Formation des mots - Dérivation et composition

Bonjour,
Encore issu des cahiers de mes enfants... Les mots composés seraient aujourd’hui ceux formés avec un trait d’union ou de deux mots français accolés (porte-clé, portefeuille). Les autres seraient dérivés à l’aide d’un préfixe ou d’un suffixe. J’ai même lu l’expression « dérivé par devant, dérivé par derrière » à laquelle je ne peux m’empêcher de trouver une tournure freudienne.
Je ne comprend pas que l’on puisse remonter le courant en dérivant. Pour moi un préfixe est un mot et donc en ajoutant un préfixe, on compose. (téléphone est composé).
Qui pourra lever mes doutes à ce sujet ?
Merci
Dominique

Formation des mots - Dérivation et composition

dérivé par-devant, dérivé par-derrière est en effet amusant
Si, les mots auxquels on ajoute préfixe ou suffixe sont des dérivés ; du moins l'ai-je appris ainsi au bon vieux temps où l'on sacvait encore enseigner la grammaire. Les préfixes ne sont pas des mots à part entière ; télé l'est devenu par l'abrévation "télé" pour télévision, mais télé signifie "loin" et est donc générique pour tous les mots auxquels on peut l'ajouter

Formation des mots - Dérivation et composition

Pardon,
Je n'entendais pas "télévision" dans "télé", mais bien "loin". Et je vois dans "télévision" une composition entre télé et vision ou dans téléphone une composition entre télé (loin) et phone (entendre).
Sinon, je suis incapable de dire si j'ai une dérivation de Phone par l'ajout d'un préfixe ou de télé par l'ajout d'un suffixe (qui n'en est pas un, mais un ancien mot). En revanche, à partir d'un mot composé, je comprend la dérivation par ajout de suffixe : téléphoner, téléphoniste...
merci
Dominique.

Formation des mots - Dérivation et composition

Oui Domi j'avais bien compris pour "télé" 
Il faut faire une différence entre les suffixes ou préfixes, qui n'ont pas de sens propre ; et les mots "à part entière" qu'on trouve justement dans portefeuille, garde-boue, parefeu etc. Il y a là "composition" d'un verbe et d'un substantif. Alors que les préfixes "para" "télé" et tant d'autres n'ont pas de sens en français (même si ce sont des mots souvent issus du grec ils ont perdu leur sens en tant que mot tout seul) C'est pourquoi on parle pour eux de dérivation. Et encore, avec télé ou para (contre) on a de vrais mots, mais combien sont bien plus insignifiants, tels : com, con, in, dé, a, pré, ment, ial, té. Là vous n'auriez pas idée de penser que vous avez "composé" avec deux mots ?

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Formation des mots - Dérivation et composition

Bonjour,

Je viens d'ajouter une page dans l'annuaire qui pourrait vous intéresser.

Ici : http://www.eila.univ-paris-diderot.fr/_ … beciri.pdf (pdf)

Bonne journée !

Cyril

Formation des mots - Dérivation et composition

Bonsoir !

Les réponses données sont exactes, mais, afin de récapituler la question, je vous en donne un exposé sommaire.

DERIVATION. COMPOSITION

DÉRIVATION
C’est le cas lorsque l’unité nouvelle comporte un élément pouvant être employé isolément. D’autres disent : lorsqu’elle comporte au moins un élément ne pouvant pas être employé isolément.
Exemples : REfaire <- faire ; présidentIEL <- président.
Re- et –iel sont des AFFIXES.

1 PRÉFIXE : lorsque l’affixe apparaît à gauche.
Exemple : REfaire.
Le préfixe ne modifie pas la classe grammaticale.
Exemple : faire (verbe) → refaire (verbe).

2 SUFFIXE : lorsque l’affixe apparaît à droite.
Exemple : présidentIEL.
Le suffixe modifie la classe grammaticale.
Exemple : président (nom) → présidentiel (adjectif).
Quelques rares exceptions : jeunet (adjectif, comme jeune), moinillon (nom, comme moine).

COMPOSITION
C’est le cas lorsque l’unité nouvelle comporte plusieurs éléments pouvant être employés isolément.
Exemples : porte-avion(s) (nom composé), pomme de terre (locution nominale), prendre peur (locution verbale).
Toutefois :
1 Contrefaire répond à la définition ; néanmoins, on le rattache plutôt à la dérivation par préfixation, par analogie avec refaire.
2 Les mots agglutinés (portefeuille) ne sont pas concernés, du moins selon certains.

Toutefois :
Un mot comme odontologie ne répond ni à la définition de dérivation, ni à celle de composition :
- odonto- peut se trouver à droite dans mastodonte ;
- aucun des deux éléments (odonto- et –logie) ne peut être employé seul.
C’est pourquoi, dans les livres spécialisés, ils sont classés non dans la liste des préfixes et des suffixes, mais dans une rubrique : ÉLÉMENTS grecs (idem pour les latins) entrant dans la construction des mots français. Ils ne sont donc pas considérés comme des affixes et ne se rattachent pas à la composition. C’est aussi le cas pour odontalgie (bien que algie puisse être employé seul).
Certains auteurs parlent d’interfixes et d’interfixation.

DEUX OBSERVATIONS
A) On parle de dérivation impropre lorsqu’une unité peut changer de classe grammaticale, sans marque de suffixation.
Exemples de transfert (en nous limitant à la classe du nom) :
1 d’un nom propre : la poubelle, la bougie ;
2 d’un adjectif : la capitale, une circulaire ;
3 d’un pronom : le moi, le ça ;
4 d’un verbe : le boire, le manger, un consultant, un accusé ;
5 d’un adverbe : le bien, le mal ;
6 d’une préposition : le pour, le contre ;
7 d’une conjonction : des mais, des si ;
8 d’une interjection : un allô timide.

B) On ne confondra pas avec les FLEXIONS : les formes qui manifestent les catégories de la classe.
Exemples :
1- Les formes qui marquent le genre (masculin / féminin) et le nombre (singulier / pluriel) des noms, des adjectifs, des déterminants et des pronoms.
2- Les formes qui marquent le mode, le temps, la personne et le nombre des verbes ; on parle encore parfois de DÉSINENCES VERBALES (flexions du verbe). Elles constituent la conjugaison.
Remarque
Dans les langues qui comporte des « cas » (notamment, le grec, le latin, l’allemand), les flexions sont appelées « déclinaison ».