La poésie est-elle un art simple et accessible par tous ?

Bonjour à tous,

Je vous expose ma situation actuelle : je suis élève en première scientifique et me suis inscris au concours général des lycées, en composition française.

Je profite alors de mes vacances pour m'atteler à différents sujets de dissertations, et j'aimerais avoir la possibilité d'obtenir un avis sur ce que je produis.

Voici le sujet avec lequel je me suis entraîné cette après-midi :

Le poète recommande : "Penchez-vous, penchez-vous davantage." Il ne sort pas toujours indemne de sa page, mais comme le pauvre il sait tirer parti de l'éternité d'une olive." (René Char)

Qu'en pensez-vous ?

Voici ce que j'ai envisagé :

Problématique : La poésie est-elle un art simple et accessible par tous ?

I. La poésie est un art reposant sur choses simples et des sentiments épurés.

A.    La poésie invite à savourer les plaisirs simples de la vie et à profiter de l’instant présent.

Exemple : Carpe Diem, Epicurisme

B.    La poésie permet d’immortaliser des sentiments universels

Exemple : « Sonnet pour Hélène » Quand Ronsard dit à Hélène qu’elle peut accéder à la postérité grâce à ses vers.

C.    La poésie peut être un moyen de soulager sa peine, avec les sentiments à la base de la création poétique.

Exemple : « Demain dès l’aube » Victor Hugo


II. La poésie est souvent incomprise par la société

A.    Le poète peut parfois être incompris et rejeté par la société

Exemple : Poètes maudits


B.    La parole du poète n’est pas toujours en adéquation avec celle du peuple

Exemple : Dans « Les dernières paroles du poète » René Daumal écrit : « Faites que je vive, et moi je vous ferai retrouver la parole ! ».
Son sort est en quelque sorte lié à la volonté du peuple.
« Le peuple était déjà bien trop terrorisé. / Et pour avoir trop balancé pendant sa vie, le poète se balance encore après sa mort »
La conclusion funeste témoigne de l’inéquation peuple/poète

C. Le travail poétique qui se cache derrière un poème n'est pas toujours très compréhensible pour le lecteur.

Exemple : Oulipo

III. La poésie peut parfois être utile et simple à la fois, et peut-même nous faire rêver.

A.    La poésie est aussi un moyen de mettre en évidence les maux de la société (poésie engagée)

Exemple : « Melancholia » de Victor Hugo


B.    La poésie peut avoir une fonction didactique et être accessible

Exemple : Les Fables de La Fontaine


C.    Le poète en étant découvreur de symbole réussi à nous dépeindre des mondes nouveaux : le poète recompose le monde et le dépasse.

Exemple : Les surréalistes / Symbolisme



A bientôt !

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La poésie est-elle un art simple et accessible par tous ?

Bonsoir,

La première difficulté est d'interpréter correctement la pensée de Char.
Elle est sibylline à souhait.
Le début évoque peut-être le nécessaire travail formel, la suite évoque l'importance de la création poétique qui engage son auteur au point de le dépouiller de sa substance, mais pour produire un objet accompli. Il faudrait tirer parti de la métaphore de l'olive (peut-être d'abord un renvoi au recueil de Joachim du Bellay, mais ensuite la forme harmonieuse, la chair qui dissimule un noyau dur...).
Je ne sais donc pas si la problématique est adéquate.

Quoi qu'il en soit, à partir de ta problématique, il me semble que des aspects comme l'apparente simplicité, fruit d'un travail de simplification, l'invention d'un langage universel par l'expression des sentiments et le recours aux figures d'image n'apparaissent pas assez. De même l'autotélisme qui à partir de la fin du XIXe siècle a rebuté bien des lecteurs.

Il me semble que tu t'es un peu éparpillé dans les fonctions de la poésie alors que le sujet t'invitait à examiner les spécificités du langage poétique avec ses atouts et ses écueils.

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La poésie est-elle un art simple et accessible par tous ?

« Le poète recommande : Penchez-vous, penchez-vous davantage. Il ne sort pas toujours indemne de sa page, mais comme le pauvre, il sait tirer parti de l'éternité d'une olive ». (Seuls demeurent, 1948, Gallimard).

Selon moi :
Se pencher : réfléchir, travailler d'arrache-pied, se concentrer, porter une grande attention à... etc.
Ne sort pas toujours indemne de sa page : fatigue après un effort soutenu, peut-être même malade...
Le pauvre : celui qui quête, celui qui demande, celui qui cherche.
L'éternité d'une olive : je ne peux m'empêcher de penser à la valeur symbolique de l'olivier, arbre de Dieu (jardins des oliviers) et arbre Saint depuis toujours. L'arbre qui nourrit et qui guérit. Et qui probablement inspire et fournit les réponses pour l'objet sur lequel on se penche...

C'est un peu Boileau :

Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage...

avec un peu plus de mystique.