"En" et "Pendant"

Chers amis, avez vous un tuyau qui permet d'expliquer a des debutants pourquoi je peux dire : " je mange en 5 minutes" , "je fais mes devoirs en 1 heure", Mais je ne peux pas dire: " je joue au football en 1 heure"
Merci d'avance.

"En" et "Pendant"

Pourquoi ne serait-il pas possible de le dire?
Ce n'est certes pas dans nos habitudes langagières mais c'est grammaticalement correct et porteur de sens.
La seule explication possible, à mon avis, c'est que cette expression n'est pas d'usage général.
Or la langue quotidienne est aussi affaire d'usage autant que de lois grammaticales et d'évolution.
Je crois qu'à votre place je me serais gardé de déclarer cette phrase impossible.
Mais vous pouvez rattraper le coup en expliquant à vos élèves qu'après y avoir réfléchi vous avez changé d'avis: les élèves apprécient les professeurs qui savent se tromper et le dire....

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"En" et "Pendant"

La seule explication possible, à mon avis, c'est que cette expression n'est pas d'usage général.

Précisément, je pense que la question de Lenil est : qu'est-ce qui permet de déterminer, pour un débutant (qui apprend le français, je suppose), ce qui est d'usage général et ce qui ne l'est pas ?

   Pour qu'un débutant ne semble pas un huron devant un auditoire de français, il lui faut éviter certaones tournures, parfaiyement grammaticales certes, mais totalement inusitées. Comment les débusquer ?

   Pour ce qui est de en / pendant, testons l'hypothèse selon laquelle une durée finie, déterminée, précise, et se rapportant à une action terminée, se traduira par "en" : « J'ai mangé en dix minutes, j'ai fait ce trajet en trois jours. »
  Alors, pourquoi : « J'ai joué au foot pendant 90 minutes, j'ai travaillé chez Machin un an et huit semaines. » ? C'est terminé et précis.

  D'autant plus que, pour un banquet, on dira : « Nous avons mangé pendant trois heures. » mais : « J'ai mangé en dix minutes. ». Où réside la ligne de partage ?

   C'est ça la question, mais je n'ai pas pour l'instant la réponse : je vais y réfléchir davantage. Et vous ?

"En" et "Pendant"

Bonjour,

Peut-être que :
"Nous avons mangé PENDANT trois heures" = Il y avait de la nourriture : nous en avons mangé (consommé) PENDANT/DURANT trois heures (et très certainement qu'il en reste...).

Alors que : "Nous avons mangé EN trois heures" = Nous avions une certaine quantité de nourriture à ingérer, un repas à prendre, il nous a fallu trois heures pour réaliser cette action.

Autre exemple repris :
Peut-être que : "Je joue au football PENDANT une heure" sous-entend : il y a un jeu qui s'appelle le football, j'y ai joué pendant une heure, j'ai fait une heure de ce jeu...

Alors que : "J'ai joué au football EN une heure" sous-entend : jouer au football a un début et une fin, j'ai réalisé cela en une heure. Ce qui "cloche", je crois, c'est l'absence du mot PARTIE... Il me semble qu'on dirait plus logiquement : "J'ai disputé une PARTIE de football EN une heure... parce que celle-ci a un début et une fin...

En résumé :
PENDANT → s'appliquerait à une portion... ?
EN → s'appliquerait à une totalité... ?

Muriel

J'interviens à nouveau pour ajouter un autre des exemples cités où la différence se fait bien sentir :
"J'ai fait ce trajet EN trois jours" = Il m'a fallu trois jours pour faire la TOTALITé de ce trajet."

Alors que : "J'ai fait ce trajet PENDANT trois" = pendant trois jours, j'ai parcouru ce trajet (mais pas forcément en totalité... une PORTION seulement...)

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"En" et "Pendant"

Ah, bravo ! Je crois que c'est le point qui manquait à notre compréhension : portion ou totalité.

   Modifions légèrement l'exemple du foot, gênant parce que pas très bien choisi (une partie de football se déroule nécessairement sur 2 x 45 minutes) :

   => j'ai joué une partie tennis pendant une heure (ensuite, le terrain était réservé  par quelqu'un dautre).
   => j'ai joué une partie de tennis en une heure (j'ai battu Paul en une manche gagnante).

   La différence est flagrante.

"En" et "Pendant"

Merci Pierrot, Merci Muriel, vous avez tout a fait compris mon point de vue. Je pense que "Portion ou totalite", peut aider a expliquer.

