1

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

Bonjour, je suis en seconde et je dois réaliser un commentaire. Pour commencer voici les textes :

Texte 1 : Emile Zola  "Préface aux Rougon-Macquart" en 1871

Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d'êtres, se comporte dans une société, en s'épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus qui paraissent, au premier coup d'œil, profondément dissemblables, mais que l'analyse montre intimement liés les uns aux autres. L'hérédité a ses lois, comme la pesanteur.
Je tâcherai de trouver et de suivre, en résolvant la double question des tempéraments et des milieux, le fil qui conduit mathématiquement d'un homme à un autre homme. Et quand je tiendrai tous les fils, quand j'aurai entre les mains tout un groupe social, je ferai voir ce groupe à l'œuvre comme acteur d'une époque historique, je le créerai agissant dans la complexité de ses efforts, j'analyserai à la fois la somme de volonté de chacun de ses membres et la poussée générale de l'ensemble.

Texte 2 : Honoré de Balzac "avant-propos à La Comédie humaine" en 1842
     

Si Buffon a fait un magnifique ouvrage en essayant de représenter dans un livre l'ensemble  de la zoologie, n'y avait-il pas une oeuvre de ce genre à faire pour la Société ? […] La Société française allait être l'historien, je ne devais être que le secrétaire. En dressant l'inventaire des vices et des vertus, en rassemblant les principaux faits des passions, en peignant les caractères, en choisissant les événements principaux de la Société, en composant des types par la réunion des traits de plusieurs caractères homogènes, peut-être pouvais-je arriver à écrire l'histoire oubliée par tant d'historiens, celle des moeurs […] S'en tenant à cette reproduction rigoureuse, un écrivain pouvait devenir un peintre plus ou moins fidèle […]; mais, pour mériter les éloges que doit ambitionner tout artiste, ne devais-je pas étudier les raisons ou la raison de ces effets sociaux, surprendre le sens caché dans cet immense assemblage de figures, de passions et d'événements ? […] Ainsi dépeinte, la Société devait porter avec elle la raison de son mouvement.

   

Texte 3: Les frères Goncourt "Préface à Germinie Lacerteux" en 1865

Vivant au dix-neuvième siècle, dans un temps de suffrage universel, de démocratie, de libéralisme, nous nous sommes demandé si ce qu’on appelle les “basses classes” n’avait pas droit au roman; si ce monde sous un monde, le peuple, devait rester sous le coup de l’interdit littéraire et des dédains d’auteurs qui ont fait jusqu’ici le silence sur l’âme et le coeur qu’il peut avoir […]  Aujourd'hui que le Roman s'élargit, qu'il commence à être la grande forme sérieuse, passionnée, vivante, de l'étude littéraire et de l'enquête sociale, qu'il devient, par l'analyse et par la recherche psychologique, l'Histoire morale contemporaine, aujourd'hui que le Roman s'est imposé les études et les devoirs de la science, il peut en revendiquer les libertés et les franchises.


Texte 4: Guy de Maupassant "Le Roman" Préface à Pierre et Jean en 1887

Le réaliste, s'il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même.
   Raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume au moins par journée, pour énumérer les multitudes d'incidents insignifiants qui emplissent notre existence. […]   Voilà pourquoi l'artiste, ayant choisi son thème, ne prendra dans cette vie encombrée de hasards et de futilités que les détails caractéristiques utiles à son sujet, et il rejettera tout le reste, tout l'àcôté. […] Faire vrai consiste donc à donner l'illusion complète du vrai, suivant la logique ordinaire des faits, et non à les transcrire servilement dans le pêlemêle de leur succession.
   J'en conclus que les Réalistes de talent devraient s'appeler plutôt des Illusionnistes.


