La consonne de liaison [g]

Bonsoir. J'ai remarqué que beaucoup de personnes ne faisaient pas la liaison avec la consonne [g] quand elle est suivie d'une voyelle. Exemples :

Un long article.
Un long hiver.

En toute rigueur, le g doit se prononcer [k] comme dans Bourg-en-Bresse. Mais on nous dit que cette prononciation est vieillie.

Qu'en dites-vous ?

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La consonne de liaison [g]

Hier encore, en lisant un poème d'Aragon, je me suis surpris à faire cette liaison pourtant fort désuète (J'ai bu le long amour […]).
Voici ce que j'ai trouvé (même si cela ne concerne que le Québec) :

La lettre g peut se prononcer [k] (k), comme la lettre k; plusieurs ouvrages recommandent cette prononciation, mais elle est très rare aujourd'hui au Québec. On la réservera donc au style très soigné. Dans le style courant, on prononcera [g] (gu) comme dans le mot langue en contexte de liaison.

Il est important, d'après moi, de garder ce [k], qui explique beaucoup de choses, notamment pourquoi les dramaturges du XVIIe faisaient rimer bouc et joug (à l'œil... vu la correspondance phonique du "c" et du "g", qu'il serait bien dommage de perdre).
Enfin, ce n'est que mon avis.

La consonne de liaison [g]

Oui, cela semble vieilli. De telles liaisons après long ne sauraient plus guère se faire qu'en déclamant des vers...

Commentaire de la grammaire Riegel :

On observe traditionnellement une liaison tout à fait unique en son genre dans l'hymne national: Qu'un sang-k-impur...

Commentaire de Wikipedia :

(prononciation vieillie, sortant d'usage sauf dans quelques locutions figées)

Mis à part cette rime bouc / joug, qui correspond à une prononciation désuète, je ne trouve pas que la conservation de cette liaison en [k] expliquerait beaucoup d'autres choses...

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La consonne de liaison [g]

On observe traditionnellement une liaison tout à fait unique en son genre dans l'hymne national: Qu'un sang-k-impur...

Cette liaison n'est-elle pas fautive ? Autrement, n'importe quel substantif suivi d'un adjectif pourrait être sujet à une liaison... Un enfant-t-accroupi, un pied-t-entorsé, un roman-n-inachevé, voire pire encore ! Un moyen-n-indirect... avec dénasalisation du phonème [ɛ̃] !
Pour en revenir au [k], c'est une part de l'identité de la langue française qui s'envole...
Bientôt, [œ̃] et [ɛ̃] seront confondus pour toujours. À qui le tour ensuite ? [a] et [ɑ] ? [œ] et [ø] ? [ɔ] et [o] ? [e] et [ɛ] ?
Au lieu de supprimer l'accent circonflexe, je propose de restaurer le phonème [ɛ:] (aî, eî et ê) !

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La consonne de liaison [g]

Mithridate a écrit :

On observe traditionnellement une liaison tout à fait unique en son genre dans l'hymne national: Qu'un sang-k-impur...

Cette liaison n'est-elle pas fautive ?

Elle était en tout cas absolument traditionnelle et mes parents qui avaient appris la Marseillaise à l'école la faisaient. Elle est cependant vieillie, là aussi, et j'ai constaté à l'occasion d'une cérémonie que je devais faire répéter il y a quelques années que les chefs de chœur de l'Armée française ne l'enseignaient plus ; il faudra que j'écoute plus attentivement au prochain 14 juillet.
En revanche, j'ai entendu plusieurs fois dans Racine dans des représentations classiques des liaisons de ce type faites avec sang.

6 (Modifié par Jehan 02/01/2019 à 15:40)

La consonne de liaison [g]

Mithridate a écrit :

Pour en revenir au [k], c'est une part de l'identité de la langue française qui s'envole...

N'exagérons rien... Ce n'est pas parce qu'on ne fait plus certaines liaisons en [k] que l'identité de la langue est menacée. En quoi ces rares liaisons disparues seraient-elles à la source d'une confusion de phonèmes analogue à celles que tu cites ?
Par ailleurs, en ce qui concerne l'ouverture des voyelles, il y a bien des nuances régionales qui perdurent, et qui n'entravent nullement la compréhension.

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La consonne de liaison [g]

Jehan a écrit :
Mithridate a écrit :

Pour en revenir au [k], c'est une part de l'identité de la langue française qui s'envole...

N'exagérons rien... Ce n'est pas parce qu'on ne fait plus certaines liaisons en [k] que l'identité de la langue est menacée. En quoi ces rares liaisons disparues seraient-elles à la source d'une confusion de phonèmes analogue à celles que tu cites ?

Si nous commençons à ne plus faire certaines liaisons, nous en omettrons de plus en plus, et il arrivera inexorablement un jour où plus aucune ne se fera... du moins, aucune de celles qui se font actuellement !

La consonne de liaison [g]

Donc, dans mes deux exemples, on prononcera aujourd'hui longarticle et longiver (pas comme dans givré ), en évitant le son [k]. Une petite curiosité : est-ce la prononciation pour laquelle vous optez au quotidien ?

La consonne de liaison [g]

Mithridate a écrit :

Si nous commençons à ne plus faire certaines liaisons, nous en omettrons de plus en plus, et il arrivera inexorablement un jour où plus aucune ne se fera... du moins, aucune de celles qui se font actuellement !

La liaison du g ne concerne guère que l'adjectif long avant un nom commençant par une voyelle ou un h muet... Son éventuelle omission ne saurait mettre en péril tout l'édifice. Ton "inexorable" me semble un tantinet outré. Il y a tellement d'autres liaisons qui se font toujours, et avec des consonnes de liaison bien plus fréquentes que le g !

Au fait, en 1692, le bon usage consistait, par exemple  à prononcer Sain(t) Esprit sans liaison, de même que "qui ête(s) au cieux". Comme quoi les liaisons, ça s'en va et ça revient...

Pour Collins : spontanément, je prononce un lon article... sans liaison.
Et sans avoir le sentiment de massacrer la langue pour autant.

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La consonne de liaison [g]

Jehan a écrit :

La liaison du g ne concerne guère que l'adjectif long avant un nom commençant par une voyelle ou un h muet...

+ les dérivés, oblong et barlong (encore utilisé en architecture).