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Différence entre travail au lycée et travail en hypokhâgne

Bonjour! En recherchant des témoignages sur l'hypokhagne, j'ai entendu dire que le travail en prepa differe de celui du lycée. A quel niveau cette différence est elle perceptible? Si on exclue la charge de travail, les méthodes d'analyse de texte , en francais par exemple, font elles appel aux memes outils que ceux du lycée? Quid de l'histoire ?. L'hypokhagne est elle la continuation du travail fait aux lycée, ou a ton affaire a une approche nouvelle? 

Merci d'avance!

Différence entre travail au lycée et travail en hypokhâgne

Un tout petit début de réponse d'après mes souvenirs, mais d'autres te répondront sans doute mieux que moi qui ai terminé mes études depuis longtemps : en français on est relativement proche du travail de littérature en terminale, mais à un rythme beaucoup plus soutenu, et beaucoup de lectures imposées autour des oeuvres ou textes étudiés pour arriver à une vision bien plus complète.
Les dissertations en histoire-géo demandent une réflexion bien plus approfondie, qui ne ressemble pas trop au bachotage du bac. Beaucoup de connaissances nécessaires, oui, mais à organiser autour d'une solide réflexion. Je réussissais très bien en histoire au lycée (sérieuse et bonne mémoire...), mais j'ai eu beaucoup de mal en hypokhâgne dans cette matière.

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Différence entre travail au lycée et travail en hypokhâgne

Exemple de l'Histoire : au lycée on peut plus ou moins se contenter de bien noter son cours, de l'apprendre, de jeter un coup d'oeil dans le manuel : il s'agit là de l'essentiel des connaissances requises, elles peuvent suffire pour prétendre à une très bonne note. Si tu regardes à côté (magazines, autres...) c'est encore mieux, mais c'est davantage pour ta culture générale que pour vraiment t'en servir le jour de l'examen. En prépa, toujours en Histoire, il est indispensable de lire à côté des cours (manuels, magazines...). Contrairement au lycée où il y a des programmes précis aux contenus hyper-problématisés, en HK, il n'y a pas de programme officiel, donc l'enseignant choisit des thèmes ou périodes assez vastes. En KH, il y a un programme, mais il est tellement vaste qu'il faut se documenter sur plein d'aspects, et ces lectures ne sont pas simplement utiles pour les colles et devoirs, mais nécessaires. Il faut essayer d'être le plus exhaustif possible par rapport à l'ensemble de l'intitulé proposé, pour ne pas faire l'impasse sur un domaine.

Aussi, au lycée, la problématique consiste plus ou moins à reprendre celle du cours du professeur ou à paragrapher plus ou moins grossièrement le sujet, sans compter les élèves qui n'en ont tout simplement pas, et ça ne les empêche pas d'avoir peut-être une note assez correcte. En prépa à côté des connaissances il y a un vrai travail de réflexion sur la problématisation du sujet, sur la finesse de cette problématique, réflexion à mon avis aussi importante que les connaissances. Pour une y arriver, du moins pour tendre vers la problématique la plus idéale possible, il faut passer par ce travail d'imprégnation de la période étudiée, du thème étudié, et en comprendre au mieux les divers enjeux.

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Différence entre travail au lycée et travail en hypokhâgne

Bonjour Le joueur,

Je m'excuse à l'avance pour mon message un peu long.

Concernant le français en HK ce sont des dissertations et non des études de texte qui sont demandées pour les devoirs. En effet, tu dois faire une dissertation à partir d'une citation. Je sais qu'en HK je n'ai fait des études de texte que pour les colles de français et c'est seulement cette année, en khâgne spécialité lettres modernes que je fais de nouveau des études de texte. Bien sûr les outils de base sont les mêmes que ceux utilisés au lycée pour le français mais ces outils doivent être beaucoup plus approfondis car on va beaucoup plus loin dans la stylistique et l'étude de la littérature. Le Français en HK est une année de véritable "découverte" de la littérature car même si la poésie, le roman ou le théâtre ont déjà été abordés, tu vois ces genres dans leur ensemble et plus seulement des fragments. Dans mon cas, j'ai étudié en HK l'ensemble de l'histoire littéraire. De plus, les lectures imposées ne suffisent pas, il faut lire à côté pour améliorer sa culture littéraire, apprendre des citations qui peuvent alimenter les dissertations voire lire des critiques.

Dans toutes les matières, l'analyse doit être plus fine, et, même si les connaissances sont importantes pour faire un devoir, elles ne suffisent pas ; alors qu'au lycée, ce sont principalement des restitutions de connaissances qui sont demandées dans chaque matière (en histoire-géographie notamment). Ce que tu as vu au lycée est toujours une base mais les connaissances acquises au lycée sont à utiliser dans une perspective nouvelle.