Et comme tu le dis Muriel, En : a un debut et une fin.
Donc si je dis : " je prepare le repas en 5 minutes" ca veut dire que j'ai termine l'action.
Mais si je dis " je prepare le repas (pour une fete par exemple) pendant toute la journee." Ce n'est pas sur que je l'ai termine.

Et introduire "UNE PARTIE DE" pour le football, regle le probleme.
Merci pour votre aide.

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"En" et "Pendant"

Bonjour,

que diriez-vous de ça :

"des erreurs, j'en ai faites" ou "j'en ai fait" ?
"des pâtes, j'en ai mangé" ou "mangées" ?

Merci !

"En" et "Pendant"

Bonsoir Jérémy,

La maladie d'Alzheimer te guette...  , tu as déjà posé la question ici :

https://www.etudes-litteraires.com/foru … xpres.html

Muriel

(Et tu as participé à https://www.etudes-litteraires.com/foru … n-cod.html où tu trouveras des réponses précises.)

"En" et "Pendant"

Bonsoir!


Tout d'abord, je ne suis pas modérateur, mais je ne serais pas étonné de ce que vous ayez quelques remarques dues au fait que votre question n'a pas tellement de lien avec le sujet de cette discussion...


Mais cela ne m'empêche pas d'y répondre! Vous vous demandez s'il faut accorder un participe passé employé dans un temps composé (ici, le passé composé) avec l'auxiliaire << avoir >>.

Question 1: Qu'est-ce qui pourrait faire que ce P.P. devrait s'accorder?
Réponse 1: Un C.O.D. placé avant lui.

Question 2: Y a-t-il un tel C.O.D.?
Réponse 2: Oui => << en >>.

Question 3: Quel est le nombre de ce C.O.D.
Réponse 3: Singulier, car il est partitif. << Des fraises, j'en ai mangé. >> <=> << J'ai mangé des fraises. >> <=> << J'ai mangé une partie des fraises. >>.

Conclusion: L'accord se fait... au singulier.

Remarque: On résumé généralement cela en une règle: << Accord des P.P. employés avec << avoir >> et les pronoms << y >> et << en >> => Pas d'accord. >>
Mais je préfère réfléchir à partir des règles plutôt qu'apprendre tel un robot des listes de cas...


Amicalement!Quant à vos interrogations concernant << en >>, << pendant >>, et cetera, je crois qu'on peut y répondre de façon très simple!

<< En >> indique la durée nécessaire à l'arrivée à une action, un état, un fait...
* << Il a gagné mille euros en un mois. >>

<< Pendant >> indique une durée, tout simplement.
* << Il a travaillé pendant un mois pour gagner ces mille euros. >>

Ainsi, on dit qu'il a travaillé pendant un mois pour indiquer que cette action de travailler a durer une trentaine de jour, mais on dit qu'il a gagné mille euros en un mois car il y  a un aspect résultatif. L'action de gagner ne s'est faite qu'à la fin, grâce au reste. On ne peut pas dire que l'on gagne pendant un mois.

Maintenant, admirer la nuance entre différents emplois dans lesquels les deux sont possibles:

* << Il a fait son exercice pendant trois heures. >>
* << Il a fait son exercice en trois heures. >>

Je crois que c'est la polysémie, l'indétermination, le flou, du verbe << faire >>, qui permet de le prendre à la fois comme << travailler sur >> et comme << parvenir à bout de >>. D'où le reste...


Cela vous va-t-il?

"En" et "Pendant"

Bonsoir, Bâ !

Je me rallie à vos explications, sauf à propos du participe passé, où je voudrais dire amicalement deux choses :

1 LE PROBLÈME DE L’ACCORD DU PP AVEC LE PRONOM « Y » est sans objet, puisque ce pronom n’est jamais COD. En effet, il ne peut être que :
(Les exemples, sans participe passé, sont donnés pour divertir.)