Voici le plan:

I) Un nouveau héros
II) Une observation objective
III) Des disciplines scientifiques comme modèles
IV) Mais un véritable travail de création


Pour la première partie j'ai chercher les groupes de personnes et j'ai trouvé:

Dans le texte 1: "une famille", "groupe d'êtres", "dans une société", "donner naissance à dix, vingt
                                 individus", "un groupe social", "chacun de ses membres", et "l'ensemble"
Dans le texte 2:   "la Société française", "des moeurs", "ces effets sociaux"
Dans le texte 3 : "les basses classes", "le peuple"
Dans le texte 4: "la vie", "la vision"


Pour la deuxième partie j'ai trouvé:

Dans le texte 1: "l'hérédité", "mathématiquement", "acteur d'une époque historique"
Dans le texte 2: "la zoologie", "caractères homogènes"
Dans le texte 3: "l'enquête sociale", "recherche psychologique", " l'Histoire morale comtemporaine", "devoirs
                                 de la science"
Dans le texte 4: "la réalité même"


Pour la troisième partie j'ai trouvé:

Dans le texte 1: "mathématiquement"
Dans le texte 2: "la zoologie"
Dans le texte 3 : devoirs de la science


Et pour la dernière partie je n'ai pas trouvé donc j'ai demandé à mon prof et il m'a dit :

Pour le texte 1:  "je veux expliquer..." , "l'analyse", "je le créerai agissant dans la complexité de ses efforts"
Pour le texte 2: secrétaire de la société française -> "dresser l'inventaire des vices et des vertus"
                      -> passions
                      -> caractères
                      -> événements principaux de la Société
Pour le texte 3: "nous nous sommes demandé" -> liberté du romancier de choisir des personnages du
                                 peuple comme personnages principaux
Pour le texte 4: pas une photographie mais l'illusion du vrai.


Maintenant que j'ai tout ça je n'arrive pas à mettre en place

2

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

Tout d'abord, tu dois faire une intro qui explique le mouvement naturalisme et le réalisme puis tu présentes chaque auteurs, leurs oeuvres/ extraits du corpus, ensuite tu pose une problématique (Ex: En quoi ce corpus reflète-t-il le réalisme et le naturalisme?) Pbtique un peu bateau. Après, tu annonce ton plan. et ton intro est fini.

Ton dvlp, (grâce à tes arguments), tu vas essayer de confronter les textes du corpus grâce aux citations que tu vas pouvoir relever en fonction de ton argument. Ainsi de suite pour chaque arguments de chaque partie.

Et pour ta conclusion, tu fait un bilan tout en rappelant la pbtique.
Voilà j'espère que j'ai pu t'être utile

3

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

Nous allons étudier quatre textes de corpus écrits au XIXème siècle. Ils ont un thème en communs le réalisme et le naturalisme. Les quatre auteurs sont Honoré de Balzac, Avant-propos à la Comédie humaine ; les frères Goncourt, Préface à Germinie Lacerteux ; Emile Zola, Préface aux Rougon-Macquart et Guy de Maupassant, « le Roman » préface à Pierre et Jean. Nous allons trouver les éléments communs dans les différentes visions que proposent les auteurs sur le rôle et les caractéristiques du roman. Pour commencer, nous allons définir le nouveau héros. Puis, nous allons montrer qu'il s'agit d'une observation objective. De puis, nous allons montrer que les disciplines scientifiques sont prises comme modèles. Mais, il s’agit bien d’un véritable travail de création.

Tout d’abord, le nouveau héros n'est plus le centre d'un roman. On y trouve de nombreux groupes de personnes comme dans le texte de Zola "une famille", "groupe d'être", "dans une société", "un groupe social", "chacun de ses membres" et l'ensemble; de Balzac "la Société française", "des moeurs" et "ces effets spéciaux"; des frères Goncourt "les basses classes" et "le peuple" et dans celui de Maupassant on y trouve "la vie" et "la vision"

Vous voyez je trouve les choses mais je n'arrive pas à développer.

