La reprise des thèmes et mythes antiques fausse-t-elle la création ?

Je créé donc un nouveau sujet, car effectivement ma réponse n'était pas dans le bon sujet.

J'ai remanié un peu le plan, j'aimerais avoir votre avis :


I - Des reprises d'une nouvelle forme
1- Britannicus de Racine : L'auteur utilise des personnages réels de l'Antiquité, une histoire réelle, et l'écrit sous forme de tragédie. Il fait en même temps passer un message aux gens de son époque par cet intermédiaire.
2- Horace de Corneille : Inspiré de faits réels, Corneille s'inspire des écrits de Tite-Live, historien de l'époque, qu'il retranscrit pour le théâtre tout en gardant le contexte de l'époque.

II- Certaines reprises ne sont que des copies
1- L'Avare de Molière : Tiré d'une oeuvre déjà théâtrale de Plaute, c'est une simple copie d'une pièce de Plaute, retranscrite à l'époque de Molière. L'intérêt n'est donc pas grand, puisque le message passé est le même (c'est-à-dire...).
2- Antigone de Jean Anouilh : Une des nombreuses reprises de la pièce homonyme de Sophocle. Il existe de nombreuses réécritures de cette pièce, et toutes se ressemblent : ce ne sont pas de réelles créations.

III- S'inspirer d'oeuvres et de thèmes antiques ne veut cependant pas toujours dire plagier
1- La Guerre de Troie n'aura pas lieu de Jean Giraudoux : Fortement inspiré de l'Iliade d'Homère, Giraudoux adapte sa pièce en empruntant le contexte de l'Antiquité pour réfléter l'angoisse montante et la guerre iminante en Europe. Ainsi, la reprise de pièces antiques permet d'exprimer des propos qui n'auraient pas été accepté sous leur forme plus directe.



(Je cherche encore une deuxième sous-partie pour ma synthèse, si vous avez des idées je vous attends !)

Voilà pour ce soir ce que j'ai planifié, pensez-vous que le sujet est bien traité ?

Merci encore, et merci d'avance.

La reprise des thèmes et mythes antiques fausse-t-elle la création ?

Oui ces trois parties sont bien venues, avec changement de point de vue pour la synthèse, les exemples sont bien choisis
Imminente et pas iminante 
En seconde sous-partie de synthèse (es-tu limitée au théâtre ? je ne crois pas) pense à Cocteau, le mythe d'Orphée et Eurydice avec la Mort complétement relookée dans Orphée et le très beau film de Marcel Camus  Orfeo Negro
La musique du film (des extraits) -avec des images de Rio- écoutable
iciJ'ai trouvé ça sur les films de Cocteau et sur d'autres reprises du mythe d'Orphée

Le mythe
Le personnage d’Orphée, le mythe créé autour de ses pouvoirs et de ses malheurs ont inspiré de façon très inégale les différents domaines artistiques. La littérature, après Virgile et Ovide, est longtemps restée indifférente aux douleurs du poète de Thrace, mais un regain d’intérêt s’est dessiné au début du 20e siècle: Apollinaire lui consacre un de ses plus beaux recueils, Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée, paru précisément aux éditions de la Sirène fondées par Cocteau et Cendrars, et R.-M. Rilke publie en 1922 ses fameux Sonnets d’Orphée. Le mythe était resté bien vivant dans l’esprit des gens car, pour les peintres et les musiciens, il s’était trouvé être une source féconde d’inspiration. Depuis ce que l’on considère comme le premier opéra, l’Orfeo de Jacopo Peri, jusqu’aux versions de Renaud Gagneux en 1989 et de Phil Glass en 1993, en passant par les chefs-d’œuvre de Monteverdi et de Glück sans oublier Orphée aux enfers, la version parodique de Jacques Offenbach, la descente dans le royaume des morts du père de toute poésie pour en arracher son épouse était devenue un des sujets de prédilection des compositeurs.
C’est donc dans une tradition, sinon littéraire du moins scénique, que s’inscrit Cocteau en donnant au théâtre, en 1926, une version modernisée des aventures d’Orphée, admirée par Rilke et qualifiée de "la plus grande tragédie de notre temps" par Virginia Woolf. À partir de cette date, la figure du poète thrace ne quittera plus vraiment l’œuvre de Cocteau. Présent dans de très nombreux dessins, Orphée se retrouvera plongé dans la France de l’après-guerre par une version cinématographique en 1950 et, après avoir figuré sur le pommeau de l’épée du nouvel académicien, en pleine Nouvelle Vague avec Le Testament d’Orphée en 1959.

