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Le pronom de la phrase interrogative est-il superflu ? T euphonique dans l'interrogation

Pourquoi le français met un pronom dans la phrase interrogative alors que l'
anglais ou l' espagnol n' en met pas?
Exemple: Marie aime t' elle la peinture? -→ Is Mary likes paintings.
Alors pourquoi mettez vous un t?
Merci d'avance pour votre réponse

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Le pronom de la phrase interrogative est-il superflu ? T euphonique dans l'interrogation

Attention :

   d'abord (et pour parler cru) je me contrefous un peu (en tout cas sur CE forum) de savoir pourquoi telle ou telle langue met ou ne met pas de pronom ou autre dans ses phrases ;
   ensuite et surtout, le t' dont tu parles n'est pas un pronom, et la locution ne s'écrit pas ainsi ; on doit écrire : « Marie aime-t-elle la peinture? », et ce t' n'a pas de fonction grammaticale, il est euphonique, c-à-d. destiné à éviter le hiatus entre aime et elle => Marie aime-elle la peinture ?

    On me dira peut être qu'on aurait pu utiliser l'élision : Marie aim'elle la peinture ? Pourquoi pas, mais l'usage ne l'a pas retenu.

Le pronom de la phrase interrogative est-il superflu ? T euphonique dans l'interrogation

Bonsoir nours,

Il y a "hiatus" quand le dernier son d'un mot est difficile à lier au premier son du mot suivant, surtout quand il s'agit de voyelles.
Par exemple, nous n'aimons pas prononcer : "va y !" (ce qui serait l'orthographe normale), alors nous "rajoutons" des consonnes qui servent de "liant". Dans ce cas-là, on "triche" un peu et on ajoute  (ou "L'on" ajoute suivant l' "oreille" de chacun) un S à "va", ce qui nous donne "vas-y !"...

"Marie aime-elle la peinture ?" nous pose des problèmes de prononciation, alors, on intercale un petit "t" (entre 2 tirets) qui nous aide.

Euphonie : c'est ce qui a rapport avec l'harmonie des sons.
"c-à-d" : est une abréviation pour "c'est-à-dire" et se rapproche en cela du langage SMS.

En espérant qu'Edy passe par là pour mieux vous expliquer tout cela !

Muriel

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Bonsoir,

Marie aime-t-elle la peinture ? au lieu de Marie aime t' elle la peinture ? : déjà dit par Pierrot.

Euphonie grammaticale :

Emprunté, par l'intermédiaire du bas latin euphonia, « douceur de prononciation », du grec euphônia, de eu-, "bien", et phônê, "voix, son". Harmonie de sons agréablement combinés, par opposition à Cacophonie.

LINGUIST. Qualité des combinaisons de sons considérées comme agréables à entendre ou faciles à prononcer. L'élision et la contraction de l'article défini peuvent s'expliquer par la recherche de l'euphonie.

Le terme "euphonie" réfère, en musique, à une harmonie de sons agréablement combinés, alors qu'en linguistique il désigne une succession agréable de sons d'une langue, dans le cadre d'un mot ou d'une phrase. La quête de l'euphonie est à l'origine de plusieurs changements phonétiques. Le contraire de l'euphonie est la cacophonie.

Relatif à l'euphonie. Une tendance euphonique très générale tend à éliminer les hiatus.

Conforme aux exigences de l'euphonie. Consonne euphonique. (t, s…)

Tout comme en musique où elle signifie la combinaison harmonieuse des sons, l’euphonie ou harmonie des mots s’applique dans le domaine de la grammaire et du style pour désigner une qualité de la langue et de l’expression qui résulte d’une juxtaposition des sons agréables à l’oreille. Les auteurs qui commettent le défaut contraire à l’euphonie tombent dans la cacophonie et même de grands écrivains n’en sont pas tout à fait exempts. Il existe un élément relatif dans la détermination de ce qui est agréable ou non à l’oreille et les usages concernant l’euphonie varient par conséquent avec les individus, les langues et aussi avec les époques.

Il convient de distinguer deux degrés de l’euphonie, l’euphonie grammaticale et l’euphonie stylistique.

Réf. : DITL

Je ne parlerai pas de cette dernière.

En pratique :

En français, il existe un ensemble de procédés qui ont pour but essentiel d’éviter l’hiatus, causé par la juxtaposition de deux sons vocaliques correspondant le plus souvent à la fin d’un mot et au début du suivant.
Ainsi intervient, pour éviter le hiatus :
- l’intercalation d’un "t", qualifié parfois d’euphonique, dans les formes verbales comme dira-t-on ou qu’a-t-il ? ;

- l’addition d’un "s" à des formes de l’impératif devant y et en comme dans vas-y ou manges-en ;

- ou la liaison qui, avec ses règles précises et ses nombreuses applications, se présente chaque fois qu’une consonne finale, non prononcée dans un mot pris isolément, se prononce "devant une voyelle ou un h muet", comme dans vous êtes trop aimable où le "s" et le "p" sont prononcés en raison de leur position ;

- ou encore l’emploi de l’apostrophe, par élision de "e" ou de "a", qui est un des procédés les plus utilisés : l’air, c’est, qu’il.