4

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

Le XIXe siècle est associé à plusieurs mouvements littéraires. Ce corpus de textes associant Emile Zola dans la  "Préface aux Rougon-Macquart", Honoré de Balzac dans "avant-propos à La Comédie humaine", Les frères Goncourt dans "Préface à Germinie Lacerteux" et Guy de Maupassant dans "Le Roman" Préface à Pierre et Jean, nous pouvons observer que les extraits appartiennent au mouvement naturalisme (tu donnes la définition) et réalisme (tu donnes la définition).
    Nous pouvons donc nous demander en quoi ce corpus reflète le mouvement naturalisme et réalisme.
    Nous commencerons par montrer le rôle et les caractéristiques du roman en définissant le nouveau héros. Ensuite, nous analyserons le fait qu'il s'agit d'une observation objective. Puis nous étudierions les disciplines scientifiques qui sont présentées comme modèles. Et pour finir, nous mettrons en évidence qu'il s'agit d'un véritable travail de création.

Voilà ce que tu peux faire comme intro, et ce que ça doit donner !

Dans ton plan, c'est ton prof qui te l'a donné ou c'est de toi même ?
Dans tes arguments par grande partie, quelles justifications tu veux mettre en avant sachant que tes citations pour le moment tu les as et qu'il faudra juste réorganiser ? ?

5

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

Merci deja pour ton aide de l introduction.
Oui c est mon prof qui nous a donne le plan et ce que j ai trouve c est de moi meme

6

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

Bonjour, je suis en seconde et je dois réaliser un commentaire.
Objectifs du roman du 19 ème siècle et en 2ème partie les moyens revendiqués pour atteindre ces objectifs  : ci dessous les textes

Texte 1 : Emile Zola  "Préface aux Rougon-Macquart" en 1871

Je veux expliquer comment une famille, un petit groupe d'êtres, se comporte dans une société, en s'épanouissant pour donner naissance à dix, à vingt individus qui paraissent, au premier coup d'œil, profondément dissemblables, mais que l'analyse montre intimement liés les uns aux autres. L'hérédité a ses lois, comme la pesanteur.
Je tâcherai de trouver et de suivre, en résolvant la double question des tempéraments et des milieux, le fil qui conduit mathématiquement d'un homme à un autre homme. Et quand je tiendrai tous les fils, quand j'aurai entre les mains tout un groupe social, je ferai voir ce groupe à l'œuvre comme acteur d'une époque historique, je le créerai agissant dans la complexité de ses efforts, j'analyserai à la fois la somme de volonté de chacun de ses membres et la poussée générale de l'ensemble.

Texte 2 : Honoré de Balzac "avant-propos à La Comédie humaine" en 1842
     

Si Buffon a fait un magnifique ouvrage en essayant de représenter dans un livre l'ensemble  de la zoologie, n'y avait-il pas une oeuvre de ce genre à faire pour la Société ? […] La Société française allait être l'historien, je ne devais être que le secrétaire. En dressant l'inventaire des vices et des vertus, en rassemblant les principaux faits des passions, en peignant les caractères, en choisissant les événements principaux de la Société, en composant des types par la réunion des traits de plusieurs caractères homogènes, peut-être pouvais-je arriver à écrire l'histoire oubliée par tant d'historiens, celle des moeurs […] S'en tenant à cette reproduction rigoureuse, un écrivain pouvait devenir un peintre plus ou moins fidèle […]; mais, pour mériter les éloges que doit ambitionner tout artiste, ne devais-je pas étudier les raisons ou la raison de ces effets sociaux, surprendre le sens caché dans cet immense assemblage de figures, de passions et d'événements ? […] Ainsi dépeinte, la Société devait porter avec elle la raison de son mouvement.

