Texte en moyen-haut-allemand à traduire

Oui à toutes vos questions, mais, je vous en prie, vous avez le temps !
En fait, ce qui serait intéressant, mais seule une étude critique peut nous éclairer sur ce point, c'est de savoir si Konrad invente les éléments qui ne sont pas dans le Roland tel que nous le connaissons, s'il les "emprunte" à des sources germaniques ou à des versions françaises qui ne nous seraient pas parvenues, mais qu'il aurait connues. En effet, certains savants pensent qu'il existait des scriptoria tout au long des chemins de Compostelle, entre autre, où des moines mettaient par écrit des versions orales des chansons de geste fournies par tel ou tel jongleur ; c'est du reste ainsi que l'on pourrait interpréter le dernier vers, si obscur de la Chanson de Roland : ci falt la geste que Turoldus declinet. = "ici finit la geste que Turold décline", c'est à dire la version déclamée par Turold, ou la version copiée par Turold...

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Texte en moyen-haut-allemand à traduire

Désolée, je savais que j'allais être prise par le temps 

Le collègue plus féru que moi en moyen haut-allemand accepte de superviser ce que j'ai préparé. Dès que nous avons  définitivement mis au point cette première partie commencée je passe à la suite.

Texte en moyen-haut-allemand à traduire

Je vous en prie !

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Texte en moyen-haut-allemand à traduire

Bonsoir,

Je vous apporte d'abord quelques rectifications sur mon début de traduction mais ce sont finalement des points pas trop importants qui ne changent rien à votre première analyse sur cette version allemande dee Conrad.

Strophe 3:

Sous ces quatre pierres
Voilà Roland qui se meurt.

Ici , la préposition unter ne signifie pas sous mais parmi, au milieu. Roland est au centre de quatre blocs de marbre.

Strophe 9 :

iz ne tet sin nehain war.

C'est la première tentative de Roland de briser Durandal/
Ce vers personnalise Durandal: elle ( l'épée) ou il ( Durandal) ne remarqua rien.

Ce qui signifie que Roland ne lui a rien fait en frappant.

Strophe 13 et suivantes:
Lorsqu'il évoque les guerres, batailles menées avec Durandal:

J'ai conquis avec toi le pays D'Anjune: lire d'Anjou
Les célèbres Bataves?  le célèbre Poitou
Et les forts Progetaneam = la puissante Aquitaine.

Voici la suite :

6900 : il manquait un vers de traduction:

(gestatige in an dem rechtin,

Donc : je t'implore pour mon Seigneur,
affermis le dans le droit
,


6905
    uerdruche sine wider uechten,
    daz sine uiante alle geligen,
    unt er an in gesige
    in dines namin mínne!
    unt umbe di suzen Karlinge


Réprime ses opposants
Que ses ennemis soient tous vaincus
Et qu'il les vainque tous
Dans l'amour de ton Nom
Et pour les doux Karlinges
( il s'agit des Francs , sujets de Charlemagne: le mot est formé à partir du nom de Charles.)

6910
    unt ander sine untertane
    di beuilhe ich zu dinen gnaden.
    alle di in mit truwen mainen,
    lebentige oder uerschaiden,
    bestatige si in den Abrahames barn!"

Et pour ses autres vassaux
Je les recommande à Ta Grâce
Tous, eux qui l'aiment en fidélité
Vivants ou morts,
Accueille les dans le sein d'Abraham
.

6915
    er leite sich an sinen zesewin arm,
    daz houbet er nider naicte,
    di hende er uf spraite:
    dem alwaltigen herre[n]
    dem beualch er sine sele.

Il s'allongea sur son bras droit, (= sur le côté droit)
Inclina sa tête,
Et écarta ses mains.
Au Seigneur Tout puissant
Il recommanda son âme.

6920
    mit sent Michahele,
    sente Gabriele,
    sent Raphahele
    frout er sich imer mere.

Avec Saint Michel,
Saint Gabriel,
Saint Raphaël,
Il se réjouit pour toujours
= il connaît la Joie éternelle.



Entre-temps j'ai commandé le texte allemand en édition bilingue ( si l'on peut dire): version originale et transposition en allemand moderne avec x remarques et explications, y compris de traduction... Un travail très sérieux.

J'ai regardé ces passages évoqués par l'article sur Persée. Effectivement, lorsque Konrad décrit les chevaliers, vassaux de Charlemagne, convoqués à sa Cour avant le départ pour cette guerre/Croisade, il y a de plus amples évocations de la magnificence des habits, de leur apparence fière...  Le style reste toujours plus sobre , plus sec que le texte français. Pas d'envolées lyriques, c'est clair et net.

Pour la notion de roman courtois: les Allemands n'y voient pas uniquement les évocations de l'amour courtois mais insistent sur l'évocation de tout ce qui concerne les relations, la vie à la Cour féodale. Les habits, les jeux ou tournois, les liens de vassalité, etc.

Vous me direz si d'autres passages vous intéressent. Quoi qu'il en soit, merci à vous de m'avoir fait découvrir ce poème allemand que je n'aurais sans doute jamais connu.

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Merci surtout à vous, pour le sérieux et la rigueur de votre travail.
Pourriez-vous m'indiquer la référence du livre dont vous parlez ?

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Das Rolandslied des Pfaffen Konrad  par Dieter Kartschoke , un spécialiste de la littérature médiévale allemande.

Mittelhochdeutsch/Neuhochdeutsch
publié en 1993 , nouvelle édition réactualisée en 2011 chez Reclam.

Dans son introduction, DK signale que Konrad a écrit son poème, commandité par Henri XII de Bavière ( Heinrich der Löwe) . Il ajoute qu'en ce sens, c'est la première épopée courtoise de la littérature allemande.

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Merci ! Je vous dirai ce que je pense de la fin de Roland.