Pourtant il ne faudrait pas déduire de ces règles que, pour raison d’euphonie, le hiatus n’existe pas en français ; en fait, il y est fréquent, soit entre les mots : le onze, il en a eu une, soit même à l’intérieur des mots :ahuri, créer.

Ceci illustre encore un aspect de la relativité des préceptes qui gouvernent l’euphonie et qui relèvent de la phonétique syntactique.

@

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Le pronom de la phrase interrogative est-il superflu ? T euphonique dans l'interrogation

Merci beaucoup pour vos réponses. Je suis comblé. Désolé d' avoir choqué Pierrot11 avec ma question et mes fautes d' orthographe mais le français n' est pas ma langue maternelle et il n' est pas très facile à apprendre.
Encore merci d' élaigir ma culture, à bientôt.
nours1811

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Le pronom de la phrase interrogative est-il superflu ? T euphonique dans l'interrogation

Nours a écrit :

Désolé d' avoir choqué Pierrot11 avec ma question et mes fautes d' orthographe

Non, Nours, ta question ne m'a pas choqué et ton orthographe encore moins (mais de quelles fautes parles-tu ?). Je voulais simplement dire que ta question est légitime par rapport à l'apprentissage du français, mais que la comparaison avec une autre langue ne me semble pas relever de notre Forum Littéraire.

   Je dois dire que tu n'es pas le seul à poser cette question sur le t' (bien des natifs s'y trompent aussi) et que, vu la qualité de ton écriture, je ne m'étais pas douté un instant que tu es un apprenant FLE !
   C'est d'ailleurs pourquoi j'ai utilisé une abréviation usuelle pour "c'est-à-dire" : ce n'est pas du sms (langage que je ne pratique pas). Le sms ne met ni accents, ni traits d'union, ni point après une abréviation. Il me semble que, en sms, cela s'écrirait plutôt stadir, ou quelque chose comme ça.

   Excuse-moi donc d'avoir été maladroit.

Le pronom de la phrase interrogative est-il superflu ? T euphonique dans l'interrogation

Nours
Continue à nous demander on te précisera tout ça avec plaisir
Par contre ta phrase en anglais n'est pas correcte
Is Mary likes paintings.
se dit
Does Mary like painting
ou avec l'aux be "is Mary liking painting" mais c'est un peu bizarre.
en tous les cas
"is somebody doing something......."
or
"does somebody do something" et après l'aux do, does dans les interrogations ou négations le verbe est à "l'infinitif sans to" donc ne prend jamais de S à la 3ème personne

Does Mary like painting ?
She does not like paintingPierrot
Il me semble que ce Forum ne mériterait pas son nom de littéraire s'il ne s'interessait pas aux autre langues, dans la limite de nos connaissances bien sûr ! 

Le pronom de la phrase interrogative est-il superflu ? T euphonique dans l'interrogation

Si vous voulez bien excuser mon intervention, j'ai l'impression que pour ceux qui apprennent le français, il est difficile de comprendre pourquoi notre oreille accepte certains hiatus et non les autres.

Si je me souviens bien, chacune de nos bizarreries trouve son origine dans la différence entre le latin des érudits qui étaient les seuls à connaître l'écrit, et ce qu'entendait le peuple à qui la langue s'imposait.

Par exemple, dans amat, selon les accents régionnaux, le t était plus ou moins prononcé et le langage populaire n'en tenait pas toujours compte,  il s'est perdu peu à peu. Par contre, il y a une forme "amat ille" dans laquelle les "non-érudits" entendaient bien le t qu'ils ont conservé.

j'ai eu l'occasion de feuilleter un livre qui expliquait une bonne partie de notre orthographe selon une origine des mots érudite ou populaire, donc, écrite ou orale. Je ne me souviens plus du titre, mais ce genre de livre doit se trouver.

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Le pronom de la phrase interrogative est-il superflu ? T euphonique dans l'interrogation

Bonsoir,
Je suis toute nouvelle sur votre forum que j'explore depuis une bonne demi-heure en me disant: "qu'est-ce qu'il est bien ? j'ai de la chance d'être tombée dessus." De ce fait, je me permets de vous envoyer ce message car comme beaucoup de personnes j'ai des questions sur notre belle langue française.
Dans une phrase interrogative, quand nous souhaitons supprimer le "est-ce-que", nous inversons le sujet avec le verbe, et parfois nous employons une forme plus complexe avec le sujet comme GN ou nom propre comme dans cet exemple: Paul va-t-il au cinéma ? Mais quand il s'agit de verbe en -dre comme prendre devons-nous mettre le "t" ?
Prend-t-elle le train ?  ou Prend-elle le train ? Personnellement j'écris toujours la deuxième version car il me semble que devant un "d" il n' y a pas besoin de l'emploi du "t".
Je vous remercie de bien vouloir m'aider dans ma recherche.
Cordialement
L'hirondelle.

Le pronom de la phrase interrogative est-il superflu ? T euphonique dans l'interrogation

Bonsoir L'hirondelle,

Vous avez raison, il n'y a pas besoin du -t euphonique. Quand un verbe conjugué se termine par -d, la liaison se fait entendre avec le son -t, exactement comme avec n'importe quel mot se terminant par un -d : un grand homme = un grand (t)homme.
Voyez ici

Muriel