Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

Bonjour,

Je dois faire une dissertation dont le sujet est :

En vous appuyant sur des exemples précis du théâtre comique, vous expliquerez ce propos de Samuel Beckett et le discuterez s'il y a lieu : "rien n'est plus drôle que le malheur... c'est la chose la plus comique au monde."

Je pensais faire un plan basique en deux parties avec une première explicant que le malheur fait rire et une deuxième montrant que d'autre chose peuvent faire rire.
Malheureusement je ne sait pas quoi mettre dans la deuxième partie donc si quelqu'un pouvait me proposer des idées ou un meilleur plan je suis preneur.
merci d'avance

2

Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

bonjour,
alors as tu eu des réponses en classe ? ton sujet m'interresse beaucoup, je ne l'ai pas eu mais je suis en train de lire BECKETT, notamment ses deux pièces : en attendant Godot et fin de partie et je trouve qu'entendre cet auteur dire cette citation me semble très éloigné de la vie et de l'oeuvre de cet auteur.
Peut-être voit t-il dans la comique une manifestation du malheur des hommes qui n'y peuvent rien et qui tout en espérant n'ont aucune prise sur leur vie.
merci de me répondre et de me donner tes propres reflexions et le type de plan que ton prof vous a proposé. je pense aux comédies de Molière et au ridicule des situations qui donnent à rire et qui sont comiques tout autant qu'absurde; peut-être que le comique rejoint l'absurde
qu'en penses -tu ?

3

Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

On peut envisager ce mot sous l’angle de l’absurdité totale de la vie.

Sous cet aspect, rien n’a d’importance d’autant que personne n’y peut rien.

Et le malheur absolu qui serait la mort clôt le malheur. Comme disent les clowns : trois petits tours et puis s’en vont…

Le malheur des uns fait souvent la fête des autres car l’homme adore la contradiction, par exemple celle d’un grand homme pris dans les rets de la justice et menacé de prison, sa chute est jouissive pour le spectateur. C’est ce qui explique tous ces procès en cascade où tout le monde se tire dans les pattes.

Et a contrario le bonheur est souvent triste car il est basé sur de fausses valeurs (argent, pouvoir, honneurs).

À bientôt
Gilles

Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

Je fais appel à vous pour une seconde question à traiter en TL.

"Rien n'est plus drôle que le malheur" : Dans quelle mesure ces propos de Nell s'appliquent-ils à la signification et à l'écriture de l'oeuvre ?

Mes idées :
- Phrase paradoxe "drôle"; "malheur" qui s'applique au genre de l'absurde et qui marque la rupture avec le théâtre classique.
- reflète la compléxité des personnages
- constat de la condition humaine.

Je ne sais pas si je suis sur la bonne piste ou si je fais fausse route, un ptit coup de pouce serait le bienvenu. Aussi, je ne sais pas comment classer mes parties ...

5

Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

Cette phrase m'a toujours laissé perplexe. Il y a des paradoxes profonds et stimulants, mais celui-ci me paraît seulement... paradoxal.

Bien sûr, on peut quand même lui trouver des sens intéressants; j'en vois au moins deux:

1. Le malheur des autres peut faire rire (comédie).
2. La façon dérisoire, très éloignée des malheurs nobles de la tragédie, dont le malheur nous frappe d'ordinaire, peut avoir quelque chose de risible.
Il peut même y avoir une satisfaction subtile, un plaisir d'esthète très pervers, à savourer la façon dont le malheur vous rattrape, déjoue vos naïves espérances de bonheur, et vous laisse gros Jean comme devant...
D'autres sont sûrement possibles.

Mais je me demande aussi si cette phrase, délibérément provocatrice dans son côté sommaire, où aucun brio ne suggère la profondeur, ne serait pas justement une perche (ou plutôt un bâton merdeux) tendu par le facétieux Beckett aux intellectuels amateurs de vertiges. Une sorte de "koan"...

Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

Merci pour votre réponse

7

Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

Beckett a dt que c'était la réplique la plus importante de son oeuvre dans une entrevue. L'antithèse montre bien que seul le rire est capable de retransmettre l'horreur de la situation : ce n'est pas un rire de joie évidemment mais bien un rire de malaise, d'automates ( cf Bergson ).

Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

Il me semble necessaire de rapporter ici les propos de Peter Brook, dans son article "dire oui à la boue" dans Les Cahiers de Lerne :
"ce qu'il nous montre est affreux, et parce que c'est affreux, c'est également drôle". "C'est la tragédie de l'inévitable, son mécanisme s'est détériorié parce qu'il (le personnage) le lui a permis, il a gâché les possibilités qui lui étaient offertes". "TOus sont complices de leur sort. Ils ne réclament pas qu'on les libère. Ils sont tout à fait adaptés à leur mode de vie. Voilà leur tragédie".
En fait, ce que dit Peter Brook, c'est quedans Beckett, dans Fin de Partie, ce qui est drôle, c'est l'inévitable. Les personnages s'obstinent dans l'échec. Cette vision-là, qui est, pour Beckett, une vision de la réalité, de notre réalité à tous. Le côté positif de Beckett est de dire la bêtise de ce mécanisme, notamment par des amplifications, des exagérations, qui montrent qu'une autre situation est possible. Il me semble que des personnages comme Nell et Nagg sont particulièrement symboliques du grotesque chez Beckett, qui mettent à distance la dimension tragique, cruelle, dramatique de la vie, et qui invitent à rire. Peter Brook dit que Beckett cherche par ses pièces à un message d'espoir. Voir également le dossier pédagogique de la mise en scène de Charles Berling.
http://www.celestins-lyon.org/index.php … 08_DPE.pdf

Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

Bonsoir,

Après avoir rédiger mon devoir au brouillon, j'en reviens à faire appel à vous.
Mon intro est ok, ainsi que ma première partie, seulement je bloque sur la deuxième.

En première partie, j'ai voulu aborder le théâtre de l'absurde (je sais que certains ici m'ont précisé de ne pas coller l'étiquette de "theatre de l'absurde" à cette oeuvre de Beckett, mais après concertation auprès de mes camarades, on a jugé bon pour nous de nous en tenir aux explications des profs)
Aussi, voici mon plan détaillé :
en rappelant que la phrase, construite sur un paradoxe montre une rupture avec le théâtre classique.
I) Phrase représentative du théatre de l'absurde
1) la tragédie dans l'oeuvre
= constat de la condition humaine
2) la comédie dans l'oeuvre
= l'inévitable est drole
= le malheur des autres fait rire

Je pense mon I) suffisant, seulement, je ne sais pas sur quoi enchainer pour mon II), que dois-je aborder ?

Beckett : "Rien n'est plus drôle que le malheur […], c’est la chose la plus comique au monde"

Bonsoir,

J'ai également se sujet à traiter.
Mais le problème est que je ne trouve pas d'idées à mettre dans mes parties.

J'ai choisi un plan dialectique.
En commençant par mon opinion première qui est Non.


Merci de m'éclairer sur se sujet.