Lévi-Strauss, Race et Histoire - On lit dans les traités d'ethnologie...

Bonjour,

Je planche depuis quelques jours sur une étude de texte et je souhaiterais savoir si je suis sur la bonne voie.

Il s'agit de "Race et histoire" de STRAUSS, voici le texte en question:

On lit dans les traités d'ethnologie – et non des moindres – que l'homme doit la connaissance du feu au hasard de la foudre ou d'un incendie de brousse; que la trouvaille d'un gibier accidentellement rôti dans ces conditions lui a révélé la cuisson des aliments; que l'invention de la poterie résulte de l'oubli d'une boulette d'argile au voisinage d'un foyer. On dirait que l'homme aurait d'abord vécu dans une sorte d'âge d'or technologique, où les inventions se cueillaient avec la même facilité que les fruits et les fleurs. À l’homme moderne seraient réservées les fatigues du labeur et les illuminations du génie.
Cette vue naïve résulte d'une totale ignorance de la complexité et de la diversité des opérations impliquées dans les techniques les plus élémentaires. Pour fabriquer un outil de pierre taillée efficace, il ne suffit pas de frapper sur un caillou jusqu’à ce qu’il éclate: on s’en est bien aperçu le jour où l’on a essayé de reproduire les principaux types d'outils préhistoriques. Alors – et aussi en observant la même technique chez les indigènes qui la possèdent encore – on a découvert la complication des procédés indispensables et qui vont, quelquefois, jusqu’à la fabrication préliminaire de véritables " appareils à tailler ": marteaux à contrepoids pour contrôler l'impact et sa direction; dispositifs amortisseurs pour éviter que la vibration ne rompe l'éclat. II faut aussi un vaste ensemble de notions sur l'origine locale, les procédés d'extraction, la résistance et la structure des matériaux utilisés, un entraînement musculaire approprié, la connaissance des " tours de main ", etc.


Comprendre le texte
1) Quel est le sujet du texte?
Je pense à: Progrès et hasard

2 - L'auteur s'oppose ici à la thèse d'un adversaire.
a) Qui soutient la thèse adverse?
Selon moi, en ligne 1: Les ethnologues

b) Quels procédés l'auteur utilise t-il pour faire comprendre que cette thèse n'est pas la sienne et qu'il la critique?
Utilisation de "que" à répétition, intensifiant le hasard du progrès.
"On dirait..." pourrait être remplacé par "il semble" + "aurait" introduit une supposition très vraisemblable.
Ce groupe de mot à un effet plutôt moqueur sur cette supposition (on cueille le progrès comme on cueille une fleur!)
"Cette vue naïve..." Début d'une prise de partie.
"Il ne suffit pas..." sous entendu qu'il a été dit auparavant que le procédé de fabrication est simple et très accessible.
"On s'en est bien aperçu..." = résultat
Comment appeler ce type de procédé?

3- La thèse soutenue par l'auteur
a)Quel est le membre de phrase du 2nd paragraphe qui formule clairmeent cette thèse?
Pour moi: "Cette vue naïve résulte d'une totale ignorance de la complexité et de la diversité des opérations dans les techniques les plus élémentaires."

b) Quels types d'arguments l'auteur utilise t-il pour soutenir cette thèse?
Fabrication préliminaire d'appareils à tailler, tout ce qui touche à l'appareillage et à la méthode.
Il est question de notion également ainsi que de musculature.

4-a) Quel est la plan du texte?
b) Quels mots marquent les articulations?

Reformuler le texte
1) Quels temps du 1er paragraphe faut il conserver? pourquoi?

2)Quelle phrase du 1er paragraphe reprend sous forme d'une métaphore une idée déjà exprimée sous une autre forme? Faut il la conserver dans le résumé?
Il me semble...: "A l'homme moderne serait réservé les fatigues du labeur et les illuminations de génie."
mais là je sèche sur le développement...


Je vous remercie de me donner votre opinion sur le sujet, je continue mes recherches de mon coté...

AkilaJ'avance doucement sur mon sujet.
Lorsque l'auteur dit en ligne 1: "et non des moindres", s'agit il d'une litote?

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Lévi-Strauss, Race et Histoire - On lit dans les traités d'ethnologie...

Salut à tous,

Je m’entraîne pour l'oral de Français, et parmi mes textes complémentaires j'ai Race et Histoire de Levi-Strauss :

On lit dans les traités d'ethnologie – et non des moindres – que l'homme doit la connaissance du feu au hasard de la foudre ou d'un incendie de brousse; que la trouvaille d'un gibier accidentellement rôti dans ces conditions lui a révélé la cuisson des aliments; que l'invention de la poterie résulte de l'oubli d'une boulette d'argile au voisinage d'un foyer. On dirait que l'homme aurait d'abord vécu dans une sorte d'âge d'or technologique, où les inventions se cueillaient avec la même facilité que les fruits et les fleurs. À l'homme moderne seraient réservées les fatigues du labeur et les illuminations du génie.

        Cette vue naïve résulte d'une totale ignorance de la complexité et de la diversité des opérations impliquées dans les techniques les plus élémentaires. Pour fabriquer un outil de pierre taillée efficace, il ne suffit pas de frapper sur un caillou jusqu'à ce qu'il éclate: on s'en est bien aperçu le jour où l'on a essayé de reproduire les principaux types d'outils préhistoriques. Alors – et aussi en observant la même technique chez les indigènes qui la possèdent encore – on a découvert la complication des procédés indispensables et qui vont, quelquefois, jusqu'à la fabrication préliminaire de véritables "appareils à tailler" : marteaux à contrepoids pour contrôler l'impact et sa direction; dispositifs amortisseurs pour éviter que la vibration ne rompe l'éclat. Il faut aussi un vaste ensemble de notions sur l'origine locale, les procédés d'extraction, la résistance et la structure des matériaux utilisés, un entraînement musculaire approprié, la connaissance des "tours de main", etc.; en un mot, une véritable "liturgie" correspondant mutatis mutandis aux divers chapitres de la métallurgie.

