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La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

Bonjour Raphaelle,

Ton plan est une question de cours et non une réponse adaptée au sujet.

Si tu examines le corpus, tu as trois manières de "planer" :
Baudelaire et son élévation spirituelle,
Hugo et sa poésie visionnaire, note qu'Hugo donne sa voix aux objets inanimés,
Verlaine et sa musicalité.

Ces poétiques sont des tentatives de percer le mystère du monde au moyen d'un langage adapté.

Voilà ce que tu dois discuter (un peu) mais surtout montrer (beaucoup). Avec Baudelaire, la poésie entre dans la modernité comme une "sorcellerie évocatoire". Elle devient autotélique.

La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

Bonsoir Raphaelle et Jean-Luc,

Pour illustrer les propos de Jean-Luc (ci-dessus et plus haut dans la discussion), et pour alimenter la réflexion de Raphaelle, je cite un extrait de :

"Ecce homo", Friedrich Nietzsche (1888), (chapitre "Ainsi parlait Zarathoustra", § 3

Quelqu'un a-t-il une idée nette, à la fin de ce XIX siècle, de ce que les poètes des époques vigoureuses appelaient l'inspiration ? Si non je vais vous l'expliquer.
 
Pour peu que nous soyons restés superstitieux, nous ne saurions nous défendre de l'impression que nous ne sommes que l'incarnation, le porte-voix, le médium de puissances supérieures. L'idée de révélation, si l'on entend par là l'apparition soudaine d'une chose qui se fait voir et entendre à quelqu'un avec une netteté et une précision inexprimables, bouleversant tout chez un homme, le renversant jusqu'au tréfonds, cette idée de révélation correspond à un fait exact. On entend, on ne cherche pas ; on prend, on ne demande pas qui donne ; la pensée fulgure comme l'éclair, elle s'impose nécessairement, sous une forme définitive : je n'ai jamais eu à choisir. C'est un ravissement dont notre âme trop tendue se soulage parfois dans un torrent de larmes ; machinalement on se met à marcher, on accélère, on ralentit sans le savoir ; c'est une extase qui nous ravit à nous-mêmes, en nous laissant la perception de mille frissons délicats qui nous parcourent jusqu'aux orteils ; c'est un abîme de félicité où l'horreur et l'extrême souffrance n'apparaissent pas comme le contraire, mais comme le résultat, l'étincelle du bonheur, comme la couleur nécessaire au fond d'un tel océan de lumière ; c'est un instinct du rythme qui embrasse des mondes de formes - car l'ampleur du rythme dont on a besoin donne la mesure de l'inspiration : plus elle écrase, plus il élargit...
 
Tout cela se passe involontairement, comme dans une tempête de liberté, d'absolu, de force, de divinité... C'est dans le cas de l'image, de la métaphore, que ce caractère involontaire de l'inspiration est le plus curieux : on ne sait plus du tout ce qui est symbole, parallèle ou comparaison : l'image se présente à vous comme l'expression la plus juste, la plus simple, la plus directe. Il semble vraiment, pour rappeler un mot de Zarathoustra, que les choses mêmes viennent s'offrir à vous comme termes de comparaison (« - Toutes les choses viennent alors pour flatter ton discours et pour te caresser : car elles veulent que tu les portes. Chaque symbole t'offre son aile pour t'enlever vers chaque vérité. Tous les trésors du verbe s'ouvrent d'eux-mêmes pour toi ; tout être veut devenir verbe et tout devenir veut apprendre de toi à parler. ») Telle est mon expérience de l'inspiration ; et je suis sûr qu'il faudrait remonter jusqu'à des milliers d'années dans le passé pour trouver quelqu'un qui eût le droit de dire : « Cette expérience est la mienne aussi ».

Muriel

La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

bonjour,
voila je voudrais savoir quels sont les arguments pour et contre la poesie. C'EST URGENT
merci d'avance

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

Pour ou contre la poésie, c'est bien trop flou pour pouvoir répondre ! Quelle poésie ? De quelle époque ? etc

J'abandonne rapidement la lecture des phrases sans majuscules.

La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

Bonjour,
Je dois moi aussi faire ce sujet de dissertation (je suis en première L) pour bientôt et j'aimerais voir si j'ai bien compris le sujet (selon vous la poésie est elle l'art de celui qui "plane sur la vie, et comprend sans effort/ Le langage des fleurs et des choses muettes."); j'ai le corpus qui va avec composé de:
Ce que dit la bouche de l'ombre de Victor Hugo,
Élévation de Baudelaire et,
Art Poétique de Verlaine.

Après avoir bien analysé les textes du corpus et le sujet j'en ai tiré cette conclusion: premièrement le sujet pousse à rechercher la fonction du poète et sa manière de faire de la poésie. Le poète est tout puissant, il est supérieur à l'Homme car il connait la vie et la contemple de haut comme le ferait Dieu (je pourrais notamment prendre le fameux Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich comme exemple de contemplation).

https://lut.im/Btt1XLIg/E4Gii3eA

Le poète a aussi la capacité de pouvoir comprendre ce que dit la nature (ou plutôt ce que Dieu fait dire à la nature, d'après Hugo dans le corpus), chose que les Hommes ordinaires ne peuvent pas faire...

Je vais donc proposer un plan (qui me semble bon pour ce sujet):
1. oui la poésie est l'art de celui qui contemple la vie de haut, et la comprend naturellement, sans difficultés.
2. mais le génie qui recoit l'inspiration d'en haut, sans travail, n'existe pas.
3. la poésie d'inspiration divine doit rester un mythe pour rester ce qu'elle prétend être.

