1

"L'aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l'entresol comme au quatrième étage."

"L'aplomb dépend des milieux où il se pose: on ne parle pas à l'entresol comme au quatrième étage."

C'est un aphorisme de Mme Bovary, III. partie, du chapitre qui narre la rencontre entre Léon et Emma à l'opera. Léon est devenu moins timide. Et le narrateur pronoce cet aphorisme. Est-ce qu'il y a un contexte que je ne connais pas concernant l'"entresol" et "le quatrième étage"? C'était plutôt à l'entresol ou au 4. étage où on avait des conversations importantes? Merci

2

"L'aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l'entresol comme au quatrième étage."

a l'entresol à l'opéra il y alesplus riches donc les discussions sont plus intellectuelles mais au 4 étage il y a plus d'intimité.

"L'aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l'entresol comme au quatrième étage."

Bonsoir,

J'ai l'impression qu'il s'agit plutôt d'un rapport aux classes sociales (et leur langage respectif). Les "petites gens" habitaient les entresols et les greniers ; les bourgeois les étages, pour les éloigner des odeurs et des bruits de la rue.

Muriel

"L'aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l'entresol comme au quatrième étage."

A  l'Opéra le 4ème étage fait penser au poulailler donc aux classes populaires.  J'ai l'impression que l'entresol  pourrait être l'entrée de l'Opéra donc un endroit luxueux.

"L'aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l'entresol comme au quatrième étage."

Bonjour,

J'ai cherché le passage en question pour avoir le contexte :

Puis, en la revoyant après trois années d’absence, sa passion se réveilla. Il fallait, pensait-il, se résoudre enfin à la vouloir posséder. D’ailleurs, sa timidité s’était usée au contact des compagnies folâtres, et il revenait en province, méprisant tout ce qui ne foulait pas d’un pied verni l’asphalte du boulevard. Auprès d’une Parisienne en dentelles, dans le salon de quelque docteur illustre, personnage à décorations et à voiture, le pauvre clerc, sans doute, eût tremblé comme un enfant ; mais ici, à Rouen, sur le port, devant la femme de ce petit médecin, il se sentait à l’aise, sûr d’avance qu’il éblouirait. L’aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l’entresol comme au quatrième étage, et la femme riche semble avoir autour d’elle, pour garder sa vertu, tous ses billets de banque, comme une cuirasse dans la doublure de son corset.

Il n'y est pas question d'Opéra.

Je continue à penser qu'il s'agit d'une métaphore pour cataloguer les milieux sociaux.

Muriel

"L'aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l'entresol comme au quatrième étage."

Puisqu'il ne s'agit pas de l'opéra, je suis entièrement d'accord avec ce que dit Muriel.    Le deuxième étage était l'étage le plus prestigieux mais il y a sans doute d'autres raisons pour parler du 4ème étage.

7

"L'aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l'entresol comme au quatrième étage."

Bonjour Muriel,

Je n'attribuerais pas les mêmes valeurs symboliques aux étages.

Si Flaubert crée un lien implicite entre l'élévation et l'assurance bourgeoise, le quatrième étage ne peut pas être le lieu de séjour de la fortune car monter les escaliers est pénible.
Au XIXe siècle, les étages sous les toits sont occupés par les couturières, les étudiants... De même l'entresol est réservé au service et ne comprend aucune pièce de réception.

Comment comprendre alors la différence de statut qu'évoque Flaubert ?

Je crois que le XIXe siècle bourgeois a inventé une réutilisation non servile de l'entresol, à savoir la garçonnière, lieu camouflé et douillet, accessible souvent par les arrières et assurant ainsi la discrétion.

La formule de Flaubert signifierait donc que Léon se voit désormais comme arrivé socialement et capable d'en imposer à une petite bourgeoise qui, il y a peu, l'aurait intimidé lorsqu'il occupait une chambre d'étudiant.

8

"L'aplomb dépend des milieux où il se pose : on ne parle pas à l'entresol comme au quatrième étage."

J'adore cette citation et vos reflexions dessus, c'est très jouissif.
Mon message, ne sert à rien mais j'avais envie d'exprimer cela.