La mémoire suffit-elle à l'historien ?

Bonjour, bonjour !
Alors voilà comme beaucoup d'entre vous sur ce site, je prépare le Bac!
Comme je suis en TL, le grand enjeu c'est la PHILO.
Je m'entraîne donc à la dissertation en prenant au hasard de mon livre des sujets ; je ne suis pas de nature logique, et je sais que cette année j'ai du beaucoup travailler ma rigueur, mon plan alors j'aimerais beaucoup que vous me disiez si, selon vous, le plan pour le sujet "La mémoire suffit-elle à l'historien?" est adéquat.

Je sais bien qu'il n'y a pas de "sujet-type" en philo, les disserts peuvent être très libres, mais je veux juste voir si le mien n'est pas illogique ou pas assez creusé, approfondi (car ma prof me dit souvent que j'ai un bon début mais pas toujours une bonne suite...)

I- Pourquoi partir du principe que l'histoire est mémoire et que le travail de l'historien est celui d'un mémorialiste?
ID1 - En effet, qu'est ce que la mémoire? (définir)
ID2 - A partir de là, la mémoire est bien l'objet de l'historien qui veut établir une vérité objective du passé
ID3 - Sans mémoire, il n'y a en effet pas d'histoire possible : de fait l'histoire existe parce que nous avons un passé à raconter

II- Néanmoins, le travail de l'historien ne se résume t-il qu'à un simple relevé historique? qu'à un simple devoir de mémoire?
ID1 - Quel est le rôle de l'historien? (définir)
ID2 - Le travail de l'historien s'inscrit donc aussi dans le présent - (l'analyse de passé est rétrospective)
ID3 - L'entreprise de l'historien dépasse donc le devoir de mémoire, qui ne suffit pas pour comprendre le passé (exemples)

(Le sujet pose finalement le problème
III- Dès lors, quel est l'enjeu de l'histoire? est-ce de raconter le passé ou est-ce de comprendre le présent?
ID1 - Certes l'historien rapporte les faits du passé et construit ainsi la mémoire collective indispensable à toute société
ID2 - Cependant, l'historien est bien le premier à s'interesser au présent : en fait l'enjeu de l'histoire c'est de comprendre le passé pour comprendre le présent, l'enjeu donc de l'histoire c'est la compréhension de soi, comme individu dans une société avec ses coutumes...
ID3 - DONC l'historien part bien du passé qui constitue la mémoire, qui lui est donc nécessaire, mais pas suffisante dans la mesure où l'enjeu  de l'histoire dépasse le cadre du passé : en effet on interroge le passé pour connaître le présent, et dégager des comportements humains, des attitudes.

Ah oui et aussi je voulais mettre l'idée que l'enjeu de l'histoire c'est aussi la liberté car qui a la maîtrise du passé a la maîtrise du présent et peut s'en servir comme domination cf 1984 d'Orwell, mais je ne sais pas trop où le placer, sans que ça tombe comme un cheveux sur la soupe?

Merci d'avance pour vos réponses!

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La mémoire suffit-elle à l'historien ?

Bonsoir Billie.
     Je trouve ton plan pas mal du tout. En effet, tu définis dans les deux premières parties et tu dépasses dans la troisième, ce qui est un peu le principe de toute dissertation (thèse, antithèse, dépassement ou synthèse). Il me semble que la mémoire doit être vue ici comme un instrument qui permet à l'historien d'écrire l'histoire. Je serais toi, j'essaierais la plan sur la structure : opinion commune (parfois préjugé) = l'historien, une mémoire vivante / limites : l'historien ne cherche-t-il pas à éclairer le présent à la lumière du passé ? / dépassement = l'histoire comme moyen de construire une nation.. Mais en fait j'ai l'impression que c'est un peu comme celà que tu as procédé. Au fait celà me vient comme ça mais est-ce-que justement l'histoire ne comprend pas la compréhension d'une époque mais aussi de l'homme dans sa constance, de ce qui chez lui est universel, dépasse le temps ? Celà amène à parler de la subjectivité de l'historien, qui peut avoir tendance à critiquer un homme du passé en l'enfermant dans ce passé, en jetant l'anathème sur une époque, alors que certaines actions des hommes s'expliquent par ce qu'est l'homme (dans ce qu'il a d'universel), et non par son conditionnement éducatif (même si celui-ci joue un rôle majeur), qui est relatif à une époque.
      Et puis, la mémoire semble relative à un peuple, une culture. L'historien peut-il s'appuyer sur cette mémoire pour justement faire oeuvre d'historien ? N'y-a-t'il pas contradiction entre l'objectivité de rigueur chez l'historien et la mémoire collective, par exemple, qui est souvent sujette aux désirs des hommes ? Par exemple, dans les Commentaires sur la Guerre des Gaules, Jules César sait que dans la mémoire du peuple romain il y a le César triomphateur des Gaulois, celui qui a mis à genoux l'Arverne Vercingétorix. Cela ne peut-il pas nuire à l'impartialité que l'on peut attendre de l'historien ? Enfin la mémoire est-elle donc l'unique instrument dont peut se servir l'historien (sans peut-être la remettre en cause pour vérifier son bien-fondé) ?