frère de Prométhée. Nous n'avons pas une intelligence particulière, nous sommes des êtres moraux et nous nous situons dans la foule.

Paul Eluard - in Poésie intentionnelle et poésie involontaire - Seghers, 1963

Muriel

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

Oui ! merci Muriel, je pense que cet extrait montrera à nos jeunes amies où elles font fausse route
On peu aussi citer un très beau titre d'Éluard
De l'horizon d'un homme à l'horizon de tous
et le célèbrissime
La poésie est contagieuse

Sans oublier Lautréamont, une des références des poètes surréalistes
La poésie doit être faite par tous, non par un

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

merci pour vos réponses ainsi que pour le texte dont est extrait cette citation et justement j'ai un peu de mal à voir le rapport entre la citation et le reste du texte!!! désolé !!! 

je vois très bien que le texte attribue au langage une fonction à la fois de description et de création mais ensuite, je suis un peu perdue..!!!

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

Bonjour J.Baby,

C'est surtout la dernière partie de l'extrait qui pourra "éclairer" la citation.

Muriel

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

merci Muriel, je vais regarder ça d'encore un peu plus près (lol !) et je te ferais part plus tard de ce que j'ai trouvé: ainsi tu pourras me dire si enfin je je m'éloigne du Hors Sujet   

à plus tard

10

Les véritables poètes n'ont jamais cru que la poésie leur appartînt en propre

J'ai eu des idées ce matin (la nuit porte conseil 
Le poète "véritable" c'est celui qui connaît bien la poésie, qui sait d'où elle vient, quelles sont ses origines et ses racines. La poésie, Garcia-Lorca l'a dit et répété, vient de la rue, du peuple, des chansons naïves, des ritournelles, des comptines. Le titre Cante jondo d'un de ses recueils est très significatif de cet état d'esprit. Aragon écrit dans la Préface des Yeux d'Elsa "le sanglot organique et profond de le France, comme ce parler de toute la terre et de toute l'histoire, dont chaque poète français est l'héritier"

Celui qui porte en lui ce chant de la langue, c'est un poète, qui dès lors sait qu'il ne détient pas la poésie à lui seul, mais qu'il la reçoit en héritage de tous ceux qui l'ont parlée avant lui, cette langue ; et qu'il la partage avec tous ses contemporains