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Concours général 2013 - Composition française

Bonjour,
J'ai passé aujourd'hui le concours général de composition française 2013, dont le sujet était "le poème est le nom trouvé. Le faire-corps de la langue est le poème. Pour procurer une définition précise du poème, il faut peut être convenir de dire simplement : le poème est l'exact opposé du nom sur le bout de la langue".
Quelqu'un d'autre l'a-t-il passé? Quel a été son plan? sa problématique? qu'en avez-vous pensé?

Merci

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Concours général 2013 - Composition française

Bonjour !

Je n'ai pas passé le concours général de littérature française cette année, mais en première. Et précisément je me demandais si tu l'avais passé en première ou en terminale ? Car je trouve que ce sujet est nettement plus déstabilisant et qu'il fait appel à beaucoup plus de connaissances théoriques que celui qui avait été proposé l'année dernière pour la classe de 1ère !

Concours général 2013 - Composition française

Bonsoir,

Je l'ai passé hier aussi... J'ai été très surprise par le sujet que j'ai trouvé plus difficile que les années précédentes... Je pense être passée à côté (pas très grave, je ne pensais pas avoir beaucoup de chances de gagner). Ma problématique était: dans quelle mesure seul le poème fait-il corps avec la langue?
I. Le poème représente la langue dans son aspect le plus noble
II. La valeur du "nom sur le bout de la langue"
II. Le poème ne peut pas être défini uniquement par la langue.

J'ai complètement laissé de côté la création poétique alors qu'il me semble que c'est quasiment le sujet...
Et toi alors ?

Concours général 2013 - Composition française

Bonjour

Élève de première S, j'ai moi aussi participé à l'épreuve du concours général de Composition Française avant-hier ^^

C'est bien la première fois que je passe ce type de concours, et mon objectif premier était bien évidemment de "participer" comme on le dit. J'avoue n'avoir pas une très grande culture littéraire en ce qui concerne la poésie, et j'étais plutôt... comment dire, frustré de voir le sujet ? 

Néanmoins, la compréhension du sujet en lui même n'a pas posé un réel problème (peut-être me suis-je complètement trompé ?) mais je n'avais pas beaucoup d'auteurs et d'exemples dans mon panier...

J'ai vraiment peur de poster ce que j'ai mis, donc soyez indulgents 

Personnellement, j'ai compris le sujet comme s'il nous interrogeait sur l'essence même du langage. Je me suis donc dis qu'il fallait comparer ce langage poétique, dont parle le sujet, et le langage inné, instinctif, que l'on parle habituellement, et dans quelle mesure ces deux langages s'opposent et se rapprochent... J'ai parlé du langage poétique comme un langage trouvé (cf "le nom trouvé), étant basé sur une certaine réflexion et sur un travail d'observation et de recherche de la part de l'auteur, sur le monde et sur lui-même. J'ai parallèlement défini ce qu'était le langage inné.

Apparemment, le sujet portait plutôt sur le travail poétique, mais voici quand même les grandes lignes de mon plan (très pauvre certes) :

Thèse : Dans une certaine mesure, la langue du poème peut être opposé du "nom sur la langue" :

-La forme du poème lui même, qui s'éloigne du langage que l'on a au bout de la langue, car elle implique un travail de réflexion, par exemple une recherche de la beauté (rimes, musicalité, rythmes). J'ai parlé du mouvement du Parnasse qui insistait sur la recherche acharnée de l'auteur, et qui mettait en valeur le travail minutieux de l'artiste : "l'art pour l'art" (J'ai parlé de Téophile Gautier, d'un de ces poèmes "Le pin des landes")

-Cet éloignement du langage est d'autant plus important pour les poèmes surréalistes (définition du mouvement). (Poèmes de Desnos)

-La façon d'écrire un poème dépend de chaque auteur, comme tout genre littéraire, la poésie n'est pas "fixe" : chaque auteur à sa sensibilité propre, et de part ses interprétations et de sa vision même du poète, la manière d'écrire différera. J'ai expliqué différents points de vue : Rimbaud (poète voyant, voulant découvrir l'inconnu, qui écrit un poème par un "long et raisonné dérèglement des sens", essayant de trouver une langue essentielle, universelle dans ses poèmes, etc), Victor Hugo (poète prophète, intermédiaire entre Dieu et les hommes, qui a lui seul le visage éclairé), Baudelaire (poète comme une personne quelconque, qui puise sont inspiration dans la boue et la fange (cf "Perte d'auréole", des Fleurs du mal), Téophile Gautier (la poésie est l'expression d'une souffrance (cf "Le pin des Landes"))

