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Anouilh, Antigone - Marie-toi, vite, Antigone, sois heureuse...

Bonjour à tous ! Voilà, j'ai un sujet type Bac à rendre pour Lundi et le commentaire porte sur Antigone d'Anouilh, la "crise" de "Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse." à "La vie t'a seulement ajouté tous ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de toi."

Etant donné que je n'avais pas de problématique j'avais pensé à : En quoi ce passage présente au lecteur une scène de crise ? (mais je ne suis absolument pas sûre de moi)

Et comme plan j'avais pensé à :

I. Opposition des deux personnages de plus en plus dramatique
  a. opposition entre Antigone et Créon

  b. évolution dramatique de la scène

II. Deux visions du monde complètement différentes
  a. l'ultimatum de Créon

  b. un bonheur inatteignable pour Antigone

Qu'en pensez-vous ? Je suis vraiment dans le noir là....
Merci d'avance ♥

Anouilh, Antigone - Marie-toi, vite, Antigone, sois heureuse...

Il s'agit d'un extrait à analyser ? Car je ne vois pas l'extrait et ai bien peur de ne pas pouvoir t'aider

Anouilh, Antigone - Marie-toi, vite, Antigone, sois heureuse...

Dans sa demande, Lili-Oblonski a donné la première et la dernière phrase de l'extrait :

de "Marie-toi vite, Antigone, sois heureuse." à "La vie t'a seulement ajouté tous ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de toi."

Ce qui permet de le retrouver sur le Net.

CRÉON. Marie-toi, vite, Antigone, sois heureuse. La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote, assis au soleil. Ils te diront tous le contraire parce qu'ils ont besoin de ta force et de ton élan. Ne les écoute pas. Ne m'écoute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d'Étéocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas... Tu l'apprendras toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur.
ANTIGONE murmure, le regard perdu. Le bonheur...
CRÉON a un peu honte soudain. Un pauvre mot, hein ?
ANTIGONE, doucement. Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard
CRÉON hausse les épaules. Tu es folle, tais-toi.
ANTIGONE. Non, je ne me tairai pas ! Je veux savoir comment je m'y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c'est tout de suite qu'il faut choisir. Vous dites que c'est si beau la vie. Je veux savoir comment je m'y prendrai pour vivre.
CRÉON. Tu aimes Hémon ?
ANTIGONE. Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune ; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit plus pâlir quand je pâlis, s'il ne doit pas me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir prés de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre A dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon !
CRÉON. Tu ne sais plus ce que tu dis. Tais-toi.
ANTIGONE. Si, je sais ce que je dis, mais c'est vous qui ne m'entendez plus. Je vous parle de trop loin maintenant, d'un royaume où vous ne pouvez plus entrer avec vos rides, votre sagesse, votre ventre. (Elle rit.) Ah ! je ris, Créon, je ris parce que je te vois à quinze ans, tout d'un coup ! C'est le même air d'impuissance et de croire qu'on peut tout. La vie t'a seulement ajouté tous ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de toi.

Jean Anouilh, Antigone.

Anouilh, Antigone - Marie-toi, vite, Antigone, sois heureuse...

Bonjour à tous, comme la plupart d'entre vous, je suppose je prépar mon bac mais je "bloque" sur 3 textes.. dont celui ci-dessous Antigone de Jean Anouilh. C'est dans une séquence sur l'argumentation et le bonheur.
j'ai fais une fiche mais elle est pas asser construite donc si quelqu'un voudrais bien m'aider...

merci d'avance
mama 421


CRÉON. Marie-toi, vite, Antigone, sois heureuse. La vie n'est pas ce que tu crois. C'est une eau que les jeunes gens laissent couler sans le savoir, entre leurs doigts ouverts. Ferme tes mains, ferme tes mains, vite. Retiens-la. Tu verras, cela deviendra une petite chose dure et simple qu'on grignote, assis au soleil. Ils te diront tous le contraire parce qu'ils ont besoin de ta force et de ton élan. Ne les écoute pas. Ne m'écoute pas quand je ferai mon prochain discours devant le tombeau d'Étéocle. Ce ne sera pas vrai. Rien n'est vrai que ce qu'on ne dit pas... Tu l'apprendras toi aussi, trop tard, la vie c'est un livre qu'on aime, c'est un enfant qui joue à vos pieds, un outil qu'on tient bien dans sa main, un banc pour se reposer le soir devant sa maison. Tu vas me mépriser encore, mais de découvrir cela, tu verras, c'est la consolation dérisoire de vieillir, la vie, ce n'est peut-être tout de même que le bonheur.
ANTIGONE murmure, le regard perdu. Le bonheur...
CRÉON a un peu honte soudain. Un pauvre mot, hein ?
ANTIGONE, doucement. Quel sera-t-il, mon bonheur ? Quelle femme heureuse deviendra-t-elle, la petite Antigone ? Quelles pauvretés faudra-t-il qu'elle fasse elle aussi, jour par jour, pour arracher avec ses dents son petit lambeau de bonheur ? Dites, à qui devra-t-elle mentir, à qui sourire, à qui se vendre ? Qui devra-t-elle laisser mourir en détournant le regard
CRÉON hausse les épaules. Tu es folle, tais-toi.
ANTIGONE. Non, je ne me tairai pas ! Je veux savoir comment je m'y prendrai, moi aussi, pour être heureuse. Tout de suite, puisque c'est tout de suite qu'il faut choisir. Vous dites que c'est si beau la vie. Je veux savoir comment je m'y prendrai pour vivre.
CRÉON. Tu aimes Hémon ?
ANTIGONE. Oui, j'aime Hémon. J'aime un Hémon dur et jeune ; un Hémon exigeant et fidèle, comme moi. Mais si votre vie, votre bonheur doivent passer sur lui avec leur usure, si Hémon ne doit plus pâlir quand je pâlis, s'il ne doit pas me croire morte quand je suis en retard de cinq minutes, s'il ne doit plus se sentir seul au monde et me détester quand je ris sans qu'il sache pourquoi, s'il doit devenir prés de moi le monsieur Hémon, s'il doit apprendre A dire « oui », lui aussi, alors je n'aime plus Hémon !
CRÉON. Tu ne sais plus ce que tu dis. Tais-toi.
ANTIGONE. Si, je sais ce que je dis, mais c'est vous qui ne m'entendez plus. Je vous parle de trop loin maintenant, d'un royaume où vous ne pouvez plus entrer avec vos rides, votre sagesse, votre ventre. (Elle rit.) Ah ! je ris, Créon, je ris parce que je te vois à quinze ans, tout d'un coup ! C'est le même air d'impuissance et de croire qu'on peut tout. La vie t'a seulement ajouté tous ces petits plis sur le visage et cette graisse autour de toi.


Jean Anouilh, Antigone.