Agrippa d'Aubigné, Prière du soir

Bonjour,
je suis élève de 1ère S et pour le besoin d'une dissertation, je dois trouver en quoi sous sa forme argumentative et polémique, la poésie parle le langage de la raison à travers le poème "Prière du Soir" d'Agrippa d'Aubigné.

Je pense avoir compris le côté polémique du poème puisque j'y ai noté les références à l'affrontement qui se déroulait entre protestants et catholiques à cette époque (sachant que Aubigné y a pris parti) :
"Les sursauts des méchants sommeillants en frayeur, Qui sont couverts de plomb" (allusion aux soldats catholiques?) 
" Astre de nos esprits, […] étoile du Nord" (v.3) → le rôle de Dieu serait ici de guider les protestants pour les sortir de cette guerre (qui serait alors qualifiée comme une "obscure nuit", ce qui collerait bien)
"faibles en la foi " → catholiques ?
Ce poème pourrait donc être polémique car il défend les protestants et cristallise l'animosité du poète envers les catholiques.

Si je comprends à priori ce qu'il "dénonce" je ne vois pas où est la forme argumentative dans ce poème, je ne comprends pas ce que Aubigné argumente à vrai dire. Quant au "langage de la raison", j'ai du mal à définir cette expression? Est-ce la raison de l'époque de penser comme Aubigné? Ou est-ce ce qu'il apparaît au poète comme raisonnable, sensé ? (j'ai peut-être noté une allusion à la raison avec l'expression "l'oeil de la conscience"...)

Je vous remercie d'avance pour votre aide, ce poème reste très flou pour moi malgré mes recherches, j'espère que vous pourrez quelque peu m'éclairer. 


Je vous joins le poème en question :

Dans l'épais des ombres funèbres,
Parmi l'obscure nuit, image de la mort,
Astre de nos esprits, sois l'étoile du Nord,
Flambeau de nos ténèbres.

Délivre-nous des vains mensonges
Et des illusions des faibles en la foi :
Que le corps dorme en paix, que l'esprit veille à toi,
Pour ne veiller à songes.

Le corps repose en patience,
Dorme la froide crainte et le pressant ennui :
Si l'oeil est clos en paix, soit clos ainsi que lui
L'oeil de la conscience.

Ne souffre pas en nos poitrines
Les sursauts des méchants sommeillants en frayeur,
Qui sont couverts de plomb, et se courbent en peur
Sur un chevet d'épines.

A ceux qui chantent tes louanges
Ton visage est leur ciel, leur chevet ton giron,
Abrités de tes mains, les rideaux d'environ
Sont le camp de tes anges.

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Agrippa d'Aubigné, Prière du soir

Bonjour,

Une polémique, à vrai dire, n'est qu'une manière violente d'argumenter. Dans le contexte du poème, il s'agit de la polémique autour des Guerres de religion.

Ici, Agrippa défend les protestants : c'est la thèse de son argumentation.

Après avoir suggéré les violences commises (massacres entre protestants et catholiques), il "parle le langage de la raison". Tu as relevé "l'oeil de la conscience". Relève d'autres réseaux lexicaux qui évoquent l'apaisement d'une "conscience" sûre d'avoir raison et l'inutilité des combats...