Antithèse : Mais la langue poétique peut se rapprocher de la langue innée :

-Formes des poèmes : Poèmes en prose (définition) ("Perte d'auréole" Baudelaire) ou en vers libres (définition) ("Panama ou les aventures de mes sept oncles" Blaise Cendrars)

-Poèmes voulant faire passer un message de manière didactique, comme cela peut être le cas d'une des notions essentielles de la langue orale (lorsque l'on veut convaincre quelqu'un, ou le raisonner par exemple -- Relation ultra-simpliste je l'accorde) : Les Fables de La fontaine (définition du genre de l'apologue, un exemple de fable et explication de la morale (J'ai parlé de La grenouille et le boeuf, inspiré de "Rana rupta et bos" de Phèdre, auteur latin)

-Mon dernier paragraphe de cette partie s'est consacré à la littérature antique puis au théâtre, qui à mon sens peut-être une forme de poésie : J'ai parlé de la littérature Antique en général, et notamment des épopées grecques comme L'odyssée de Homère (littérature orale, servant à l'éducation des enfants donc devant se rapprocher de la langue du bout de la langue pour être comprise de tous, et poésie car respectant l'Héxamètre dactylique, etc...).
J'ai ensuite parlé du théâtre antique (situation dans le temps, auteurs principaux), puis des messages contenus dans les mythes (définition et exemples).

J'ai embrayé sur le théâtre Classiques et notamment sur la tragédie, qui reprend les grands mythes grecs (exemples) puis j'ai posé le problème de la limite entre langage poétique et langage du bout de la langue au théâtre, lorsqu'il est représenté devant un public. J'ai ensuite essayé de répondre brièvement à ce problème.

Synthèse: Finalement, la poésie est une autre forme de pensée, qui demande une réflexion intense et une observation du monde et de soi-même, bien que certains poètes privilégient l'écriture instantané.

-J'ai fais un bref paragraphe des "avantages" de l'écriture par rapport au langage instinctif (écriture peut être un moyen de garder une certaine santé mentale, de se décharger, de montrer son aversion et son mal être dans la société où l'on vit, l'écriture est éternelle "les mots s'envolent mais les écrits restent")

-La poésie implique de se connaître soi même (sentiments, etc) et de regarder les tréfonds de son âme (moyen de commencer à réaliser le "Connais toi toi-même" de Socrate (?) )

-La poésie est une expérience de vie (Poèmes de Cendrars du recueil "Du Monde entier", qui racontent les voyages qu'il a lui même effectué partout dans le monde, et qui nous font nous-même voyager (explication des conditions de présentation du poème "La prose du Transsibérien" (poème long de deux mètres, poème simultané, accompagné de la peinture de Sonia Delaunay).

Je ne me rappelle plus de ce que j'ai marqué dans la conclusion, mais je me rappelle juste avoir dis que contrairement à l'auteur de la citation du sujet, je ne pensais pas que la langue poétique
soit l'exact opposé du "nom sur le bout de la langue", mais une manière différente de pensée, certes plus recherché, mais dont les bases sont identiques. Le poème étant un genre littéraire, il ne peut avoir de définition précise, et l'homme ne peut s'opposer à quelque chose variant sans cesse, et propre à chaque individu.

Voilà, c'était l'humble plan d'un élève de S, plus fort en Maths qu'en Français ^^" En tout cas ce concours était une belle épreuve

Concours général 2013 - Composition française

Bonjour,

Je suis élève en Première Littéraire à Nantes et, comme vous, j'ai passé le Concours Général en Composition française lundi dernier. Ce sujet m'a paru nettement plus « aisé » (toutes proportions gardées) que les sujets des années précédentes, pour ma part. Une joie immense s'est emparée de moi à la découverte de cette magnifique citation !

Petite remarque : ma troisième partie est exécrable.