Orphée, Cocteau, le poète
L’identification du poète antique et du poète parisien deviendra, en passant d’une œuvre à l’autre, chaque fois plus évidente, soulignée même.
La pièce écrite en 1925 reprend le mythe dans un contexte à la fois moderne et légèrement intemporel. Au premier abord, il ne vient pas à l’esprit d’établir derrière la représentation contemporaine du poète antique la moindre relation avec la vie et la personnalité de Cocteau. Tout au plus peut-on voir un air de famille entre les phrases/poèmes que dicte le cheval à Orphée et les phrases/poèmes du recueil Opéra. Cependant, presque à la fin de la pièce, après qu’Orphée a été déchiqueté par les bacchantes, se noue ce dialogue entre le commissaire chargé d’enquêter sur la disparition brutale du poète et "La Tête d’Orphée", qui parle:
"LE COMMISSAIRE - Vous vous appelez…
LA TÊTE D’ORPHÉE – Jean.
LE COMMISSAIRE – Jean comment ?
LA TÊTE D’ORPHÉE – Jean Cocteau.
LE COMMISSAIRE – Coc…
LA TÊTE D’ORPHÉE - C.O.C.T.E.A.U. Cocteau.
LE COMMISSAIRE – C’est un nom à coucher dehors."
L’identification, très clairement suggérée, peut encore, il est vrai, passer pour un simple gag poétique, sans tirer à conséquence.
Mais les indices se feront plus précis dans la version cinématographique de 1950. Dès les premières images, dans une atmosphère indéniablement germanopratine, le poète, incarné par Jean Marais, est présenté comme relégué dans l’oubli par la jeunesse qui lui préfère un nouveau venu dans le monde littéraire: Cégeste. À n’en pas douter, il faut voir là une mise en scène de la propre situation du poète qui vient d’avoir soixante ans et qu’une enquête de Combat du 12 septembre 1948 vient surtout de classer en dix-septième position à la question "Quel est le plus grand écrivain vivant ?".
L’identification deviendra totale dans le troisième film, Le Testament d’Orphée. Il n’y a même presque plus guère de raisons de considérer l’œuvre comme une œuvre de fiction. Cocteau lui-même tient le rôle d’Orphée, ou mieux il "est" Orphée. La fusion entre les deux poètes est absolue. C’est Jean Cocteau que nous voyons à l’image, entouré dans certaines séquences de ses amis du moment et de toujours: Picasso, Édouard Dermithe, Francine Weisweiler, etc. C’est son testament qu’il nous livre, un testament en images étranges pour dire l’étrangeté qui l’a toujours habité. Ne confie-t-il pas d’ailleurs qu’il s’agit "d’une séance de strip-tease, consistant à ôter peu à peu [son] corps et à montrer [son] âme toute nue" ? Orphée est devenu le nom du poète dans l’absolu. Le nom que se donne Cocteau.

Source : http://mediation.centrepompidou.fr/Pomp … OCTEAU.doc

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La reprise des thèmes et mythes antiques fausse-t-elle la création ?

Bonjour Léah et Crobel,

Moi, ce qui me tracasse, c'est l'énoncé du sujet :

La reprise des thèmes et mythes antiques fausse-t-elle la création ?

Qu'est-ce qu'un "mythe" ? Horace, Britannicus, l'Avare (même issu de Tite-Live, Tacite et Plaute), sont-ils des "mythes" ? et qu'est-ce qu'un "thème" antique ? Il faut que tu puisses expliquer cela Crobel pour justifier tes choix.

La reprise des thèmes et mythes antiques fausse-t-elle la création ?

Pardon, j'ai oublié de remettre mon sujet. Le voilà :

L'histoire littéraire définit souvent les grands écrivains comme des créateurs. La reprise de thème, de mythe ou de type antique dans les comédies ou les tragédies depuis le XVIIe siècle vous permet-elle d'employer ce terme pour les auteurs de théâtre ?

Je suis donc bien limitée au théâtre, puisque nous sommes en plein dans une séquence sur ce genre

Merci tout de même Léah !

J'ai pensé à utiliser des pièces de Jean-Paul Sartre comme Les Mouches, mais cela me ramène au même argument que pour la pièce de Jean Giraudoux.

Pour ce qui est de la reprise de thème, de mythe ou de type antique, j'ai interprété ça comme des "réécritures" : les thèmes antiques étaient souvent axés autour des empereurs et de leurs histoires assez étranges (Britannicus), les mythes racontaient l'histoire d'un héros presque demi-dieu (Horace), quant au type, j'ai pensé pouvoir aller jusqu'à la reprise d'oeuvres complètes comme Antigone, L'Avare ou La Guerre de Troie n'aura pas lieu, puisque que ce sont des reprises de tragédies, le genre théâtrale préféré à l'époque de l'Antiquité.

Il me faudrait donc encore une pièce inspirée de l'Antiquité, de préférence d'un mythe, mais qui puisse être qualifiée de réelle création.

Merci !

