Sujet d'invention au bac blanc 2012

Bonsoir ou Bonjour ! Je viens, ici, recueillir votre aide, ami(e)s et partisans des sujets d'inventions ! En effet, ce matin dès 8h30, j'ai eu le plaisir infini de découvrir mon sujet de français à savoir : Les réecritures. (Mythe de Phèdre)
Un corpus de texte sur ce mythe (Sénèque, Racine, et j'ai oublié le suivant ainsi que Zola avec La Curée.) après avoir longuement étudié les différents choix qui m'étaient proposés entre le commentaire, la dissertation ainsi que le sujet d'invention, j'ai choisi un choix qui, pour moi est celui du plaisir et non celui de la facilité comme certains peuvent le penser, le sujet d'invention avec pour support La Curée de Zola

"Aurait-elle la force de s'empoisonner, un jour ?"
La consigne était de faire un monologue délibéré dans lequel Renée décide si elle doit s'empoisonner ou pas.

Naturellement, le quart de classe saute sur un monologue théâtrale tandis que moi je décide d'adopter la méthode d'Emile Zola avec un narrateur omniscient qui communique au lecteur le dilemme du personnage. Ai-je fais une bourde monumentale ?

Sujet d'invention au bac blanc 2012

Je ne comprends pas tout car je n'ai pas les textes ni la consigne exacte, mais pourquoi un monologue théâtral ? je pense au contraire comme toi qu'il fallait garder un narrateur extérieur qui entre dans les pensées de son personnage... A moins qu'il soit précisé de transformer en théâtre...

Sujet d'invention au bac blanc 2012

Attendez, j'ai reussi à avoir les consignes exactes : "Aurait-elle la force de s'empoisonner un jour ?" Ecrivez un monologue délibératif  dans lequel Renée (texte 4) se demande si elle doit mourrir ou vivre.

Base : Emile Zola, La Curée, chapitre 5, 1871

Un soir, ils allèrent ensemble au Théâtre-Italien. Ils n’avaient seulement pas regardé l’affiche. Ils voulaient voir une grande tragédienne italienne, la Ristori, qui faisait alors courir tout Paris, et à laquelle la mode leur commandait de s’intéresser. On donnait Phèdre. Il se rappelait assez son répertoire classique, elle savait assez d’italien pour suivre la pièce. Et même ce drame leur causa une émotion particulière, dans cette langue étrangère dont les sonorités leur semblaient, par moments, un simple accompagnement d’orchestre soutenant la mimique des acteurs. Hippolyte était un grand garçon pâle, très médiocre, qui pleurait son rôle.
— Quel godiche ! murmurait Maxime.
Mais la Ristori, avec ses fortes épaules secouées par les sanglots, avec sa face tragique et ses gros bras, remuait profondément Renée. Phèdre était du sang de Pasiphaé, et elle se demandait de quel sang elle pouvait être, elle, l’incestueuse des temps nouveaux. Elle ne voyait de la pièce que cette grande femme traînant sur les planches le crime antique. Au premier acte, quand Phèdre fait à Œnone la confidence de sa tendresse criminelle ; au second, lorsqu’elle se déclare, toute brûlante, à Hippolyte ; et, plus tard, au quatrième, lorsque le retour de Thésée l’accable, et qu’elle se maudit, dans une crise de fureur sombre, elle emplissait la salle d’un tel cri de passion fauve, d’un tel besoin de volupté surhumaine, que la jeune femme sentait passer sur sa chair chaque frisson de son désir et de ses remords.
— Attends, murmurait Maxime à son oreille, tu vas entendre le récit de Théramène. Il a une bonne tête, le vieux !
Et il murmura d’une voix creuse :

À peine nous sortions des portes de Trézène,
Il était sur son char…

Mais Renée, quand le vieux parla, ne regarda plus, n’écouta plus. Le lustre l’aveuglait, les chaleurs étouffantes lui venaient de toutes ces faces pâles tendues vers la scène. Le monologue continuait, interminable. Elle était dans la serre, sous les feuillages ardents, et elle rêvait que son mari entrait, la surprenait aux bras de son fils. Elle souffrait horriblement, elle perdait connaissance, quand le dernier râle de Phèdre, repentante et mourant dans les convulsions du poison, lui fit rouvrir les yeux. La toile tombait. Aurait-elle la force de s’empoisonner, un jour ? Comme son drame était mesquin et honteux à côté de l’épopée antique ! et tandis que Maxime lui nouait sous le menton sa sortie de théâtre, elle entendait encore gronder derrière elle cette rude voix de la Ristori, à laquelle répondait le murmure complaisant d’Œnone.
Dans le coupé, le jeune homme causa tout seul, il trouvait en général la tragédie « assommante, » et préférait les pièces des Bouffes. Cependant Phèdre était « corsée. » Il s’y était intéressé, parce que… Et il serra la main de Renée, pour compléter sa pensée. Puis une idée drôle lui passa par la tête, et il céda à l’envie de faire un mot :
— C’est moi, murmura-t-il, qui avais raison de ne pas m’approcher de la mer, à Trouville.

Voilà En ce qui concerne la consigne, tu peux remarquer le terme "monologue", les L de ma classe ont dû faire ce petit calcul : Monologue = Théâtre.