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Bac de français 2013, série L - Commentaire

Bac de français 2013, série L - Commentaire
Objet d’étude : Les réécritures, du XVIIe siècle jusqu’à nos jours

https://www.etudes-litteraires.com/forum/style/Oxygen/topics.png Sujet complet

Vous commenterez le texte de Patrick Chamoiseau (texte D).

https://www.etudes-litteraires.com/forum/style/Oxygen/topics.png Proposition de corrigé du commentaire (par Jean-Luc)

Le personnage du romancier martiniquais Patrick Chamoiseau ignore tout de son identité et de ses origines (il n’est pas sûr de s’appeler Robinson Crusoé). Au début du roman, alors qu’il est déjà dans l’île depuis vingt ans, il revient sur le rivage où il a repris conscience après le naufrage et se remémore les premiers temps de sa vie solitaire.

[…] les objets rapportés de l’épave alimentèrent mes imaginations d’une dimension occidentale, j’étais prince, castillan1, chevalier, dignitaire de grande table, officier de légions ; j’allais entre des châteaux, des jardins de manoirs, traversais d’immenses salles habillées de velours ; déambulais sur des pavés crasseux, dans des ruelles jaunies par des lanternes huileuses ; longeais des champs de blé qui ondoyaient sans fin au pied de hauts remparts…; mais des images étranges surgissaient des trous de ma mémoire : vracs de forêts sombres dégoulinantes de mousses, des villes de terre auréolées de cendres et de jasmin, dunes de sable avalant l’infini, falaises recouvertes d’oiseaux noirs battant des ailes cendreuses ; ou bien des cris de femmes qui mélangeaient l’émotion de la mort à des chants d’allégresse… ; à cela s’ajoutait un lot d’étrangetés qui semblaient remonter de ma substance intime — … l’arrivée d’un chacal qui embarrasse des dieux… des lézards noirs et blancs qui tissent des étoffes… des jumeaux dans une calebasse de mil… bracelets de prêtres cliquetant autour d’un masque à cornes… —, mais elles étaient tellement incompatibles avec l’ensemble de mes évocations que je les mis au compte d’un résidu de souvenirs appartenant à quelque marin vantard que j’aurais rencontré ; de fait, reliées ensemble, mon imagination à partir des objets et ma mémoire obscure ne faisaient que chaos : toute possibilité de mettre au clair mon origine réelle disparaissait alors ;

                                                                  *

quoi qu’il en soit, ces chimères ne durent pas être probantes ; à mesure que j’affrontais la puissance ennemie qu’étaient cette île et son entour, il m’arriva de défaillir au point d’admettre cette absence d’origine personnelle ; abandonnant toute consistance, je m’imaginais crabe, poulpe dans un trou de poulpe, petit de poulpes dans une engeance de poulpes ; je me retrouvais à faire le crapautard2 dans les bulles d’une vase ; mais le pire surgissait lorsque j’atteignais le point fixe d’une absence à moi-même : mon regard alors ne se posait sur rien, il captait juste l’auréole photogène3 des choses qui se trouvaient autour de moi ; je me mettais à renifler, à grogner et à tendre l’oreille vers ce qui m’entourait ; dans ces moments-là, je cheminais avec la bouche ouverte dégoulinante de bave, et je me sentais mieux quand mes mains s’associaient à mes pieds dans de longues galopades ; puis je m’en sortais (allez savoir comment !) et, pour sauvegarder un reste d’humanité, je revenais à ces fièvres narratives qui allaient posséder mon esprit durant de longues années ; je n’avais rien trouvé de mieux que de m’inventer ma propre histoire, de m’ensourcer dans une légende ; je me l’écrivais sur les pages délavées de quelques épais registres sauvés de la frégate, avec le sentiment de la serrer en moi, à portée d’un vouloir ; sans doute jaillissait-elle d’un ou de deux grands livres restés enfouis dans mon esprit ; des livres déjà écrits par d’autres mais que je n’avais qu’à réécrire, à désécrire, dont je n’avais qu’à élargir l’espace entre les phrases, entre les mots et leurs réalités, pour les remplir de ce que je devenais sans vraiment le savoir, et que j’aspirais à devenir sans être pour autant capable de l’énoncer ; [… ]
1 Castillan : habitant de la Castille, en Espagne (le nom de cette région vient du mot « castillo », petit château).
2 Crapautard : mot inventé combinant « crapeau » et « têtard ».
3 Photogène : qui génère de la lumière, luminescent.