   

Texte 3: Les frères Goncourt "Préface à Germinie Lacerteux" en 1865

Vivant au dix-neuvième siècle, dans un temps de suffrage universel, de démocratie, de libéralisme, nous nous sommes demandé si ce qu’on appelle les “basses classes” n’avait pas droit au roman; si ce monde sous un monde, le peuple, devait rester sous le coup de l’interdit littéraire et des dédains d’auteurs qui ont fait jusqu’ici le silence sur l’âme et le coeur qu’il peut avoir […]  Aujourd'hui que le Roman s'élargit, qu'il commence à être la grande forme sérieuse, passionnée, vivante, de l'étude littéraire et de l'enquête sociale, qu'il devient, par l'analyse et par la recherche psychologique, l'Histoire morale contemporaine, aujourd'hui que le Roman s'est imposé les études et les devoirs de la science, il peut en revendiquer les libertés et les franchises.


Texte 4: Guy de Maupassant "Le Roman" Préface à Pierre et Jean en 1887

Le réaliste, s'il est un artiste, cherchera, non pas à nous montrer la photographie banale de la vie, mais à nous en donner la vision plus complète, plus saisissante, plus probante que la réalité même.
   Raconter tout serait impossible, car il faudrait alors un volume au moins par journée, pour énumérer les multitudes d'incidents insignifiants qui emplissent notre existence. […]   Voilà pourquoi l'artiste, ayant choisi son thème, ne prendra dans cette vie encombrée de hasards et de futilités que les détails caractéristiques utiles à son sujet, et il rejettera tout le reste, tout l'àcôté. […] Faire vrai consiste donc à donner l'illusion complète du vrai, suivant la logique ordinaire des faits, et non à les transcrire servilement dans le pêlemêle de leur succession.
   J'en conclus que les Réalistes de talent devraient s'appeler plutôt des Illusionnistes.

Est ce que quelqu'un peut m'aider ?

MERCI

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

7 (Modifié par Ammy 30/12/2015 à 09:38)

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

Déjà tu ne dois pas réaliser un commentaire. Tu dois répondre à une question à l'aide d'un corpus de texte. Ce n'est pas du tout la même chose.
Tu lis ces textes et tu cherches dans chacun les objectifs que l'auteur se fixe puis comment il pense les atteindre. Ensuite tu réunis tes éléments de réponse (les objectifs dans les 4 textes puis les moyens dans les quatre).
Par exemple, texte 4, Maupassant exprime son objectif dans la première phrase

8 (Modifié par Jehan 21/01/2017 à 21:23)

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

bonjour j`aimerai savoir si ta eu une bonne note et si c`est le cars est ce que tu peut m`envoyer ta presentation finale stp

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

Bonsoir.

Tu parles à Fabienne ?
Cela m'étonnerait qu'elle te réponde.
Elle n'a posté que ce message, cela fait plus d'un an maintenant.
Et puis, ce site n'est pas un distributeur de devoirs tout faits...
Avant toute aide, on demande d'abord un petit début de travail personnel et de réflexion.

10 (Modifié par Jehan 02/02/2017 à 23:33)

Corpus de textes sur le réalisme et le naturalisme

Pouvez m'aidez pour ma question de corpus je dois la rendre demain svp je n'ai absolument aucune idée je suis perdu. Montrez en quoi les 3 textes du corpus sont-ils caractéristique du réalisme et/ou du naturalisme.
Les 3 textes sont: 

