Lettres classiques et philologie à quarante ans

Bonjour,
depuis quelques semaines, je lis les échanges de ce forum pour enfin y poster mes questions.
Je suis un ingénieur de quarante ans ayant suivi un cursus de mathématiques et d'informatique plus par facilité que par goût. D'autre part, les études littéraires (par conséquent non techniques), ne correspondaient pas à des domaines auquels je me suis autorisé, à l'époque où j'étais lycéen, à porter un intérêt. Nous dirons qu'un déterminisme social a fortement influencé mes choix d'études.
Pendant le temps que mon travail et mes responsabilités familiales ont bien voulu me laisser, j'ai cependant développé quelques passions. La langue bretonne en a longtemps constitué le centre.
Je ne décrirai pas ici les chemins tortueux qui m'ont mené d'un centre d'intérêt à l'autre, mais j'ai, sur la route, rencontré la politique et l'étymologie. Des sciences, je garde le goût de l'abstraction et de la systématique et, de la langue bretonne, il n'y a qu'un - ou plutôt deux - pas vers son ancêtre gauloise, à la fois proche et mystérieuse.
Les auteurs classiques sont les témoins du monde antique qui a façonné notre pensée. Ce monde gréco-latin a aussi supplanté la Gaule celtique tout en en conservant cependant quelques descriptions. D'autre part, les mécanismes d'évolution des langues me fascinent, ainsi que l'incapacité actuelle à faire des ponts entre les familles attestées de langues.
Les études de lettres classiques semblent tout indiquées pour combler mon désir de savoir. Avant de démarrer une licence, je pense m'initier de façon autonome au latin, afin de gagner du temps. (Je n'ai d'ailleurs pas encore envisagé comment je pourrais apprendre grec, hébreu ou arabe et sanskrit).
Même si j'envisage ces études pour le plaisir, je ne m'interdis pas d'en tirer un bénéfice professionnel. Quel peut-il être ? C'est la question que je pose aux spécialistes qui auront eu la gentillesse de me lire.
En vous remerciant par avance pour vos divers commentaires.
Nicolas

Lettres classiques et philologie à quarante ans

Si vous comptez rester dans le monde ingénieur, je ne vois pas bien les avantages matériels que cela peut vous apporter de faire du latin et du grec. Dans le cas contraire, vous pouvez toujours aller vers les métiers de l'enseignement (le CAPES ou l'agrèg), mais je doute que ce soit intéressant financièrement comme substitution.

Bref, je ne vois pas bien.

Lettres classiques et philologie à quarante ans

Donc, le seul intérêt serait intellectuel, ce qui n'est jamais négligeable.
En cas de réussite de ces études, l'enseignement est une option qui sera à évaluer le moment venu, les avantages matériels actuels n'étant pas garantis à vie.

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Lettres classiques et philologie à quarante ans

Bonjour,
J'avais un métier sans grand rapport avec les lettres, plutôt juridique .J'ai fait un peu de philo pour le plaisir, puis  J'ai appris le grec seul pour approfondir ma culture (j'ai bien senti tout seul que philo sans grec , il manquait quelque chose..). Ensuite, j'ai mordu à l'hameçon et  poussé dans le grec,  puis je me suis remis tranquillement aux études, de LC, sans but défini (j'avais fait du latin, j'ai repris, idem pour la littérature).  Et un  jour,  bien après,  voulant changer de métier, j'ai passé le capes de lettres classiques, puis l'agreg , dans la quarantaine. Voilà les hasards de la vie 

Lettres classiques et philologie à quarante ans

Bravo !

Lettres classiques et philologie à quarante ans

Bravo Christo.

Parallèlement, ma réflexion avance. Mon objectif est double : me faire plaisir et, le cas échéant, changer de métier.

Les études de lettres classiques sont abordables par correspondance (deux universités françaises proposent le cursus), et seraient envisageables tout en maintenant mon activité professionnelle. Une fois la licence acquise, il faudra être pragmatique et peut-être choisir de passer le CAPES pour enseigner ou envisager une activité de documentaliste. La linguistique comparée, qui est mon centre d'intérêt principal, deviendrait ainsi un violon d'ingres. Le fil de discussion suivant m'a apporté quelques informations fort intéressantes : https://www.etudes-litteraires.com/foru … paree.html

Ayant quelques mois avant la rentrée universitaire de 2013, il est peut-être le moment de prendre un peu d'avance. J'ai démarré l'apprentissage du latin et je vais me construire des bibliographies en littérature contemporaine et philosophie classique (cette dernière aura aussi l'avantage de m'offrir un grand bol d'air face à un monde de l'entreprise qui ne sait pas trop dans quelle direction il court).

Auriez-vous quelques conseils supplémentaires ?

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Lettres classiques et philologie à quarante ans

Bonjour,
Pour  se faire plaisir, toutes les directions sont bonnes,  chaque domaine est inépuisable : linguistique , littérature, langues anciennes...
Mais pour les concours, il faut travailler dans des directions précises. En lettres classiques pour le Capes, les versions latin et grec, la littérature générale (théories littéraires, histoire littéraire) , et tout ce qui sert à passer les épreuves, comme la dissertation, le commentaire et l'explication de texte. Pour avoir un bon panorama, les ouvrage de Chassang et Senninger sont parfaitement appropriés (ils ont été réédités).
Pour les lettres modernes, littérature médiévale.
Pour les versions, il existe des tas d'ouvrages de préparation à cette épreuve, commentés pas à pas . Il existe aussi de très bons ouvrages pour l'explication des textes anciens  qui associent la technique d'explication, la langue, et les points de civilisation (en Latin, un ouvrage de Jacques Gaillard, dont je n'ai pas le titre en tête, qui parcourt les genres littéraires à Rome).

Pour les agrégations , en Lettres classiques , il faut aussi travailler la littérature médiévale, il y a une épreuve orale sur un auteur, qui est au programme et peut aussi tomber à l'écrit. (Il faut travailler encore plus  l'ancien français en lettres modernes puisqu'il y a une épreuve, ainsi qu'en grammaire dans l'une des deux options).
La dissertation est plus souvent  argumentative qu'analytique, car elle ne pose pas une question générale comme au Capes, mais une problématique  précise sur une oeuvre au programme.
Il faut aussi travailler le thème latin et le thème grec.
Pour l'oral , les explications de texte comme au capes , et la méthode de la leçon (ou étude littéraire) .

Voilà quelques pistes ... Bon déjà, en maîtrisant sa matière, on marque des points. Par exemple, faute de temps, je n'ai pas pu traduire les textes au programme en languies anciennes. je les ai lus en "bilingue" , c'est-à-dire en français en jetant un coup d'oeil au texte original , j'ai relevé des problématiques d'après des ouvrages de préparation, et pour la traduction, je me suis débrouillé sur place, une fois le sujet tiré.