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Bonjour,

Alors j'ai pris le commentaire, j'étais plutôt content de mon plan mais plus le temps passe plus j'ai de sérieux doutes.
Mon plan est en 3 parties, la première concerne l'axe notionnel ( ce qui se passe ), la deuxième concerne l'axe émotionnel et la dernière sur la visée ou la symbolique.

Voilà mon plan :

I) le personnage de Robinson

A) un homme perdu ( situation spatial )

B) un homme qui cherche a retrouver son identité ( indices sur le fait qu'il pense et réfléchit )

II) le combat psychologique

A) un combat contre son passe
-Ambiguïté entre la raison (mémoire) et l'imagination (irrationnelle)
-Passe fantomatiques et fugasse, il essaye de se remettre dans un était d'enfance (époque ou l'on se construit)

B) un combat contre lui-même
-animalisation de l'être humain, methaporphose qui lui fait rejeter son passé
-plus a l'aise en animal

III) l'intérêt de cette réécriture

A) un nouvelle image de Robinson et une nouvelle expérience du naufrage

B) la force de l'écriture
-de l'intime a travers une autre vision de l'écriture du journal une écriture qui ouvre sur un autre monde plus de frontières contrairement au journal de Daniel Defoe


Merci de vos réponses et conseilles
Thomas

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Bonjour, voilà je viens de finir mon bac de francais et j'ai choisi le commentaire mais je ne sais pas du tout si j'ai bien fait.
PB : Comment cet extrait montre t-il la dissociation du naufrager avec la réalité ?

I- Une imagination excessive
A/Imaginer être une autre personne
B/Paysages incohérents

II/Ignorance et perte de sa propre identité
A/ Deshumanisation
B/ Inventer sa propre histoire

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Annesohml a écrit :

Bonjour, voilà je viens de finir mon bac de francais et j'ai choisi le commentaire mais je ne sais pas du tout si j'ai bien fait.
PB : Comment cet extrait montre t-il la dissociation du naufrager avec la réalité ?

I- Une imagination excessive
A/Imaginer être une autre personne
B/Paysages incohérents

II/Ignorance et perte de sa propre identité
A/ Deshumanisation
B/ Inventer sa propre histoire



J'aime bien ton plan ! T'en pense quoi du mien ?

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Bonsoir,
alors j'aimerais savoir si mon commentaire est correct (dites moi ce que vous penez , parce que j'ai l'impression d'avoir été trop loin dans ma reflexion et trop pessismiste)

I/ un homme déshumanisé ('ai jouer sur l'ambiguité d'être homme et d'être humain vu que robinson ne s'attache q'au des besoin futile comme les salle, le velour et non aux valeurs humaines comme l'amour, la famille) --> ici je parle surtout des conséquences non volontaire de Robinson ( cause la solitude etc )
A/ La perte de soi
B/La folie
C/L'animalisation
II/Un homme pas si humain que cela( ici je parle surtout de la recherche qu'il entreprend en écrivant, il cherche avant tout à entrer dans la communauté des hommes mais oubli le plus important l'humanité et ses valeur, je trouve que le fait décrire ne le rend pas moins humain dans le sens propre puisque chaque homme peut écrire et pourtant chaque hommes n'est pas humain et lui ne recherche que les objets superflus de l'homme)
A/ souvenirs, fantasme et réalité ; un choc --> implicitement je dis que c'est des cause de la follie
B/Ecrire, imaginer une nouvelle vie: une nouvelle forme d'inhumanité( a trop imagine on perd pied avec la réalité jusqu'a ce qu'elle nous fasse mal -->retour à la réalite) en écrivant il cherche a faire comme les hommes, et a faire disparaitre cette animalisation croissante mais pourtant beaucoup d'homme savant écrire , lire et ne pas humain mais plutôt considéré comme des animaux car il n'agisse pas en humain.
Enfin dans la conclusion j'ai parle de la question de l'homme et de l'humanité en faisant référence aux pièces de Ionesco qui remet en cause l'humanité de l'homme et a cause du conformisme et de cette reccherche perpetuelle d'être homme et d'en oublier l'humain ( je parle ici de jean par exemple dans Rhinocéros)
Enfin voilà, je voudrais savoir vos avis en sachant que je n'ai pas dévélopper le coté exutoire de l'écriture car pour moi imaginer, ecrire une vie imaginaire peut faire très mal quand on revient à la réalité et que de toute façon dans l'extrait robinson dit bien qu'il une difference entre les mots et la réalité et que écrire ( dans l'extrait c'est pas la premire fois) n'a pas changer grands chose vu qu'il est toujours au même niveau avec un ''reste d'humanité'' donc voilàà j'ai un gros doute  je suis parti de l'autre mais au moins je n'ai aucun regret j'ai dit ce que je pensais du texte et mon interpretation .