Avec la vivacité et la grâce qui lui étaient naturelles quand elle était loin des regards des hommes, Mme de Rênal sortait par la porte-fenêtre du salon qui donnait sur le jardin, quand elle aperçut près de la porte d'entrée la figure d'un jeune paysan presque encore enfant, extrêmement pâle et qui venait de pleurer. Il était en chemise bien blanche, et avait sous le bras une veste fort propre de ratine violette.
    Le teint de ce petit paysan était si blanc, ses yeux si doux, que l'esprit un peu romanesque de Mme de Rênal eut d'abord l'idée que ce pouvait être une jeune fille deguisée, qui venait demander quelque grâce à M. le maire. Elle eut pitié de cette pauvre créature, arrêtée à la porte d'entrée, et qui évidemment n'osait pas lever la main jusqu'à la sonnette. Mme de Rênal s'approcha, distraite un instant de l'amer chagrin que lui donnait l'arrivée du précepteur. Julien tourné vers la porte, ne la voyait pas s'avancer. Il tressaillit quand une voix douce lui dit tout près de l'oreille : – Que voulez-vous ici, mon enfant ?
    Julien se tourna vivement, et frappé du regard si rempli de grâce de Mme de Rênal, il oublia une partie de sa timidité. Bientôt, étonné de sa beauté, il oublia tout, même ce qu'il venait faire. Mme de Rénal avait répété sa question.
    – Je viens pour être précepteur, madame, lui dit-il enfin, tout honteux de ses larmes qu'il essuyait de son mieux.
Mme de Rênal resta interdite; ils étaient fort près l'un de l'autre à se regarder. Julien n'avait jamais vu un être aussi bien vêtu et surtout une femme avec un teint si éblouissant, lui parler d'un air doux. Mme de Rênal regardait les grosses larmes, qui s'étaient arrêtées sur les joues si pâles d'abord et maintenant si roses de ce jeune paysan. Bientôt elle se mit à rire, avec toute la gaieté folle d'une jeune fille ; elle se moquait d'elle-même et ne pouvait se figurer tout son bonheur. Quoi, c'était là ce précepteur qu'elle s'était figuré comme un prêtre sale et mal vêtu, qui viendrait gronder et fouetter ses enfants !
    – Quoi, monsieur, lui dit-elle enfin, vous savez le latin ?

Début du chapitre 6 - Le Rouge et le noir - Stendhal

Ce fut comme une apparition :

Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.

Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l'ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l'air bleu.

Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manœuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d'observer une chaloupe sur la rivière.

Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elle avait portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.

Une négresse, coiffée d'un foulard, se présenta, en tenant par la main une petite fille, déjà grande. L'enfant, dont les yeux roulaient des larmes, venait de s'éveiller. Elle la prit sur ses genoux. " Mademoiselle n'était pas sage, quoiqu'elle eût sept ans bientôt ; sa mère ne l'aimerait plus ; on lui pardonnait trop ses caprices. " Et Frédéric se réjouissait d'entendre ces choses, comme s'il eût fait une découverte, une acquisition.

Il la supposait d'origine andalouse, créole peut-être ; elle avait ramené des îles cette négresse avec elle ?

Cependant, un long châle à bandes violettes était placé derrière son dos, sur le bordage de cuivre. Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds, dormir dedans ! Mais, entraîné par les franges, il glissait peu à peu, il allait tomber dans l'eau ; Frédéric fit un bond et le rattrapa. Elle lui dit :

- " Je vous remercie, monsieur. "

Leurs yeux se rencontrèrent.

- " Ma femme, es-tu prête ? " cria le sieur Arnoux, apparaissant dans le capot de l'escalier.

Flaubert - L'éducation sentimentale - Extrait du chapitre 1 de la première partie

