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Enseigner le latin sans être en lettres classiques

J'allais répondre à peu près comme Lohélia : préparer l'agrégation interne de LC, une fois en poste. Comme normalien, tu n'as pas beaucoup à attendre, juste de quoi devenir un bon helléniste. Cela te donne un bon argument pour demander quelques heures de latin à ton proviseur !

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Enseigner le latin sans être en lettres classiques

Cette discussion ne me concerne que très indirectement. Cependant ce que je viens de lire me commande de réagir et je vous prie de n'y voir aucune attaque personnelle surtout. C'est le système dans son ensemble qui me paraît un peu irrationnel.

Je souhaite simplement faire remarquer que le fait que des personnes très diplômées ou titrées se présentent à des concours qui requièrent en théorie un niveau inférieur au leur, revient à diminuer fortement les chances de réussite de ceux qui, compte tenu de leur niveau académique ou pour d'autres raisons - économiques ou psychologiques -, ne peuvent prétendre qu'à ces concours-là. Pour le dire plus clairement, les citoyens et contribuables que nous sommes s'attendent à voir des normaliens se présenter à - et réussir - l'agrégation sans éprouver le besoin de passer, pour toutes sortes de raisons (que nous pouvons comprendre, sur le plan individuel) des concours d'un niveau inférieur. Certainement pas à les voir passer des concours qui au fond ne les intéressent pas ou pas tellement (au point qu'ils envisagent de démissionner) - "empêchant" par là d'autres qui en ont vraiment besoin pour gagner leur vie de les obtenir.

La remarque vaut évidemment pour tous les concours - c'est pourquoi je ne pointe pas particulièrement les cas personnels évoqués dans cette discussion, je n'entends culpabiliser personne ici -.  Plus la situation de l'emploi est tendue, plus l'inquiétude est grande, et plus chacun assure comme il le peut son avenir (en l'occurrence en présentant des concours qu'il est quasiment certain d'obtenir). Le résultat de tout cela ne peut être positif d'un point de vue collectif.

(je répète que je comprends tout à fait que d'un point de vue personnel de tels choix soient faits - c'est du reste un conseil de précaution que l'on pourrait donner à ses propres enfants. Mais ces attitudes ne sont pas sans conséquences pour les autres et il est parfois bon de le rappeler)

Enseigner le latin sans être en lettres classiques

C'est le principe d'un concours que d'être ouvert à tous, il faut l'accepter. Le but n'est pas d'assurer au plus grand nombre possible un viager, surtout vu la responsabilité qui incombe aux lauréats ensuite.

Par ailleurs vous ne semblez pas très au fait de certaines données actuelles (qui évoluent rapidement, je le concède volontiers). A la différence des autres étudiants, les normaliens sont tenus d'intégrer un corps de la fonction publique à la fin de leur scolarité (et l'agrégation n'a jamais été obligatoire). Y faire défaut peut nous mettre dans une situation assez délicate, en tout cas pour les littéraires. Dans les ENS, il a toujours été consacré un an à part entière à l'agrégation, ce qui n'était généralement pas le cas dans les universités ; la mastérisation des deux concours rend encore plus difficile le cursus ENS dans ce cadre, notamment pour les carrés (que macbland et moi sommes). En plus un bon nombre de normaliens envisagent des études de troisième cycle ou un début de carrière (pour ceux qui ne font pas de thèse) à l'étranger, ce qui ne rend pas la perspective de l'agrégation follement passionnante... C'est pour toutes ces raisons que nous sommes une minorité croissante à nous tourner vers le CAPES, ou d'autres concours, à titre de substitut ou d'étape provisoire avant une éventuelle agrégation. Je passe les cas des philosophes et des historiens pour lesquels l'agrégation est tout sauf une formalité, et ce même chez les normaliens. Le CAPES a été prévu depuis longtemps pour les normaliens, la dispense d'écrit en est d'ailleurs l'aveu explicite, même si nous n'y sommes aucunement préparés.

D'autre part si cela peut vous rassurer (personnellement ça ne me rassure pas), le niveau des candidats universitaires aux CAPES de lettres est actuellement si faible que le jury renonce à pourvoir un bon nombre de postes... donc non, ce ne sont pas quelques normaliens (ou autres "bons" étudiants présumés) qui vont changer la donne. Je ne pense pas que la situation actuelle du recrutement des enseignants puisse être qualifiée de "positive d'un point de vue collectif" (c'est-à-dire d'abord de celui des élèves enseignés). Je rappelle aussi que la tendance est à l'augmentation des postes, au CAPES comme à l'agrégation, pour la troisième année maintenant.

Quant au contribuable... les normaliens paient l'impôt sur le revenu, et si nous démissionnons, nous ne coûtons rien par définition... au contraire de nombreux candidats plus ou moins factices qui s'inscrivent d'année en année à des concours pour bénéficier du statut étudiant voire de visas et de bourses.

