Baudelaire, Les Aveugles

Quelqu'un pourrait m'aider à comprendre la position de Baudelaire?
LE malheur du poète vient évidemment du fait qu’il ne peut ni se satisfaire des plaisirs terrestres (comme les parisiens en débauche) ni croire au Ciel (comme les aveugles).
Mais quelle est donc la solution du poète ? Comment devrait-on affronter la vie/la condition humaine ? Qu'est-ce que serait le bonheur pour Baudelaire? J'ai l'impression qu'il est tellement pessimiste qu'il croit qu'il n'y a aucun remède au malheur... (Excusez les fautes mais je ne suis pas francaise)



Contemple-les, mon âme; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins; vaguement ridicules;
Terribles, singuliers comme somnambules;
Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

Leurs yeux, d’où la divine étincelle est partie,
Comme s’ils regardaient au loin, restent levés,
Au ciel; on ne les voit jamais vers les pavés
Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité,
Ce frère du silence éternel. Ô cité !
Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris & beugles,

Éprise du plaisir jusqu'à l'atrocité,
Vois, je me traîne außi ! mais, plus qu’eux hébété,
Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?

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Baudelaire, Les Aveugles

Non je ne pense pas que Baudelaire soit pessimiste, Les Fleurs du Mal, et surtout Les tableaux parisiens, montrent qu'il déteste en effet la nature mais est fasciné par la laideur et l'artificiel. Le dernier vers des fleurs du mal est d'ailleurs "tu m'as donné ta boue et j'en ai fait de l'or". Baudelaire pense que la laideur est plus vraie que la beauté car elle est éternelle alors que le beau ne dure pas. On peut voir beaucoup de poèmes qui évoquent la laideur dans les tableaux parisiens comme Les petites vieilles ou une charogne parce que le but principal que Baudelaire s’était fixé, était de « transformer le laid en beau » grâce a l’art de l’écriture. C'est pour ça qu'il met autant en avant leur laideur mais ce n'est pas parce qu'il a une vision pessimiste du monde. J'espère que je t'ai un petit peu aidé :]

Baudelaire, Les Aveugles

Mais que fauti-il faire pour être heureux?
La foi des aveugles n'est surement pas le remède au malheur. La débauche de la "cité" non plus... car il en montre des aspects "laids". Mais comment devrait-on vivre alors?

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Baudelaire, Les Aveugles

Bonjour Yarisha,

Félicitations pour ta maîtrise du français et des subtilités poétiques baudelairiennes.

Je ne partage pas tout à fait ton analyse.

Les aveugles sont une image du poète ou du moins des hommes idéalistes et exigeants.

Les aveugles sont effrayants et ridicules. Comme des mannequins et des somnambules : à cause de leur raideur, peut-être de leurs bras légèrement écartés pour tester leur environnement, mais surtout à cause de leur regard vide. Ils sont donc une forme humaine sans humanité ou du moins sans comportement humain. Ils paraissent des automates…

V5 : "Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie"

Je pense que dans une expression très condensée, comme télescopée, Baudelaire veut signifier que le regard est l'expression de l'âme, or l'âme est le reflet de la divinité (dans la tradition chrétienne l'homme a été créé à l'image de Dieu). Le regard de l'aveugle est vide, sans vie, sans flamme (on parle souvent du feu du regard) et donc sans la moindre étincelle (la plus petite partie du feu). Note aussi que dans la tradition antique, le feu (la foudre) est l'apanage jupitérien que les Titans révoltés ont voulu dérober. Ce sont toutes ces connotations qui se rencontrent en un réseau serré. Tu perçois la densité de la poésie baudelairienne nourrie de culture classique et biblique.

Pour Baudelaire, les aveugles vivent dans le rêve, comme les somnambules, puisqu'ils croient au Ciel (pour moi, je le comprends comme le regard intérieur qui n'est pas arrêté par la réalité et peut donc rejoindre plus facilement le monde des idées platoniciennes. L'aveugle est alors un frère du poète de Correspondances plus doué que ses congénères puisqu'il voit ce que les autres ne peuvent percevoir). Si les aveugles gardent la tête toujours levée au ciel, c'est qu'ils ne la baissent jamais vers le sol. Baudelaire nous fait passer de la pure description physique des aveugles à l'interprétation psychologique de leur comportement. Le paradoxe que Baudelaire s'est jusque-là contenté de relever, il semble maintenant chercher à l'expliquer ; ce qui ne faisait jusque-là que l'étonner, il paraît maintenant commencer à le comprendre. Il se dit que, si les aveugles gardent la tête toujours levée, s'ils ne la baissent jamais « vers les pavés », c'est parce qu'elle n'est jamais « appesantie », comme l'est si souvent celles des autres hommes. Baudelaire paraît donc avoir le sentiment que, loin d'être plus malheureux que ceux qui voient, ils pourraient bien, au contraire, avoir moins de problèmes que d'autres et échapper aux ennuis et aux soucis qui accablent certains. Ce paradoxe prépare en même temps la comparaison entre les aveugles et le poète à laquelle Baudelaire va se livrer dans le second tercet.

Le bonheur, s'il est accessible, réside dans cette tension vers un monde idéal (au sens platonicien), dans la quête de cette unité du Beau, loin des mesquineries et des utilités matérialistes bourgeoises. Finalement ces aveugles rappellent l'albatros et le mysticisme de Baudelaire, esthétique plus que religieux.

