La terminologie grammaticale dans l'enseignement en France

Bonjour à tous

J’ai des questions à vous poser. Il s’agit de la terminologie employée chez l’enseignement en France.
On ne trouve dans plusieurs grammaires et sur ce forum que deux complément d’objet -
COD et COI.  Dans certaines grammaires modernes et sur l’Internet on en trouve un troisième – le COS. – Complément d’Objet Seconde.
J'ai envoyé une lettre au directeur. (COS)
Il a offert un cadeau à sa mère. (COS)
Si un verbe a déjà un COD, le deuxième objet s’appelle le COS.
Ce n’est pas, peut être, important d’employer COI ou COS dans ces exemples? Peut-être considère-t-on le COS comme cas particulier du COI?
Pour moi, je sens une différence entre le COI d’un verbe transitif indirect comme obéir à qqch. ou à qqn.
Le soldat a obéi aux ordres.
et l’objet comme au directeur et à sa mère.
Même s’il appelle les deux COI, Grevisse (1990) nous donne une définition différente pour les deux.
    Question 1 : Est-ce que l’expression COS courante chez l’enseignement en France ?

Si on emploie cette terminologie (COS)
Il écrit une lettre à sa mère
    COD         COS
Question 2 : Si on omet le COD comme sous- entendu
Il écrit à sa mère
« sa mère » et COI ou COS ?

Les verbes pronominaux (vraiment RÉFLÉCHIS ou RÉCIPROQUES)
« Elle s’est lavée. »
le "se" est COD et le participe passé s’accorde avec ce COD
« Elle s'est lavé les mains
        COD
Question 3 « les main » est COD puis le « se » est COS ou COI ?
Il s’est demandé si le professeur viendrait.
                COD
« si le professeur viendrait » = COD se = COS ou COI ?
Dans les deux exemples le "se" est un deuxième objet et logiquement on devrait l’appeler COS ?  ( si on adopte cette expression (COS))

Cordialement
Wyn

La terminologie grammaticale dans l'enseignement en France

Bonsoir

Vous avez raison de soulever les limites de cette "terminologie" qui a été abandonnée (je n'ai hélas pas les références du texte).
Désormais l'analyse se fait avec le COD et le COI.

Cordialement

Isa

La terminologie grammaticale dans l'enseignement en France

Bonsoir

Je vais essayer de répondre à partir des règles de base :

COD désigne l’être ou la chose auxquels s’applique DIRECTEMENT l’action faite par le sujet, on ne peut pas le supprimer ni le déplacer et seuls les verbes transitifs directs acceptent ce COD :
- Le facteur porte une lettre.

COI désigne l’être ou la chose auxquels s’applique INDIRECTEMENT l’action faite par le sujet, on ne peut pas le supprimer ni le déplacer et seuls les verbes intransitifs acceptent ce COI :
- Cet enfant ressemble à sa mère.

1 - Examinons la phrase suivante : Le médecin a remis une ordonnance = "une ordonnance" est COD.

2 - Ajoutons à qui profite cette ordonnance : Le médecin a remis une ordonnance au malade = "au malade" est COI.

3 - MAIS comme il existe déjà dans la phrase un COD, ce COI arrive après (en second rang) et donc COS.

COS, indique à qui PROFITE ou à qui NUIT  l’action faite par le sujet, on ne peut pas le supprimer ni le déplacer et seuls les verbes transitifs indirects acceptent ce COI :

-Le professeur souhaite la réussite aux candidats.

4 - On peut toujours remplacer un COS par un pronom "lui" ou "leur" :
Le professeur leur souhaite la réussite.

Dans la grammaire traditionnelle on appelait ces COS des "compléments d’attribution".

Le soldat a obéi aux ordres. Dans l’exemple proposé, OBEIR est un transitif indirect et ne pouvant posséder de COD il n’aura jamais de COS. C’est peut-être là une des nuances que vous cherchez ami Win.

Quant à remarque de l’ami Isabo, je suis très intéressé (à titre perso) de découvrir la référence de l’abandon du COS, ce qui me surprend et si quelqu’un possède des infos sur la question ce serait super sympa de les donner, car cette règle est importante. Fadrait-il à nouveau faire un pas en arrière...

