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Montaigne, Essais, I, chapitre 31 - J'ai eu longtemps avec moi un homme...

Bonjour à tous !
Alors voila en classe nous avons "étudié" un extrait des Cannibales de Montaigne et je dois trouver un plan qui réponde à la problématique. Voici la problématique : Comment Montaigne introduit-il le Nouveau Monde ?


L'extrait étudié est au début des Cannibales  , voici l'extrait étudié:

J'ai eu longtemps avec moi un homme qui avait demeuré dix ou douze ans en cet autre monde, qui a été découvert en notre siècle, en l'endroit où Villegagnon prit terre, qu'il surnomma la France Antarctique.
Cette découverte d'un pays infini semble être de considération. Je ne sais si je me puis répondre qu'il ne s'en fasse à l'avenir quelqu'autre, tant de personnages plus grands que nous ayant été trompés en celle-ci. J'ai peur que nous ayons les,yeux plus grands que le ventre, et plus de curiosité que nous n'avons de capacité. Nous embrassons tout, mais n'étreignons que du vent. Platon introduit Solon racontant avoir appris des prêtres de la ville de Saïs, en Egypte, que, jadis et avant le déluge, il y avait une grande île, nommée Atlantide, droit à la bouche du détroit de Gibraltar, qui tenait plus de pays que l'Afrique et l'Asie toutes deux ensemble, et que les rois de cette contrée-là, qui ne possédaient pas seulement cette île, mais s'étaient étendus dans la terre ferme si avant qu'ils tenaient de la largeur d'Afrique jusques en Egypte, et de la longueur de l'Europe jusques en la Toscane, entreprirent d'enjamber jusques sur l'Asie et subjuguer toutes les nations qui bordent la mer Méditerranée jusques au golfe de la mer Majour ; et, pouf cet effet, traversèrent les Espagnes, la Gaule, l'Italie, jusques en la Grèce, où les Athéniens les soutinrent ; mais que, quelque temps après, et les Athéniens, et eux, et leur île furent engloutis par le déluge. Il est bien vraisemblable que cet extrême ravage d'eaux ait fait des changements étranges aux habitations de la terre, comme on tient que la mer a retranché la Sicile d'avec l'Italie, “ On dit que ces terres qui ne formaient qu'un seul continent ont été séparées jadis de force, arrachées par une énorme convulsion. ”
Chypre d'avec la Syrie, l'île de Négrepont de la terre ferme de la Béotie ; et joint ailleurs les terres qui étaient divisées, comblant de limon et de sable les fossés d'entredeux, “ Un marais longtemps stérile et propre aux rames supporte la pesante charrue. ”
Mais il n'y a pas grande apparence que cette île soit ce monde nouveau que nous venons de découvrir ; car elle touchait quasi l'Espagne, et ce serait un effet incroyable d'inondation de l'en avoir reculée, comme elle est, de plus de douze cents lieues ; outre ce que les navigations des modernes ont déjà presque découvert que ce n'est point une île, ainsi terre ferme et continente avec l'Inde orientale d'un côté, et avec les terres qui sont sous les deux pôles d'autre part ; ou, si elle en est séparée, que c'est d'un si petit détroit et intervalle qu'elle ne mérite pas d'être nommée île pour cela.

Alors je n'arrive pas à trouver de bon plan mais j'ai quand meme reflechi et voila ce que ça donne :

I/Comment désigner le Nouveau Monde ?
a)Les désignations de l'extrait
b)Désigner ce nouveau monde avec des éléments à visée morale
c)L'Atlantide, un support de description, désignation

II/Introduire Le Nouveau Monde pour montrer la vanité des sciences.
a)Des références peu scientifiques
b)Mythe et Bible
c)L'humilité des hommes




Alors je ne pense pas que mon plan réponde à la problématique , du moins je n'en n'ai pas l'impression c'est pourquoi j'aimerai solliciter votre aide ! Merci d'avance

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Montaigne, Essais, I, chapitre 31 - J'ai eu longtemps avec moi un homme...

Bonjour,

Je passe mon bac de français dans quelques mois, et j'aurais besoin d'aide pour trouver les grandes partis de ce texte pour l'oral. L'extrait va de "J'ai eu longtemps avec moi un homme qui avait demeuré 10 ou 12 ans en cet autre monde, […], qu'elle ne mérite pas d'être nommée Ile, pour cela."

J'ai l'introduction et l’analyse que j'ai fais en classe, mais je n'arrive pas à trouver deux grandes partis sur les quels je pourrais me baser le jours de l'oral..

Merci beaucoup d'avance à tout ceux qui me répondrons.. 

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Montaigne, Essais, I, chapitre 31 - J'ai eu longtemps avec moi un homme...

Bonjour à tous !

Alors voilà, j'ai un questionnaire sur l'ensemble des cannibales de Montaigne mais il faut dire que notre prof ne nous à pas vraiment épargner.


Je bloque sur quelques questions qui sont les suivantes:

-Quelle est la position de Montaigne sur le sujet des deux grands principes des amérindiens qui sont:
   _"La vaillance des hommes contre les ennemis et l'amour pour leurs femmes" ?
Que veut-il montrer au lecteur ?