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Différence entre travail au lycée et travail en hypokhâgne

Bonjour.

En gros, c'est un autre monde. Les acquis du lycée servent encore, mais le degré de maturité attendu n'a rien à voir. Il ne suffit plus d'apprendre et de réemployer ce qi a été vu en classe. Il faut comprendre le monde, et le comprendre vraiment, pas seulement selon les notions héritées. Sur ce plan tous ne sont pas égaux.
Et c'est ce qui explique comment des jeunes qui avaient entre 15 et 20 partout au Bac se traînent parfois misérablement en queue de classe de leur Hypokhâgne.

A 18 ans, il y a d'énormes variations de maturité entre les jeunes gens. Certains sont déjà assez adultes, d'autres sont encore totalement puérils (sans qu'il en aille nécessairement de leur faute). Cela fait une énorme différence, surtout dans les matières à dissertation (Lettres, Histoire, Géo, Philo).
Par exemple, à 18 ans, beaucoup voient encore l'histoire principalement comme une suite de guerres et de grands événements accomplis par de grands hommes (on appelle cette conception, assez dédaigneusement, "l'histoire bataille").

En Lettres, nombreux sont ceux qui croient que la culture est un divertissement. Leur problématique préfére, à propos des romans, c'est "l'évasion" qu'ils sont censés procurer. Mais avec cela, on ne va pas loin en Hk.

En philo, si l'on traite de l'amour, il y a une sacrée différence de maturité entre ceux qui croient encore aux vieilles lanternes romantiques, et ceux qui ont déjà quelques "heures de vol". 
Et ainsi de suite.

Et si certains parviennent, en un ou deux ans de prépa, à passer de l'enfance à l'âge adulte, d'autres n'auront le déclic que bien plus tard (voire jamais, dans les cas les plus désespérés), parce qu'ils restent trop accrochés aux certitudes (morales, religieuses, patriotiques, politiques...) de leur milieu, ou que leurs parents les ont trop protégés en leur donnant une vision simpliste du réel.

C'est d'ailleurs un lourd fardeau pour un professeur de noter leurs copies, car comment, sans l'humilier, expliquer à quelqu'un que sa vision des choses est trop immature? Cela demande beaucoup de diplomatie. Et parfois, malgré toute la diplomatie, l'élève se braque et ne veut plus rien apprendre de vous. 

Différence entre travail au lycée et travail en hypokhâgne

Je ne crois pas qu'il y ait de grosses différence de travail entre l'hypokhâgne et la terminale, la différence est plutôt dans la manière d'aborder ce travail, d'éprouver son esprit face à un sujet qui peut offrir de bien nombreuses résistances: la grande variation, du lycée à la terminale, est plutôt dans l'intensité de l'exercice de la pensée que dans la quantité de travail que tu es supposé fournir. Mais, contrairement au lycée où les progrès sont généralement linéaires, en hypokhâgne, j'ai l'impression que tu te perfectionnes par saut qualitatif, mystérieusement (c'est ce que tu as tendance à croire, au début), tu franchis la barre de la moyenne pour ne plus descendre en dessous. Pas d'appréhension à avoir, par conséquent, car ce genre de progrès aurait plutôt tendance à advenir pendant l'année d'hypokhâgne et non avant: toute prévision serait, dans ce cas, vaine .

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Différence entre travail au lycée et travail en hypokhâgne

Je suis en khâgne et je plussoie tout ce qui a été dit. Ce qui m'a le plus frappé, c'est la dimension "autonome" du travail. En arrivant en HK, je pensais qu'on allait nous dire de lire une tonne de choses, "lisez ça ça et ça avant la semaine prochaine", et que là était la difficulté, et  et en fait pas du tout; le prof passe une bibliographie, 3-4 semaine avant le DS, très grande (impossible de tout lire et ce n'est d'ailleurs pas ce qui est demandé) et après chacun se prépare comme il veut, en piochant dans la liste, en traçant son propre itinéraire. Il faut savoir s'y prendre intelligemment, à l'avance, et savoir gérer entre la longue échéance (le concours blanc dans un mois) et la très courte (version à rendre pour dans 3 jours, le colle dans une semaine...). Au lycée c'est plus simple, on nous dit "apprenez votre cours, lisez tel livre...". Là, c'est plus personnel, il faut élaborer sa propre préparation. C'est aussi, à mon sens, ce qui est intéressant.