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Tomy Delrey, ton plan me paraît vraiment pertinent. Nos plans se rejoignent en certains points mais le mien n'est pas à la hauteur ! Pouvez vous me donner un avis ?

I - Une réécriture ; un nouveau concept par rapport au texte source

A) Un texte narratif, comparé au journal intime
B) Un thème en commun ; le naufrage
C) Une différente vision de l'homme ; Lyrique chez Patrick par exemple..

II - Le naufrage identitaire

A) Un chaos entre mémoire et réalité ( déscription des paysages, connecteurs logiques et d'opposition..)
B) Un perte d'identité ; déshumanisation en contraste avec statut de noblesse
C) L'écriture ; garder une once d'humanité face à une terre hostile

III - La portée du texte

A) en lien avec le Nouveau Roman ; dans ce courant le personnage n'est rien, pas d'identité
B) La mise en abime de la réécriture.

Voila voila..

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Il est vraiment bien, je le trouve complet!

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Bonjour,
Alors moi aussi j'ai passé mon épreuve de français aujourd'hui et j'ai choisi le commentaire mais quand je vois tous les corrigés je pense pas que mon plan soit bon, pouvez-vous me donner vos avis ?

I. La fidélité du texte initiale
A. Les mêmes thèmes (objets, personnages...)
B. Le même contexte (le naufrage, l'île déserte...)

II. L'appropriation de l'oeuvre
A. Un personnage aux souvenirs troubles et imaginaires
B. Un personnage qui devient fou

Voilà, merci d'avance pour vos réponses

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J'ai une question ! J'ai fait une remarque dans le commentaire sur le mot poulpe. J'ai dit que ce jeu de mot est assez enfantin et qu'il replace Robinson dans cette période de l'enfance ou on se construit (identité, sexe, qui je suis, ce que je vaus, d'où je viens .. )

Qu'en pensez vous ?

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Bonjour ! J'ai aussi passé mon épreuve ce matin, choisis le commentaire, et j'ai fais un plan en trois axes :
I - La perte de l'identité/ de repères
A) Abondance des images (et des souvenirs, mais floues, désordonnées)
B) Deux catégories d'images, sa vie d'avant/sa vie actuelle (impression clair/obscur, changement de "catégorie" soudain...)

II - Le pouvoir de l'imagination
A)La provocation des images (simple objet lui évoque des souvenirs ; capacité de s'abandonner totalement à l'inconscient)
B) animalité/ perte du contrôle, de la raison (détachement corps/esprit)

III - Tentative d’échappatoire : l'écriture
A) Écriture apparait à la fin du texte comme une lueur d'espoir (pour tenter de se reconstruire)
B) Valorisation du pouvoir de l'écriture, capacité de créer sa propre histoire, sa "légende"

Qu'en pensez-vous ? Pensez-vous qu'à la correction les plans en trois axes soient valorisés ? Le problème c'est que j'ai rédigé assez vite, du coup j'ai peur d'avoir quelques fois paraphrasé et surtout de pas avoir assez cité le texte... Je sais pas quels sont les critères de correction (pas les pistes) ?