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Le rire est une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l'objet une impression...

Bonjour à tous !
Me voilà tombée dans l'enfer que sont les dissertations... mamamia ,
Mon problème c'est que je n'ai pas vraiment été guidée : voilà le sujet, débrouillez-vous.
Bref j'ai un peu de mal à trouver une problématique et à organiser mes idées.

Mon sujet est une citation de Bergson :

Le rire est une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l’objet une impression pénible. La société se venge par lui des libertés qu’on a prises avec elle. Il n’attendrait pas son but s’il portait la marque de la sympathie et de la bonté.

Je pensais faire un plan thèse / antithèse / synthèse mais je sais que ce ne sont pas les plans les plus appréciés. Toutefois je n'arrive pas à trouver trois grands thèmes.

Je ne sais pas si toutes les questions que je me pose peuvent servir de problématique :
Quel est le but du rire ? Comment peut-il être analysé ? Va-t-il nécessairement de pair avec la notion de vengeance et d’humiliation ? Ne peut-on pas rire sans arrière-pensée et apprécier la blague, la situation cocasse … ? L’humour censé faire rire doit-il forcément être imprégné de méchanceté ?

J'ai trouvé quelques arguments pour et contre mais je sais pas si c'est comme ça que je dois procéder, j'ai aussi cherché des exemples à tirer dans les livres que nous avons étudiés (certains Molière : Le Malade imaginaire, Dom Juan, Le Médecin malgré lui, Le Misanthrope... , Le Mariage de Figaro, L'Illusion comique, L'Île des esclaves, Ubu roi et d'autres).

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Le rire est une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l'objet une impression...

Désolée le message est parti trop vite !
Je disais donc que si vous pourriez me donner un petit coup de main ou me donner des pistes pour me lancer, eh bien ça serait génial !
Merci d'avance.

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Le rire est une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l'objet une impression...

Bonjour,
A mon avis tu es bien partie est tu n'as pas vraiment besoin de conseil en ce qui concerne ta méthode, tu tente d'aller au-delà du sujet en voyant quelles questions cela emmène.
Ensuite si en plus tu fais des recherches, c'est parfait, appuie toi sur ce que t'as lu, demande toi si le but de chaque réplique est de faire rire, d'être méchant ou de pointer du doigt ce qui ne va pas...?
Juste une question; es-tu allé voir qui est Bergson pour savoir quel est le vrai fondement de cette citation, sa philosophie peut t'éclairer sur les raisons qui le font dire ça... En plus cela pourra t'aider à mieux comprendre le sujet. (Si tu ne le fais pas c'est pas dramatique)

Enfin si tu veux savoir quelle est la question caché du sujet : Quelle est la fonction du rire et du comique... Cela pourra peut-être t'aider à ne pas réellement faire thèse/antithèse... et puis ce genre de plan est certes bateau mais n'est pas le plus déprécié des professeurs, tu peux utiliser cette structure sans qu'elle ne soit aparente, c'est plutôt le genre de plan que l'on utilise en philosophie... enfin j'ai rarement utilisé ce plan en français...

As-tu d'autres questions plus précises? Il n'est pas très facile de t'aider, je ne sais pas vraiment ce que tu recherche sur ce forum...

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Le rire est une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l'objet une impression...

Bonjour Loutchia,

Le mot "correction" pourrait te renvoyer à la devise de la comédie classique "castigat ridendo mores". Cet aspect ayant été récemment discuté sur le forum, je t'invite à le parcourir.
Pense aussi au rire de punition, celui qui dans la cour de récréation fait montrer du doigt et isole le "vilain petit canard", celui qui s'est montré différent du groupe.
Ta problématique est bien dans la fonction ou la mission du rire. Est-ce que le rire est toujours associé à "ridicule" ?
Pour t'éclairer, je te joins quelques autres voies :
· le rire nerveux : devant une catastrophe, les nerfs lâchent et le rire est alors la réponse désordonnée d'un organisme ébranlé (ce pourrait être aussi des larmes ou des tremblements).
· Le rire de protection : "Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer." dit Figaro dans le Barbier de Séville. Je ris pour ne pas me laisser émouvoir. Je ris pour ne pas me laisser aller à la tristesse. Je ris pour ne pas me laisser impressionner. Je ris car je fais le choix de considérer que la vie n'est pas sérieuse.
· Le rire stupide : le rire de celui qui ne comprend pas ce qui arrive, il est en général mécanique et déconnecté. A noter que ce lien entre mécanique et rire est fondamental chez ce même Bergson pour qui le rire est de la mécanique plaquée sur de l'humain (voir les Temps modernes de Chaplin par ex.).
· Le rire de provocation, de défi : je réagis de façon contraire à celle que l'on attend de moi. Ce rire est sarcastique ou sadique. Il est caractéristique du démon.
· Le rire de convivialité : celui qui surgit au cours d'un bon repas.
· Le rire homérique : celui de Micromegas devant la suffisance des humains dans le conte éponyme de Voltaire.
· Le rire de contentement quand tout va bien, quand les coups ne me sont pas destinés.