Voici donc un aperçu de ce que j'ai produit sur ma copie :

Introduction (c'est une portion de celle que j'ai mise sur ma copie étant donné que je suis mon brouillon uniquement dans les grandes lignes) : « Au commencement était le Verbe. » Cette phrase, issue du Prologue de l'évangile selon Saint-Jean, est la transcription langagière de l'instant où le monde a commencé à être. Phénomène originel, épiphanie extraordinaire. Au-delà du mythe biblique, en littérature, cet événement peut aisément être apparenté au poème. Cependant, l'épiphanie de la forme poétique est idoine. Le poème est le bonheur de l'expression, il semble être la forme littéraire la plus pure. Il atteint cette « perfection » ou ce « bonheur » à l'instant où une parataxie éclôt entre le mot et la chose ; au moment où une coalescence immédiate s'effectue pour former une singulière volupté. La forme poétique, ce genre « élevé » comme le nomme Aristote dans La Poétique, de par sa stase et son aspect synchronique, est sans doute le chantre du langage. Ainsi, « poème » se trouve être hyponyme d'euphémie (du grec euphemia, la bonne parole, la parole juste). D'ailleurs, Pascal Quignard ne dit point autre chose en affirmant que [là je reformule la citation]. Après cette relative kyrielle de considérations, il est de notre bon droit d'interroger le poème sans ambages : le poème, forme littéraire pure, est-il le parangon de l'euphémie, c'est-à-dire de la parole juste, précise et hors de laquelle n'existe aucune vérité ? Il sera donc nécessaire d'étudier le poème en tant que bonheur de l'expression, épiphanie du vrai et donc comme droite superposée au fluide de la langue ; puis de voir si, dans une toute relative mesure, l'évocation, la suggestion et la subjectivité ne forment pas l'essence même de la forme poétique ; enfin, il s'agira de passer outre ce paradigme en considérant le poème comme métaphore de l'homme à travers les siècles et pure figure de style voulant signifier l'ineffable.

[Vous le remarquerez, chose étrange, les noms de sous-parties et de sous-sous parties sont en réalité des citations...]

I - Cf. annonce du plan.

    1.1 - « Ce ne sont pas les idées qui font les vers, ce sont les mots. » - Mallarmé
   
            1.1.1 - Citation du début des « Djinns » in Les Orientales (1829) de Victor Hugo, couleur locale succintement énoncée à travers des termes juxtaposés, etc.  :


« Murs, ville,
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise,
Tout dort.

Dans la plaine
Naît un bruit.
C'est l'haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu'une flamme
Toujours suit ! »


Le haïku est la piqûre essentielle. Forme épigrammatique délestée de morale. Epiphanie finale. Roland Barthes cite, entre autres, ce haïku dans son cours au Collège de France intitulé La Préparation du Roman (1978-1979) : « Dans la vieille mare / Une grenouille saute / Oh, le bruit de l'eau ! ». Dans Variétés I, Paul Valéry parle de la « maigreur essentielle des choses ». Le mot est l'essentiel.

           1.1.2 - L'hapax, le semelfactif, Mallarmé, Ponge : pour coller à la chose, à la perfection sonore, pour arriver au mot trouvé : nécessité d'inventer des mots. Exemple : « nul ptyx abolit bibelot d'inanité sonore. » - Mallarmé, « Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx ».

            1.1.3 - L'idée est propre au sujet. Spinoza a dit « Dieu est incapable de fiction. » Or, le poète est le divin. (étymologie, poiein, créer, faire...) Le poète n'utilise donc pas les idées mais le matériau brut qu'est le mot.

    1.2 « Le faire-corps avec la langue. »

            1.2.1 - « La langue est fasciste » - Roland Barthes dans sa leçon inaugurale au Collège de France en 1977. Le poème dit oui à cela. Sujétion du poème donc sujétion du poète.

            1.2.2 - « La pensée est pure parole. » - Maurice Blanchot dans L'Espace littéraire (1955) / Fin des « Djinns » :

« On doute
La nuit...
J'écoute : -
Tout fuit,
Tout passe
L'espace
Efface
Le bruit. »

Le poème doit coller à la langue pour s'envoler dans l'éther devenir pensée. [J'ai cité des vers de Sidoine Apollinaire, ce me semble] / « La prose se sert des mots, la poésie sert les mots. » - Jean-Paul Sartre dans Qu'est-ce que la littérature ?

