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Joutes poétiques

   Dimanche matin, j'entends des sansonnets dans le jardin... encore en train de se chamailler... bah ! je suis encore dans mon pyjama pattes d'eph' je vais me recoucher... je mets le réveil à midi net, suis sûr qu'ils seront encore là, leur donnerais quelques vers, seront bien contents... ron rrrr rrr !   

1 202 (Modifié par sat840 13/09/2018 à 15:27)

Joutes poétiques

Il me semble que la joute précédente est terminée, sinon vous voudrez bien m'excuser de proposer un nouveau sujet:

Thème: Géologie
Versification: libre ou classique

Voilà mon essai sur ce sujet ingrat où il faut tenter de rendre poétique des termes scientifiques. Un maar est un terme germanique désignant un ancien cratère occupé par un lac. Je précise qu'il s'agit d'alexandrins non rimés, toutes les syllabes sont en synérèse.


LE VIEUX MAAR

Sous l’horizon radieux, l'on voit une colline
Près d’un étang serein, vieux maar endormi.
La Nature épanouie, de son manteau recouvre
La scofuleuse ponce, et la rugueuse cheire.
Tout paraît si tranquille, en ce doux paysage.

Ici pourtant jadis, gronda l’apocalypse.
Dans un fracas terrible, épouvantable, inouï
D’un coup l’instable sol, trembla, se fissura
Puis l’énorme explosion, pulvérisa le roc.
Parut alors un cône, au sein des fumerolles.
Dans le béant cratère, un torrent se perdit.
Voici que naît un lac, aux rives sinueuses.
Puis le silence tombe — Les millions d'années passent.
Durant les calmes jours, des années triasiques
Les fines diatomées, construisent leurs frustules.
Dans le fond lentement, les varves s’accumulent...

C’est ainsi que le Temps, accomplit sa grande œuvre.

1 203 (Modifié par Jehan 13/09/2018 à 18:15)

Joutes poétiques

Bonjour.

Merci de cette initiative.
Mais tu as omis de préciser le  dernier délai pour poster ses poèmes.
Petit détail : pourquoi avoir mis systématiquement une virgule à l'hémistiche ?
Cela donne parfois des phrases mal ponctuées...
J'ai pu voir sur ton site que c'était quasi systématique dans tes alexandrins.
www.claude-fernandez.com
Mais bon, ce n'est qu'un détail.

1 204 (Modifié par sat840 13/09/2018 à 19:58)

Joutes poétiques

Le délai est-il vraiment nécessaire? Si quelqu'un veut en fixer un, pourquoi pas. Concernant la virgule, je l'utilise ici pour indiquer les césures. En fait, le signe consacré || serait plus adéquat, mais il passerait difficilement à la lecture. Je me suis aperçu que l'absence d'indication de la césure entraînait systématiquement des erreurs de la part des déclamateurs, notamment lorsqu'il existe par ailleurs une virgule ne correspondant pas à l'hémistiche, par exemple dans ce vers de Boileau:

J’aime mieux un ruisseau qui, sur la molle arène...

En tant qu'auteur, je préfère que mes vers ne soient pas transformés en vers boiteux. Cela dit, c'est vrai que je réalise une utilisation détournée de la virgule qui est critiquable. À ma décharge, les poètes se permettent de nombreuses licences, notamment au 20e siècle avec la suppression des points (Apollinaire), ce qui me paraît bien plus problématique. Merci pour cette intervention.

1 205 (Modifié par Jehan 13/09/2018 à 22:39)

Joutes poétiques

Depuis le début de ces "joutes poétiques", le délai est toujours fourni par celui qui propose le thème... Sans délai fixé, une joute sur un thème donné risque de s'éterniser.
Pour ce qui est de la césure de l'alexandrin que tu marques par une virgule, elle n'est pas forcément située à l'hémistiche.
L'hémistiche peut très bien ne pas correspondre à une pause nécessaire dans la diction.
Et pourquoi omets-tu parfois des virgules là où elles sont nécessaires tant du point de vue de la diction que de la syntaxe ?
Par exemple, il manque une virgule entre Dans le fond et lentement.
Beaucoup de poètes modernes (par exemple Apollinaire, que tu cites) suppriment non seulement les points, mais toute ponctuation. Ce n'est pas si problématique de laisser un peu de liberté aux déclamateurs potentiels...

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Joutes poétiques

Fixons donc une limite temporelle à cette joute: le 30 septembre à 23:59 pour être précis. J'espère que ce thème un peu ardu occasionnera néanmoins quelques essais poétiques.

Un peu compliqué le principe déterminant la place de la césure dans ma poésie. Pour simplifier, je dirais que je distingue 2 types de vers:

-le vers legato (lié) ou balancé. La césure correspond à une liaison grammaticale forte (notamment entre une subordonnée et sa principale). La césure doit se trouver obligatoirement à l'hémistiche. Par exemple:

Rien sur l’infime ligne, où sol et nues se mêlent.

-le vers staccato (brisé) qui correspond généralement à des appositions, énumérations. Aucune césure à l'hémistiche n'est obligatoire. Exemple:

Des joyaux vifs, des rubis, des grenats, diamants

Pour ce qui est du vers:

Dans le fond lentement, les varves s’accumulent...

C'est un vers lié. Il me paraît préférable que l'arrêt temporel à la césure domine, ce qui met en valeur l'effet de balancement, mais pourquoi pas une césure secondaire avant lentement.

Pour plus de précisions sur la prosodie, voir mon article:

http://www.claude-fernandez.com/ecriture_euphonique.htm

1 207 (Modifié par Jehan 14/09/2018 à 12:11)

Joutes poétiques

Merci d'avoir précisé le délai...
Normalement, les commentaires éventuels sur les poèmes ne se font qu'une fois le délai expiré. Excuse-moi d'avoir fait une petite exception en commentant déjà ta prosodie...

Voici ma petite contribution, sorte de fable express en vers libres.

J'ai au logis
Des couches avec des plis
Parsemés des faux cils
Des créatures de passage
De temps en temps j'ouvre la fenêtre
Pour changer un peu d'ère

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Joutes poétiques

sat840, ne confondriez-vous pas coupe, césure et pause au moins dans la façon dont vous les présentez ?

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Joutes poétiques

(Juste pour participer ... )

Pierre qui roule ...

Forage dans la mémoire
Strates du souvenir
Crétacé un dessin pour  la vie
Silex flamme du cœur
Buste de marbre et sablier d' éternité
Des éclats de mica éclaireront les nuits
Et la poignée de sel comme un feu d'artifice
Mais caché dans la grotte
Je n'ai rien vu venir

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Joutes poétiques

La distinction de ces notions me paraît vraiment très délicate et trop variable historiquement pour permettre une définition claire. J'ai choisi le terme générique de césure, mais j'aurai pu en choisir un autre. J'aurais plutôt tendance à employer le terme de césure pour tout arrêt temporel en poésie et le terme de coupe pour les arrêts temporels en prose.