Dans ces textes, le lecteur s'identifie-t-il au personnage masculin ou garde-t-il une distance critique avec lui ?

Bonjour!

J'ai un petit soucis avec deux questions sur corpus que je dois faire pour les vacances. 

Les questions sont:
- Dans les trois premiers textes, le lecteur s'identifie-t-il au personnage masculin ou garde-t-il une distance critique avec lui? Vous appuierez vos réflexions sur les choix narratifs effectués.
- En quoi le quatrième texte est-il différent des précédents?

J'ai pourtant compris les textes (des extraits où le personnage masculin pense être trompé par son amante de La princesse de Clèves, La chartreuse de Parme et Un amour de Swann, ainsi qu'un quatrième extrait, de La Jalousie), et il me semble que dans les trois premiers il y a identification, mais pas dans le dernier car il est du Nouveau Roman (ce qui explique la deuxième question alors). Mais je ne vois pas comment expliquer en quoi le lecteur s'identifie au personnage... enfin c'est assez abstrait, qu'est-ce qu'un choix narratif?
C'est vraiment la question du choix narratif qui me pose problème, je ne vois pas du tout ce que c'est. Et pour les deux questions je dois faire deux sujets séparés ? Donc je dois refaire l'intro, la conclusion,etc?

Merci 

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Dans ces textes, le lecteur s'identifie-t-il au personnage masculin ou garde-t-il une distance critique avec lui ?

Pour le choix narratif, tu peux analyser, entre autres, les points de vue (omniscient, interne, externe).

Pour ton autre question : le second sujet est la suite logique du second. Ennuyeux (et difficile) de refaire intro sans se répéter. Une phrase de transition un peu développée peut-être ?

Dans ces textes, le lecteur s'identifie-t-il au personnage masculin ou garde-t-il une distance critique avec lui ?

D'accord, j'avais pensé à faire une partie sur la focalisation mais je n'ai pas d'autres idées.. Le choix narratif ça peut être quoi d'autre?

Pour la transition entre les deux questions, je vais essayer merci !

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Dans ces textes, le lecteur s'identifie-t-il au personnage masculin ou garde-t-il une distance critique avec lui ?

C'est difficile de répondre à ta question sans avoir les textes.

Dans ces textes, le lecteur s'identifie-t-il au personnage masculin ou garde-t-il une distance critique avec lui ?

Voici les textes

La Fayette a écrit :

Il lui fut impossible de demeurer chez la reine ; il s’en revint, ne sachant pas même pourquoi il revenait, et s’il avait dessein d’aller interrompre M. de Nemours. Sitôt qu’il approcha de chez lui, il regarda s’il ne verrait rien qui lui pût faire juger si ce prince y était encore : il sentit du soulagement en voyant qu’il n’y était plus, et il trouva de la douceur à penser qu’il ne pouvait y avoir demeuré long-temps. Il s’imagina que ce n’était peut-être pas M. de Nemours dont il devait être jaloux ; et, quoiqu’il n’en doutât point, il cherchait à en douter : mais tant de choses l’en auraient persuadé, qu’il ne demeurait pas long-temps dans cette incertitude qu’il desirait. Il alla d’abord dans la chambre de sa femme ; et, après lui avoir parlé quelque temps de choses indifférentes, il ne put s’empêcher de lui demander ce qu’elle avait fait, et qui elle avait vu : elle lui en rendit compte. Comme il vit qu’elle ne lui nommait point M. de Nemours, il lui demanda en tremblant si c’était tout ce qu’elle avait vu, afin de lui donner lieu de nommer ce prince, et de n’avoir pas la douleur qu’elle lui en fît une finesse. Comme elle ne l’avait point vu, elle ne le lui nomma point, et M. de Clèves reprenant la parole avec un ton qui marquait son affliction : Et M. de Nemours, lui dit-il, ne l’avez-vous point vu, ou l’avez-vous oublié ? Je ne l’ai point vu, en effet, répondit-elle ; je me trouvais mal, et j’ai envoyé une de mes femmes lui faire des excuses. Vous ne vous trouviez donc mal que pour lui, reprit M. de Clèves, puisque vous avez vu tout le monde ? Pourquoi des distinctions pour M. de Nemours ? Pourquoi ne vous est-il pas comme un autre ? Pourquoi faut-il que vous craigniez sa vue ? Pourquoi lui laissez-vous voir que vous la craignez ? Pourquoi lui faites-vous connaître que vous vous servez du pouvoir que sa passion vous donne sur lui ? Oseriez-vous refuser de le voir, si vous ne saviez bien qu’il distingue vos rigueurs de l’incivilité ? Mais pourquoi faut-il que vous ayez des rigueurs pour lui ? D’une personne comme vous, madame, tout est des faveurs hors l’indifférence. Je ne croyais pas, reprit madame de Clèves, quelque soupçon que vous ayez sur M. de Nemours, que vous pussiez me faire des reproches de ne l’avoir pas vu. Je vous en fais pourtant, madame, répliqua-t-il, et ils sont bien fondés : Pourquoi ne le pas voir, s’il ne vous a rien dit ? Mais, madame, il vous a parlé ; si son silence seul vous avait témoigné sa passion, elle n’aurait pas fait en vous une si grande impression ; vous n’avez pu me dire la vérité tout entière, vous m’en avez caché la plus grande partie ; vous vous êtes repentie même du peu que vous m’avez avoué, et vous n’avez pas eu la force de continuer. Je suis plus malheureux que je ne l’ai cru, et je suis le plus malheureux de tous les hommes.