Baudelaire, Les Aveugles

Selon moi, le Mal est représenté par l’image de la foule en quête d’oubli et de divertissement, tandis que les aveugles aspirent à l’idéal, au Bien, à Dieu. Le poète regarde tout ca avec une espèce de suopériorité car il est le seul qui s'apercoit de la "cécité généralisé" (aveugles physiques// aveugles moraux). Je dois analyser le motive de la cécité. Selon vous les aveugles sont-ils plus malheureux des parisiens en débauche?

Baudelaire, Les Aveugles

Le poète ne se sent pas supérieur, puisqu'il écrit
mais, plus qu'eux hébété

Baudelaire, Les Aveugles

Oui mais cela lui confère une certaine supériorité car il est le seul qui est conscient de son hébétude et de la cécité généralisé...

Baudelaire, Les Aveugles

bonjour à tous!

ce matin j'ai passé mon examen de littérature, on a eu poésie (pour la deuxième fois ><) et on devait faire le commentaire composé du poeme "les aveugles"

j'ai cherché alors si je pouvais trouver un quelconque corrigé et j'avoue que ce que jean-luc a écrit m'a un peu rassurée mais... pas trop en même temps:

pour mon commentaire j'ai beaucoup parlé des aveugles en premier lieu, expliqué le somnambulisme et décris les mannequins pour faire le rapprochement avec les aveugles. j'ai parlé de leurs passivité et du vide de leurs regard.
j'ai également insisté sur le fait que quelque chose attirait leur regard vers le ciel d'où l'utilisation du verbe "darder" par baudelaire mais j'aurai peut etre pas dû utiliser le verbe " menacer" (les aveugles menaçaient quelque chose) dans mon analyse.

pour ce qui est de "la divine étincelle" je n'ai pas dis grand chose à ce sujet (quelques deux misérables lignes) à part que c'etait un cadeau divin et j'ai fait le rapport avec "traversent le noir....silence eternel" pour dire que les aveugles avait un pied dans la tombe à cause de leurs handicap.
puis j'ai rajouté que le rejet et l'enjembement dans la deuxième strophe mettaient l'accent sur le fait que ""les aveugles ne détournent pas les yeux du ciel et certainement pas pour regarder en bas. c'est comme s'ils aspiraient à quelque chose vers le haut qui n'existerait pas sur terre""

en deuxième lieu, j'ai parlé de la cité, vestige de la civilisation qui est indifférente aux aveugles, elle se moque d'eux et du poete, j'ai déduis celà du "nous dans le 11ème vers. la cité rejette également le poete qui ne supporte plus ses bruits de plus en plus animaliers sachant que "la cité" n'est qu'un terme pour englober tout ses habitants.
"eprise de plaisir jusqu'à l'atrocité" j'ai parlé ici de la mesquinerie et l'immondicité de la cité qui se desinteresse et delaisse ses habitants souffrants que ce soit une souffrance physique (les aveugles) ou morale (le poete)

et troisièmement j'ai dis que c'était pour cela que le poete s'est détourn de la cité et qu'il a choisit d'essayer de comprendre les aveugles et s'est fait aveugle à son tour "je me traine aussi" . je n'ai malheureeusement pas utilisé le verbe "s'identifier" comme je l'avais prévu au début!

j'allais pour la conclusion parler du fait que les aveugles voyaient un idéal dans le ciel que le poete essai de comprendre mais le dernier vers m'a fait douter et je me suis dis que le poete n'a toujours rien vu. alors j'ai conclut sur un "le poete est comdamné à vivre entre deux: la mort et la vie"
une conclusion minable j'ai l'impression!

enfin j'aimerai bien connaitre votre avis sur mon petit commentaire, j'ai un peu peur de la note que je vais avoir d'autant plus que le barème de la litterautre est le plus élevé parmis les matières que j'ai à passer.

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Baudelaire, Les Aveugles

Bonjour Douja,

Tu sembles avoir perçu quelques-unes des intentions de Baudelaire.
Cet exposé décousu ne donne pas une idée très précise du plan retenu à moins que tu n'aies choisi une analyse linéaire.
J'ai relevé également quelques erreurs dans le vocabulaire comme "immondicité" qui n'existe pas...

Tout est joué, attends le plus patiemment possible ta note !

En tous cas, tu sembles prendre tes études à coeur et tu devrais réussir, ce que je te souhaite.

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Baudelaire, Les Aveugles

J'ai beaucoup des difficultés avec cette exercice, pourrais vous m' aider? Il s'agit de trois question sur le poème Les Aveugles de Baudelaire:

Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
Pareils aux mannequins, vaguement ridicules ;
Terribles, singuliers comme les somnambules,
Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

Leurs yeux, d'où la divine étincelle est partie,
Comme s'ils regardaient au loin, restent levés
Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés
Pencher rêveusement leur tête appesantie.

Ils traversent ainsi le noir illimité,
Ce frère du silence éternel. Ô cité !
Pendant qu'autour de nous tu chantes, ris et beugles,

Eprise du plaisir jusqu'à l'atrocité,
Vois, je me traîne aussi ! mais, plus qu'eux hébété,
Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?

Voici les questions:
1. Observez le rythme, le vocabulaire, les sonorités, les coupes, etc., des trois premières strophes. En quoi servent-ils une vision tragique des aveugles?

2.  Le terme <<aveugles>> désigne-t-il seulement les handicapés physiques?

3. Comment, dans le dernier terce, Baudelaire passe-t-il d'une méditation sur la condition des aveugles, à une méditation sur lui-même?

Merci d'avantage!

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.