        De même, des incendies naturels peuvent parfois griller ou rôtir; mais il est très difficilement concevable (hors le cas des phénomènes volcaniques dont la distribution géographique est restreinte) qu'ils fassent bouillir ou cuire à la vapeur. Or ces méthodes de cuisson ne sont pas moins universelles que les autres. Donc on n'a pas de raison d'exclure l'acte inventif, qui a certainement été requis pour les dernières méthodes, quand on veut expliquer les premières.

        La poterie offre un excellent exemple parce qu'une croyance très répandue veut qu'il n'y ait rien de plus simple que de creuser une motte d'argile et la durcir au feu. Qu'on essaye. Il faut d'abord découvrir des argiles propres à la cuisson; or, si un grand nombre de conditions naturelles sont nécessaires à cet effet, aucune n'est suffisante, car aucune argile non mêlée à un corps inerte, choisi en fonction de ses caractéristiques particulières, ne donnerait après cuisson un récipient utilisable. Il faut élaborer les techniques du modelage qui permettent de réaliser tour de force de maintenir en équilibre pendant un temps appréciable, et de modifier en même temps, un corps plastique qui ne "tient" pas; il faut enfin découvrir le combustible particulier, la forme du foyer, le type de chaleur et la durée de cuisson, qui permettront de le rendre solide et imperméable, à travers tous les écueils des craquements, effritements et déformations. On pourrait multiplier les exemples.

        Toutes ces opérations sont beaucoup trop nombreuses et trop complexes pour que le hasard puisse en rendre compte. Chacune d'elles, prise isolément, ne signifie rien, et c'est leur combinaison imaginée, voulue, cherchée et expérimentée qui seule permet la réussite. Le hasard existe sans doute, mais ne donne par lui-même aucun résultat. Pendant deux mille cinq cents ans environ, le monde occidental a connu l'existence de l'électricité – découverte sans doute par hasard – mais ce hasard devait rester stérile jusqu'aux efforts intentionnels et dirigés par des hypothèses des Ampère et des Faraday . Le hasard n'a pas joué un plus grand rôle dans l'invention de l'arc, du boomerang ou de la sarbacane, dans la naissance de l'agriculture et de l'élevage, que dans la découverte de la pénicilline – dont on sait, au reste, qu'il n'a pas été absent. On doit donc distinguer avec soin la transmission d'une technique d'une génération à une autre, qui se fait toujours avec une aisance relative grâce à l'observation et à l'entraînement quotidien, et la création ou l'amélioration des techniques au sein de chaque génération. Celles-ci supposent toujours la même puissance imaginative et les mêmes efforts acharnés de la part de certains individus, quelle que soit la technique particulière qu'on ait en vue. Les sociétés que nous appelons primitives ne sont pas moins riches en Pasteur et en Palissy que les autres.


Mes textes de Bac, dans la séquence argumentation sont
- Les Lettres Persanes, Montesquieu : http://expositions.bnf.fr/utopie/cabine … o/18/3.htm
- L'île des esclaves, Marivaux : http://www.lyc-lurcat-perpignan.ac-mont … rivtxt.htm
- Discours, sur l'origine des inégalité : http://carlosguerreiro.free.fr/wiki/fil … 153104.pdf

Selon moi, cet extrait de part son argumentation structuré et l'appel au savoir sur l'issu des culture donne un ton satirique et comique sur différents point par exemple la naissance de la poterie ...
On pourrais rapprocher de ce fait ce texte de celui de L'île aux esclaves de Marivaux, qui à son tour use du comique pour appuyé sa thèse !

Cependant, je ne comprend pas le sens ou plutôt la thèse de cet extrait, ni si il faudrait d'avantage raccordé se texte complémentaire, à d'autre de mes textes de bac !

Merci d'avance !!

Lévi-Strauss, Race et Histoire - On lit dans les traités d'ethnologie...

Bonsoir...

Je ne vois pas vraiment de comique dans cet extrait, et encore moins du comique à la Marivaux.

La thèse, c'est que même dans les sociétés dites primitives, les inventions et les progrès technologiques ne sont pas les fruits du hasard, mais de la puissance de réflexion et d'imagination de certains individus.

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Lévi-Strauss, Race et Histoire - On lit dans les traités d'ethnologie...

Et bien, selon moi on retrouve différentes marques de l'ironie notamment sur l'intervention du hasard ...
De même que le "qu'on essaye" conserve également une certaines ironie produisant un effet comique, d'après moi !

Oui, je suis d'accord, ce n'est absolument pas le même humour que celui de Marivaux, mais cependant l'utilisation de l'ironie par Levi-Strauss lui permet d'appuyé sa thèse tout comme Marivaux avec le personnage d'arlequin  ! Non ?

Lévi-Strauss, Race et Histoire - On lit dans les traités d'ethnologie...

Même pour trouver de l'ironie, il faut regarder à la loupe...
Et encore !

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Lévi-Strauss, Race et Histoire - On lit dans les traités d'ethnologie...

Oui, c'est vrai !

Mais autrement, je ne vois pas la connexion avec mes autres textes de bac !

Peu être celui de Rousseau, qui lui met également en avant l'évolution des hommes, influencé cependant  par l'instauration de la propriété...

En tout cas, merci de ton aide et de m'avoir expliqué la thèse !!