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Apollinaire, La petite auto

Bonjour,

en français, je dois étudier un corpus de poèmes modernes dont "La petite auto". Et je me suis posé une question, dans ce poème on peut observer de nombreux blancs/vides. Par exemple, il laisse "Nouvelle" seul entre "deux vers vides" mais quel effet veut-il ici produire? Parce que d'une certaine manière, c'est une mise en valeur.
J'aurais aussi une seconde question: en quoi consiste la poésie moderne? J'entends par là quels sont ses caractéristiques. Je trouve aussi étrange que "la bicyclette" de Réda ( qui est aussi un poème moderne) soit si régulier. Pourquoi?

Je mets les deux poèmes ci-dessous: "Le petite auto" G. Apollinaire



   

"Je n’oublierai jamais ce voyage nocturne où nul de nous ne dit un mot
    O départ sombre où mouraient nos 3 phares
    O nuit tendre d’avant la guerre
    O villages où se hâtaient les
    MARECHAUX-FERRANTS RAPPELES
    ENTRE MINUIT ET UNE HEURE DU MATIN
    Vers LISIEUX la très bleue
    Ou bien
    Versailles d’or
    Et 3 fois nous nous arrêtâmes pour changer un pneu qui avait éclaté

    Le 31 du mois d’Août 1914
    je partis de Deauville un peu avant minuit
    Dans la petite auto de Rouveyre

    Avec son chauffeur nous étions trois

    Nous dîmes adieu à toute une époque
    Des Géants furieux se dressaient sur l’Europe
    Les aigles quittaient leur aire attendant le soleil
    Les poissons voraces montaient des abîmes
    Les peuples accouraient pour se connaître à fond
    Les morts tremblaient de peur dans leurs sombres demeures

    Les chiens aboyaient vers là-bas où étaient les frontières
    Je m’en allais portant en moi toutes ces armées qui se battaient
    Je les sentaient monter en moi et s’étaler les contrées où elles
    serpentaient
    Avec les forêts les villages heureux de la Belgique
    Francorchamps avec l’Eau Rouge et les pouhons
    Région par où se font toujours les invasions
    Artères ferroviaires où ceux qui s’en allaient mourir saluaient encore
    une foie la vie colorée
    Océans profonds où remuaient les monstres
    Dans les vieilles carcasses naufragées

    Hauteurs inimaginables où l’homme combat
    Plus haut que l’aigle ne plane
    L’homme y combat contre l’homme
    Et descend tout à coup comme une étoile filante
    Je sentais en moi des êtres neufs pleins de dextérité
    Bâtir et aussi agencer un univers nouveau
    Un marchant d’une opulence inouïe et d’une taille prodigieuse
    Disposait un étalage extraordinaire
    Et des bergers gigantesques menaient
    De grands troupeaux muets qui broutaient les paroles
    Et contre lesquels aboyaient tous les chiens sur la route

    Et quand après avoir passé l’après-midi
    Par Fontainebleau
    Nous arrivâmes à Paris
    Au moment où l’on affichait la mobilisation
    Nous comprîmes mon camarade et moi
    Que la petite auto nous avait conduits dans une époque

    Nouvelle

    Et bien qu’étant déjà tous deux des hommes mûrs
    Nous venions cependant de naître"

Enfin "la Bicyclette" de Réda :

Passant dans la rue un dimanche à six heures, soudain,
Au bout d’un corridor fermé de vitres en losange,
On voit un torrent de soleil qui roule entre des branches
Et se pulvérise à travers les feuilles d’un jardin,
Avec des éclats palpitants au milieu du pavage
Et des gouttes d’or — en suspens aux rayons d’un vélo.
C’est un grand vélo noir, de proportions parfaites,
Qui touche à peine au mur. Il a la grâce d’une bête
En éveil dans sa fixité calme : c’est un oiseau.
La rue est vide. Le jardin continue en silence
De déverser à flots ce feu vert et doré qui danse
Pieds nus, à petits pas légers sur le froid du carreau.
Parfois un chien aboie ainsi qu’aux abords d’un village.
On pense à des murs écroulés, à des bois, des étangs.
La bicyclette vibre alors, on dirait qu’elle entend.
Et voudrait-on s’en emparer, puisque rien ne l’entrave,
On devine qu’avant d’avoir effleuré le guidon
Éblouissant, on la verrait s’enlever d’un seul bond
À travers le vitrage à demi noyé qui chancelle,
Et lancer dans le feu du soir les grappes d’étincelles
Qui font à présent de ses roues deux astres en fusion.

