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Faulkner, quelle douleur !

Bonsoir à tous!
Je suis un grand lecteur, et j'ai voulu me mettre à la littérature américaine que je ne connaissais pas. J'ai débuté avec Gatsby le magnifique puis , sur les conseils de mon libraire j'ai décidé de lire le Bruit et la fureur de Faulkner.
Je n'ai logiquement aucun mal à lire les livres mais là, j'ai l'impression d'être devant un mur. J'ai vraiment un mal fou à le lire. Suis-je le seul à ressentir cette difficulté? ( qui est devenue une frustration étant donné que j'ai abandonné la lecture de ce roman -c'est bien la première fois d'ailleurs!)

Faulkner, quelle douleur !

C'est un ouvrage que j'ai trouvé exigeant de par sa structure et l'emploi de la technique du courant de conscience. Digressions, analepses, prolepses... C'est dense et il faut s'accrocher. J'ai adoré la première partie.
Peut-être qu'il faut le lire en pleine possession de tes moyens (je sais pas si tu le lis avant de dormir?^^) en tout cas il exige une grande concentration, mais franchement il en vaut la peine.

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Faulkner, quelle douleur !

Je suis d'accord sur le degré d'exigence de ces romans; il en va de même (à mon avis ) pour "Sanctuaire", avec une histoire parfois assez elliptique, peu claire, ... On comprend quand même, mais parfois après-coup et c'est vrai que lire ça avant de dormir est peut-être un peu frustrant ...

Je n'ai rien de spécial à te conseiller, hormis de regarder éventuellement un résumé si vraiment tu n'es pas sûr d'un truc ... Bonne lecture !

Faulkner, quelle douleur !

Faulkner fatigue dès les premières pages - mais personne ne veut le dire
C'est un choix réfléchi, lequel tranche radicalement avec la littérature plus traditionnelle. Ce qui m'étonne dans sa rédaction, c'est la constante répétition, l'usage d'adjectifs superflus et des pluies torrentielles de mots - trop et à ne plus savoir qu'en faire. En finalité, il reste une certaine lassitude auprès du lecteur et l'appétence seule permet d'endurer le cheminement. Je ne suis pas sûr qu'il faille le lire sur l'oreiller... moi je renonce ++

Oui je le hais je mourrais pour lui je suis déjà morte pour lui je meurs pour lui encore et encore chaque fois que cela se produit... Pauvre Quentin. Elle se renversa en arrière appuyée sur ses bras les mains nouées autour des genoux. Tu n'as jamais fait cela n'est-ce pas ? Fait quoi ? Ce que j'ai fait. Si, si, bien des fois avec bien des femmes. Puis je me suis mis à pleurer, sa main me toucha de nouveau et je pleurais contre sa blouse humide elle était étendue sur le dos et par-delà ma tête elle regardait le ciel je pouvais voir un cercle blanc sous ses prunelles et j'ouvris mon couteau.

Faulkner, quelle douleur !

La littérature américaine recèle des trésors. Tu as de la chance, ils ne sont pas cachés.

Pour en citer quelques-uns parmi les plus connus et les plus appréciés: J.D Salinger, John Fante, Charles Bukowski, Paul Auster, Jonathan Franzen et plus globalement les auteurs qui ont appartenu au mouvement de la "beat generation"...

Si tu maîtrises la langue anglaise, je te conseille aussi de lire les nouvelles que l'on trouve dans le New Yorker, où tu pourras dénicher des nouveaux auteurs américains en herbe.

Faulkner, quelle douleur !

Je précise que je n'ai lu que Le bruit et la fureur. Avec Faulkner, nous sommes en présence d'une expérience extrême de la littérature, avec une distorsion du temps, des personnages et de leurs pensées.

C'est une lecture difficile, qui réclame de la concentration et de laquelle ne ressort que peu de plaisir. Au moins Faulkner explore-t-il de nouveaux territoires littéraires et intellectuels, et nous entraine-t-il au cœur de la folie des hommes, qu'ils soient effectivement reconnus comme fous par leurs pairs ou non. C'est une littérature proche de la pensée, presque instantanée, malmenant la syntaxe comme nous le faisons parfois quand nous parlons.

Au-delà de cet exercice formel remarquable, l'intrigue de Le bruit et la fureur nous plonge dans le Vieux Sud américain, au sein d'une vieille famille de propriétaires terriens qui, peu à peu, plongent dans la déchéance, marquée par la folie de Maury - alias Benjamin - et la relation incestueuse entre Quentin et Caddy.

Pour ma part, je considère que Faulkner, comme Joyce ou Céline, ont inventé un langage littéraire et qu'il est important de le lire pour cela.

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Faulkner, quelle douleur !

oresme a écrit :

C'est une lecture difficile, qui réclame de la concentration et de laquelle ne ressort que peu de plaisir.

Rien que ça, ça ne donne pas très envie tout de même... 

Faulkner, quelle douleur !

Vous voyez : quand on  n'a pas envie, on n'a pas envie !
Moi, j'aime bien Faulkner, même si hélas  je ne le lis qu'en traduction.

Faulkner, quelle douleur !

Je l'ai dit effectivement un peu durement, mais je pense que la lecture de Faulkner relève davantage - c'est mon opinion et elle n'engage que ma manière de voir l'oeuvre de cet auteur - d'une recherche intellectuelle qui nous oblige à nous interroger sur ce qu'est la littérature et sur les formes que celle-ci peut prendre.

Dans l'optique où nous considérons que la littérature est un art, je crois qu'il est important de se confronter parfois à des lectures difficiles devant lesquelles l'on peut être en échec mais qui permettent réellement une certaine élévation intellectuelle.