Molière, Tartuffe, acte V, scène 3

Bonjour à tous,

Voilà je dois faire un commentaire composé sur la scene 3 de l'acte 5 du Tartuffe de Molière, mais je peine avec cet exercice. Je n'arrive pas à avoir une vision générale et une analyse pertinente.

Voici l'extrait:

"MADAME PERNELLE
    Qu'est-ce? J'apprends ici de terribles mystères*.

ORGON
    Ce sont des nouveautés dont mes yeux sont témoins,
Et vous voyez le prix dont sont payés mes soins.
1645     Je recueille, avec zèle, un homme en sa misère,
Je le loge, et le tiens comme mon propre frère;
De bienfaits, chaque jour, il est par moi chargé,
Je lui donne ma fille, et tout le bien que j'ai;
Et dans le même temps, le perfide, l'infâme,
1650     Tente le noir dessein de suborner ma femme ;
Et non content encor de ces lâches essais,
Il m'ose menacer de mes propres bienfaits,
Et veut, à ma ruine, user des avantages
Dont le viennent d'armer mes bontés trop peu sages;
1655     Me chasser de mes biens où je l'ai transféré,
Et me réduire au point d'où je l'ai retiré.

DORINE
    Le pauvre homme!

MADAME PERNELLE
    Mon fils, je ne puis du tout croire
    Qu'il ait voulu commettre une action si noire.

ORGON
    Comment?

MADAME PERNELLE
    Les gens de bien sont enviés toujours.

ORGON
1660     Que voulez-vous donc dire avec votre discours,
Ma mère?

MADAME PERNELLE
    Que chez vous on vit d'étrange sorte,
    Et qu'on ne sait que trop la haine qu'on lui porte.

ORGON
    Qu'a cette haine à faire avec ce qu'on vous dit?

MADAME PERNELLE
    Je vous l'ai dit cent fois, quand vous étiez petit.
1665     La vertu, dans le monde, est toujours poursuivie;
Les envieux mourront, mais non jamais l'envie.

ORGON
    Mais que fait ce discours aux choses d'aujourd'hui?

MADAME PERNELLE
    On vous aura forgé cent sots contes de lui.

ORGON
    Je vous ai dit déjà, que j'ai vu tout moi-même.

MADAME PERNELLE
1670     Des esprits médisants, la malice est extrême.

ORGON
    Vous me feriez damner, ma mère. Je vous di,
Que j'ai vu de mes yeux, un crime si hardi.

MADAME PERNELLE
    Les langues ont toujours du venin à répandre;
Et rien n'est, ici-bas, qui s'en puisse défendre.

ORGON
1675     C'est tenir un propos de sens bien dépourvu !
Je l'ai vu, dis-je, vu, de mes propres yeux vu,
Ce qu'on appelle vu: faut-il vous le rebattre
Aux oreilles cent fois, et crier comme quatre?

MADAME PERNELLE
    Mon Dieu, le plus souvent, l'apparence déçoit.
1680     Il ne faut pas toujours juger sur ce qu'on voit.

ORGON
    J'enrage.

MADAME PERNELLE
    Aux faux soupçons la nature est sujette;
    Et c'est souvent à mal, que le bien s'interprète.

ORGON
    Je dois interpréter à charitable soin,
Le désir d'embrasser ma femme?

MADAME PERNELLE
    Il est besoin,
1685     Pour accuser les gens, d'avoir de justes causes,
Et vous deviez attendre à vous voir sûr des choses.

ORGON
    Hé, diantre, le moyen de m'en assurer mieux?
Je devais donc, ma mère, attendre qu'à mes yeux
Il eût... Vous me feriez dire quelque sottise.

MADAME PERNELLE
1690     Enfin d'un trop pur zèle on voit son âme éprise,
Et je ne puis du tout me mettre dans l'esprit,
Qu'il ait voulu tenter les choses que l'on dit.

ORGON
    Allez. Je ne sais pas, si vous n'étiez ma mère,
Ce que je vous dirais, tant je suis en colère.

DORINE
1695     Juste retour, Monsieur, des choses d'ici-bas.
Vous ne vouliez point croire, et l'on ne vous croit pas.

CLÉANTE
    Nous perdons des moments, en bagatelles pures,
Qu'il faudrait employer à prendre des mesures.
Aux menaces du fourbe, on doit ne dormir point*.

DAMIS
1700     Quoi! son effronterie irait jusqu'à ce point?

ELMIRE
    Pour moi, je ne crois pas cette instance* possible,
Et son ingratitude est ici trop visible.

CLÉANTE
    Ne vous y fiez pas, il aura des ressorts,
Pour donner, contre vous, raison à ses efforts;
1705     Et sur moins que cela, le poids d'une cabale
Embarrasse les gens dans un fâcheux dédale.
Je vous le dis encore, armé de ce qu'il a,
Vous ne deviez jamais le pousser jusque-là.

ORGON
    Il est vrai, mais qu'y faire? À l'orgueil de ce traître*,
1710     De mes ressentiments je n'ai pas été maître.

CLÉANTE
    Je voudrais de bon cœur, qu'on pût entre vous deux,
De quelque ombre de paix, raccommoder les nœuds.

ELMIRE
    Si j'avais su qu'en main il a de telles armes,
Je n'aurais pas donné matière à tant d'alarmes,
Et mes...

ORGON
1715     Que veut cet homme? Allez tôt le savoir ;
    Je suis bien en état que l'on me vienne voir."

Pour ce qui est de la problématique je pensais à "comment à travers l'opposition entre Orgon et Madame Pernelle, Molière apporte une dimension morale à la pièce."

Pour le plan, j'ai trouvé deux parties:

I) Un dialogue de sourds en écho avec d'autres scènes de la pièce.

a) L'inversion des rôles (Orgon se retrouve dans le rôle du raisonneur)
b) La résonance avec l'acte I scène 1 (scène collective, Tartuffe absent, Mme Pernelle en opposition avec le reste de la famille...)
c) Un dialogue de sourds

II)Une dimension tragique

a) Une pause dans l'accélération du dénouement
b) Une tonalité tragique (Orgon victime de Tartuffe, situation de danger...)

Voilà, je tourne en rond maintenant...

Merci d'avance.