Tout à fait autre chose

Bonjour

Je suis un peu en panne pour analyser cette phrase, répétée x fois chaque jour par un présentateur de TV de 13 heures, pour enchaîner ses sujets :

Tout à fait autre chose !

Qui se lance pour éclairer le problème ? Comment percevez-vous cette phrase ?

merci d'avance
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Tout à fait autre chose

Sauf erreur de ma part :

  tout-à-fait (locution adverbiale) = complètement

   tout-à-fait autre chose = un tout autre sujet

  Un autre présentateur (du 20 h), gaussé par les Guignols, utilise quant à lui : sans transition ...

Tout à fait autre chose

Bonjour Pierrot

Marrant... ou désolant.

Comment s'insurger après les enfants qui parlent en "petit français" alors que l'exemple vient d'en haut.

1 - Tout-à-fait autre chose.

2 - Sans transition ...

A qui le tour ?

Edy, seriez-vous souffrant ? Je n'ose le croire malgré votre silence actuel. Revenez vite en ajouter une de votre cru.

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Tout à fait autre chose

Henry a écrit :

Comment s'insurger après des enfants qui parlent en "petit français" alors que l'exemple vient d'en haut.

Non, je ne comprends pas ta (courte) diatribe, car j'interprète cette expression comme une phrase avec un sous-entendu, une ellipse :
« Et voici maintenant, sans transition, le sujet suivant / tout autre chose / un tout autre sujet ... »

   NB: je préfèrerais dire "s'insurger de ce que les enfants parlent ..."

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Tout à fait autre chose

Je dirais comme Pierrot, Tout à fait autre chose signigie complètement autre chose, et dans ce cas indique un changement de sujet, sans transition aucune...?

Par contre, je ne comprends pas ce qui est marrant ou désolant ?

Eloïse, perplexe.

Tout à fait autre chose

Bonjour

Esiole ajoute :

Je dirais comme Pierrot, Tout à fait autre chose signifie complètement autre chose, et dans ce cas indique un changement de sujet, sans transition aucune...?


…ainsi le tribunal en a décidé.

Tout à fait autre chose
Complètement autre chose.

Les lacs des Pyrénées sont presque vides… l’été sera difficile.

Partiellement autre chose. (Antonyme de complètement et donc valable aussi, pourquoi pas ?)

La Bourse de Tokyo…

Marrant ou désolant ? = Doit-on en rire ou en pleurer ?

Vous ne semblez pas choqués par "tout à fait autre chose", pour ma part ça sonne désagréablement à mon oreille et cette construction me semble grammaticalement mauvaise, mais ce n’est que mon sentiment. J’en reste là pour ce sujet qui n’était qu’une petite parenthèse.

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Tout à fait autre chose

Le problème que je rencontre souvent c'est que justement, j'argumente avec mes "sentiments" alors que je préfèrerais trouver des bonnes vieilles règles de grammaire et d'orthographe... mais là, j'trouve pas. 

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Tout à fait autre chose

Henry a écrit :

pour ma part ça sonne désagréablement à mon oreille

et Esiole a écrit :

Le problème que je rencontre souvent c'est que justement, j'argumente avec mes "sentiments"

et vous n'êtes pas les seuls à qui cela arrive ... C'est pourquoi je me réfère à "de bonnes vieilles règles de grammaire et d'orthographe".
   En l'occurrence, qu'est-ce qui interdit l'ellipse de la préposition dans « Voici un tout autre sujet : ... » ?

    Si je présente une personne à une autre, je dis : « Ma femme ... Monsieur Machin ...» et ça ne choque ni ne gêne personne que je taise le "voici".
    En quoi en serait-il différemment avec "tout autre chose" ?

Tout à fait autre chose

Bonsoir à vous !

Merci ! Le Veau d’or est toujours debout. Et il ne dort pas.

1 Les titres « Tout à fait autre chose » et « Sans transition » sont elliptiques ; les médias sont friands de titres-chocs.

2 Après avoir observé que ce sont deux phrases averbales (= sans verbe), nous noterons que « tout à fait autre chose » comprend une locution adverbiale et un pronom indéfini.
C’est assez pour faire un énoncé grammatical, lequel peut être reconstitué dans son entier par l’insertion de l’introducteur / présentatif « voici ».

3 Tout à fait ne comporte pas de trait d’union. Je le dis pour relever un lapsus isolé.
Cela me rappelle quelqu’un qui s’étonnait que « trait d’union » n’en eût pas. (Saut périlleux de concordance !)

4 Vous m’avez appris (le TLFI me l’a confirmé) que gausser n’est pas uniquement pronominal, comme le dit le Petit Robert, mais qu’il peut encore être considéré comme verbe transitif (gausser quelqu’un, donc gaussé par quelqu’un) ou intransitif. C'est cependant vieilli... Tant pis, je prends !

5 A propos de « s’insurger », le Petit Robert ne donne pour la construction que la seule préposition « contre » ; dans une construction complétive, j’aurais également employé « de ce que ».

6 De ce que vous savez, j’ai colligé (plus littéraire que ça, tu meurs !) quelques citations comprenant l’expression « tout à fait ». Bonne lecture !