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Apollinaire, La petite auto

Bonjour,

Me revoilà avec une nouvelle requête,
Je dois faire un commentaire sur "La petite auto" d'Apollinaire
Cependant je ne sais pas trop quel plan adopter: J'ai penser à étudier la modernité du poème,
ainsi je voudrais parler de La guerre et la poésie moderne comme grande partie,
mais il me manque les sous-parties...

Trouvez-vous ça correcte? Avez-vous des idées comme sous-partie ou simplement des pistes?

Apollinaire, La petite auto

"La modernité du poème" c'est un peu passe-partout car valable pour tous les poèmes d'Apollinaire. Avant de chercher les parties et sous-parties, je pense que tu as négligé l'étape d'analyse approfondie du poème, qui te donnerait les titres que tu cherches.
Ceci dit, après une première lecture, je peux t'orienter vers l'aspect récit de ce poème (dates, lieux, verbes au passé simple, successions d'actions, ce qui n'est pas courant en poésie), et plus précisément sur l'aspect récit autobiographique : "je n'oublierai jamais", etc. c'est une forme de témoignage. Et bien sûr une partie sur la guerre s'impose, avec un titre à préciser.

je n'avais pas vu ta question d'hier : oui il veut mettre en valeur "nouvelle", c'est-à-dire le changement profond qui est en train de s'effectuer.
Pourquoi dis-tu que le second poème est régulier ? Compte les syllabes, observe les rimes, et tu verras que c'est loin d'être le cas. Compare ces poèmes avec des poèmes du XVIème ou du XIXème : regarde certains sonnets de Ronsard ou Hugo par exemple, et tu verras ce qu'on appelle "poème régulier".
La poésie moderne est plus libre : vers irréguliers, parfois vers libres, abences de rimes ou d'organisation rigoureuse de celles-ci, absence de strophes...

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Apollinaire, La petite auto

Merci Ammy pour ta réponse,
Concernant le second poème, je m'en suis rendu compte peu de temps après, le poète alterne les vers de 13 et 14 syllabes, mais c'est peut-être une illusion de sa part. Pour "la Petite Auto" d'Apollinaire,  par contre, Oui je suis d'accord c'est bien un récit et il fait référence à la guerre, mais je ne vois rien d'autre à par la modernité et le calligramme peut-être.. Mais tout ça reste très différents et il me semble difficile de mettre ça ensemble...

Apollinaire, La petite auto

Fais le travail d'analyse : fais une étude du poème strophe par strophe (du moins passage par passage), analyse les procédés tels que les anaphores, les métaphores, etc. et les effets qu'ils produisent : sur quoi veut-il insister, que met-il en valeur, quelles impressions communique-t-il, etc. Relève les champs lexicaux, la présence de la première personne ou des autres pronoms, les temps verbaux, les jeux de sons... Interprète tout cela, tu auras plus d'idées. Pour l'instant tu veux trouver les parties sans avoir fait cela suffisamment (du moins il me semble).

Après une courte recherche, je te conseille de te documenter sur le contexte et le lien avec la vraie vie du poète en tapant "Apollinaire la petite auto" sur google, cela pourra t'éclairer, en particulier le lien du cndp "la revue des enseignants" qui est intéressant. Tu pourras ensuite te demander comment il donne une vision très personnelle et poétique de quelque chose de réel et qui concerne tout un peuple. Souvent Apollinaire part d'une situation réelle puis la transfigure grâce au langage poétique.

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Apollinaire, La petite auto

Bonsoir , je doit faire un commentaire composée sur la petite auto de Guillaume Apollinaire et j'ai trouvé une problématique , un plan qui me convient  mais je ne suis pas sur que cela soit correct et il me manque une sous partie  et donc je viens vous en faire part ?

Problématique : En quoi ce poème évoque la guerre de façon orginales

I Un poème lyrique

A)Une expression personnel des sentiments(nostalgie du poète , regret de quitter sa ville pour la guerre)

B)Je ne sais pas il me faudrait quelque chose pour justifier le lyrisme dans ce poème

II)Un thème traditionnel mais sous une forme différente

A)L'anti-poétique (pas de rimes , majuscules , des vers écrits en lettre capitales , dates ...)

B)La forme irrégulière des vers(souvent long , parfois cour)

III)Le côté obscur de la guerre

A)L'association de la guerre et de l'universalisme (champ lexical des animaux , avant guerre heureuse pour finir en catastrophe

B)Les allusions à la guerre (répétition de combat , champ lexical de la guerre avec invasion combat , mort ..)