Les éditions de référence à l'agrégation

Bonjour,

je me demandais quel était l'intérêt d'acheter l'édition de référence d'un livre, proposé au programme de l'agreg', quand on peut en trouver d'autres à un prix plus raisonnable.
Bref, pourquoi dépenser 50 € pour Les Confessions dont l'édition critique est de Mr Voisine, alors qu'il y a d'autres éditions de poche à des prix nettement plus abordables ?

Voilà la question que je me pose. En effet, j'hésite à investir dans cet ouvrage, sachant que je peux le trouver dans les bibliothèques universitaires.

Qu'en pensez-vous ?

Les éditions de référence à l'agrégation

L'édition de poche à 18-20 euros environ convient aussi pour les Confessions.
Par contre, je trouve excessif le prix (neuf) du recueil de Scève (35 euros). Surtout quand on voit l'objet...

3

Les éditions de référence à l'agrégation

Les éditions de référence sont traditionnellement un objet de discorde et cette année n'échappe pas à la règle, qui propose une édition catastrophique des Fables de La Fontaine, dont le seul mérite est le prix (qui est peut-être encore excessif, quand on songe que l'oeuvre est dans le domaine public et que, pour un aussi piètre travail, autant se rabattre sur un e-book gratuit).

D'un point de vue pratique, les éditions de référence permettent de coordonner les efforts pour le travail en classe et en groupe, c'est-à-dire de partager une même pagination. Il faut ajouter à cela que ces éditions sont celles qui sont proposées aux candidats lors des épreuves orales et que, par conséquent, il est toujours plus confortable de s'être familiarisé avec elles durant l'année. Si cela ne change pas grand-chose pour les épreuves longues comme la leçon, ce peut être décisif pour des épreuves au format bâtard comme l'explication de littérature comparée.

Indubitablement, tu trouveras de meilleures éditions et tout simplement de plus abordables de la plupart des textes au programme. Si la perspective de travailler à l'oral avec une édition peu pratiquée ne t'effraie pas, je te conseille en effet de réduire tes dépenses. Je suis presque d'avis qu'il est plus raisonnable d'acheter une liseuse entrée de gammes (pour une centaine d'euros) et de télécharger des éditions libres que d'investir deux cents euros dans le programme de l'agrégation.

Une exception notable est l'édition recommandée du texte d'ancien français (et par extension, des textes de langue ancienne pour les classiques). Le texte même peut varier suivant les éditeurs, en fonction de la lecture pratiquée des manuscrits. Il est donc impératif de travailler sur l'édition inscrite au programme.

4

Les éditions de référence à l'agrégation

Le Canard a écrit :

Les éditions de référence sont traditionnellement un objet de discorde et cette année n'échappe pas à la règle, qui propose une édition catastrophique des Fables de La Fontaine, dont le seul mérite est le prix (qui est peut-être encore excessif, quand on songe que l'oeuvre est dans le domaine public et que, pour un aussi piètre travail, autant se rabattre sur un e-book gratuit).

Pure curiosité, car je n'ai pas cette édition: que peut-on lui reprocher? laquelle conseilles-tu parmi les éditions de poche récentes? J'ai celle de Fumaroli, mais elle est d'un format moins maniable.

5

Les éditions de référence à l'agrégation

Les principaux reproches sont :
— une modernisation incompréhensible de l'orthographe
— l'effacement des majuscules pour des raisons obscures
— une présentation très orientée de la philosophie de La Fontaine
— des notes souvent fautives (erreur dans l'attribution de certains textes, dans les dates, dans les noms des auteurs)

Les autres éditions dans le commerce sont bien meilleures (pour quelques euros de plus). Je ne suis pas sûr d'avoir tellement de préférence entre les quatre ou cinq que j'ai pratiquées par ailleurs ces dernières années.

L'édition de 1998 chez Pocket par Marie-Madeleine Fragonard (collection Pocket Classiques), en apparence très scolaire, a l'immense avantage de donner la source de chacune des fables, d'éclairer le vocabulaire le plus obscur (c'est un peu mal présenté, mais c'est très utile pour une classe de lycée), de présenter les principaux dédicataires. Le dossier n'est pas toujours essentiel (pour un agrégatif), mais il y a de bons passages pour une première approche.

Je suis en déplacement, du coup je n'ai pas mes autres éditions sous la main, mais en effet c'est celle que j'utilise le plus souvent. Il me semble par ailleurs qu'on ne demande pas grand-chose d'autre à une édition de poche que d'éclairer la compréhension littérale du texte et de fournir quelques éléments contextuels. Pour l'interprétation, il y a d'autres outils. A mes yeux, les mauvaises éditions sont souvent les plus bavardes.

6

Les éditions de référence à l'agrégation

Merci!
Je vais essayer de trouver celle de Marie-Madeleine Fragonard. Tout ce que j'ai lu de cette spécialiste était en effet très utile, très clair.

7

Les éditions de référence à l'agrégation

Je suis rentré chez moi et malgré la propension de ma compagne à semer les livres dans tout l'appartement, j'ai réussi à trouver une autre édition à laquelle je pensais et qui me parait tout à fait praticable également. Il s'agit de l'édition de Pierre Clarac et Marie-France Azéma, dans la collection Livre de Poche de la Librairie Générale Française — l'édition qui était au programme du baccalauréat en 1997, si j'en crois sa couverture.

Tu y trouveras le même genre de présentation que chez Fragonard, mais la provenance des fables sera un peu plus détaillée et les notes sur le texte suivent chaque fable, au lieu d'être rejetées dans des lexiques de noms communs, de noms propres et de dédicataires. On trouve également quelques remarques de syntaxe (mais bien moins que ce qui est nécessaire à non dix-septiémiste). En revanche, pas de dossier documentaire.

Je dirais que les deux éditions se valent. Le dossier de Fragonard n'est pas sans intérêt mais sera (normalement) vite rendu superflu par les cours d'un agrégatif. La présentation de Clarac est plus maniable et puis il y a quelques illustrations de temps à autre.