Il doit en exister d'autres manifestations.
Mais la difficulté de ton sujet est bien de circonscrire le domaine d'application : s'agit-il du registre comique ? De la comédie ? De la fonction sociale du rire ?...

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Le rire est une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l'objet une impression...

Merci beaucoup pour vos explications. J'ai donc finalement adopté le plan dialectique avec en
I) Le rire corrige les moeurs, d'où la notion de correction avec les effets sur le personnage et sur le public
II) Les autres fonctions du rire, càd plus le côté divertissant et ses bienfaits
mais en synthèse j'ai un peu plus de mal, je ne vois pas ce que je peux mettre d'autre. J'ai pensé à mettre que le rire était un moyen de se protéger et puis aussi qu'il est "le propre de l'homme" selon Rabelais mais je ne vois pas comment organiser tout ça pour faire une bonne dernière partie.
Avez-vous des idées ?

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Le rire est une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l'objet une impression...

Bonjour Loutchia,

Ce plan est convenable.
Pour le dépassement dans la troisième partie, je me contenterais de la constatation rabelaisienne ce qui sera plus facile à organiser.
Seul l'homme rit. Les animaux ne rient pas.
C'est un signe d'intelligence (sauf pour le rire bête qui renvoie à la dernière piste), tu peux placer le rire homérique.
C'est une capacité à prendre du recul (tu peux placer ici le rire de protection, l'humour).
Le rire naît d'ailleurs le plus souvent de la perte du caractère humain (Bergson, de la mécanique plaquée sur de l'humain). Les répétitions, les actions irréfléchies, les accélarations du rythme...

Est-ce que ces pistes te parlent ?

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Le rire est une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l'objet une impression...

Oui tout a fait je comptais exploiter ce côté que c'était un signe d'intelligence et donc que ça prouvait que ça permettait de prendre du recul donc d'avoir moins une fonction primaire que la vengeance ou l'humiliation mais que ca pouvait permettre au contraire de réfléchir et de mieux comprendre. Bref à partir de la perte du caractère humain par contre là je suis plus trop :s ! hum que voulez vous dire par là ?
en tout cas merci encore de votre précieuse aide !

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Le rire est une correction. Fait pour humilier, il doit donner à la personne qui en est l'objet une impression...

Bonsoir Loutchia,

Tu as remarqué que le rire surgissait là où la personne n'était plus véritablement considérée comme humaine. Le rire est proprement humain en un premier sens lorsqu'il manifeste la perception d'une différence radicale. Le premier niveau est la moquerie : je ris de l'ivrogne qui trébuche parce qu'il n'a plus un comportement humain. Nous sommes là dans ta première partie. Mais il existe d'autres niveaux plus subtils dont celui de la mécanisation de l'activité humaine : répétitions, dysfonctionnement, actions irréfléchies, accélérations… Dans ces cas, l'homme est devenu un robot, une mécanique déréglée. Que signifie alors le rire des spectateurs ? Une tentative de se désolidariser d'un être qui n'appartient plus à leur famille, la compréhension des exigences humaines, l'exutoire au danger, l'affirmation d'une intelligence qui ne veut pas déchoir… Il ne s'agit plus de punir ou d'exclure mais au contraire d'affirmer d'une certaine manière la volonté de rester dans la famille. Le niveau ultime est celui de la passion désordonnée qui, elle aussi, mécanise l'homme, le fait passer à un niveau infrahumain : les réactions de l'avare sont attendues. Le rire est alors autant l'exclusion et la punition de la part du groupe que l'affirmation d'une intelligence qui dit "j'ai compris la leçon, cela ne m'arrivera pas"...