Très cordialement.

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Je suis entièrement d'accord avec ce qu'a écrit Arthur, et j'ajouterais qu'en démissionnant, normalien ou pas, le candidat laisse une place vacante qui revient à un candidat placé sur liste complémentaire.

Par ailleurs, dissocier le collectif de l'individuel tient je pense cinq minutes, mais pas plus...

Lohelia.

Enseigner le latin sans être en lettres classiques

Non, il n'y a pas de liste complémentaire au CAPES, en revanche. Donc en démissionner revient bien à la perte d'un poste. Mais cette variable est intégrée au calcul des postes, j'imagine.

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Ah, cela aurait-il changé avec la réforme ?

Cela pousse tout de même à reconsidérer la question : présenter le CAPES, l'obtenir puis s'y soustraire, tout cela pour l'hypothétique agrément d'un chef d'établissement concernant des heures de latin - parce qu'il n'est pas obligé d'accepter - semble un peu hasardeux... Mais bon, pour le coup, c'est bien un choix individuel - des alternatives existent bel et bien à mes yeux.

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Enseigner le latin sans être en lettres classiques

En 5ème, c'était une prof de lettres modernes qui nous enseignait le latin, le prof de LC ayant fait défaut pour des raisons personnelles. Certes, elle enseignait le latin, mais il s'agissait vraiment des bases, dans une classe où se cotoyaient ceux qui choisissaient par volonté, d'autres par curiosité pour essayer pendant un an, et d'autres encore plus ou moins motivés mais d'abord parce qu'obligés par les parents... Et en plus il ne fallait pas trop brusquer les élèves avec des devoirs ou des choses à apprendre, sinon ils arrêtaient en fin d'année et l'effectif aurait été très réduit.

Dans cette situation dû à un événement particulier, oui, c'est envisageable d'avoir recours à un prof de LM parce qu'on avait que cette personne sous la main (et par ailleurs elle a très bien fait son boulot), mais c'est loin d'être aussi intéressant que d'enseigner du latin à une classe de terminale motivée ! En tout cas pour commencer elle aurait certainement eu plus de mal à obtenir une classe à préparer au bac en latin qu'une classe de 5ème à initier. Je ne généralise pas, je pose juste un exemple concret et sa réalité.

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Enseigner le latin sans être en lettres classiques

Juste une remarque sur l'attribution des heures de latin aux certifiés ou agrégés de Lettres Modernes:

- au niveau des mutations collège / lycée: sur les serveurs académiques les postes sont bien distincts. Un diplômé de LC ne peut pas demander un poste réservé LM, et réciproquement. Après, pour les postes en prépa c'est différent, vu que les mutations ne fonctionnent pas sur le même principe, mais effectivement je ne pense pas qu'un chef d'établissement ait envie de confier une préparation à une épreuve de concours à un prof qui n'est pas spécialiste de la matière

- d'un autre côté, on demande souvent aux TZR (Macbland, si tu ne connais pas: Titulaire en Zone de Remplacement. Certifié ou agrégé qui n'a pas encore assez de points pour avoir un poste fixe, et fait des remplacements à l'année ou sur des durées variables) de LM s'ils veulent bien assurer des cours de latin.

Mais en général, dans les cas de figure classiques, les LM ont rarement des heures de latin (en même temps, il est rare qu'ils en veuillent...). Sauf tambouille interne dans un établissement où il y a déjà un LC qui ne veut plus assurer tous les cours de latin.

Hum, et sinon pour l’arithmétique "Normalien qui passe le Capes et démissionne = un poste perdu", pas vraiment. L'année suivante, ce sera un poste de plus, donc une place de plus au concours. Sachant que la plupart des agrégés qui ont passé le concours en externe, ont aussi passé en parallèle le CAPES (et l'ont au), il ne s'agit pas des normaliens en particuliers.
Et si je me souviens bien ce que m'avait expliqué une amie, un normalien qui au terme de son passage à l'ENS n'a pas un concours de la fonction publique doit rembourser les sous qui lui ont été versés pendant 4 ans... Donc on comprend bien qu'un normalien passe le Capes, ne serait-ce que par sécurité!

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Enseigner le latin sans être en lettres classiques

Vous m'avez convaincu de ne pas tenter le CAPES de LC, de me concentrer sur l'agrég de LM, et une fois en poste de tenter, si l'envie est encore là, l'agrégation interne de LC.
Cela semble effectivement la solution la plus pertinente et la plus "juste", d'autant que cela n'implique pas un changement de corps. Merci donc pour votre éclairage ! 

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Enseigner le latin sans être en lettres classiques

Bonjour,
J'ai entendu dire qu'avec l'agrégation de lettres modernes, on peut enseigner le latin. Est-ce vrai?