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Joutes poétiques

J'ai choisi la forme rigoureuse et rassurante à la fois du sonnet. Je ne suis pas une grande technicienne, ne comptez pas sur moi pour les diérèses et autres synérèses. J'ai fait au mieux. Ne riez pas ! 

Je rappelle qu'on ne ne dit rien avant le 13 décembre.   
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Elémentaux

Cybèle née du Ciel eut pour amant Saturne
Enfanta Jupiter et son frère Neptune
Rêva de fille encor' et l'appela Junon
Exigea le dernier et son nom fut Pluton

Pluton gagna l'Enfer un antre souterrain
[ou : Pluton gagna son antre un Enfer souterrain ?]
Junon se distingua elle épousa son frère
Bel homme avec l'éclair au tranchant de la main
Neptune et ses coursiers sur la mer chevauchèrent

Pierre noire Cybèl' pierre philosophale
Creuset divin de l'Air et souffle d'Ouranos
Rouge le Feu de vie qui toujours sera mâle

Terre ardente en attente et languissant Eros
De la fureur des Eaux ô vague triomphale
Pierre noire Cybèl' vaincras-tu Thanatos ?
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Joutes poétiques

J'ai choisi un sujet plus léger - Aphrodite et les jeux de l'amour. Ce sonnet demandera quelque effort afin de déterminer la seconde et véritable nature des illustrations, sachant que je m'abandonnasse (peu ou prou) aux feux de mes concupiscences naturelles de légitime époux. La mythologie pure ne m'évoque malheureusement pas grand chose - je lui préfère quelque rapprochement amoureux. Je parsème alors mon texte de références multiples que vous aurez soin de découvrir par vous-même. J'imagine déjà le prochain débat. Merci à tous pour votre bonté ++

Aphrodite

Ton ventre est un bassin en lequel mon esprit
Cueille la nymphéa et l’orchidée sauvage
– Tant il est radieux cet exotique rivage,
Mon être au vent oscille tels les joncs fleuris.

Sur des coteaux si proches, je me suis épris
Du raisin rubicond d’un couronné cépage
– Chaque perle vineuse ajoute à mon ouvrage
Un peu d’aplomb et encore la fantaisie.

Fol j’ai poursuivi cette étonnante odyssée,
Voguant au-delà des fleuves Styx et Léthé.

J’ai convoyé serein jusqu’au bord de l’abîme
Fixant l’horizon céruléen dans tes yeux.
Ayant convenu que cet instant fût sublime,
J’ai fait un dernier pas en l’Éther merveilleux.

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Joutes poétiques

Puisque je suis assez occupé la semaine prochaine, je préfère poster mon poème maintenant. C'est une longue pièce, que j'ai beaucoup relu, mais il se peut qu'il y ait encore quelques licences.

Dido

Misera Regina

Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

Pourtant tu triomphas de la vile Tyché,
Cette harpie aigrie, dévoreuse d'espoir,
Et qui lassée de voir dans tes mains le pouvoir,
Te chassa loin de Tyr en tuant ton Sychée.

Infortunée tu fus, mais cessa ton malheur
Lorsque Chypre donna à tes hommes des femmes,
Indispensable appui pour défier les flammes
Du roi Pygmalion, régnant par la terreur.

Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

Les dunes de l'Afrique accueillirent ta suite
Et Minerve t'aida à ruser d'Iarbas
Qui en t'offrant sa peau croyait faire un coup bas.
Carthage en un instant par ton peuple construite

Illumina l'éther de ses brillantes tours,
Et fit trembler la Parque aux gestes implacables.
La Renommée chanta ta ville née des sables,
Et tu repris ta gloire ainsi que tes atours.

Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

Ton empire a grandi, et ton nom est connu
De toutes les contrées que l'Hélios arrose
De ses rayons dorés ; ô éclatante rose,
Fleur de la Phénicie, au corps lisse et charnu !

De Grèce et de l'Atlas, rois illustres et princes
Viennent pour t'honorer et demander ton cœur.
Fidèle au Tyrien, tu glisses la rancœur
Dans ces prétentieux aux bras puissants et minces.

Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
Qui plongea dans tes enfants dans le chagrin amer ?