@

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La terminologie grammaticale dans l'enseignement en France

Bonjour,

Je ne sais si ceci vous sera d'une grande aide, mais voici le lien

https://web.archive.org/web/*/http://le … oc-259.pdf

pour un cours de Denis Creissels, professeur de syntaxe à l'Université Lumière Lyon 2... Ses cours sont passionnants, vous trouverez sûrement chaussure à votre pied...

Bonne lecture !
Eloïse.

La terminologie grammaticale dans l'enseignement en France

Bonjour

Extrait de la grammaire méthodique de Riegel :
"Les verbes à deux compléments […]
Ces verbes se construisent avec un COD et un COI appelé souvent objet second. Les prépositions les plus courantes dans cette configuration sont à, de, avec."

Le COS n'est donc qu'un COI qui change d'appellation parce qu'il se trouve dans un phrase avec un COD. Quel est l'intérêt ? Aucun.

Sinon semer la confusion. Comme si un adjectif épithète liée ne devait plus s'appeler ainsi si la phrase comportait un autre adjectif épithète détachée mais "épithète seconde".
Cette distinction "COD/COI/COS a été abandonnée dans l'enseignement secondaire.

Cordialement,

Isa

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La terminologie grammaticale dans l'enseignement en France

Malheureusement, on peut se trouver dans une école où les professeurs tiennent encore beaucoup à ce que les élèves écrivent COS, que faut-il dire aux enfants qui se trouvent devant un verbe qui a deux COI ?
ex: Je parle des prochaines vacances à mes parents.

Faut-il nommer COS un des deux COI, ou doit-on réserver COS pour les verbes qui ont un COD et un COS ?
Merci beaucoup

La terminologie grammaticale dans l'enseignement en France

Il semble que l'on réserve l'appellation COS pour le cas où il y a aussi un COD.
Donc, on dirait ici : deux COI.

Cette terminologie me paraît encore en usage dans le secondaire. Mais je peux me tromper...

La terminologie grammaticale dans l'enseignement en France

Il semble que le complément introduit par "de" soit le COI et celui introduit par "à" soit le COS.

[…] Autre exemple, toujours en français, avec le complément d’objet second – le COS pour les intimes. C’est l’ancien COI (enfin en partie seulement, nous allons le voir), le complément d’objet indirect de l’enfance des parents, mais il a changé de nom entre-temps. Jusque-là, pourquoi pas : si une nouvelle appellation clarifie la compréhension, autant l’adopter. Sauf que c’est tout le contraire.

Définition de notre COS : « Certains verbes se construisent avec deux compléments essentiels qui peuvent être : un complément d’objet direct (le COD) et un complément d’objet second. » Exemple : « La Bible propose des explications aux hommes. » Analyse : « des explications » est le COD ; « aux hommes » est le COS. Pourquoi ? Mystère. On peut évidemment se dire que « aux hommes » vient après « des explications », que c’est donc le second complément, donc autant l’appeler complément d’objet second. Sauf que. Dans la phrase « La Bible leur propose des explications », le COS est « leur » et, cette fois, il passe en première position par rapport au COD.

À ce stade, l’élève est raisonnablement noyé mais pas forcément complètement ; ses parents (voire l’enseignant) ont peut-être éclairé sa lanterne en utilisant comme exemple le bon vieux complément d’objet indirect qu’ils ont appris à l’école. Mais la suite de la leçon complique encore les choses. On apprend en effet que « certains verbes se construisent avec deux compléments essentiels qui peuvent être… deux COI. » Exemple : « Les femmes parlent de leur problème à Salomon. » Aïe. Lequel de ces deux compléments indirects (« de leur problème » et « à Salomon ») sera le complément second ? Pas celui qui vient en second puisque nous venons de voir que le complément d’objet second… n’est pas forcément le second dans l’ordre de la phrase. Alors ? Sera COI le complément introduit par « de » et sera COS le complément introduit par « à »… Si vous avez compris, vous avez de la chance. En résumé, le COS est le COI quand il y a un COD ou quand il y a deux COI ; et quand il n’y a pas de COD, on continue à dire COI… La plupart des élèves butent sur ce complément qui porte si mal son nom et dont on se demande pourquoi il n’a pas gardé sa bonne vieille appellation de COI. […]

(Réveille-toi Jules Ferry, ils sont devenus fous Emmanuel DAVIDENKOFF)

C'est simple pour les vieux qui ont connu le complément d'attribution !