            1.2.3 - « La littérature est l'essentiel ou n'est rien. » - Georges Bataille / Le poème se veut essence ; il se veut langage ; il se veut vérité. / Le poète est l'entité médiate devant relier la forme poétique et l'essence du langage / « La seule règle est d'être vrai. » - Stendhal

    1.3 - Je ne me souviens plus de cette sous-partie en détails mais j'ai dû parler de l'Antiquité et plus particulièrement des gnomiques (maximes, courts poèmes) de Théognis et de Phocylide.

Transition : [Je ne m'en souviens plus.]

II - Cf. annonce du plan. / Le poème est art. [Je ne l'exprime pas dans le plan que je vous donne ici mais l'idée du Beau évolue en filigrane]

    2.1 - « La poésie est la raison chantée. » - Alphonse de Lamartine (article intitulé Destinées de la poésie dans La Revue des Deux Mondes)

            2.1.1 - Le verbe romantique. [Toute cette deuxième partie est plutôt tournée vers l'histoire littéraire]. Lamartine : Méditations poétiques (1820) / Sainte-Beuve : Vies, Poésies et Pensées de Joseph Delorme (1829) / Citation du quatrième quatrain de « L'Isolement » in Méditations poétiques :

« Cependant, s'élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s'arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts. »

/ Exaltation de Dieu et du Poëte. Flot rumoreux de la littérature. Recherche de l'équanimité. Diasémie : éclatement du sens confortant la subjectivité. / Nabokov (l'un des plus grands écrivains américains de la seconde moitié du XXe selon Alain Robbe-Grillet) : « Il faut à mon avis écrire pour plaire à un seul lecteur : soi-même. »

            2.1.2 - Effacement des traits de la construction syntaxique des poèmes à l'époque romantique / « Le vrai art est celui qui ne semble être art. » - Castiglione / « L'art de la technique est de se faire oublier. » - Schopou (Schopenhauer) / « En art, point de frontières. » - Victor Hugo in Tas de Pierres

            2.1.3 - Le poème est oralité écrite. / Rhétorique / Rythme / Sonorités / Pathos / Appel (Klesis, en grec) aux sens / Citation de « Ondine » in Gaspard de la nuit (1842) d'Aloysius Bertrand. / Sur l'écriture : « Une vieille et très vague mais jalouse pratique dont gît le sens au mystère du coeur. » - Stéphane Mallarmé / T.S. Eliot : « Genuine poetry can communicate before it is understood. »

    2.2 - « L'art de l'évocation est l'extrême précision dans l'extrême splendeur. » - Jules Lemaître (critique littéraire des XIX et XXe siècles)

            2.2.1 - Le poème, à travers son arche formel, s'offre comme objet mystérieux dans les mains du lecteur.  « Le poème est un mystère dont le lecteur doit trouver la clef. » - Mallarmé / L'hermétisme / Les formes de la nature sont les symboles multiples d'une même réalité ; sous leur diversité se trouve une unité profonde, mystérieuse et impalpable. / Expression des réminiscences mystérieuses dans « Fantaisie » in Odelettes (1853) :

« Puis une dame, à sa haute fenêtre,
Blonde aux yeux noirs, en ses habits anciens…
Que dans une autre existence peut-être,
J’ai déjà vue et dont je me souviens. »

            2.2.2 - Le poème est symbole ; il est concentration imagée d'idées. Dans « La Maison du Berger » (1844), Alfred de Vigny métaphorise le poème comme « diamant » : [Je vous donne la citation cette fois-ci car cela me semble vraiment beau]

« Poésie, il se rit de tes graves symboles.
Ô toi des vrais penseurs impérissable amour!
Comment se garderaient les profondes pensées
Sans rassembler leurs feux dans ton diamant pur
Qui conserve si bien leurs splendeurs condensées ? »

« On se souvient des images et non des choses. » - Sebald / Baudelaire à la fin de « L'Albatros ».