Stendhal a écrit :

Le comte se fit reconduire chez lui au galop ; il cria en passant qu’on ne laissât monter âme qui vive, fit dire à l’auditeur de service qu’il lui rendait la liberté (savoir un être humain à portée de sa voix lui était odieux), et courut s’enfermer dans la grande galerie de tableaux. Là enfin, il put se livrer à toute sa fureur ; là il passa la soirée sans lumières à se promener au hasard, comme un homme hors de lui. Il cherchait à imposer silence à son cœur, pour concentrer toute la force de son attention dans la discussion du parti à prendre. Plongé dans des angoisses qui eussent fait pitié à son plus cruel ennemi, il se disait : "L’homme que j’abhorre loge chez la duchesse, passe tous ses moments avec elle. Dois-je tenter de faire parler une de ses femmes ? Rien de plus dangereux ; elle est si bonne ; elle les paie bien ! elle est adorée ! (Et de qui, grand Dieu, n’est-elle pas adorée ! ) Voici la question, reprenait-il avec rage : Faut-il laisser deviner la Jalousie qui me dévore, ou ne pas en parler ? Si je me tais, on ne se cachera point de moi. Je connais Gina, c’est une femme toute de premier mouvement ; sa conduite est imprévue même pour elle, si elle veut se tracer un rôle d’avance, elle s’embrouille ; toujours, au moment de l’action, il lui vient une nouvelle idée qu’elle suit avec transport comme étant ce qu’il y a de mieux au monde, et qui gâte tout.
"Ne disant mot de mon martyre, on ne se cache point de moi et je vois tout ce qui peut se passer…
« Oui, mais en parlant, je fais naître d’autres circonstances ; je fais naître des réflexions ; je préviens beaucoup de ces choses horribles qui peuvent arriver… Peut-être on l’éloigne (le comte respira), alors j’ai presque partie gagnée ; quand même on aurait un peu d’humeur dans le moment, je la calmerai… et cette humeur quoi de plus naturel ?… elle l’aime comme un fils depuis quinze ans. Là gît tout mon espoir:comme un fils… mais elle a cessé de le voir depuis sa fuite pour Waterloo ; mais en revenant de Naples, surtout pour elle, c’est un autre homme. Un autre homme, répéta-t-il avec rage, et cet homme est charmant; il a surtout cet air naïf et tendre et cet œil souriant qui promettent tant de bonheur ! et ces yeux-là la duchesse ne doit pas être accoutumée à les trouver à notre cour !… Ils y sont remplacés par le regard morne ou sardonique. Moi-même, poursuivi par les affaires, ne régnant que par mon influence sur un homme qui voudrait me tourner en ridicule, quels regards dois-je avoir souvent ? Ah ! quelques soins que je prenne, c’est surtout mon regard qui doit être vieux en moi !

Proust a écrit :

Alors il lut toute la lettre ; à la fin elle s’excusait d’avoir agi aussi sans façon avec lui et lui disait qu’il avait oublié ses cigarettes chez elle, la même phrase qu’elle avait écrite à Swann une des premières fois qu’il était venu. Mais pour Swann elle avait ajouté : « puissiez-vous y avoir laissé votre cœur, je ne vous aurais pas laissé le reprendre ». Pour Forcheville rien de tel : aucune allusion qui pût faire supposer une intrigue entre eux. À vrai dire d’ailleurs, Forcheville était en tout ceci plus trompé que lui, puisque Odette lui écrivait pour lui faire croire que le visiteur était son oncle. En somme, c’était lui, Swann, l’homme à qui elle attachait de l’importance et pour qui elle avait congédié l’autre. Et pourtant, s’il n’y avait rien entre Odette et Forcheville, pourquoi n’avoir pas ouvert tout de suite, pourquoi avoir dit : « J’ai bien fait d’ouvrir, c’était mon oncle » ? si elle ne faisait rien de mal à ce moment-là, comment Forcheville pourrait-il même s’expliquer qu’elle eût pu ne pas ouvrir ? Swann restait là, désolé, confus et pourtant heureux, devant cette enveloppe qu’Odette lui avait remise sans crainte, tant était absolue la confiance qu’elle avait en sa délicatesse, mais à travers le vitrage transparent de laquelle se dévoilait à lui, avec le secret d’un incident qu’il n’aurait jamais cru possible de connaître, un peu de la vie d’Odette, comme dans une étroite section lumineuse pratiquée à même l’inconnu. Puis sa jalousie s’en réjouissait, comme si cette jalousie eût eu une vitalité indépendante, égoïste, vorace de tout ce qui la nourrirait, fût-ce aux dépens de lui-même. Maintenant elle avait un aliment et Swann allait pouvoir commencer à s’inquiéter chaque jour des visites qu’Odette avait reçues vers cinq heures, à chercher à apprendre où se trouvait Forcheville à cette heure-là. Car la tendresse de Swann continuait à garder le même caractère que lui avait imprimé dès le début à la fois l’ignorance où il était de l’emploi des journées d’Odette et la paresse cérébrale qui l’empêchait de suppléer à l’ignorance par l’imagination. Il ne fut pas jaloux d’abord de toute la vie d’Odette, mais des seuls moments où une circonstance, peut-être mal interprétée, l’avait amené à supposer qu’Odette avait pu le tromper.

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Dans ces textes, le lecteur s'identifie-t-il au personnage masculin ou garde-t-il une distance critique avec lui ?

Tu pourrais penser également au déroulement, chronologique ou non, de l'action, aux choix temporels (comme analepse, prolepse, sommaire, scène, etc.)

Dans ces textes, le lecteur s'identifie-t-il au personnage masculin ou garde-t-il une distance critique avec lui ?

Et donc dans les trois il s'agit d'une scène chronologique? Je suis vraiment nul à ça..

Svp?