- Oh ! c'est vilain de boire ! dit-elle à demi-voix.
Et elle raconta qu'autrefois, avec sa mère, elle buvait de l'anisette, à Plassans. Mais elle avait failli en mourir un jour, et ça l'avait dégoûtée ; elle ne pouvait plus voir les liqueurs.
- Tenez, ajouta-t-elle en montrant son verre, j'ai mangé ma prune ; seulement, je laisserai la sauce, parce que ça me ferait du mal.
Coupeau, lui aussi, ne comprenait pas qu'on pût avaler de pleins verres d'eau-de-vie. Une prune par-ci par-là, ça n'était pas mauvais. Quant au vitriol, à l'absinthe et aux autres cochonneries, bonsoir ! il n'en fallait pas. Les camarades avaient beau le blaguer, il restait à la porte, lorsque ces cheulards-là entraient à la mine à poivre. Le papa Coupeau, qui était zingueur comme lui, s'était écrabouillé la tête sur le pavé de la rue Coquenard, en tombant, un jour de ribote, de la gouttière du n° 25 ; et ce souvenir, dans la famille, les rendait tous sages. Lui, lorsqu'il passait rue Coquenard et qu'il voyait la place, il aurait plutôt bu l'eau du ruisseau que d'avaler un canon gratis chez le marchand de vin. Il conclut par cette phrase :
- Dans notre métier, il faut des jambes solides.
Gervaise avait repris son panier. Elle ne se levait pourtant pas, le tenait sur ses genoux, les regards perdus, rêvant, comme si les paroles du jeune ouvrier éveillaient en elle des pensées lointaines d'existence. Et elle dit encore, lentement, sans transition apparente :
- Mon Dieu ! je ne suis pas ambitieuse, je ne demande pas grand-chose ? Mon idéal, ce serait de travailler tranquille, de manger toujours du pain, d'avoir un trou un peu propre pour dormir, vous savez, un lit, une table et deux chaises, pas davantage ? Ah ! je voudrais aussi élever mes enfants, en faire de bons sujets, si c'était possible ? Il y a encore un idéal, ce serait de ne pas être battue, si je me remettais jamais en ménage ; non, ça ne me plairait pas d'être battue ? Et c'est tout, vous voyez, c'est tout ?
Elle cherchait, interrogeait ses désirs, ne trouvait plus rien de sérieux qui la tentât. Cependant, elle reprit, après avoir hésité :
- Oui, on peut à la fin avoir le désir de mourir dans son lit ? Moi, après avoir bien trimé toute ma vie, je mourrais volontiers dans mon lit, chez moi.
Et elle se leva. Coupeau, qui approuvait vivement ses souhaits, était déjà debout, s'inquiétant de l'heure. Mais ils ne sortirent pas tout de suite ; elle eut la curiosité d'aller regarder, au fond, derrière la barrière de chêne, le grand alambic de cuivre rouge, qui fonctionnait sous le vitrage clair de la petite cour ; et le zingueur, qui l'avait suivie, lui expliqua comment ça marchait, indiquant du doigt les différentes pièces de l'appareil, montrant l'énorme cornue d'où tombait un filet limpide d'alcool.
L'alambic, avec ses récipients de forme étrange, ses enroulements sans fin de tuyaux, gardait une mine sombre ; pas une fumée ne s'échappait ; à peine entendait-on un souffle intérieur, un ronflement souterrain ; c'était comme une besogne de nuit faite en plein jour, par un travailleur morne, puissant et muet. Cependant, Mes-Bottes, accompagné de ses deux camarades, était venu s'accouder sur la barrière, en attendant qu'un coin du comptoir fût libre. Il avait un rire de poulie mal graissée, hochant la tête, les yeux attendris, fixés sur la machine à soûler. Tonnerre de Dieu ! elle était bien gentille ! Il y avait, dans ce gros bedon de cuivre, de quoi se tenir le gosier au frais pendant huit jours. Lui, aurait voulu qu'on lui soudât le bout du serpentin entre les dents, pour sentir le vitriol encore chaud, l'emplir, lui descendre jusqu'aux talons, toujours, toujours, comme un petit ruisseau. Dame ! il ne se serait plus dérangé, ça aurait joliment remplacé les dés à coudre de ce roussin de père Colombe ! Et les camarades ricanaient, disaient que cet animal de Mes-Bottes avait un fichu grelot, tout de même. L'alambic, sourdement, sans une flamme, sans une gaieté dans les reflets éteints de ses cuivres, continuait, laissait couler sa sueur d'alcool, pareil à une source lente et entêtée, qui à la longue devait envahir la salle, se répandre sur les boulevards extérieurs, inonder le trou immense de Paris.

Emile zola, L'Assomoir , 1877