* La conjugaison éternelle du verbe aimer ne convient peut-être qu’aux âmes TOUT À FAIT naïves. (GÉRARD DE NERVAL. LETTRES)
* Il vaut mieux n’avoir pas TOUT À FAIT assez de ce qui est nécessaire que de ne jamais pouvoir avoir trop de ce qui est inutile. (SIGRID UNDSET. PENSÉES)
* C’est bien la peine de ne pas être TOUT À FAIT des imbéciles pour vivre comme des fous ! (GUSTAVE FLAUBERT. LETTRES)
* Être con est TOUT À FAIT supportable tant qu'on l'est suffisamment pour ne pas savoir qu'on l'est. (FRANÇOIS CAVANNA. LE SAVIEZ-VOUS ?)
* Il est rare que nous soyons TOUT À FAIT innocent de nos souffrances. (JEAN ROSTAND. PAGES D’UN MORALISTE)
* Il avait à l’occasion de longs moments de silence qui rendaient sa conversation TOUT À FAIT délicieuse. (SYDNEY SMITH)
* La question est une invention merveilleuse et TOUT À FAIT sûre pour perdre un innocent qui a la complexion faible et sauver un coupable qui est né robuste. (JEAN DE LA BRUYÈRE. LES CARACTÈRES)
* Monsieur, jeune écrivain TOUT À FAIT inconnu et dépourvu de relations, je vous prie d’être assez aimable pour m’envoyer une lettre de recommandation auprès de vous-même. (CHARLES MONSELET)
* Ah ! je le jure, il vaut mieux être trompé TOUT À FAIT que d'avoir le moindre soupçon. (SHAKESPEARE. OTHELLO)
* Quand un fou paraît TOUT À FAIT raisonnable, il est grand temps de lui mettre la camisole. (EDGAR POE. HISTOIRES EXTRAORDINAIRES)
* Celui qui a bien vu l’Italie ne peut jamais être TOUT À FAIT malheureux. (GOETHE. VOYAGE EN ITALIE)
* L’homme n’est pas entièrement coupable : il n’a pas commencé l’Histoire ; ni TOUT À FAIT innocent, puisqu’il la continue. (ALBERT CAMUS. L’ÉTÉ)
* Bientôt la seule liberté qui nous sera TOUT À FAIT indispensable sera la liberté de la réclamer. (MARCEL JULLIAN. COURTE SUPPLIQUE AU ROI POUR LE BON USAGE DES ÉNARQUES)
* Une des meilleures raisons qu’on puisse avoir de ne se marier jamais, c’est qu’on n’est pas TOUT À FAIT dupe d’une femme, tant qu’elle n’est point la vôtre. (CHAMFORT. PENSÉES)
* Étant mortel, je ne peux pas être TOUT À FAIT décontracté. (WOODY ALLEN)
*  Chacun n’est devenu TOUT À FAIT soi-même que le jour où ses parents sont morts. (HENRY DE MONTHERLANT. CARNETS)
* Avoué, le péché est à moitié pardonné ; caché, il est pardonné TOUT À FAIT. (PIERRE VÉRON. LE CARNAVAL DU DICTIONNAIRE)
* Elle avait une sorte de rire très pénétrant, TOUT À FAIT comme un train s’engouffrant dans un tunnel. (PELHAM WODEHOUSE)
* Pour que la vie des hommes ne soit pas TOUT À FAIT triste et maussade, Jupiter leur a donné bien plus de passion que de raison. (ÉRASME. ÉLOGE DE LA FOLIE)
* On n’est pas TOUT À FAIT sincère sans être un peu ennuyeux. (ANATOLE FRANCE)
* Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant / D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime, / Et qui n’est, chaque fois, ni TOUT À FAIT la même / Ni TOUT À FAIT une autre, et m’aime et me comprend. (PAUL VERLAINE. POÈMES SATURNIENS)
* Ma mission est de tuer le temps, et la sienne de me tuer à son tour. On est TOUT À FAIT à l’aise entre assassins. (EMIL CIORAN. ÉCARTÈLEMENT)
* Le Pauvre sera devenu TOUT À FAIT méconnaissable ; il s’appellera le chômeur, viendra manger deux fois par jour dans la main de l’État, son maître, recevra de lui chaque semaine son bon de cinéma et d’amour. (GEORGES BERNANOS. LA GRANDE PEUR DES BIEN-PENSANTS)

Allez ! bonne nuit !
Cordialement à vous,
Edy

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Tout à fait autre chose

Tout à fait, Edy !   

   Hélas, j'aimais bien le trait d'union ... je vais devoir l'abandonner, n'ayant aucune justification à le garder sauf une certaine recherche de la complication   

   

gausser n’est pas uniquement pronominal […] Tant pis, je prends !

C'est Robert le Grand qui le précise transitif (moquer aussi est transitif) : Tant mieux, je garde !   

    Quant à "s'insurger contre", ta remarque est parfaitement exacte, et je constate qu'il s'agit d'un glissement sémantique, qui d'ailleurs affaibli le sens original. Mais j'utilise volontiers "s'insurger de ce que ... / se fâcher de ce que ..." en lieu et place de  "s'insurger contre ... / se fâcher contre ...".