La représentation de la mort au théâtre doit-elle nécessairement avoir une dimension pathétique ?

Bonjours à tous,
Voilà, j'ai prévu de prendre dissertation pour le bac
Du coup j'essaie de faire le plus de dissertation pour m'entrainer, cependant, j'aimerai avoir des avis exterieur sur ce que j'ecris pour connaitre les défauts et essayer d'y remedier pour le jour J 
Donc, si quelqu'un veut bien prendre le temps de lire ce que j'ai ecrit et me donner des conseil/crtiquer ce que j'ecris, disons que cela arrangerait mes affaires
Merci à ceux qui vont me répondre 

La représentation de la mort au théâtre doit-elle nécessairement avoir une dimension pathétique ?

Qu’ils se soient suicidés, qu’ils soient assassinés ou qu’ils soient décédés de mort naturelle, beaucoup d’auteurs  font disparaitre leurs personnages de façon pathétiques, c’est-a dire de manière à faire ressentir de la pitié au spectateur à la vue de cette fin. La représentation de la mort au théâtre doit-elle nécessairement avoir une dimension pathétique ? Dans la plupart des cas cette dimension  est présente cependant elle peut être aussi  une forme de délivrance, une façon de montrer la force du personnage ou tout simplement provoquer le rire


Le suicide est souvent synonyme de désespoir ,synonyme qu’il n’existe plus d’autre moyen de s’échapper, d’être délivré, Phèdre de la pièce éponyme de Racine se suicide lorsque son beau fils Hyppolite meurt par sa faute et celle de sa suivante , Oenone l’a d’ailleurs  précédée se noyant de façon intentionnelle pour la même raison .Durant toute la pièce, le destin guide les personnages et la mort est tout le temps présente, Phèdre veut dès le début faire «  de la mort ses funestes apprêts » .C’est aussi le cas pour Hémon qui se suicide comme la Juliette de Shakespeare pour ne pas survivre à Antigone , son amante. Le public est par ailleurs conscient dès le début que les personnage sont obligé de suivre la route tracée par le destin, en effet,  Créon au moment de la scène d’exposition  informe de la mort de chaque personnage ,même si   ce dernier  « ne le sait pas encore » .D’ailleurs, le suicide peut être nécessaire afin de restaurer l’honneur perdu ( Ruy Blas de Victor Hugo : «  - Si je t’avais pardonné ?; - J’aurais fait de même ») et ainsi montrer des valeurs qui peuvent émouvoir l’auditoire et faire apprécier  d’avantage le personnage.
  Pour l’assassinat quand ce n’est pas le mort lui-même qui vient demander vengeance (Hamlet de Shakespeare).Il existe plusieurs moyens de faire susciter des sentiments de pitié .Les regret peuvent être matérialisés, c’est le cas dans  Les mouches de Sartres où la ville est remplie de cette insecte, symbole  du péché commit. Elle peut être mise en scène de façon horrible à travers des cris  pour bien marquer les esprits (Dom Juan ou le festin de pierre de Molière)
  Pour la mort naturelle, elle peut être a peine citée et pourtant créer une impression forte sur l’auditoire  à travers la mise en scène crée préalablement et ce malgré que les autres personnages ne semblent pas s’y intéresser , c’est le cas par exemple dans fin de partie de Beckett ou la mère du personnage principal, lui-même en fauteuil roulant, meurt de façon rapide, on sait juste qu’ « elle est morte »et que  sont fils lui a donné comme seul logement une poubelle…
 

  La mort peut choqués, faire ressentir au spectateur/lecteur de la tristesse ou de la pitié, cependant, elle peut être considérée et rappelé d’une façon tout à fait différente
  Le suicide peut aussi donner une autre dimension au personnage, lui prêter des qualités qu’on ne lui connaissait pas préalablement : dans Les mains sales de Sartre, le personnage principal fini par avouer qu’il a tué sa femme et au lieu d’accepter de vivre et de continuer sa vie, il sort en sachant qu’il va se faire assassiner, du courage semble alors se dégager de lui et le lecteur peut même en venir à l’apprécier d’avantage pour cela. C’est aussi le cas pour Antigone par Jean Anouilh, qui avant de se rendre compte qu’elle a eu tort, veut se faire condamner à mort pour montrer au monde  ses idées et prouver qu’elle est courageuse ou bien dans Caligula d’ Albert Camus qui meurt dans un cri : « Je suis encore vivant »
   Cette mort peut aussi symboliser la délivrance, la dignité jusque dans la mort  comme dans le roi se meurt d’Ionesco où grâce à un rituel de Marguerite le roi passe d’un « porc qu’on égorge » à une âme allégée.
  Il existe aussi des suicide raté, crées pour susciter le rire et se moquer quelque peu de ces fins trop solennelles, c’est le cas dans  KWTZ de Sacha Guitry et cette réplique : «  Vous avez vu la mort ? [ …] Moi j’ai revu une partie de mon déjeuner. »Elle peut ainsi être détournée  et être prétexte à l’absurde comme dans le passage de la cantatrice chauve avec les anglais Smith et la mort du « pauvre Bobby » dont toute la famille s’appelle Bobby  (« - La pauvre Bobby ; - Tu veux dire le pauvre Bobby ? »)
 
  Qu’elle soit sacralisé ou absurde, la représentation de la mort fait partie de beaucoup de pièce de théâtre et sa mise en scène est le choix de l’auteur et du metteur en scène suivant les sentiments qu’il veut susciter chez l’auditoire.