Arthur Rimbaud, synesthésie, « Voyelles » (1872) :

« A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! »

            2.2.3 - Le poème est effet sonore ; elle est musique. Synesthésie : « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. » dit Charles Baudelaire dans un sonnet intitulé « Correspondances » / « De la musique avant toute chose » (Paul Verlaine) / « La poésie, proche l'idée, est Musique, par excellence. » - Mallarmé dans Quant au livre / Franz Liszt porte à la musique les Harmonies poétiques et religieuses de Lamartine / De même, plus tard, Achille-Claude Debussy mettra en musique L'Après-Midi d'un Faune de Mallarmé en composant l'oeuvre symphonique : Le Prélude à l'après-midi d'un faune. Lien inextricable entre le poème et la musique.

    2.3 - La fruition du Moi. La subjectivité. Le cantique du soi. [Je vais vite.]

            2.3.1 - Le poème révèle des états d'âme fugaces. Elégie. Sainte-Beuve qui loue Adèle Hugo dans ses poèmes suscite chez Victor Hugo une certaine colère ; il dira  : « Il y a entre l’ami de la maison et le bonheur du ménage le rapport du diviseur au quotient. » / Julie Charles et Lamartine : mort, temps, amour.

            2.3.2 - La mélancolie et le spleen. / Baudelaire « Spleen LXXVIII », dernier quatrain :

« Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l'Espoir,
Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique,
Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. »

            2.3.3 - Le lyrisme. Le chant intérieur. La nature. La mer, etc.

Transition : [Là non plus je ne m'en souviens plus.]

III - Cf. annonce du plan. [Cette partie est un affreux spectacle en ce sens qu'il me semble hors-sujet ; je m'en excuse par avance.]

    3.1 - Le poème épique comme vision trans-séculaire de l'homme : le nom sur le bout de la langue, le pothos (en grec : le désir insatisfait)

            3.1.1 - Jocelyn (1836) de Lamartine ou l'épopée de l'homme intérieur. / Lamartine rêvait de donner à la France la grande épopée qui lui manquait. Il s'agit là d'une immense histoire des destinées humaines : 10000 vers, oeuvre en neuf époques. Jocelyn renonce pour sa soeur à l'héritage paternel et décide de se faire prêtre. Il est au séminaire lorsque la Terreur l'oblige à se réfugier. [Ellipse : je vous fais grâce d'un résumé complet mais je vous donne tout de même la fin] Las de la vie, il meurt en soignant des malades décimés par une épidémie. (épilogue) / Cette entreprise d'envergure restera inachevée ; l'épopée est l'inachèvement.

            3.1.2 - La Chute d'un Ange (1838) de Lamartine [Si vous vous lassez, c'est normal : moi aussi.] / Il s'agit également d'un poème épique ; celui-ci fait suite à Jocelyn et est censé être intégré dans l'ensemble inachevé. Oeuvre de onze mille vers, ce me semble. Cette épopée conte l'amour de l'ange Cédar pour Daïdha, une descendante de Caïn, et les suites de cette passion coupable : Cédar, condamné à devenir un homme, passe par toutes les épreuves de la terre, perd sa compagne au désert, meurt désespéré sur un bûcher aux côtés du cadavre et ne retrouve sa forme première qu'après neuf réincarnations successives, etc. L'entreprise est incomprise du public et donc très mal reçue. / Le nom sur le bout de la langue voulant se cacher derrière l'évocation se trouve être objet d'incompréhension entre l'entité médiate (le poète) et le peuple.

           3.1.3 - La Légende des Siècles - Hugo / Beauté absolue mais inadéquation avec la réalité politique du Second Empire /

    3.2 - Le poème permet d'exprimer l'indicible et de dire l'ineffable

             3.2.1 - Mort de Léopoldine, Demain dès l'aube.

             3.2.2 - Le cauchemar des deux mères (Eugène Manuel)

             3.2.3 - Poèmes négritude. Césaire. Senghor. Poètes ivoiriens comme Joachim Bohui Dali ; voici ses vers les plus connus :

« Faute de joie
Laissons éclater la rage
Courons plus vite que les balles des fusils
Au milieu des éperviers se lamente une grive blessée. »

    3.3 - [Je ne sais plus ce que j'y ai mis mais j'ai dû m'envoler dans l'éther de l'âme qui révèle à la littérature... En somme, circonvolutions sur circonvolutions...]

