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En quoi la figure de la monstruosité permet-elle à l'homme de se questionner sur son humanité ?

Bonjour,

La monstruosité me semble poser la question des limites.
Quand est-ce que l'homme n'est plus un homme ?
D'abord j'examinerais ce qu'est la monstruosité : physique, morale, quels liens entre elles ?
La monstruosité débouche inéluctablement sur la différence et sur notre capacité à l'admettre.
Elle arrive très vite à rejeter le monstre du côté de l'animal, pense à tous les monstres comme le lycanthrope, le minotaure, les centaures... En tout cas l'imaginaire a du mal à dresser des frontières nettes entre les deux ordres...
La monstruosité renvoie aux domaines infernaux, elle peut être considérée comme un châtiment : les vampires, le traitement réservé aux lépreux...
La monstruosité a donc des conséquences psychologiques, je pense au film elephant man, sociales, morales, religieuses. Le monstre est-il une victime ou un bourreau ?
A chaque fois, il conduit à nous demander ce qui constitue essentiellement un homme. Apparences (mongolisme), liens entre l'intérieur et l'extérieur, besoin de liens sociaux, relation avec les origines et le sacré, droits inaliénables attachés à la nature humaine traitement des malades et des fous), protection des plus faibles...

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En quoi la figure de la monstruosité permet-elle à l'homme de se questionner sur son humanité ?

Tu pourrais peut-être aller chercher du côté des monstres de science-fiction ou du fantastique, qui sont souvent des figures quasi-humaines, qui permettent justement d'essayer de comprendre ce qui fait la différence entre l'humain et le non-humain - ou les non-humains. Surtout quand la limite entre les deux est 'menacée'.

Par exemple, si l'humain se définit par opposition à la nature/à l'animal - le monstre sera ce qui est entre les deux. Dans L'île du docteur Moreau (1896) de H. G. Wells, où un savant pratique la vivisection sur des animaux pour les transformer en humains, l'horreur vient justement de ce que la limite entre humain et animal est brouillée - horreur d'autant plus grande que quelques décennies plus tôt les théories de l'évolution ont remis en cause cette limite.

Plus récemment aussi, des changements scientifiques et technologiques nous poussent à réfléchir à ce qu'est l'humain, et la science-fiction permet au moins de poser ces questions sinon d'y trouver des réponses. Se demander si un clone est un monstre, par exemple, ça peut être se demander s'il est nécessaire d'être individuel et unique pour être humain. Est-ce que l'humain est uniquement une affaire de conscience ou de corps ? (cf robots/intelligences artificielles et autres cyborgs, c'est à dire des consciences plus ou moins humaines sans corps humain et, à l'inverse, mettons, les zombies, corps humain mais sans conscience) Le monstrueux en littérature peut être une façon de s'interroger indirectement sur des problèmes philosophiques (qui ont eux-même des résonances concrètes dans notre vie : par exemple, nous sommes aujourd'hui capables de maintenir en vie des corps qui n'ont plus de conscience - sont-ils encore humains ?)