Tout / toute à son plaisir

Bonjour,

Voici la phrase qui me donne du fil à retordre :
Elle s’est assise, a savouré une longue gorgée, les yeux fermés, tout à son plaisir...

Je lis dans les dictionnaires que je devrais écrire "tout" quand le sens est "entièrement", ce qui est le cas ici. Mais allez savoir pourquoi, dans cette phrase, il me semble que ça ne va pas, que je devrais écrire : toutE à son plaisir.

Y a-t-il un linguiste dans la salle? Ai-je raison de douter?

Merci.

Tout / toute à son plaisir

Dans ce cas, étant donné qu'il s'agit bien de l'adverbe,"tout à son plaisir" est en toute rigueur la bonne forme, même si cela concerne une femme.
Mais dans l'usage, il y a des flottements.
Des écrivains ont préféré employer la forme adjectivale, censée exprimer avec plus de force l'idée d'appartenance. Deux exemples donnés par le Robert des Difficultés :
Elle ne s'étonna pas, toute à son désarroi. (Duras)
Une femme, dit-il, n'est jamais toute à nous... (Aragon)

Le Trésor de la Langue française  donne deux autres exemples analogues avec accord :

3. [En fonction d'attribut]
(Être) tout(e) à qqc.Être entièrement pris par. Pour l'instant, elle était toute au rire qui l'avait saisie, quand, en sa présence, j'avais roulé à terre (Pierre Benoit).
(Être) tout(e) à qqn.Être entièrement à la disposition de quelqu'un, généralement en parlant d'une femme, dans des relations amoureuses. Pour rester libre, ne pas l'épouser si je ne voulais pas, pour pouvoir aller à Venise, mais pourtant l'avoir d'ici là toute à moi, le moyen que je prendrais ce serait de ne pas trop avoir l'air de venir à elle (Proust).

Conclusion : tu écris comme tu le sens ! 

Tout / toute à son plaisir

Merci Jehan! J'adore ta conclusion!    Ce sera donc "toute".
Bonne fin de journée à toi.