La représentation de la mort au théâtre doit-elle nécessairement avoir une dimension pathétique ?

Tu as beaucoup d'exemples, c'est bien sauf que le risque est de tomber dans le "catalogue" et de trop les radicaliser. Cette phrase : "Phèdre de la pièce éponyme de Racine se suicide lorsque son beau fils Hyppolite [Hippolyte !] meurt par sa faute et celle de sa suivante , Oenone l’a d’ailleurs  précédée se noyant de façon intentionnelle pour la même raison." Le personnage qui prend la faute est principalement Oenone, la nourrice, car c'est elle qui dénonce Hippolyte. Et celui qui cause véritablement la mort d'Hippolyte est Thésée (même s'il cherche ensuite à revenir sur sa malédiction). Phèdre, comme le dit Racine lui même, n'est "ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente". Phèdre veut mourir car elle aime Hippolyte, ce qui est un inceste de second type, et donc pour l'époque un "crime impie" ("nefas"). Tout ça pour dire que citer beaucoup d'oeuvres (que tu n'as pas forcément lues) peut ne pas être bénéfique, concentre-toi sur des exemples que tu maîtrises davantage afin de mieux les développer, sans faire de "raccourcis". Attention aussi à la syntaxe de tes phrases, notamment celle que j'ai citée, qui me semble un peu lourde.
Au niveau de l'introduction, le sujet n'est pas amené de manière brutale (ce qui est bien), cependant il manque une problématique (ne pas confondre sujet/problématique !) afin de guider ton raisonnement.
Enfin ce type de sujet aurait du te faire penser à la catharsis ! Il faut toujours penser à convoquer des notions littéraires.

Ne te décourage pas par mes critiques négatives, je cherche seulement à te montrer ce qui ne va pas car dans l'ensemble ta dissertation est correcte, tu as des idées mais il ne faut pas les étouffer par les exemples.

Bonne continuation et surtout bon courage pour tes révisions ! 

La représentation de la mort au théâtre doit-elle nécessairement avoir une dimension pathétique ?

Petit détail, mais qui a son importance :

Phèdre de la pièce éponyme de Racine

C'est tout le contraire ! C'est Phèdre qui est l'éponyme de la pièce (qui lui donne son nom) et pour ne pas s'embrouiller, mieux vaut dire rôle-titre, comme disent les comédiens.

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La représentation de la mort au théâtre doit-elle nécessairement avoir une dimension pathétique ?

J'ai déjà un exemple à te proposer, si cela peut t'aider. Dans Cléopâtre, tragédie classique d'Isaac de Benserade (oui, je sais... Un peu paumé comme dramaturge), Marc-Antoine se donne la mort sur scène, face aux spectateurs, par un énorme coup d'épée et une giclée de sang (qui, par ailleurs, ne laissa pas Louis XIII de marbre). À la fin de la pièce, Cléopâtre boit de l'aspic et meurt à son tour sous les feux de la rampe (la pièce est antérieure à celle de Racine, où Phèdre meurt de la même façon). Plus pathétique, on meurt.
Ceci dit, exemple à part, et pour reprendre ce qu'a dit Prissou, il y a en effet des termes à citer obligatoirement dans une telle dissertation, mais fais bien la différence entre catharsis, hybris, némésis, etc., car la confusion entre de tels mots est très fréquente et, conformément à ce que l'on dit, "d'hybris à némésis, il n'y a qu'un seul pas".
Je tiens aussi à citer L'Illusion comique, pièce de théâtre de Corneille, où ce dernier se joue de la mort (même si ce n'est en aucun cas le sujet qu'il y a principalement traité) avec subtilité. Il fait mourir plusieurs personnages et, au dernier acte, révèle qu'ils sont en vérité tous en vie, et qu'ils n'étaient en fait qu'en train d'interpréter une tragédie.
Surtout, n'oublie pas que les exemples ne sont là que pour servir des arguments solides, même s'ils nous aident souvent à trouver ces derniers.
Sur ce, bonne révision !

La représentation de la mort au théâtre doit-elle nécessairement avoir une dimension pathétique ?

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me répondre 
J'ai lu toutes les pièces cités ( sauf Ruy Blas qui était dans mon corpus )
En ce qui concerne Hippolyte desolé pour la faute d'orthographe  ( promis je la referai pas le jour du bac  )
J'ai redigé la dissertation comme si j'étais au bac donc j'avoue avoir eu énormement de mal à trouver ces exemples   
Je suis bien d'accord qu'être en première S n'est pas une escuse, cependant hybris, némésis ... Je pense que j'ai encore du boulot de ce coté là 
Je comprend pas vraiment comment introduire la problematique dans l'introduction

En tout cas encore merci d'avoir pris le temps de me répondre!  je vais tenter d'arranger tout cela