On ne peut pas dire que tu nous facilites la tâche !
Le début de la discussion de "Crobel" est ici :

https://www.etudes-litteraires.com/foru … mique.html

La reprise des thèmes et mythes antiques fausse-t-elle la création ?

Bonjour, désolée de vous avoir causé des problèmes, je pensais bien faire.

J'ai commencé mon développement. Pouvez-vous me dire ce que vous en pensez ?

L'histoire littéraire étudie l'évolution de la littérature à la lumière des courants et des relations entre littérature et histoire. Elle qualifie souvent les grands écrivains comme des "créateurs". Cependant, certains grands auteurs s'inspirent ou reprennent des thèmes et des oeuvres de l'Antiquité. On peut donc se demander si la reprise de ces idées ne porte pas atteinte à cette idée de création. Pour le savoir, nous verrons que les écrivains donnent une nouvelle image de l'histoire ou des oeuvres en les réécrivant, mais que d'autres reprises ne sont que des copies des textes originaux.

En effet, certains auteurs s'inspirent d'histoires ou d'écrits antiques, ou même simplement de thèmes, de lieux ou de noms, et créent ainsi une oeuvre originale.
Ainsi, un des grands auteurs de théâtre du XVIIe siècle en compétition avec Corneille, Jean Racine, a écrit tout au long du siècle des tragédies classiques, dont le genre est apparu dès le Ve siècle avant JC avec les dramaturges Eschyle, Sophocle et Euripide. Dans Britannicus, Racine s'inspire d'une histoire réelle, qu'il écrit cependant lui-même sous forme de pièce de théâtre. Claude, Agripinne, Néron et Britannicus, les personnes principaux de sa pièce, ont bien existé, et la mise en avant de Néron par Agripinne au près de Claude fut bien réelle également. L'auteur s'inspire donc d'histoires antiques, sans pour autant en faire un simple récit comme il en existe déjà.
Certains de ces récits d'évènement historiques ou simplement de ces évènements peuvent également inspirer les auteurs : c'est le cas de beaucoup de mythes que les dramaturges de l'Antiquité reprennaient pour montrer la condition humaine. C'est aussi le cas au XVIIe siècle : Corneille s'inspire de l'oeuvre de Tit-Live où est raconté l'affront entre les Horaces et les Curiaces lors de la guerre entre Rome et Albe-la-Longue, dans sa pièce Horace. Ainsi, l'auteur donne une nouvelle dimension au mythe, en le transposant sous forme théâtrale.
(→ Conclusion partielle)

Contrairement aux artistés cités précedemment, certains auteurs s'inspirent d'oeuvre déjà écrites. On peut alors se demander si de telles réécritures doivent être considérées comme de réelles créations.
Ainsi, Molière, souvent cité comme l'un des plus grands dramaturges de son siècle, s'est vraisemblablement inspiré d'une pièce existante pour écrire L'Avare : Plaute, auteur et comédien du IIe siècle avant JC, avait écrit Aulularia (La Marmite), dont le message et la manière par laquelle il est passé sont exactement les mêmes que ceux de la pièce de Molière au XVIIe sècle. L'intérêt n'en est donc pas grand : mise à part une transposition à son époque, Molière n'apporte pas de grands changements à la pièce originelle et n'en fait pas une version originale et innovante.
De plus, reprendre une oeuvre plusieurs fois peut amener à prêter confusion à propos des auteurs et lasser le public. Antigone de Sophocle, repris successivement par Jean Anouilh, Bertolt Brecht, Jean Cocteau et de nombreux autres auteurs sous forme théâtrale ou romanesque, est dans ce cas de figure : la tragédie grecque du Ve siècle avant JC a inspiré beaucoup d'artistes et a été réécrite maintes fois. Le mythe original a donc été copié et recopié, et on peut se demander alors s'il y a encore une limite entre reprises et plagiat.
(→ Conclusion partielle)

Voilà mes deux premiers axes. Merci d'avance de vos commentaires.

La reprise des thèmes et mythes antiques fausse-t-elle la création ?

Je me demande pour le 3 mythe qui serait une réelle création s'il n'y a pas quand meêm la pièce de Cocteau du même titre que le film Orphée, malheureusement je ne la connais pas ; ou bien le Caligula de Camus avec sa logique de l'absurde

La reprise des thèmes et mythes antiques fausse-t-elle la création ?

Effectivement, j'ai fait quelques recherches et j'ai trouvé des informations sur Jean Cocteau :

Je pense pouvoir utiliser La Machine Infernale, réécriture d'Oedipe-Roi de Sophocle si je ne me trompe pas. Cocteau reprend ce mythe et le "change" en même temps, avec la modernité de la langue, des anachronismes, du surréalisme... On peut considérer cela comme une création, puisque tout de même différente de l'originale.

Merci pour tout !