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Alain Robbe-Grillet, La Jalousie - A... est assise à table, la petite table à écrire qui se trouve contre la cloison de droite...

Bonsoir à tous,

Je suis nouvelle sur ce forum que je consulte pourtant depuis le début de l'année, et j'aimerais avoir un peu d'aide concernant un texte du nouveau roman, à savoir la Jalousie de Robbe-Grillet 

Donc voilà, j'ai pas eu un prof génial (désolée d'être aussi crue) et j'ai du faire ma lecture analytique sur le texte toute seule, le souci étant que je ne trouve pas énormément de procédés dans le texte (Il y a beaucoup de termes à relever, mais je n'arrive pas forcément à les associer à des procédés littéraires). Voici donc le texte et ce que j'ai pu récolter et qui constitue ma fiche actuelle (Rassemblés en deux grandes parties) :

     

"A... est assise à la table, la petite table à écrire qui se trouve contre la cloison de droite, celle du couloir. Elle se penche en avant sur quelque travail minutieux et long : remaillage d'un bas très fin, polissage des ongles, dessin au crayon d'une taille réduite. Mais A... ne dessine jamais; pour reprendre une maille filée, elle se serait placée plus près du jour; si elle avait besoin d'une table pour se faire les ongles, elle n'aurait pas choisi cette table-là.
        Malgré l'apparente immobilité de la tête et des épaules, des vibrations saccadées agitent la masse noire de ses cheveux. De temps à autre elle redresse le buste et semble prendre du recul pour mieux juger de son ouvrage. D'un geste lent, elle rejette en arrière une mèche, plus courte, qui s'est détachée de cette coiffure trop mouvante, et la gêne. La main s'attarde à remettre en ordre les ondulations, où les doigts effilés se plient et se déplient, l'un après l'autre, avec rapidité quoique sans brusquerie, le mouvement se communiquant de l'un à l'autre d'une manière continue, comme s'ils étaient entraînés par le même mécanisme.
        Penchée de nouveau, elle a maintenant repris sa tâche interrompue. La chevelure lustrée luit de reflets roux, dans le creux des boucles. De légers tremblements, vite amortis, la parcourent d'une épaule vers l'autre, sans qu'il soit possible de voir remuer, de la moindre pulsation, le reste du corps."


I - Un portrait fragmentaire

- Initiales seulement.
-Chmp. lex du corps -> Narrateur semble concentré sur les mouv. de "A". -> Enigmatique
- Peu d'adjectifs la caractérisant.
- Progression couleur cheveux -> "Masse noire", puis "lustrée", et enfin "luit" de "reflets roux" et "trop mouvante" + "ondulations". -> Portrait se précise mais peu d'élément pour réellement saisir ident. personnage.
- Positions très détaillées. -> "assise, se penche en avant, redresse le buste, penchée de nouveau"
- Narrateur insiste sur ses mouv. -> "vibrations saccadées", "elle rejette en arrière", "les doigts effilés se plient et se déplient". -> S'oppose à l'immobilité du haut du corps, à "l'apparente mobilité de la tête et des épaules" (il m'a paru judicieux de le relever, mais je ne sais pas vraiment si cela a de la pertinence...)
- Parties du corps semblent autonome -> "Doigts semblent fct. de manière mécanique". Comparaison ôte volonté du personnage -> Auteur ne nous laisse pas pénétrer sa conscience (Nouv. Rom. est contre l'étude du profil psychologique des personnages).
- Verbes de mouvance.
- "A" est souvent COD -> Personnage n'est pas le thème principal de l'oeuvre.

II - Les interprétations du narrateur

- Activité mystérieuse, vue de dos, seul haut du corps est perçu par narr.
- Différentes teintes chevelures prouvent que narr. attentif, scrute "A".
- Pas omniscient comme le prouve suppositions. (l.3 à 6). Balayées par lien logique d'opposition "mais" (l.4)
- Conditionels -> Incertitude du narr. -> "elle serait", "elle n'aurait pas"
- Narr. peut s'imaginer ce qu'A est en train de faire -> "table à écrire", "travaille minutieux et long".
- Sensible à chaque geste, y compris ses tremblements.
- Il manifeste sa connaissance du pers -> Présent d'habitude.
- Lien avec le titre "La Jalousie"


Encore désolée pour les abréviations. Quelqu'un est-il inspiré par tout cela alors ? 

Merci d'avance !

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Alain Robbe-Grillet, La Jalousie - A... est assise à table, la petite table à écrire qui se trouve contre la cloison de droite...

Cette analyse est bonne.
Il convient maintenant d'en tirer un fil conducteur.

C'est un portrait en mouvement, mais l'action se transforme en description, notamment à cause de son caractère mécanique.
Il ne respecte pas les conventions du genre : physique, intellectuel, moral...
Il est construit de manière inhabituelle : de dos, importance maniaque des détails, suppositions...
Le personnage féminin se vide de tout caractère romanesque : initiales, futilité des actions, elles-mêmes dissoutes dans les suppositions... Toute activité d'imagination, toute tentative d'identification avec le personnage fictif sont patiemment gommées...

Tu as là quelques-unes des caractéristiques du nouveau roman.

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Alain Robbe-Grillet, La Jalousie - A... est assise à table, la petite table à écrire qui se trouve contre la cloison de droite...

Absolument, je n'y avais pas pensé du tout alors que cela permet d'affirmer réellement les enjeux du Nouveau Roman.

Merci beaucoup !

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Alain Robbe-Grillet, La Jalousie - A... est assise à table, la petite table à écrire qui se trouve contre la cloison de droite...

Bonjour,

Je suis en première et je dois faire un commentaire de texte sur un extrait de La Jalousie d'Alain Robbe-Grillet mais je n'y arrive pas.. Pouvez-vous m'aider?

Cordialement, Cassandre.

"A... est assise à la table, la petite table à écrire qui se trouve contre la cloison de droite, celle du couloir. Elle se penche en avant sur quelque travail minutieux et long : remaillage d'un bas très fin, polissage des ongles, dessin au crayon d'une taille réduite. Mais A... ne dessine jamais; pour reprendre une maille filée, elle se serait placée plus près du jour; si elle avait besoin d'une table pour se faire les ongles, elle n'aurait pas choisi cette table-là.
        Malgré l'apparente immobilité de la tête et des épaules, des vibrations saccadées agitent la masse noire de ses cheveux. De temps à autre elle redresse le buste et semble prendre du recul pour mieux juger de son ouvrage. D'un geste lent, elle rejette en arrière une mèche, plus courte, qui s'est détachée de cette coiffure trop mouvante, et la gêne. La main s'attarde à remettre en ordre les ondulations, où les doigts effilés se plient et se déplient, l'un après l'autre, avec rapidité quoique sans brusquerie, le mouvement se communiquant de l'un à l'autre d'une manière continue, comme s'ils étaient entraînés par le même mécanisme.
        Penchée de nouveau, elle a maintenant repris sa tâche interrompue. La chevelure lustrée luit de reflets roux, dans le creux des boucles. De légers tremblements, vite amortis, la parcourent d'une épaule vers l'autre, sans qu'il soit possible de voir remuer, de la moindre pulsation, le reste du corps."

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