-Comment Montaigne rattache t-il chacune des coutumes au caractère et aux croyances des amérindiens ? Quelles qualités associe t-il à la guerre et au cannibalisme tels qu'ils les pratiquent ?

Merci de bien vouloir m'aider!

Attention: Il s'agit du chapitre entier des Cannibales c'est à dire de "Quand le roi Pyrrhus passa en Italie [•••] ils ne portent point de haut-de chausses".

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Montaigne, Essais, I, chapitre 31 - J'ai eu longtemps avec moi un homme...

Bonjour,

La vaillance des hommes contre les ennemis :

" Mais il ne s'en trouve pas un en tout un siecle, qui n'ayme mieux la mort, que de relascher, ny par contenance, ny de parole, un seul point d'une grandeur de courage invincible. Il ne s'en void aucun, qui n'ayme mieux estre tué et mangé, que de requerir seulement de ne l'estre pas."

L'amour pour leurs femmes :

"Les hommes y ont plusieurs femmes, et en ont d'autant plus grand nombre, qu'ils sont en meilleure reputation de vaillance : C'est une beauté remarquable en leurs mariages, que la mesme jalousie que nos femmes ont pour nous empescher de l'amitié et bienvueillance d'autres femmes, les leurs l'ont toute pareille pour la leur acquerir. Estans plus soigneuses de l'honneur de leurs maris, que de toute autre chose, elles cherchent et mettent leur solicitude à avoir le plus de compagnes qu'elles peuvent, d'autant que c'est un tesmoignage de la vertu du mary."
"Outre celuy que je vien de reciter de l'une de leurs chansons guerrieres, j'en ay un'autre amoureuse, qui commence en ce sens : « Couleuvre arreste toy, arreste toy couleuvre, afin que ma soeur tire sur le patron de ta peinture, la façon et l'ouvrage d'un riche cordon, que je puisse donner à m'amie : ainsi soit en tout temps ta beauté et ta disposition preferée à tous les autres serpens. »
Ce premier couplet, c'est le refrein de la chanson. Or j'ay assez de commerce avec la poësie pour juger cecy, que non seulement il n'y a rien de barbarie en cette imagination, mais qu'elle est tout à faict Anacreontique. Leur langage au demeurant, c'est un langage doux, et qui a le son aggreable, retirant aux terminaisons Grecques."

Quelles qualités associe t-il à la guerre et au cannibalisme tels qu'ils les pratiquent ?

"Leur guerre est toute noble et genereuse, et a autant d'excuse et de beauté que cette maladie humaine en peut recevoir : elle n'a autre fondement parmy eux, que la seule jalousie de la vertu. Ils ne sont pas en debat de la conqueste de nouvelles terres : car ils jouyssent encore de cette liberté naturelle, qui les fournit sans travail et sans peine, de toutes choses necessaires, en telle abondance, qu'ils n'ont que faire d'agrandir leurs limites. Ils sont encore en cet heureux point, de ne desirer qu'autant que leurs necessitez naturelles leur ordonnent : tout ce qui est au delà, est superflu pour eux."
"Si leurs voisins passent les montagnes pour les venir assaillir, et qu'ils emportent la victoire sur eux, l'acquest du victorieux, c'est la gloire, et l'avantage d'estre demeuré maistre en valeur et en vertu : car autrement ils n'ont que faire des biens des vaincus, et s'en retournent à leurs pays, où ils n'ont faute d'aucune chose necessaire"

Cannibalisme :

"Cela faict ils le rostissent, et en mangent en commun, et en envoyent des loppins à ceux de leurs amis, qui sont absens. Ce n'est pas comme on pense, pour s'en nourrir, ainsi que faisoient anciennement les Scythes, c'est pour representer une extreme vengeance."
"Je pense qu'il y a plus de barbarie à manger un homme vivant, qu'à le manger mort, à deschirer par tourmens et par gehennes, un corps encore plein de sentiment, le faire rostir par le menu, le faire mordre et meurtrir aux chiens, et aux pourceaux (comme nous l'avons non seulement leu, mais veu de fresche memoire, non entre des ennemis anciens, mais entre des voisins et concitoyens, et qui pis est, sous pretexte de pieté et de religion) que de le rostir et manger apres qu'il est trespassé."

D'une manière générale Montaigne veut montrer que la barbarie est une notion toute relative, que notre appréciation sur la sauvagerie est conditionnée par notre culture. En fait les sauvages ont une innocence naturelle qui fait mieux ressortir l'hypocrisie, la cruauté et les vices des nations chrétiennes. Il est vrai que Montaigne est ébranlé par l'horreur et l'absurdité des guerres de religion qui affectent son pays.

5 (Modifié par Laoshi 25/08/2019 à 11:10)

Montaigne, Essais, I, chapitre 31 - J'ai eu longtemps avec moi un homme...

Vaillance...amour...qualités ...
Horribles sauvages ou pas si horribles et même à certains égards plus raisonnables que les Français qui s’entredéchirent dans les guerres de religion ?
Ce chapitre est passionnant et votre professeur vous fait une faveur en vous le proposant.
....
(Je n’avais pas vu la réponse de Jean-Luc au moment où j’ai envoyé le message)

Montaigne, Essais, I, chapitre 31 - J'ai eu longtemps avec moi un homme...

Merci bien de vos réponse Jean-Luc et Laoshi

Elles m'ont bien aidé