Qu'est-ce que l'érotisme au Moyen Âge ?

Bonjour,

je dois réaliser un travail universitaire mais je suis confronté à un problème générique. Je cherche une définition de "l'érostime" dans un contexte médiéval et non contemporain. Je pensais que ce terme était un synonyme de "sexualité" mais il semble que non.

J'ai trouvé des explications sur l'érotisme au Moyen Age mais jamais de véritable définition... Pourriez-vous m'en donner une ou me conseillez des sites ou des ouvrages ?

Bien à vous.

Qu'est-ce que l'érotisme au Moyen Âge ?

La difficulté est que les termes d'érotisme, de sexualité, de pornographie, etc... n'existent pas au Moyen-Age. Le danger est de plaquer des concepts modernes sur des réalités anciennes.
Tout ce que je peux dire - et tu le sais déjà -, c'est que certains éditeurs modernes qualifient d'érotiques une série de fabliaux et de fragments poétiques divers qui ont pour traits communs de décrire, parfois avec complaisance, des actes ou des jeux sexuels entre un (ou des) homme(s) et une (ou des) femme(s) d'âge variable (je n'ai pas d'exemple d'homosexualité). Certains passages méritent aussi d'être qualifiés de scatologiques.
Le domaine érotique médiéval me semble avoir pour caractéristiques :
- La situation aristocratique ou borgeoise de ses auditeurs ; en témoignent les nombreuses références aux chansons de geste et aux romans courtois.
- La poursuite de la route là où se sont arrêtés, par décence, les auteurs de romans, comme dans cet exemple célèbre de Chrétien de Troyes (le Chevalier de la Charrette) :
...il lor avint sanz mantir
Une joie et une mervoille
Tel c'oncques ancor sa paroille
Ne fu oïe ne seüe,
Mes toz jorz iert par moi teüe,
Qu'an conte ne doit estre dite.

(vers 4676 - 4681, cités par L. Rossi, préface de son édition des Fabliaux érotiques, Livre de Poche)
- La parodie de ces romans : le lieu des prouesses chevaleresques n'est plus un pré ou un champ clos, mais une chambre et un lit... Le chevalier peut revêtir des pouvoirs inédits, comme dans le fabliau le Chevalier qui fist parler les Cons.
- La métaphorisation, non dans le but d'adoucir, mais pour les raisons évoquées plus haut.
- L'humour et la recherche dans la mise en œuvre.
C'est d'ailleurs surtout cette recherche, ce "second degré", cette (auto)-destruction des valeurs chevaleresques - voire cléricales - et l'humour qui en découle, qui me semblent distinguer cet érotisme de la pornographie moderne,  commerciale et vulgaire.
Je signale aussi que les auteurs de cette littérature (dont le célèbre Garin) sont loin de considérer le corps féminin comme un vulgaire objet de plaisir, et qu'on y voit souvent consacrée une parfaite égalité entre les sexes, tant les combattants qui s'affrontent sont tous deux preuz et vaillanz...

J'ai voulu écrire (auto)-dérision, et non destruction...