Ton serment fut brisé quand la mort d'Ilion
Envoya dans ta baie la terrible vengeance
Du Destin sous les traits de la noble prestance.
L'enfant de Vénus vint ; alors la passion

Du petit Cupidon te fit perdre la tête,
Et ton tendre mari de choir dans les tréfonds
De ton ancienne vie. Ravivée par les fonts
Du mystère amoureux, tu pris goût à la fête,

Aux parfums, aux bijoux, à la séduction ;
Mais l'âme de Sychée revint hanter ton âme.
Tu fus écartelée par ton désir infâme
Et ta fidélité, mais la Tentation

Triompha de tes vœux : tu t'emparas d'Énée,
Telle lionne folle, et tu fondis en lui.
"Vivre, je le peux bien tant qu'il est mon appui",
Dit-elle sans savoir son destin de damnée.

Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

Tu sais qu'il doit partir, mais tu n'y peux survivre
Les génisses en nombre égorgées pour Junon,
Et les libations pour l'astre d'Apollon
Ne peuvent exaucer le vœu dont tu t'enivres.

Mercure va porter ses ordres au Troyen,
Et Mors s'en vient quérir le souffle de la reine.
La haine fait bouillir et palpiter sa veine,
Elle s'écroule en pleurs sur le Dardanien.

Mais il n'a pas le choix : il doit engendrer Rome.
Par des mots rassurants, il la veut consoler ;
Mais Elissa s'enfuit, préfère s'isoler,
Abandonnant sa vie qu'elle offrit à cet homme.

Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

Accablée de chagrin, fuyant l'astre solaire,
Elle sent l'agonie s'immiscer dans ses chairs
Tel un serpent glacé, et les parfums des airs
La blessent. Elle veut retourner à sa Mère.

"Vengeance" hurle-t-elle, insensée, écumant.
Elle veut enflammer toutes les nefs troyennes,
Et retrouver ses joies, quiétudes anciennes ;
Hélas ! Elle ne voit fuir au loin son amant.

Neptune porte Énée vers sa vraie destinée.
Emporté par l'Auster, la flotte fend les eaux
De la mer azurée, et les lointains créneaux
De la nouvelle Tyr tombent dans la nuée.

Infortuné héros ! Tu n'imagines pas
Que ta chère Elissa, dévorée par les larmes,
Rassemble en un bûcher tes habits et tes armes,
Pensant secrètement à son futur trépas.

Car Anna Perenna, la cause des tortures
De sa sœur bien-aimée, prépare sans savoir
Son propre désespoir. Elle habille de noir
L'Etat Carthaginois pour ses douleurs futures.

Les portes du palais s'ouvrent violemment :
Voici venir Didon ; mais est-ce vraiment elle ?
Les yeux tournent, sanglants, et son faciès frêle
S'agite, traversé d'effrayants tremblements.

Elle rampe au sommet du haut bûcher funeste,
Et se jette en pleurant sur les habits aimés,
De souvenirs heureux teintés et parsemés ;
Son souci est chassé par la Mort au bras leste.

Pour la dernière fois, elle pose les yeux
Sur l'illustre cité, son enfant glorieux,
Et dans une oraison elle supplie les cieux
De venger son affront, son sort injurieux.

Tout d'un coup elle choit  sur l'épée du perfide,
Et du sillon jaillit son esprit libéré.
Une marée de sang du sein désespéré
Coule et clame partout le royal suicide.

Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

Meurtrie tu vis pourtant, car aux Parques savantes
Tu as pris ton destin, gagné ton propre fil.
Des larmes d'agonie perlent à tes sourcils.
Iris fend l'empyrée, par ta voix suppliante

Émue au plus haut point, et d'un coup de la main
Elle tranche ton souffle, arrête la souffrance.
Létus t'a emportée : voici ta délivrance.
Tu cours trouver Sychée, dès lors esprit serein.

Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

Ils sont tous éplorés, et de l'Atlas au Pont
Les nations de geindre et de pleurer la Reine.
Apollon en personne, assombri par la peine,
Refuse de guider dans l'Uranus sans fond

Le char ardent du jour. Tellus porte le deuil
De son enfant chérie, et Carthage blessée
Réclame l'assassin d'Elissa trépassée.
Hélas ! Chère Didon, assise sur le seuil

Des enfers tu connais le tragique futur
Qu'attend ta nation : mais cela ne t'importe :
Dans les bras de Sychée, tu es heureuse morte.
Tu entrevois le Temps filer à toute allure.

Ô reine abandonnée, de quel amour blessée
Tu mourus sur le bord où tu fus délaissée !

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Joutes poétiques

Remarque importante :

Il a été décidé que la date-butoir était le 12 décembre au soir (et non le 13) à minuit.

