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Le poète tient pour nous liaison avec la permanence et l’unité de l’Être. Et sa leçon est d’optimisme...

Bonjour à toutes et à tous.

Dans le cadre de mes études de lettres, je dois rendre prochainement une dissertation sur Saint-John Perse, plus précisement sur la fonction du poète vue par SJP.
Voilà le sujet.

Dans l’allocution prononcée lors de la réception du prix Nobel en 1960, Saint-John Perse définit ainsi la fonction du poète :
"Ainsi, par son adhésion totale à ce qui est, le poète tient pour nous liaison avec la permanence et l’unité de l’Être. Et sa leçon est d’optimisme. Une même loi d’harmonie régit pour lui le monde entier des choses."
Vous montrerez comment Eloges répond à cette définition de l’entreprise poétique en recourant à des exemples précis.


J'ai quelques petites idées, mais rien de bien consistant ... Une bonne âme pourrait-elle m'ouvrir le chemin ?
Merci.

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Le poète tient pour nous liaison avec la permanence et l’unité de l’Être. Et sa leçon est d’optimisme...

Bonsoir,

Il te faudrait d'abord établir quelques équivalences ou définir les mots clés.
"Adhésion totale" ? Foi ? Spiritualisme ? Transcendance ?
"ce qui est" ? Note que dans la Bible, Dieu est "Je suis celui qui est" traduction du sémitique Yawhé ?
"permanence et unité de l'Être" ? (note la majuscule) Dieu est Un. Lui seul posséde la totalité de l'être dont la permanence...
"loi d'harmonie" ? Autre nom de la beauté ?

Il me paraît évident que cette citation t'invite à examiner plusieurs aspects essentiels et caractéristiques de l'œuvre de Saint-John Perse :
- La poésie de l'univers, une œuvre qui chante le cosmos, les éléments qui le composent.
- Mais cette poésie du réel ne se limite pas seulement à ce qu'elle décrit ou évoque.
- Elle cherche la transcendance, en étant en particulier une référence implicite au livre sacré de la Bible. Elle est une voie de connaissance.
- Cette poésie cherche à rejoindre le créateur de toutes choses par la mise en valeur d'un de ses attributs : la beauté ou l'ordre ou l'harmonie, car la création est un livre qui nous parle de Dieu sans le nommer.
- Cette contemplation ne peut déboucher que sur l'optimisme ou la joie parce que le monde est beau et qu'il a un sens. L'homme n'est pas orphelin, il n'est pas un accident du hasard. La preuve ultime en est dans l'intelligence qui lui a été donnée et dans sa capacité de s'émerveiller (ou de déceler l'harmonie du monde créé). Cette fonction sacerdotale revient particulièrement au poète.
- Saint-John Perse s'inscrit dans une longue tradition qui a vu dans le poète un chantre de l'univers et un serviteur de la Beauté. C'est sans doute Baudelaire qui a le plus complètement élevé l'art au rang de religion (dans un mysticisme néo-platonicien), puis le flambeau est passé à Rimbaud, pour parvenir au très catholique Claudel et enfin à Saint-John Perse dont le catholicisme est plus discret mais tout aussi lyrique. Enfin c'est une généalogie poétique que je pourrais défendre...

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Le poète tient pour nous liaison avec la permanence et l’unité de l’Être. Et sa leçon est d’optimisme...

Merci beaucoup, voilà les quelques pistes qui me faisaient defaut.