Voila, je voudrais juste savoir ce que vous en pensez...
Merci beaucoup!

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La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

Bonjour Budha,

Je crois que tu commets une erreur de méthode.
Il te faut d'abord définir une problématique : reformuler de manière synthétique comment tu comprends le sujet.
Ensuite ton plan sera le schéma de l'argumentation qui cherche à y répondre.

Ainsi je ne suis pas sûr que le sujet tourne autour des notions d'inspiration et de travail comme tu le suggères. Il est plutôt orienté vers une (ou plusieurs) mission de la poésie. L'ambition poétique est d'ouvrir une voie de connaissance, d'aller au-delà de la réalité sensorielle.

La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

Bonjour,
merci Jean-Luc pour ta réponse!
Cela voudrait dire que la poésie est un outil pour arriver à interpréter les "signaux" émis par la nature?
Elle dépasse les capacités humaines en s'exprimant par des métaphores, des images, qui rendent cette interprétation de la nature plus "réaliste" que par les mots. Le but du poète serait donc de se rapprocher le plus du réalisme tout en décrivant l'aspect "psychologique" de la chose?

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La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

Bonsoir Budha,

Les expressions que tu emploies sont inadéquates.
Pour des poètes comme Baudelaire, Rimbaud... la poésie doit être une voie de connaissance proche de la mystique. Ils s'opposent en quelque sorte à la connaissance rationnelle et scientifique de la réalité. C'est  une voie de connaissance intérieure et toute la difficulté de cette ambition poétique est de trouver un langage adapté pour rendre compte de ces expériences indicibles. Dans cette démarche, métaphores, musique, associations étranges, délire (plus ou moins maîtrisé)...constituent des outils irremplaçables.

Regarde par exemple cette page du site pour essayer de comprendre... ici.

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La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

Bonjour,
Désolé de revenir sur un vieux sujet, mais j'esperes que vous pourez toute fois me répondre.
J'ai également ce meme ce sujet à rendre prochainement (avec également le meme corpus à savoir ce que dit la Bouche d'ombre de V. Hugo, Elevation de Baudelaire et  Art poetique de Verlaine) et j'aurai besoin d'aide...
J'avais pensé au plan suivant : (mais convient'il ?)

I) Oui la poesie est effectivement l'art de celui qui plane sur la vie et comprend sans effort le langage des fleurs et des choses muettes

- Le poète n'est pas dans son élement au milieu des hommes, il est dans les nuages, dans son imagination- décalé (je m'appuis ici sur L'Albatros de Baudelaire) peut etre pourrai-je parler de la condition du poete à cette époque ? ( le poete stygmatisé, incompris de la societé)
- Il "plane" donc, et cela de trois manières :
. grave à une elevation sprituelle ( je m'appuis ici sur Elevation de Baudelaire)
. Grace à une poesie visionnaire, le poete voit le monde d'une autre manière ( je m'appuis ici sur Ce que dit la Bouche d'ombre d'Hugo et sur le parti pris des choses de Ponge.
. Grace à la musicalité ( je m'appuis ici sur Art poetique de Verlaine)

II) Nuance- Pas seulement

- Certe la poesir est l'art de celui qui plane sur la vie et comprend sans effort le langage des fleurs et des choses muettes, mais sans un veritable travail de précision et de reflexion, elle n'existe pas. ( je m'appuis ici sur Art poetique de Verlaine puis la poesie obeit à de nombreuses régles).
- Deplus, la poesie n'est pas seulement l'art de celui qui "plane sur la vie" celle ci ne parlant pas toujours seulement du "langage des fleurs" mais s'impliquant parfois directement, comme on peut le voir avec les poésies et poetes engagés (je m'appuis ici sur les poetes de la negritude, Césaire et Senghor denoncant les mefaits du colonialisme et peut etre puis-je également parler du mouvement "dada" avec notament P. Eluard, Breton, Péret)

En conclusion j'aimerai dire que la poésie est effectivement l'art d'un etre superieur qui comprend le langage des fleurs et des choses muettes sans effort mais qu'elle à également le pouvoir, grace à un langage magique permetant de dire l'indicible et à des sonorités envoutantes fruit d'un dur labeur, de donner la connaissance et de faire passer des messages.

J'aurai également quelque question sur la sujet, qu'entende t'il éxactement par "plane sur la vie" ? Et l'emploie des termes " le langage des fleurs et des choses muettes" est'il pejoratif, cela signifie t'il que la poesie est superficielle se limitant à parler du "langage des fleurs" ? Qu'entende t'il par "choses muettes" ?

Voila, j'esperes obtenir rapidement une réponse afin de finir au plus vite mon travail car je dois le rendre trés prochainement.

Merci

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La poésie est-elle l'art de celui qui plane sur la vie et comprend le langage des fleurs et des choses muettes ?

Bonsoir Haetrise,

Il faudrait d'abord lire les messages situés avant le tien.
Ils contiennent des réponses.
Pour revenir à ton sujet, il te faut d'abord formuler une problématique.
Or tu ne sembles pas avoir compris la citation.
Le poète plane quand il prend de la hauteur, il ne voit plus le monde comme le commun des mortels qui regarde à ras de terre. Il vit alors une expérience qui est proche de la mystique.
"Le langage des fleurs et des choses muettes" est un paradoxe : comment un muet parlerait-il ? En fait le poète est obligé d'inventer un langage pour donner la parole à ce qui est privé des moyens d'expression. Il se comporte comme ceux qui ont inventé le langage des signes pour les muets.
Le sujet porte aussi sur "sans effort" : ce langage est-il si naturel, si inspiré qu'il ne demanderait aucun travail ?