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Joutes poétiques

Empyrès

Prenez donc pour témoins ces quelques millénaires
Qui n’ont rien effacé de la grandeur d’Arès,
Lorsque tremblaient de peur tous les légionnaires
À l’entente d’un nom que fuit toujours Cérès.

Voici la nécropole où gisent les victimes
D’un fer rouge et divin qui n’a rien épargné ;
Arès leur assénait les coups de grâce ultimes,
Et ils étaient tous morts avant d’avoir saigné.

L’Empyrée le respecte, et les mortels l’adorent.
Si forte est son aura que tous la subodorent !
Celui dont l’épée seule écrasait tout raffut,
On n’oubliera jamais la personne qu’il fut !

Joutes poétiques

Le mien n'est pas vraiment de la poésie, sans doute.
En tout cas, ce sont des décasyllabes, c'est toujours ça !
Comme La Chasse aux papillons... 


NUIT BLANCHE

Depuis bien longtemps, mon cher, vous omîtes
De naphtaliner votre vieux placard.
Alors là-dedans pullulent les mythes...
Pour mes insomnies, c'est pas rêvé, car

Les luttes y sont très gréco-romaines:
Crimes passionnels, combats de Titans...
Métamorphosés, des énergumènes
Y font un raffut des plus embêtants !

Mais soudain, je songe au pauvre Pégase
Qui, c'est bien certain, manque d'air au fond
Du tiroir. Alors, je saisis l'occase
De me prendre un peu pour Bellérophon.

Et je le libère afin qu'il m'inspire,
Faisant de mon mieux pour mirlitonner.
Là... Plus que deux vers. Ça y est, je respire.
Allez, au dodo... Ouf, c'est terminé ! 

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Joutes poétiques

Les "inscriptions" sont closes, vous pouvez commenter.

Joutes poétiques

Je commence par féliciter chacun pour le bon travail. Dans l'ensemble, il y eut de bonnes surprises quant à l'exercice entendu, mais (pardon) les différentes compositions ne me semblent pas du tout abouties - sans doute par trop de précipitation. Bien sûr, je ne fais pas exception de mon propre sonnet. Je n'ai pas achevé la plus longue des pièces, car elle m'a profondément ennuyé dès la seconde moitié. Les jeux de l'esprit, notamment la première (Elémentaux) et la dernière composition (nuit blanche) m'ont franchement ravi - même s'il me semble étrange d'introduire dans le sujet l'humour.
En fait, pourquoi pas...
Attention ! Je suis convaincu du caractère artistique de chacun, et ne conteste en aucune façon votre aptitude à versifier quelque thème exotique, mais je doute du fait selon lequel la précipitation puisse ajouter un quelconque intérêt. Selon moi, elle ruina notre prime élan. Comprenez-vous ma critique ?
Peut-être que le sujet n'était pas adapté afin que nous puissions introduire ce nouvel exercice avec facilité. En fait, je ne sais pas trop, et j'attends avec impatience vos prochains commentaires afin de clarifier le doute qui me surine - mais que s'est-il donc passé ?
Ne m'en veuillez pas. Je vous apprécie. Essayons encore une fois 

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Joutes poétiques

Bonjour Fiodor,

En ce qui me concerne, nulle précipitation. Si je fais un truc (poésie, dissert, commentaire), je le travaille à fond sans m'arrêter (je peux travailler 18 heures à la suite sans problème). Ensuite, ça devient du hors-sujet (dans ma tête). Quand le point final est mis, il est mis.
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Premières impressions :

NUIT BLANCHE => très rigolo, quel humour ! C'est vrai qu'a priori, l'Antiquité gréco-romaine n'est pas susceptible d'engendrer le rire.

EMPYRES => Très martien. Je n'aime pas le terme "raffut" (trop familier)

DIDO => Anikètos, tu as l'habitude de versifier et tu connais bienn l'histoire de l'Antiquité, cela s'entend et se voit. J'aime beaucoup le refrain. Le dernier est trop racinien peut-être : "Ariane, ma soeur...".

APHRODITE => Je n'aime pas "céruléen". Autrement, le texte m'évoque un Baudelaire gai luron et joyeux fantassin de l'amour !

ELEMENTAUX => Du narratif, puis du symbolique. J'ai essayé de concentrer au maximum ma pensée.

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A vous !

Joutes poétiques

Est-ce que je peux commenter même si je n'ai pas proposé de poème ?