Conclusion : [Je ne veux vraiment pas l'écorcher et c'est pour cela que je ne la réécris guère. Elle m'a semble vraiment bien. Je vous donne juste des bribes de la fin de la conclusion.] Platon voulait que le poème fût quelque chose « d'ailé, de léger, de divin. » / Plus on arrive à la source originelle moins les mots se font fleuves. Le poème fait fit de cela démontrant sa capacité à exprimer l'indicible et à dire l'ineffable : car le poème est tout-langage. [En très gros]

Bon, après avoir eu le courage de lire tout cela, je jouirais de lire vos avis sur cet aperçu. (j'ai ommis maints éléments)

A bientôt !

P.S. : Pour ceux qui aiment le quantitatif : j'ai fait un peu plus de 14 pages.
P.P.S. : Je suis désolé s'il y a des fautes d'orthographe : je ne me suis point relu.

Concours général 2013 - Composition française

J'ai quitté le secondaire il y a deux ans et je n'ai jamais passé le CG; le sujet est beau et intéressant, et je ne peux qu'être impressionné par la richesse de ce que vous avez pu produire à un âge si précoce (j'en aurais été incapable). Chapeau bas
PS: Kantien, la qualité indéniable et la recherche de ton expression me laissent pantois. Je ne sais pas ce que le jury attend d'un lycéen, mais, puisque tu demandes des avis personnels, c'est un peu sophistiqué à mon goût - ce qui n'enlève rien à la qualité intrinsèque de ton vocabulaire.

Concours général 2013 - Composition française

Ah, en effet, c'est peut-être un peu trop sophistiqué. Merci pour votre avis !

Quelques corrections de fautes de mon premier message : Fait fi* Qui se révèle*

Concours général 2013 - Composition française

Honnêtement, je peine à distinguer un propos personnel et vigoureusement défendu derrière la profusion des exemples. Mais le CG est d'abord un concours de formes alors ça se défend, oui.

Concours général 2013 - Composition française

Je vois. Cependant, je pense que cette impression est suscitée par l'aspect fragmentaire du plan détaillé. Ici, l'analyse personnelle s'est effacée au profit de l'exemple brut. Dans ma copie, il en est autrement, je crois.

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Concours général 2013 - Composition française

Bonjour à tous,

Ayant également passé le concours lundi dernier, je vous propose mon plan, en deux parties seulement... 
J'ai tout d'abord rapproché le sujet du mythe de la caverne de Platon dans la mesure où l'opposition  de monde des idées et du monde réel me paraissaient correspondre à la même opposition qu'énonçait P. Quignard, entre le poème et le "mot sur le bout de la langue".

Ma thèse:
- le faire corps avec la langue, une idée classique -> cf Racine et les Classiques +  glorification de la langue par les mots (cf le poète du XX ème Georges Perros), où j'ai insisté sur le travail poétique de l'artiste.

- le nom trouvé, une façon de faire parvenir les émotions au lecteur, contrairement aux mots approximatif qui ne touchent pas leur cible ( là, j'ai cité du Bellay, Victor Hugo, Whitman pour les différents thèmes poétiques )

- l'esthétique de ce "nom trouvé" -> réflexion sur la beauté poétique (Baudelaire avec la Charogne et l'invitation au voyage, F. Ponge avec le parti pris des choses )

- La temporalité/ l'intemporalité des œuvres poétiques, et donc du " nom trouvé "

La discussion:

- j'ai posé le problème de la traduction des œuvres en langue étrangère pour le "nom trouvé" notamment pour la poésie latine, où des versions différentes existent d'un même texte source. ( élégies de Catulle)

- le surréalisme accorde une place au hasard, à l'écriture automatique -> comment alors contrôler les mots justes ou approximatifs?  (cf poèmes de Desnos, comme le Désespoir du Soleil)

- Le changement des idéaux à travers les siècles et les évolutions des idées, du langage + le problèmes des gouts poétiques propres à chacun qui remettent en cause l'universalité du "nom trouvé"

- enfin, une interrogation : la construction poétique serait elle plus importante que le message en lui-même? le poète-architecte n'est il pas étouffé par une précision trop exacte qui empêcherait son lyrisme de se déployer?

En conlu' j'ai élargit la définition de P. Quignard en l'appliquant à d'autres arts que l'on peut considérer comme poétiques tels que la peinture ou le cinéma ( comme "the tree of life" de Terrence Malick)

Des avis?