a- COI,
* Ne m'aidez pas, je ne peux déjà pas Y arriver tout seul. (TRISTAN BERNARD)
* Un peu de philosophie écarte de la religion et beaucoup Y ramène. (ANTOINE DE RIVAROL)
* Les femmes des amis, c'est sacré... Il faut qu'elles Y passent. (YVES MIRANDE)
* Ce n’est pas le goût du luxe qui est condamnable, mais le sentiment d’Y avoir droit. (JEAN ROSTAND)
* L'homme est comme un temple. Quand la colonne est brisée, les femmes n'Y portent plus leurs dévotions. (JULES RENARD)
* L’amour est à ceux qui Y pensent. (MARCEL ACHARD)
* Les bons professeurs de morale ne se contentent pas de vous apprendre à ne pas céder à la tentation ; ils vous consolent d’Y avoir cédé. (Jules Romains)
* Pendant qu’Agamemnon, parvenu à Troie, l’assiégeait, le cousin Égisthe faisait le siège de Clytemnestre et Y pénétrait sans cheval de bois. (Jean Duché)
* J’Y pense tout le temps, sauf quand je le fais…

b- complément adverbial de verbe (synonyme de "là"),
* Je sors du confessionnal. J'Y ai passé trois quarts d'heure et j'ai eu le plaisir de n'Y parler que de vous. (MADAME DE LONGUEVILLE)
* Si l'on chassait de Paris tous ceux qui Y vivent d'intrigues, l'herbe Y pousserait. (COMTE DE MAUREPAS)
* Il est toujours dans les jupes de sa mère. - Il s'Y fera des relations. (ALFRED CAPUS)
* La France est un pays extrêmement fertile : on Y plante des fonctionnaires et il Y pousse des impôts. (GEORGES CLEMENCEAU)
* On prend un amant comme un miroir, non pour le regarder, mais pour s'Y regarder. (HENRI DUVERNOIS)
* Le chômage a un seul avantage : les accidents de travail Y sont rares. (YVAN AUDOUARD)

c- complément d’adjectif,
* J’ai de l’acné, et en plus j’Y suis allergique.

d- attribut.
* Oh ! si elle (= la pièce de théâtre) était en vers ! – Mais elle Y (= en vers) est, dit Barbier. (Jules Renard) (Plus souvent, on utiliserait le neutre « le ».)

2 ACCORD DU PP PRÉCÉDÉ DU PRONOM COD « EN ».
Vous êtes intransigeant lorsque vous dites que l’accord ne se fait pas.
C’est vrai que le pp reste D’ORDINAIRE invariable, mais, ainsi que le dit Grevisse, « il n’est pas rare qu’on traite « en » comme un autre pronom personnel et qu’on lui attribue le genre et le nombre DU NOM REPRÉSENTÉ ».

D’ailleurs, selon les tolérances grammaticales de 1976, l’usage admet les DEUX SOLUTIONS :
* J’ai laissé sur l’arbre plus de CERISES que je n’EN ai CUEILLI(ES).
Et la réforme de 1991 n’y a rien changé.

Par conséquent, vous trouverez en littérature LES DEUX SOLUTIONS (sans ou avec adverbe de degré) :
* Voulant déjà mettre mes résolutions (car j’EN avais PRIS) à l’épreuve. (Gide)
* QUE j’EN ai ENTENDU, miséricorde ! QUE j’EN ai SUBI l’an dernier de ces magnifiques dissertations […] ! (Flaubert)
* La peur a détruit plus de choses en ce monde que la joie n’EN a CRÉÉES. (Morand)
* COMBIEN depuis un mois vous m’EN (= des lettres) avez ÉCRITES ! (Edmond Rostand)

En revanche, voici des exemples où l’invariabilité s’impose par la présence d’un COD postposé (le « en » étant alors complément de ce pronom indéfini ou nom COD) :
* Les producteurs de cinéma ? J'EN ai CONNU BEAUCOUP de ruinés, aucun de pauvre. (HENRI JEANSON) (= beaucoup parmi les producteurs)
* Je désire des funérailles simples : ni chant ni musique. J’EN ai ENTENDU ASSEZ de mon vivant. (GIUSEPPE VERDI)
* Ne mangera-t-il point LA terre où le voici ? / Il EN a MANGÉ BEAUCOUP D’AUTRES. (JACQUES DE CAILLY. ÉPITAPHE POUR UN PRODIGUE)
* On demandait à un homme qui faisait profession d’estimer beaucoup les femmes s’il EN avait EU BEAUCOUP. Il répondit : « Pas autant que si je les méprisais. » (CHAMFORT. CARACTÈRES ET ANECDOTES)
* J'ai reçu tous les sacrements, excepté le mariage, que je n'ai jamais reçu en original, mais j'EN ai TIRÉ PLUSIEURS COPIES. (CHAMFORT. MAXIMES ET PENSÉES)

Note : les exemples qui sortent de l’usage commun en grammaire sont extraits de mon projet.